100ème anniversaire de la Journée internationale de lutte instituée sur la proposition de Clara Zetkin

Déclaration Du PRCF – 7 mars 2011

Il y a cent ans était instituée sur proposition de Clara Zetkin, championne de l’émancipation des femmes et militante révolutionnaires de la Deuxième Internationale, la journée annuelle de lutte du 8 mars.

I. Le 8 Mars vu par Clara Zetkin

Loin d’opposer les femmes en général aux hommes en général,  C. Zetkin associait l’engagement pour l’égalité entre les sexes au combat général du prolétariat pour l’abolition de l’exploitation capitaliste. Zetkin s’inspirait en cela des écrits d’Engels, dont le livre magistral L’Origine de la famille, de la propriété et de l’Etat a jeté les bases de l’approche marxiste de la question féminine.

C’est d’ailleurs le 8 mars 1917 que prit corps l’insurrection ouvrière de Petrograd qui aboutit à la chute du tsarisme puis à la première Révolution socialiste victorieuse de l’histoire, la Révolution d’Octobre. S’y illustrèrent notamment des militantes telles que Nadia Kroupskaïa, Inessa Armand, Alexandra Kollontaï, ou encore la Française Jeanne Labourbe, adhérente du parti bolchévik qui joua un rôle central dans les mutineries révolutionnaire de la flotte française envoyée en Russie pour mater la Révolution prolétarienne.

Zetkin fut d’ailleurs une des fondatrices du PCF: c’est elle qui représenta l’Internationale communiste au Congrès de Tours, lançant aux congressistes la fameuse interpellation : « camarades, il faut choisir ! ».

II. L’apport du communisme historique et du Mouvement de libération nationale à l’émancipation des femmes

Pendant 70 ans, la journée internationale du 8 mars, fériée dans tous les pays socialistes, fut un puissant levier militant pour faire avancer partout les revendications pour l’égalité entre les deux sexes en tant que dimension axiale du combat pour l’émancipation sociale de toute l’humanité.

Ainsi les femmes des ex-pays socialistes ont-elles disposé les premières, non seulement d’une totale maîtrise juridique sur leur propre corps (contraception, droit à l’IVG, « accouchement sans douleur », divorce par consentement mutuel, défense résolue contre les traditions religieuses oppressives à l’égard des filles), mais de droits étendus dans l’accès à l’éducation, à l’université, aux soins médicaux, à l’emploi industriel, aux métiers d’ingénieur, etc.. En RDA par ex., les entreprises mettaient à la disposition des femmes des crèches et d’autres services payés par l’employeur qui libéraient en partie les femmes de la « double journée ». Et c’est encore aujourd’hui le cas assez largement à Cuba malgré les difficultés liées au blocus US.

C’est sur ces grandes conquêtes socialistes de la femme, que symbolise Valentina Terechkova, première femme cosmonaute de l’histoire, c’est sur la base de la force du Mouvement communiste international et, s’agissant de la France, sur la base de l’influence du PCF et de la CGT de classe de Martha Desrumeaux, que les femmes de France, si héroïques pendant la Résistance, ont arraché de nombreux droits au système capitaliste, même s’il n’est pas question de nier l’apport progressiste de féministes non communistes mais clairement engagées dans le combat anticolonialiste comme Simone de Beauvoir.

La lutte des femmes des pays colonisés prit également appui sur la force du MCI et des Fronts de libération nationale : dans de nombreux pays, les femmes ont pu commencer à s’émanciper de leur joug millénaire avec le soutien de régimes patriotiques se réclamant de la mixité et de la laïcité. Tel était notamment le cas du régime révolutionnaire institué en 1978 par le Parti populaire d’Afghanistan. Parce qu’il voulait instaurer la réforme agraire, rendre public l’accès aux points d’eau, mixer et laïciser l’éducation, ce régime fut immédiatement saboté par la réaction féodale locale, armée et financée par la CIA et par les pétro-milliardaires d’Arabie séoudite : c’est ce qu’a depuis clairement revendiqué Z. Brzezinski, alors secrétaire d’Etat de Carter, qui ne cachait pas sa volonté de nuire à l’URSS, alliée de l’Afghanistan révolutionnaire. Aux premiers rangs de la croisade antisoviétique, figurait le sanglant Ben Laden, ami et marionnette des impérialistes américains. Par anticommunisme, la social-démocratie française, aidée par une partie de l’extrême gauche (!) et par la direction de la CFDT, a soutenu ces fanatiques sans souci des énormes conséquences négatives qu’auraient, pour les femmes du monde entier, la déstabilisation de l’Afghanistan.

