Avec FADI KASSEM et le PRCF, PORTONS L’ALTERNATIVE ROUGE ET TRICOLORE – Communiqué n°46 – 15 décembre 2021

Pour reconstruire une Justice républicaine, démocratique et populaire, avec Fadi KASSEM, portons l’Alternative Rouge et Tricolore !

L’immense colère exprimée mercredi 15 décembre 2021 par de nombreux personnels du monde judiciaire – avocats, magistrats, juges, greffiers, etc. – est le symbole éclatant de l’euro-démantèlement des services publics frappant la France depuis des décennies. Le fait que le rassemblement des personnels de la justice ait principalement lieu devant Bercy, temple de l’orthodoxie euro-libérale au service du CAC 40 et du MEDEF, en est l’illustration la plus spectaculaire. Exténués, écœurés et révoltés à raison contre les conditions de travail déshumanisées auxquelles ils sont confrontés, les travailleurs attachés à l’idéal de justice rejettent tout ce que le « nouveau management public », héritées des méthodes nazies des années 1930 comme l’a magistralement démontré l’ouvrage Libres d’obéir de Johann Chapoutot, comporte d’humiliations, de mépris et de violences, au point qu’une jeune magistrate s’est suicidée fin août à Béthune.

Cela n’empêche pas le mis en examen pour « prise illégale d’intérêts » par les magistrats de la Cour de la Justice de la République (CJR, le 16 juillet 2021), illustration caricaturale de la morgue et de l’inhumanité macroniennes, d’expliquer que la solution réside dans… un « meilleur management », balayant d’un revers de main la volonté des personnels judiciaires d’exercer tout simplement leur travail de manière décente, au nom d’un idéal que les euro-gouvernements qui se succèdent au pouvoir depuis des décennies ne connaissent pas. Car comment, en effet, espérer un geste d’humanité – que Macron exigea de sa majorité de députés godillots qui rejetèrent en janvier 2020 un projet de loi MODEM proposant l’allongement du congé de deuil de 5 à 12 jours pour des parents ayant perdu un enfant – de la part d’un ministre mis en examen pour prise illégale d’intérêt ? De même, comment croire en un idéal de Justice avec une Macronie pataugeant dans les multiples affaires judiciaires, de Benalla à Sylvie Goulard, de Richard Ferrand à Alain Griset, anonyme ministre délégué aux Petites et Moyennes entreprises condamné pour « déclaration incomplète ou mensongère » de sa situation patrimoniale – et soutenu jusqu’au bout par la Macronie ?

Ce serait cependant commettre une erreur que de réduire la délinquance et la corruption à la seule Macronie. Car comment oublier les condamnations pour incitation à la haine raciale du pétainiste Zemmour ? La mise en examen de François Asselineau pour « harcèlement moral», «harcèlement sexuel» et «agressions sexuelles par personne ayant autorité» et «intimidation d’une victime» ? L’implication du prétendu Rassemblement national (RN) dans « un système organisé frauduleux de détournement des fonds européens à son profit » ? Les délinquants Pasqua, Chirac, Sarkozy, Fillon, Guéant, Balkany et autres faux « Républicains » que la thatchérienne Pécresse, condamnée pour avoir enfreint la loi en ayant supprimé illégalement le demi-tarif dans les transports pour les étrangers bénéficiaires de l’Aide médicale assistée (AME), représentera pour l’élection présidentielle ? Le soi-disant « Parti socialiste », dont l’implication dans des scandales politiques et/ou financiers depuis les années 1980  – jusqu’aux mensonges de Jérôme Cahuzac en plein cœur de l’Assemblée nationale ? Ce sont pourtant ces forces réactionnaires et fascistes qui, avec le soutien des godillots Jadot, Hidalgo et Roussel, défilaient le 19 mai dernier aux côtés de prétendus « syndicats » policiers factieux pour dénoncer… le laxisme de la justice!

 

La Justice de France souffre de multiples attaques répétées. Celles des forces antirépublicaines, supprimant les tribunaux de proximité, robotisant les procédés judiciaires et condamnant les juges et magistrats à expédier les affaire, au risque d’accroître extinctions, exceptions de procédure ou incidents mettant fin à l’instance. Celles aussi des forces réactionnaires et fascisantes, venant à la fois de personnels parfois acquis aux thèses nauséabondes de l’extrême droite et de la droite extrême, et des forces politiques corrompues adeptes d’une justice de classe contre les travailleurs et les citoyens – matraqués, éborgnés et gazés comme les gilets jaunes, les syndicalistes de combat, les travailleurs, lycéen(ne)s et étudiant(e)s, retraité(e)s en lutte, les forces politiques progressistes (surtout communistes). Elle souffre également du « nouveau management public » vanté par le MEDEF-CAC 40 et appliqué avec zèle dans les entreprises et dans la fonction publique, comme le constatent avec désarroi les personnels soignants et enseignants au bord de la rupture, les travailleurs des défunts EDF et GDF, les cheminots, les personnels de la fonction territoriales, etc. Elle souffre enfin de l’euro-austérité imposée par la mortifère Union européenne poussant les « services d’intérêt économique général » à se plier aux imbéciles et dogmatiques « critères de stabilité et de convergence » de Maastricht.

Voilà pourquoi le PRCF et son secrétaire national Fadi Kassem mènent la campagne pour une Alternative Rouge et Tricolore en 2022, la seule en mesure reconstruire une Justice républicaine, démocratique et populaire, totalement indépendante des grands groupes de pression capitalistes et oligarchiques visant à perpétuer leur ordre de plus en plus fragile et contesté. Cela nécessite la mise en place de mesures de salut public en termes de moyens financiers et humains pour les personnels de la Justice, mais également un combat implacable contre toutes les formes de délinquance et de criminalité – et pas seulement celles se produisant au sein des classes populaires –, notamment contre les forces oligarchiques corrompues et prébendières. Enfin et surtout, l’urgence de faire de la Vertu et de l’Egalité l’axe cardinal d’une Justice visant à substituer des centres de rééducation et de travail (Cedtra) à un système carcéral saturé et inefficient, inspiré de la société états-unienne où la criminalité atteint des proportions effarantes.

Et pour cela, le Frexit progressiste, à savoir la sortie de l’euro, de l’UE, de l’OTAN et du capitalisme, est la seule solution pour une disposer des moyens d’une justice au service des citoyens et des travailleurs, donc dégagée de toute pression de l’oligarchie corrompue et désorganisant volontairement l’ordre judiciaire. Car vouloir construire une Justice républicaine où la loi est générale, abstraite et impersonnelle (car « les lois ne sont pas de purs actes de puissance : ce sont des actes de sagesse, de justice et de raison », « faites pour les hommes, et non les hommes faits pour les lois »), une Justice démocratique et populaire au cœur d’une utopique « Europe sociale » (Mélenchon et Roussel) ou des « Etats-Unis socialistes d’Europe » (Kazib), donc en euro-capitulant devant la maléfique Troïka Commission européenne-Banque centrale européenne (BCE)-Fonds monétaire international (FMI) qui démantèlent l’ensemble des services publics, c’est condamner les travailleurs et les citoyens au désespoir et à l’impuissance nourrissant les criminelles forces réactionnaires et fascisantes.