À Gardanne, l’un des cœurs vivants de la lutte des classes dans les Bouches-du-Rhône, que les syndicalistes réunis autour de l’appel « Pour une CGT à la hauteur des enjeux » (lire notre article, cliquez ici) https://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/ca-bouge-dans-la-cgt/, ont impulsé un meeting interprofessionnel des secteurs en luttes. Cette manifestation a réuni plus de 1000 syndicalistes et vu l’intervention de nombreux dirigeants d’importants syndicats de la CGT. Au-delà du nombre, les organisateurs soulignent que la réussite de cette journée c’est aussi « la richesse des débats, mais aussi par le sentiment exprimé par beaucoup de participants d’avoir dépassé le « constat », rompant ainsi l’isolement, le chacun dans son périmètre, et de réellement faire vivre une CGT de lutte des classes interprofessionnelles ».

Électriciens, postiers, cheminots, portuaires, dockers, raffineurs, privés d’emplois et précaires, travailleurs de la chimie, de l’éducation, du commerce, des services publics., etc… toute la diversité de la classe ouvrière était réunie ce 20 mai 2021 dans un esprit de lutte de classes et avec une énergie offensive.

Le compte rendu de la journée par l’UD CGT 13 : http://cgt13.reference-syndicale.fr/2021/05/meeting-des-luttes/

1 000 SYNDICALISTES CGT RÉPONDENT PRÉSENTS À LA RENCONTRE DES SECTEURS EN LUTTE À GARDANNE 

La journée de lutte du 20 mai à Gardanne où près d’un millier de syndicalistes CGT, venus de toute la France et issus de toutes les professions, se sont rassemblés pour échanger et débattre.
Impulsée par les signataires de l’appel « Pour une CGT à la hauteur des enjeux », cette rencontre des secteurs en lutte a été un succès, non seulement quant au nombre de participants, la richesse des débats, mais aussi par le sentiment exprimé par beaucoup de participants d’avoir dépassé le « constat », rompant ainsi l’isolement, le chacun dans son périmètre, et de réellement faire vivre une CGT de lutte des classes interprofessionnelles.
Électriciens, postiers, cheminots, portuaires, dockers, raffineurs, privés d’emplois et précaires, travailleurs de la chimie, de l’éducation, du commerce, des services publics, etc., toute la diversité de la classe ouvrière était représentée hier lors de ce grand moment de fraternité et où a régné un esprit de combativité et de refus de tout fatalisme.

Les vidéos des interventions du meeting

La synthèse des débats par Philippe Cordat

SYNTHESE DES DEBATS DE GARDANNE DU 20 MAI 2021 par Ph CORDAT

                            Chers camarades,

    Tout d’abord permettez moi en votre nom de remercier les camarades de l’Union Départementale des Bouches du Rhône et du syndicat Cgt de la centrale de Gardanne pour leur accueil chaleureux, et toute l’organisation matériel et technique qu’ils ont déployée pour la réussite de cette journée. Nous le savons tous ici gérer une telle organisation ce n’est pas une mince affaire et soulignons qu’organiser une telle initiative avec ce soleil au rendez-vous ce n’est pas dans toutes les régions qu’il aurait été possible de le faire.

Camarades, nos échanges depuis ce matin montrent au-delà de ce que les grands médias tentent d’étouffer au niveau de l’information, au-delà des efforts et de tous les moyens mis en œuvre par le patronat et le gouvernement pour museler les salariés, asservir le peuple que de nombreuses luttes existent dans le pays.

Des luttes de résistance s’organisent dans les entreprises face aux plans de restructurations, aux délocalisations des productions annoncées.

Des luttes pour s’opposer à la casse des services publics, aux projets de fermetures de gares, de bureaux de poste, de services et d’établissements hospitaliers, des mobilisations contre les fermetures de classes dans les écoles et des centres des finances publics.

Des luttes dans lesquelles celles et ceux qui se battent essaient de trouver des convergences avec les salariés d’autres entreprises, d’autres secteurs.

Des luttes ou acteurs des services publics et usagers essaient de se mobiliser dans les villes, les communes et pour s’opposer à la désertification, à l’éloignement des services publics de proximité.

Des luttes des salariés en activité avec ceux privé de travail, exclus par le système économique, plongés dans la précarité pour s’opposer à la destruction du régime d’indemnisation du chômage<.

Des mobilisations aussi des retraités pour l’augmentation des retraites ou pour la prise en charge de la perte d’autonomie par la Sécurité Sociale.

Quel que soit les régions, partout gronde le mécontentement, la colère, le ras le bol des remises en cause des libertés individuelles, collectives, de la vie chère et de ces politiques publiques exclusivement orientées pour satisfaire les exigences du capital.