III. Contre révolution-mondiale et recul des droits des femmes

La contre-révolution continentale de 1989, qui sous couvert de promettre aux peuples de l’Est la « prospérité », ne leur a apporté que chômage de masse, misère, régressions, destruction des services publics, dictature anticommuniste et retour en force des appareils religieux réactionnaires, fut une catastrophe mondiale pour les femmes, une seconde « défaite historique de la femme », pour reprendre une expression d’Engels. En ex-URSS par ex., des centaines de milliers de retraitées ont péri de faim, de maladie ou de froid faute de pouvoir toucher leur pension, de pouvoir acheter des médicaments ou de pouvoir continuer à résider dans les logements à bon marché des grandes villes accaparées par la spéculation immobilière.

Dans les pays du tiers-monde, des mouvements intégristes financés par l’impérialisme ont souvent occupé le terrain laissé vacant par l’écroulement du mci consécutif à la trahison de gorbatchev et de ses émules révisionnistes du monde entier. telle fut la conséquence du choix de classe antisoviétique opéré par l’impérialisme : « plutôt les talibans que les « rouges » ! (sic). c’est pourquoi d’ailleurs, il est hypocrite de la part d’obama et de sarkozy de prétendre que l’occupation de l’afghanistan aurait pour but d’y libérer les femmes, alors qu’il s’agit uniquement, quitte à s’allier à certaines fractions particulièrement corrompues des talibans, de contrôler ce territoire stratégique pour la « surveillance » de la chine, de la russie et de l’inde !

IV. En France, l’ump et l’union européenne saccage les droits sociaux des femmes.

Les femmes sont massivement chomeuses, precaires, sous-payees, sous-pensionnees, dernieres a etre promues dans les entreprises, premieres victimes de la casse de l’emploi public  et du statut de la fonction publique, de la destruction de la secu et des retraites par repartition dont la diminution programmee les condamne a trimer jusqu’a 67 ans ou a dependre de leur compagnon pour leurs vieux jours. d’ailleurs, dans l’education nationale, dans les services hospitaliers massivement feminises, les salaires, y compris masculins, sont massivement sous-evalues.

V. Femmes en mouvement de toute la terre, prolétaires de tous les pays, peuples opprimes du monde, unissons-nous contre toute forme d’exploitation, d’oppression et d’alienation!

C’est pourquoi, à l’occasion du 100ème anniversaire du 8 mars 1911, le PRCF salue les femmes en lutte de France et d’ailleurs, notamment celles qui donnent actuellement leur vie pour la liberté, de la Tunisie au Yémen, de la Libye à la Palestine, d’Oman au Bharein. Le PRCF soutient la journée enseignante de lutte appelée par la FSU et la CGT le 19 mars prochain. Le PRCF invite aussi les communistes à mettre l’accent sur la lutte contre les discriminations sexuelles, élément-clé de l’aliénation capitaliste. A notre époque où le capitalisme, de plus en plus réactionnaire, condamne des milliards d’hommes et d’enfants à la famine, à l’analphabétisme et au désespoir, il est urgent de refermer ensemble la parenthèse contre-révolutionnaire ouverte en 1989 par la destruction du camp socialiste pour travailler ensemble à la construction d’un monde fraternel débarrassé de l’oligarchie capitaliste égoïste des Liliane Bettencourt, des M. Alliot-Marie et autres Leïla Trabelsi.

En France, il n’y aura pas de tournant significatif vers l’émancipation féminine sans une renaissance du Parti communiste sur les bases franchement communistes. C’est à quoi travaille le PRCF alors que le PCF établi se fait désormais le chantre de l’euro qui réduit des millions de salariées et de mères de familles aux fins de mois difficiles. Le PRCF invite donc les femmes les plus engagées dans le mouvement social à rejoindre son combat pour la renaissance communiste.

Car de nos jours le capitalisme n’apporte plus que des régressions. Aucune avancée ne s’inscrira désormais dans la durée si elle ne prend pas appui sur la lutte révolutionnaire pour une fondée, non sur le profit de quelques-uns, mais sur la satisfaction des besoins de tous les êtres humains, et avant tout, des enfants, principales victimes de cette inhumaine mondialisation capitaliste qui prétend faire de la « guerre de tous contre tous » le dernier mot de l’histoire humaine !

  • Clara Zetkin 1857-1933
  • Jeanne Labourbe 1877-1919
  • Martha Desrumeaux 1897-1982 déportée à Ravensbruck en 1942.
  • Annie Lacroix-Riz (historienne Française, professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris VII)