LES LANGUES RÉGIONALES NE DOIVENT PAS SERVIR DE PRÉTEXTE NI À LA DÉSARTICULATION DE LA RÉPUBLIQUE une et indivisible NI à L’ÉVICTION de la LANGUE COMMUNE de TOUS LES CITOYENS, LA LANGUE FRANCAISE!

Déclaration de Georges Gastaud et de Fadi Kassem, secrétaires nationaux du PRCF – 28 mai 2021

Les idées exprimées ci-dessous nous vaudront sans doute, comme à l’ordinaire les huées des bien-pensants. Mais il faut savoir braver les idées dominantes, y compris quand établie et certains syndicats euro-formatés les parent des couleurs de la “diversité”, pour lancer l’alerte quand de graves dangers se précisent et que les médias dominants, aidés par toute la fausse gauche et par une partie de l’ “extrême gauche”, font tout pour les cacher et ne donner la parole, en français d’ailleurs pour qu’ils soient entendus de tous, qu’à un seul camp.    

Une attaque frontale contre le français, langue commune de l’État et de l’enseignement, et contre la République une et indivisible

De plus en plus, avec la totale complicité de Macron (fervent partisan du délétère “Pacte girondin”), sous la férule de l’UE promouvant sa dissolvante “Charte européenne des langues minoritaires et régionales”, et avec le relais agitateur permanent des Euro-Écologistes “verts” et de moult groupuscules séparatistes (bretons, alsaciens, catalans, corses, nissards, savoisiens, flamands, etc.), les langues régionales, patrimoine indivisible de la nation, servent de prétexte à une attaque majeure contre l’indivisibilité de la République et contre la langue française, “langue de la République” au titre de l’article II de la Constitution. C’est ainsi qu’un certain nombre d’organisations, dont certaines se disent de gauche, voire “communistes”, manifestent ce jour contre la  décision juste (pour une fois!) du Conseil constitutionnel d’invalider la partie de la récente loi Molac qui oblige les communes, en violation de l’article II-a et de la laïcité républicaine, de financer des écoles privées excluant ou minimisant l’enseignement en français pour mieux privilégier l’enseignement “immersif” en langue régionale (et en anglais pour faire bon poids?).


DERRIÈRE LE RIDEAU DE FUMÉE DE LA “DIVERSITÉ”, L’EMPIRE EURO-ATLANTIQUE DU GRAND CAPITAL EN MARCHE !

Le PRCF se veut clairement l’héritier, sur des bases de classe anticapitalistes, antifascistes et anti-impérialistes, des traditions historiques jacobine, robespierriste et laïco-républicaine inlassablement diffamées, y compris par ces idéologues “girondins” qui célèbrent l’ultra-centraliste militariste, belliciste, esclavagiste et bureaucratique empereur Napoléon Bonaparte*. C’est pourquoi le PRCF invite les vrais communistes, les syndicalistes de classe, les véritables patriotes républicains, les amis sans cesse humiliés et piétinés de la langue française, voire les vrais défenseurs et praticiens désintéressés des langues régionales, à la résistance civique et culturelle: refusons ensemble, citoyens et travailleurs, une entreprise “girondine”, en réalité antirépublicaine, anti-francophone, anti-laïque et euro-dislocatrice, qui, consciemment pour quelques-uns (comme Macron, comme le député “marcheur” breton Molac ou comme l’eurobéat Jadot), ou inconsciemment pour d’autres qui refusent de voir les actuels dangers d’euro-dislocation de la France et d’arrachage méthodique du français au profit du tout-globish euro-atlantique, sape l’une après l’autre les bases républicaines de la construction nationale. Derrière leur éloge doucereux de la “diversité”, ces euro-dislocateurs de République travaillent pour le grand capital: ils utilisent la vieille maxime impérialiste “diviser pour régner” pour établir leur nouvel Empire** euro-atlantique sur les ruines des Etats-nations issus de la Révolution française, et pour reléguer, “désétablir” et humilier méthodiquement la langue française – premier service public de France, socle de la Francophonie internationale et ciment culturel de la Nation. Derrière le bavardage sur la “décentralisation”, émerge ainsi en réalité, avec la complicité de la fausse gauche et des faux communistes, un Empire euro-atlantique des régions(faut-il dire des “Länder”, tant le “modèle” allemand semble s’imposer à tout le continent?). Feignant de valoriser les régionalismes rétros et flattant les nouvelles féodalités qui régentent les “Grandes Régions”, les euro-dislocateurs s’appuient sur le légitime attachement des Français à leurs pays et autres “terroirs” pour détruire les droits conquis par les travailleurs dans le cadre national: souveraineté nationale et populaire, conquêtes sociales, services publics d’État, égalité des citoyens devant la loi sur tout le territoire, tout cela s’opérant sur fond d’arrachage méthodique par le grand patronat (délocalisations, fusions capitalistes, euro-privatisation de la poste, d’EDF, de la SNCF, des ports et aéroports, etc.) du produire en France industriel, agricole et artisanal. Non, camarades travailleurs et citoyens de la République, vous ne devez pas faire cause commune avec ces oligarques hexagonaux ET régionaux qui, de Brest à Mulhouse et de à Dunkerque, démolissent au quotidien les bases industrielles, agricoles, civiques, culturelles du lien social dans notre pays tout en poursuivant le pillage néocolonial de l’Afrique sous l’égide des Bolloré, Le Drian et Cie ! 


