DES RAISONS DE LEUR DERAISON – PAR FLOREAL, 27 avril 2026
La nouvelle tentative d'assassinat, voire de tuerie de masse, dont viennent d'être la cible Trump et son équipe (irresponsablement réunie au même endroit: président, vice-président, président de la Chambre des Représentants, ministres des Affaires étrangères et de la Guerre !) souligne à nouveau la violence systémique qu'exsude par tous ses pores une société étasunienne hantée par le culte de l'arme à feu s'accompagnant d'un véritable vertige d'extermination. L'apprenti-tueur venu de Californie n'est pourtant que menu fretin quand on le compare au MAGA-requin Trump, ce milliardaire-président qui arme le génocide en Palestine et au Liban, qui agresse un pays souverain (l'Iran) en pleins pourparlers de paix, qui engage l'assaut contre Téhéran en faisant bombarder une école de fillettes. Et ce n'est pas tout: ce tyran global détient dans ses geôles le président enlevé du Venezuela, prive les foyers et les hôpitaux cubains d'électricité, applaudit aux traques racistes de la milice ICE et excite à la guerre totale le régime pronazi de Kiev tout en feignant d'appeler à la détente avec Moscou… Tel est hélas l'odieux personnage qu'a élu une majorité de « bons Américains » dont une bonne partie, subjuguée par des prônes délirants, croit dur comme fer que le covid n'était qu'une grippette et que le Messie va bientôt revenir sur Terre pour adoubler le Grand Israël et pour aider Trump à lancer l'Armageddon nucléaire contre les ennemis du Christ… Deux remarques s'imposent alors à propos de ces USA que des millions de Français continuent d'idéaliser en fantasmant l'American Dream, en chaussant chaque weekend des bottes de cow-boys au fin fond de nos campagnes et en n'écoutant plus désormais que des « tubes » en anglais (tant pis pour la chanson française marginalisée sur son sol natif!):
– d'abord on ne peut qu'être frappé par le retard des mentalités – des représentations diraient les historiens – que nos compatriotes se font des USA. Gavés de ciné américain, de chanson en américain, de fast food, d'Hallowyn et de Black Friday à l'américaine, travaillés sans relâche par des politiciens euro-atlantistes oeuvrant à la vassalisation des esprits, trop de nos concitoyens cultivent une image retardataire encore idéalisée de ce qu'est devenu l'empire américain: depuis vilaine lurette, il n'est plus, s'il l'a du reste jamais été, la « Terre promise de l'initiative et de la liberté », mais celle, hélas, d'une féroce oligarchie déterminée à maintenir côute que coûte l'hégémonie contestée du pétrodollar, de la Silicon Valley, de la CIA et de Wall Street. Ils nous avaient vendu Mickey Mouse et Disneyland (ah, ce bon Disney qui encensait les nazis!) et nous avons à la fois en Donald Trump l'Onc' Picsou et les « frères Rapetou » flanqués de 720 bases militaires encerclant la Russie, la Chine et l'Amérique latine! Alorsn militants communistes (et vous particulièrement, jeunes communistes) brisons – y compris dans nos têtes ! – cette honteuse emprise néocoloniale sur nos cerveaux, nos langues et nos coeurs ! Et s'il faut vaille que vaille « rêver d'Amérique », soutenons plutôt le militant afro-américain Mumia Abu-Jamal embastillé à Philadelphie depuis trente ans sous une inculpation mensongère, songeons aux millions d'Amérindiens longtemps relégués dans des « réserves » sur leur propre sol, pensons aux marxistes américains actuels qui endurent chaque jour des menaces de mort, à la classe ouvrière US qui, de Stellantis à John-Deer en passant par Amazon, a récemment soutenu des grèves dures que n'organiseront jamais en France ni la CFDT ni, hélas, l'actuel état-major rosâtre de la CGT ! Bref, à chacun son Amérique et la nôtre est celle des ouvriers grévistes des Docks et des huit millions d'Américains qui viennent de défiler en criant « Ni roi, ni guerre, ni I.C.E.!« … Pensons aussi à cette autre Amérique méconnue qu'est le Québec rêvant de devenir enfin une République sociale, francophone et souveraine !
– ensuite il faut s'interroger sur l'irrationalité croissante des dirigeants étatsuniens, une irrationalité déjà frappante du reste chez un Joe Biden provoquant Moscou – une puissance nucléaire de premier plan ! – en armant la « guerre par procuration » menée par l'OTAN contre Moscou via le régime de Kiev. On pourrait alors croire que l'irrationalité encore plus flagrante de Trump et de son entourage d'allumés est inexplicable puisque la déraison est par définition… sans raison. Sans raison, certes, mais non sans raisonS s'il est vrai que le capitalisme contemporain, depuis longtemps en proie à une crise structurelle, de moins en moins supporté par la jeunesse du monde (voir l'évolution de plus en plus anti-impérialiste, « pro-Pal » et pro-Cuba de la jeune écolo Greta Thurnberg initialement « apolitique »…), dénué de tout projet civilisationnel, économiquement dépassé par la Chine, est bien devenu un impérialisme mâtiné d'exterminisme: ce qui ne peut qu'amener son « hégémon » étatsunien, non seulement du reste une part significative de ses élites « néoconservatrices », mais aussi hélas nombre de citoyens étasuniens d'en bas hantés par le « survivalisme » et par le « transhumanisme », à encourir le risque d'une guerre mondiale potentiellement exterminatrice plutôt que d'avoir un jour à céder pacifiquement le pas au seul mode de production vivable dans un monde globalisé où il faut réguler les rapports de l'homme à l'environnement tout en partageant les richesses produites : cette société étant celle des « producteurs associés » (Marx) et des « coopérateurs civilisés » (Lénine) dont l'autre nom pourrait bien être « socialisme-communisme de nouvelle génération », ainsi que la dénomme le PRCF…
Bref, l'irrationalité du monde capitaliste, et notamment l'irrationalité hypertrophiée de son « Hégémon » étatsunien, ont des raisons que la raison dialectique connaît très bien et dont elle a percé dès longtemps les racines de classe avec Georges Politzer (cf. son essai de 1939 Révolution et contre-révolution au XXè siècle) ou avec György Lukàcs (La Destruction de la raison). Car en comprenant que l'exterminisme, jadis incarné par les camps de la mort nazis, puis par la bombe US larguée sur Hiroshima et Nagasaki, prend désormais la forme globalisante de l'hégémonisme chaotiquement piloté par Trump et suivi malgré tout mais avant tout par des Merz, des Macron et des U. von der Leyen si « léchés » et propres sur eux, on saisit qu'il ne suffira plus de détruire la Bête immonde de la fascisation et de la marche impérialiste à la Troisième Guerre mondiale exterminatrice; il faudra aussi cette fois-ci pourfendre ce « ventre fécond » dont parlait Brecht et qui n'est autre que le mode de production capitaliste en voie de pourrissement historique intégral.
Bref, l''acte fou » d'un jeune Californien désireux d'abattre d'un coup et quasi-magiquement la clique suprémaciste trumpiste doit raviver chez tous l'engagement, non seulement à fédérer les forces de vie pour stopper la marche au néant, mais à effacer de la surface de la Terre l'exploitation capitaliste et ses ombre portées, l'oppression impérialiste sombrement mêlée de vertige exterminateur.