LES COMMUNISTES ET L’ECOLOGIE -PRCF 23-08-17

LES COMMUNISTES ET L’ – Déclaration du secrétariat politique national du PRCF. 23 août 2017.

« Si la nature destructrice du fait obstacle, alors luttons contre elle et forçons-la à nous obéir ; n’attendons pas le bras croisés la mort de l’humanité ! ». Hugo Chavez, Discours prononcé au Sommet de Copenhague, décembre 2009.

Périodiquement – et c’est là chose saine et foncièrement démocratique –, les revues du PRCF, I.C. ou Etincelles sont le théâtre d’âpres (mais fraternels) débats entre des camarades qui dénoncent les tendances exterministes du capitalisme en matière d’, et les camarades qui refusent ce que, à tort ou à raison, ils ressentent comme une forme d’intégrisme environnemental, voire de « boboïsme » étranger à la classe ouvrière.

Bien entendu, le PRCF doit refuser tout ce qui, chez certains écolos petit-bourgeois, vise à condamner en soi le progrès scientifique et technique, à idéaliser de manière néo-païenne une « nature » mythique antérieure à l’intervention humaine, à dénigrer l’homme en tant que « prédateur irresponsable », à faire fi des conditions de vie réelle des travailleurs, et notamment des plus exploités d’entre eux. Ces derniers ne doivent certes pas « payer la double peine » en étant à la fois atteints dans leur santé par les conditions de travail, de vie et de consommation (nourriture malsaine, transports individuels ou collectifs de basse qualité, habitat dépersonnalisant, etc.) imposés par le capitalisme et culpabilisés à propos de leur mode de consommation (prescrit par leur faible pouvoir d’achat, par leur éloignement des centres-villes, par leurs conditions de travail, par leur absence de perspectives individuelles épanouissantes…). Quand par ex. les grandes « métropoles » s’ingénient à interdire les vieilles voitures, à instituer des péages routiers (ou à augmenter sans fin le prix du stationnement, ce qui institue un cens de stationnement anti-pauvres), et que, dans le même temps, les gouvernants maastrichtiens ferment les yeux sur la croissance exponentielle du transport aérien « low coast » (car la pollution linguistique accompagne toujours la pollution atmosphérique !) ou sur celle du transport maritime de conteneurs (ce transport de marchandises vers la France pollue plus à lui seul que tous les véhicules particuliers diésel circulant sur le territoire !), le PRCF se doit de dénoncer la nature anti-prolétarienne de ces mesures, surtout quand elles sont mises en place sans aucune contrepartie (transports publics, parkings gratuits à l’entrée des villes, navettes gratuites…). Même s’il est sain que l’humanité s’interroge sérieusement sur l’équilibre entre nourritures carnées et aliments d’origine végétale, il n’est pas question non plus de culpabiliser les éleveurs alors même qu’il faudrait d’abord – ce qu’interdit de fait la « concurrence libre et non faussée » bruxelloise – procéder à un abattage local des animaux de boucherie dans des conditions tout simplement légales et cela, après les avoir élevés dans des conditions optimales, avec une nourriture saine, en plein air et avec de l’espace. Pas question non plus d’abonder unilatéralement les campagnes incessantes contre l’industrie nucléaire civile alors que la majorité des écolos en titre ferment les yeux sur l’énorme course aux armes nucléaires réenclenchée par Trump ET par Obama et alors que, là encore, le B.A.-BA du souci environnemental devrait être de rendre à la nation la maîtrise totale sur EDF-GDF (« Engie »), d’en finir avec le principe irresponsable de la sous-traitance dans l’entretien des centrales nucléaires, de faire en sorte que l’implantation des énergies renouvelables se fasse dans l’intérêt du peuple et non dans celui des fabricants privés d’éoliennes – et il faut ajouter là qu’il s’agit aussi d’en finir avec ces baisses des dotations de l’Etat aux collectivités territoriales car, souvent, celles-ci n’acceptent de couvrir leur territoire d’éoliennes (qui polluent les paysages) que pour faire entrer un peu d’argent dans les caisses communales de façon à pourvoir aux investissements indispensables (mais qu’adviendra-t-il des tonnes de béton qui ont remplacé la terre, des mats et des pales quand ils seront en bout de course?). Etc.

