Zineb, 80 ans tuée chez elle par une grenade lacrymogène de la police. Sa fille interpelle Macron

Le 1er décembre 2018 alors que les forces de répression policières du régime déchaînent leurs tirs de grenade tout azimut à Marseille, 80 ans reste chez elle dans son appartement au 4e étage. Elle tente d’aller fermer ses volets pour se protéger des tirs de la police. À 18 h 57, une grenade lui a explosé en plein visage.Elle est retrouvée ensanglantée par sa voisine à qui elle témoigne qu’elle a été atteinte par le tir d’une grenade. “Ils m’ont visée” dit-elle. Zineb Redouane décède de ses blessures à l’hôpital.

À ce jour, aucun policier n’a été arrêté, aucune mise en examen n’a été prononcée, aucun jugement ni aucune condamnation. C’est l’impunité totale.

Quelques semaines plus tard, c’est à nouveau une dame âgée, Geneviève Legay qui est grièvement blessée par une charge de la police à Nice. Violent et provocateur, Macron lance cynique dans la presse qu’elle aurait dû rester chez elle pour ne pas prendre de risque. Une provocation qui fait bondir la fille de Zineb Redouane. Sa mère, tuée par une grenade lancée par le régime Macron ne manifestait pas. Elle tentait d’être en sécurité chez elle.

Initiative Communiste se devait de publier cette lettre, rendue publique par nos confères de Révolution Permanente et qui n’a été reprise par aucun des grands titres de la presse quotidienne et nationale, il est vrai tous détenus par les milliardaires.

“Le 2 avril nous serons à 4 mois du décès de Zineb Redouane, ma mère. Mais moi je suis restée au 2 décembre. Tous mes jours ont la même date. Le temps s’est arrêté pour moi à cette date. Ma mère est morte ce jour-là, et depuis c’est chaque jour que je meurs. Le silence me tue, l’ignorance de sa mort sur la scène médiatique et politique me tue, chaque déclaration irresponsable des responsables me tue et appuie très fort sur ma blessure, comme cette dernière déclaration que je viens de lire, du premier homme de France, ‘sous une forme de sagesse’ : “Quand on est fragile, qu’on peut se faire bousculer, on ne se rend pas dans des lieux qui sont définis comme interdits et on se met pas dans des situations comme celle ci ” !!!..
J’aurais aimé que ça soit vrai moi-même. J’aurais conseillé à toutes les personnes âgées de rester chez elles car leurs vies sont chères, mais moi plus que personne, je sais que ce n’est pas une garantie et je peux le confirmer.
Car ma mère Zineb Redouane, 80 ans, était bien chez elle au 4ème étage et malgré cela, elle a été atteinte par un tir de lacrymogène qui lui a coûté la vie !
Alors ce n’est pas une sagesse de rester chez soi pour préserver sa vie… la vraie sagesse c’est d’interdire ces armes qui mettent la vie des autres en danger, la sagesse c’est de garantir la sécurité des gens au moins chez eux !
Il y a une question qui me traverse l’esprit : quelle est la sagesse que ma mère aurait dû appliquer pour ne pas mettre sa vie en danger, plus que d’avoir annulé une invitation à dîner par son amie ce soir-là, et de rester chez elle ?
Et puisque après chaque personne mutilée il y’a une morale d’après les responsables, alors j’aimerais bien savoir la leçon de morale qu’on doit tirer de l’histoire de Zineb Redouane ?
Enfin, une grande pensée à Geneviève Legay et je lui dis que même si vous étiez restée chez vous, vous n’étiez pas à l’abri. Zineb Redouane en est une preuve, vous avez tous mes respects et tout mon soutien.”

Milfet Redouane, fille de Zineb Redouane, tuée par un tir de grenade lacrymogène le 1er décembre à Marseille – 28 mars 2019