CIBLER L’EURO-MONDIALISATION CAPITALISTE ET NON LA RÉPUBLIQUE INDIVISIBLE ISSUE de la RÉVOLUTION FRANÇAISE!

Le véritable ennemi des langues régionales n’est pas “le français”, harcelé sur tous les plans (recherche, université, enseignes, sociétés du CAC 40, chanson, cinéma, etc.) par les tenants du tout-anglais en violation de la loi Toubon de 1994 et de la Constitution (“la langue de la République est le français”); l’ennemi n’est pas davantage la “République jacobine”, inlassablement attaquée et désossée par les euro-gouvernements qui se succèdent à Paris au moins depuis Maastricht (1992), et encore moins l’Éducation de moins en moins nationale (casse méthodique par Blanquer des examens nationaux, à commencer par le bac, des programmes nationaux, des diplômes et des qualifications nationales, des statuts nationaux des personnels de manière à araser le principe d’égalité républicaine et de faire place nette au contre-modèle éducatif profondément inégalitaire et excluant des pays anglo-saxons). Le véritable ennemi actuel des langues régionales, c’est, d’une part, l’euro-austérité qui réduit sans cesse les moyens de l’Éducation nationale et qui lui interdit à la fois d’enseigner correctement le français et d’ouvrir largement l’offre de langue régionale (et aussi de langues vivantes et anciennes dans leur diversité). L’ennemi, c’est aussi, sur le fond, l’euro-mondialisation néolibérale qui traite les langues et les cultures comme un marché archi-dominé par les tenants du tout-anglais et de l’américanisation généralisée de la planète. En réalité, l’oligarchie financière qui orchestre cette euro-mondialisation aux dépens des classes populaires et des couches moyennes, n’a cure des langues régionales. Elle veut seulement les instrumenter provisoirement, le temps de destituer le français de son rôle de langue commune de la République, de liquider la Francophonie internationale et de faire place nette aux “traités transatlantiques” (CETA, TAFTA, UE/Mercosur, etc.) qui ravagent notre économie productive dans l’indifférence parfaite des séparatistes régionalistes. Il s’agit aussi pour les oligarques capitalistes “français” que personnifie Macron de promouvoir, sous le pseudonyme de “décentralisation”, la mise à mort de la loi nationale identique partout, d’un Code du travail unique et protecteur pour tous les travailleurs, et bientôt n’en doutons pas, des statuts nationaux, du SMIG national, des Conventions collectives nationalement unifiées, des services publics d’État opérant dans la langue commune, d’une politique industrielle et agricole tant soit peu unifiée dans notre pays: au bout de cette entreprise irresponsable, les risques sont énormes de provoquer une dislocation territoriale potentiellement violente et une division du peuple extrêmement nuisible au monde du travail et uniquement profitable à la classe capitaliste et à sa fraction la plus oligarchique.


NE PAS DE TROMPER D’ENNEMI ! 

C’est pourquoi, héritiers de Jaurès, qui fut à la fois un locuteur natif de l’occitan et un maître de la langue française, mais aussi du grand PCF patriote et républicain des années 1920 à 1970 (loin d’acquiescer aux principes antirépublicains de la loi Molac, comme viennent de le faire les députés PCF actuels, le PCF de Thorez, Cachin et Duclos défendait alors à la fois la langue et les Lettres françaises tout en revendiquant l’enseignement des langues régionales par l’Éducation nationale), nous adjurons les défenseurs des langues régionales de ne pas se tromper de cible : ne suivez pas, citoyens, ceux qui vilipendent “le français” (votre langue maternelle depuis plusieurs générations pour les 9/10èmes d’entre vous!), pendant que le “Ramina-Globish” du tout-anglais managérial dévore à la fois les langues régionales et la langue commune de la Nation! Ne suivez pas ceux qui attaquent irresponsablement “Paris” et “le jacobinisme” – comme si “Paris” n’était pas très majoritairement composé de Provinciaux et de descendants de Provinciaux et comme si les attaques contre l’unité territoriale du pays n’émanaient pas de… l’Élysée et du “pacte girondin” macroniste ! – et comme si le jacobinisme, à ne jamais confondre avec le bonapartisme, n’avait pas donné à la France et au monde, en alliance avec la masse des paysans de France et des Sans Culotte des grandes villes, l’idéal universaliste d’une République souveraine, et démocratique. Ne suivez pas non plus, citoyens, ceux qui, en exploitant éhontément votre légitime attachement aux “pays” et aux langues de vos parents ou grands-parents, veulent désarticuler la France, notre bien commun qu’il nous faut affranchir de l’UE et révolutionner dans un sens anticapitaliste et non pas dissoudre dans l’acide sulfurique de la “construction” européenne au risque le jour venu, de “balkaniser” notre pays comme l’UE arrimée à l’OTAN et asservie à Berlin et à Washington,  a déjà réussi à le faire en pulvérisant la Yougoslavie, la Tchécoslovaquie et, comme la délétère “construction” européenne y conduit chaque jour de manière plus sournoise, en favorisant l’ “évaporation” de la Belgique et d’autres pays européens. Toute cette entreprise impériale d’euro-dislocation menée sous le masque trompeur de la “diversité” – alors même que le rabot du tout-anglais et de la toute-puissance d’Hollywood et du libre-échangisme néolibéral uniformisent et appauvrissent comme jamais la biodiversité culturelle mondiale – est porteuse de terribles régressions vers ce que la France et l’Europe d’Ancien Régime avaient de pire. En réalité, tout cela va au rebours des Jours heureux que nous voulons tous, nous militants franchement communistes, laïques et républicains, pour le peuple travailleur et pour la jeunesse de notre pays, toutes régions fraternellement et égalitairement unies dans leur diversité !