Pour autant, ne perdons pas de vue la ligne générale, stratégique, de notre action fondamentalement et anti-exterministe pour l’environnement. S’il est vrai que l’impérialisme-capitalisme moderne est un , c’est-à-dire que le maintien du capitalisme, devenu depuis longtemps antinomique des besoins de l’humanité en matière de développement harmonieux, mène à la destruction de l’humain et de son environnement, s’il est exact que « le capitalisme n’engendre la richesse qu’en épuisant ses deux sources, la Terre et letravailleur » (Marx), alors nous, militants franchement communistes, devons être les premiers à porter une grande campagne de classe contre l’irresponsabilité écologique d’un mode de production et de consommation, le capitalisme, qui détruit l’environnement aussi sûrement qu’il enfante sans cesse la fascisation politique et la marche aux guerres mondiales sans limites. Comme l’avait ironiquement signalé Hugo Chavez, « si le climat était une banque, ils (= les grands Etats impérialistes) l’auraient déjà sauvé »… C’est pourquoi les camarades qui nous alertent sur les menaces du capitalisme en matière environnementale doivent être encouragés sur le fond, même si naturellement, il peut aussi y avoir des critiques ou des réserves sur tel ou tel aspect de leur réflexion. Le PRCF est favorable à un Front Antifasciste, Patriotique, Pacifique, Populaire et ECOLOGIQUE, et le « E » final de notre « FR.APPE ! » n’est certainement pas un « e muet » !

Les communistes et l’écologie

Concrètement, cela signifie que, tout en discutant à fond sur les mesures que le capitalisme et ses institutions proposent en permanence – non pour réguler la crise environnementale explosive qu’ils provoquent, mais pour la gérer au profit du système qu’ils nous imposent comme à tous les peuples du monde –, il faut sans cesse réfuter l’idée du « capitalisme vert ». Fidel Castro, qui fut un pionnier « rouge » de l’écologie humaniste n’a cessé d’y insister, c’est contre le capitalisme et l’impérialisme qu’il faudra sauver l’environnement, non avec eux et par eux. Et comme l’avait dit Chavez à Copenhague en paraphrasant Bolivar, « si la nature destructrice du capitalisme fait obstacle, alors luttons contre elle et forçons-la à nous obéir ; n’attendons pas le bras croisés la mort de l’humanité ! ».

Mais outre cet aspect de principe, rien n’interdit au PRCF et à ses organisations locales de mettre en place une campagne de terrain pour le transport en commun ferroviaire, que Macron et Cie s’efforcent de casser au profit du transport routier avec le double objectif de déstabiliser la résistance cheminote et de développer encore et encore le camionnage « low coast », frère de lait du camionnage international qui accompagne la casse du « produire en France » et la montée en puissance de la production « à flux tendus » totalement dérégulée. Avec les usagers de la SNCF, avec les cheminots, il y a du grain à moudre pour sauver la SNCF, redévelopper la RATP, associer les travailleurs de l’Equipement qui s’occupent de sécuriser les routes et de développer les trams, etc., et faire le lien entre les luttes sociales et les luttes environnementales.Et bien sûr il ne faut rien lâcher de notre volonté de ré-industrialisation du pays (et de tous les pays car chacun doit produire – industrie ou agriculture, d’ailleurs – ce qu’il peut produire chez lui, pour commercer de façon mutuellement avantageuse avec les autres) car toutes ces délocalisations capitalistes contribuent à la misère des uns comme des autres et aux diverses pollutions dénoncées à juste titre par beaucoup. Il faut aussi dénoncer plus fortement l’UE et sa politique agricole entièrement au service des monopoles de l’agro-alimentaire. Car cette politique, qui conduit régulièrement à des scandales alimentaires et à la ruine de très nombreux petits paysans et artisans pêcheurs, est à la fois nocive pour les petits et moyens producteurs, pour les salariés, pour la santé publique et pour l’environnement.

Bref, c’est collectivement qu’il importe notamment (et c’est vrai aussi centralement sur les questions d’habitat, de services publics, de remise en place de communes dotées de centres-villes et de lieux de convivialité dignes de ce nom…) d’intervenir à la fois sur le terrain environnemental et sur le terrain social sans crainte aucune de cultiver les convergences anticapitalistes et anti-exterministes.