Des luttes avec parfois des succès certes pas toujours à la hauteur des ambitions revendicatives des organisations et des travailleurs impliqués mais beaucoup trop méconnues du plus grand nombre.

Je vous invite d’ailleurs à utiliser le médias unité Cgt pour faire connaitre toutes vos luttes et succès remportés.

La pandémie dans laquelle nous sommes plongés depuis plus d’une année à été utilisé par l’adversaire de classe et ses valets politiques pour engager une offensive sans précédent contre les libertés individuelles et collectives, contre l’exercice du droit syndical sur les lieux du travail, contre le droit de manifestation.

Au nom de cette pandémie, Macron et ceux qui le soutiennent ont cherché par tous les moyens à structurer une alliance entre toutes les forces politiques, syndicales et patronales pour réaliser le consensus le plus large dans un front unique pour brouiller les repères de classe et empêcher les dynamiques de luttes dans le salariat et de résistance du peuple de France.

Fort heureusement de nombreuses voix se sont élevées dans la Cgt pour refuser cette opération visant à nous associer au soutien du plan de l’Union Européenne porté par Merkel et Macron.

Ce plan d’endettement qui ne va pas manquer d’être utilisé par les tenants de l’Union Européenne pour justifier de nouvelles injonctions pour détruire ce qui reste des services publics et accélérer ce libre marché et privatiser tous nos systèmes de protection sociale fondés sur la solidarité salariale.

Face à cette offensive du capital, vous l’avez toutes et tous soulignés depuis ce matin, nous avons besoin de reconstruire des solidarités, de tisser de nouveaux liens avec l’ensemble des salariés.

Nous avons besoin de retrouver une dynamique de luttes gagnantes

Pour y parvenir nous devons tirer tous les enseignements des batailles perdues pour faire des démonstrations auprès des salariés qui s’appuient sur les expériences vécues.

Expliquer aux salariés preuve à l’appui, les mensonges du patronat, des gouvernements successifs pour justifier la casse et le bien fondé de toutes leurs contre réformes qu’ils nous ont imposées.

Je ne reviendrais pas en détail sur tout ce qu’ils nous ont vendu idéologiquement pour nous faire passer leurs projets politiques, seulement quelques rappels :

La privatisation de France télécom devait avec l’ouverture à la concurrence faire baisser la tarification, réduire les zones blanches, optimiser le service public, qu’en est-il à l’expérience ?

L a privatisation de la poste devait améliorer le trafic, faciliter l’accès des usagers aux services, celle de la SNCF devait aussi grâce à l’ouverture à la concurrence, aux financements par les régions améliorer la mobilité des usagers, réduire le prix des déplacements, l’expérience nous apporte la preuve des régressions pour les personnels et pour les usagers avec les fermetures de gares, abandons de lignes, d’arrêts des trains pour garantir une continuité territoriale du service public.

Dans les finances publiques, la fusion des impôts et du trésor devait encore une fois optimiser le service public, faciliter l’accès des contribuables au service, non seulement c‘est l’inverse qui s’est produit mais en plus c’est la mise en cause de la confidentialité des dossiers des contribuables qui est posée.

Tout ce qu’ils mettent en place au nom de l’optimisation, des mutualisations, n’a qu’un but augmenter la productivité, l’exploitation du salariat pour élever les gains des actionnaires, les profits des dirigeants des grands groupes.

Nous devons clarifier les choses dans la Cgt, les objectifs de la droite extrême sont déjà mis en place par Macron et son gouvernement, il n’y a pas d’illusion à avoir sur les discussions de salon avec les représentants des milieux financiers aux commandes du pays.

Il ne peut exister d’illusion parmi nous dans la Cgt sur l’Union Européenne que certains voudraient nous vendre comme sociale.

L’Union Européenne n’a pas été mise en place pour répondre aux besoins sociaux, elle est née de la volonté de densifier les profits des possédants à la tête des industries de l’acier et du charbon et tous les traités qui ont été mis en place y compris contre l’avis des peuples ont servi à accentuer la libre circulation des capitaux et des marchandises, ils ont conduit au libre marché, à la confiscation de la souveraineté des peuples.

Nous ne pouvons pas dans la Cgt parce qu’il existe une crise sanitaire dont ils sont coupables et responsables, parce qu’une crise financière est devant nous, céder aux champs des sirènes de l’aménagement du capital et du verdissement des activités. Pour cela la place est déjà prise, Il y a déjà des organisations comme la Cfdt pour le faire.