CESSER D’OPPOSER LES LANGUES RÉGIONALES à la LANGUE FRANÇAISE, à la RÉPUBLIQUE INDIVISIBLE et à l’ÉDUCATION NATIONALE ! 

Oui à l’enseignement des langues régionales dans le cadre d’une Éducation nationale ayant les moyens d’enseigner correctement le français et en français! Oui au français redevenant pour du bon “la langue de la République” dans le respect de la Constitution. Oui à une République une, sociale, laïque, indivisible démocratique et fraternelle développant le produire en France de manière équilibrée sur tout le territoire, avec de vrais services publics, une protection sociale solide, une Éducation nationale de qualité pour tous, de manière que chaque citoyen et citoyenne puisse accéder à égalité, non pas au culte diviseur et à l’infini des particularismes recroquevillés, mais à ce “bonheur commun” dont Robespierre, fondateur de la République française, et Babeuf, constructeur du premier parti communiste de l’histoire mondiale, faisaient “le but de la société”. Et oui, dans l’immédiat, à la construction urgente, non pas du destructif “chacun pour soi séparément”, mais du “tous ensemble en même temps” dont du travail a vitalement besoin pour stopper les régressions sociales, briser les lois liberticides et fascisantes et rouvrir la voie au progrès social, à la démocratie et à la renaissance républicaine de notre nation. 
************************* notes
* Il faut rappeler que la Convention jacobine a créé la structure citoyenne de proximité du département et donné la plus large autonomie aux communes. À l’inverse, sitôt parvenu au pouvoir, Napoléon Bonaparte a supprimé l’élection des maires… Quant aux euro-gouvernements successifs des Raffarin, Sarkozy, Hollande, Macron, ils appellent “décentralisation” la dissolution des communes dans les “métropoles”, des départements et des régions dans les “grandes régions” (13 au lieu de 27), la dislocation du territoire national en “collectivités européennes” (Alsace), en “euro-départements” (Moselle) et en “collectivités uniques” (Alsace, Corse, bientôt Bretagne?), quand ce n’est pas en “communautés transfrontalières” (Annecy-Genève, etc.). Quant à l’État-nation, il est écartelé de mille façons dans l’État européen en construction que les Français ont pourtant rejeté en votant non à la constitution européenne (29 mai 2005). L’UE elle-même se conçoit de plus en plus comme membre de ce que le MEDEF appelle de ses vœux sous le nom d’ “Union transatlantique”. En fait de décentralisation, les menteurs qui se succèdent au pouvoir et qui MANIPULENT la référence à la “proximité”, ne font qu’éloigner sans cesse les citoyens des lieux de décisions comme le souhaitent les sociétés transnationales qui pilotent l’UE.
** Le mot “empire européen” est désormais employé sans fard par D. Strauss-Kahn ou par Bruno Le Maire. Dès 2011, le PRCF a mis en garde contre le processus de balkanisation des nations existantes que comporte nécessairement la construction de l’empire européen. 
**Par ailleurs, comment peut-on s’indigner de la “maltraitance” dont seraient victimes les langues régionales alors qu’on semble partout s’accommoder du fait que les langues de l’immigration de travail, arabe notamment, soient scandaleusement ignorées dans l’offre de l’enseignement public (de même que, du fait de la domination écrasante du tout-anglais, l’enseignement de l’allemand, de l’italien, du portugais, voire de l’espagnol, sans parler du russe et de l’ignorance généralisée du chinois, semblent ne choquer aucune belle âme?