Camarades, nous pouvons être fiers de notre histoire, fiers du patrimoine des acquis sociaux et démocratiques, produits des combats de ceux qui nous ont précédés.

Mais nous sommes aujourd’hui confrontés à un tournant de l’histoire sociale, à des enjeux et défis qui appellent à faire preuve d’intelligence, d’anticipation, de sens de classe, de détermination pour donner du sens, de la convergence aux luttes.

Si nous ne travaillons pas à ce changement de paradigme dans la Cgt ce qui nous attend c’est la friche industrielle qui va se généraliser au profit des délocalisations.

Ce qui nous attend ce sont des territoires dépourvus de services publics et pas seulement en milieu rural et la paupérisation de masse des populations.

L’enjeu pour nous, vous avez été nombreux à le souligner depuis le début de cette journée c’est de nous accorder sur un socle revendicatif commun qui nous rassemble tous déjà dans la Cgt.

Il ne s’agit pas de renoncer à nos repères revendicatifs mais bien de renouer avec de grandes ambitions revendicatives qui fédèrent pour contester, proposer et inverser la logique économique.

Le texte intitulé : POUR UNE CGT A LA HAUTEUR DES ENJEUX, soutenus par plus de 1500

Syndiqués de la Cgt ouvre à l’édification de ce socle revendicatif.

Le ciment des luttes et du rassemblement ce sont toujours les revendications mais nous devons également changer nos modes de vie et de fonctionnement pour inter professionnaliser les revendications et les luttes.

Nous avons besoin d’un changement en profondeur pour travailler tous, syndicats, UL, UD, Régions, Fédérations et confédération au tous ensemble pour développer l’unité du salariat dans l’action pour gagner.

Ce qui nous différencie de toutes les autres organisations, c’est notre refus de nous laisser enfermer dans le corporatisme, le catégoriel, l’isolement qui conduit au repli sur nous-mêmes et à refuser de rechercher des convergences de luttes avec d’autres forces y compris politiques.

Ce qui nous différencie des autres c’est notre volonté d’agir pour les revendications immédiates et mener le combat dans le même mouvement pour changer de système économique.

Nous ne pouvons pas dans la Cgt dériver dans un syndicalisme de lobbys, un syndicalisme du sociétal qui renoncerait au changement de société.

Le syndicalisme de classe ne peut pas davantage sous les pressions idéologiques extérieures glisser dans la politique du genre en perdant de vue que ce qui est essentiel c’est la communauté d’intérêts de classe du salariat dans sa diversité de situation.

A l’issue de nos débats d’aujourd’hui ce que nous vous proposons, c’est que les structures représentées au CCN de la Cgt portent à la réunion de fin juin, la volonté de nous engager dans la construction d’un processus de luttes pour bloquer l’économie et gagner sur des revendications interprofessionnelles.

Oui nous soutenons et devons apporter tout notre engagement et soutien aux intermittents du spectacle parce que nous sommes tous quelques soit maintenant les secteurs concernés par le régime d’indemnisation du chômage.

Oui nous devons amplifier la mobilisation pour exiger des moyens pour l’hôpital public, défendre et rénover la Sécurité Sociale.

Oui nous devons soutenir la lutte de nos camarades de l’énergie bien sur ici à Gardanne mais partout dans le pays parce qu’il n’y aura pas d’activité industrielle, pas de vie dans les et régions sans un service public de l’énergie sous la maitrise et le contrôle du peuple.

Le 22 juin nous devons partout mobiliser pour donner de la force à cette bataille d’intérêt général et ne pas lâcher après.

Voilà camarades quelques réflexions sur les échanges depuis ce matin mais nous devons bien avoir conscience qu’après le 22 juin il faudra occuper le terrain auprès des salariés, des retraités, des exclus du travail pour commencer à construire durant toute la période estivale la contre-offensive du salariat.

Reprendre l’offensive pour ne plus subir, pour que la peur change de camp cela dépend en grande partie de nous, de toute la Cgt.

Pour aider à la construction de ce processus de luttes nous allons avoir besoin de reprendre le terrain de la bataille des idées, de produire du matériel pour nous adresser aux salariés. Pour répondre à la question du camarade de grand puit, nous avons un média, Unité Cgt qui peut apporter des réponses pour aider à développer l’expression syndicale dans les entreprises.

Camarades, la casse, la régression sociale ça suffit, c’est aux salariés de reprendre le contrôle de ce qui leur appartient.

Bon courage à tous, plein succès dans nos luttes et tous ensemble travaillons après cette grande initiative à Gardanne à la généralisation des luttes et au renforcement de la Cgt.

Vive la Cgt