Illusion de l’Europe sociale, réforme territoriale, ils disent comme le PRCF…

affiche PRCF UE il faut en sortir pour s'en sortirChacun peut le constater, les idées et la position que défendent ses militants franchement communistes du progressent et sont de plus en plus largement partagées, notamment en ce qui concerne l’analyse du de ce qu’est la construction européenne, de ce que l’ et l’euro sont des armes de la classe capitaliste.

Dans son communiqué d’analyse du résultat des élections européennes le soir même du 25 mai 2014, le PRCF écrivait  : “A propos de la stratégie pour le moins ambiguë, du Front de , synthétisé par son mot d’ordre « Rompre et refonder l’ », deux termes radicalement antinomiques, notons qu’elle aboutit à une défaite qui exige -enfin!- une clarification sur l’UE et l’euro, sur le rôle des luttes et contre le “crétinisme parlementaire “

Plus que jamais, le PRCF continuera sur sa ligne de renaissance et d’unité d’action des forces communistes, de rassemblement des forces syndicales rouges, de Front antifasciste, populaire et patriotique autour du drapeau rouge, de réactualisation des valeurs du CNR, de lutte révolutionnaire pour que la France sorte de l’euro, de l’UE, de l’Alliance atlantique (OTAN) et du capitalisme prédateur dans la perspective du socialisme et du véritable pouvoir populaire.

Le PRCF appelle les communistes en recherche d’efficacité à s’abonner à Initiative communiste et à rejoindre le PRCF pour construire en redoublant d’efforts les bases d’une alternative populaire permettant à notre pays de revivre des « Jours heureux ».

Au rassemblement bleu-brun-bleu marine en gestation, au Parti Maastrichtien Unique (PMU) composé du PS, de l’UDI et de l’UMP, opposons le rassemblement rouge-Marianne symbolisé par l’alliance du drapeau tricolore, du drapeau rouge frappé de la faucille et du marteau et du Bonnet phrygien de l’émancipation populaire.”

La position sur l’UE du PRCF est connue, simple et claire : sortir de l’UE, sortir de l’Euro ces armes de la classe capitaliste

Dans un article du 10 février 2014, Sortir de l’UE, sortir de l’euro : à gauche les lignes bougent vers le PRCF nous constations déjà la convergence de vue d’un certains nombre de personnalités et d’intellectuels avec ce que disent depuis plus de 10 ans maintenant les militants franchement communistes du PRCF. Et de citer les déclarations récente de Monique Pinçon Charlot, de A Bernier, de E Todd, de F Lordon ou J Sapir et même de l’économiste du PG Jacques Généreux.

Des voix s’élèvent de plus en plus pour remettre en question la dangereuse impasse de l’Europe sociale, rappeler la nécessité d’abandonner la Nation et le combat pour la souveraineté populaire en laissant ainsi un boulevard à l’extrême droite. Ces voix donnent raison au PRCF.

Après le choc des européennes pour une certaine gauche, les réactions ne manquent pas pour abonder dans le sens du PRCF. A l’image de ces deux prises de positions récemment publiées par le journal l’Humanité  du sociologue Thierry Blin condamnant on ne peut plus clairement le virage euroréformiste du PCF : “penser que les références nébuleuses à l’Europe sociale, à un smic européen où à la « subversion » de l’euro impressionneront l’électeur, c’est se payer de mots (…) jusqu’à l’invention de la Gauche plurielle, il n’était question que du refus de « l’Europe supranationale du Capital » et même de l’éditorialiste Ducoin qui dans un billet écrit : il est sans doute un peu tard maintenant pour nous reprocher les parties de notre cursus idéologique laissées en friche au fil des année (…) Mais au fait, c’est qui, «nous» ? Nous, les communistes,(…) , bref, tous ceux qui, à force de rectifications élémentaires et d’erreurs intellectuelles coupables, (…), ont abandonné, parfois sans le vouloir, les concepts de «souveraineté-populaire» et de «nation-citoyenne». Fifille-la-voilà a tout récupéré. La patrie, au profit d’une souveraineté du chef et d’une nation identitaire. Et même le discours social, en substituant un clivage de classe par un clivage ethnique, sur les ruines de l’ancienne culture ouvrière. “.Tout en écrivant d’une façon fort alambiquée en essayant de masquer la responsabilité de ceux qui – de R Hue à P Laurent, de Herzog à Zarka etc… – ont fait prendre ce virage eurolatre et euroréformiste pour coller au PS de la gauche plusrien, Ducoin donne raison au PRCF qui lui n’a jamais abandonné la défense de la “souveraineté populaire” et de la Nation. Il est vrai qu’il appartient à  ces équipes du journal l’Humanité qui depuis des années censurent de façon systématique les militants franchement communistes du PRCF et plus largement la moindre contestation de la direction mutante du PCF-PGE et empêchent que ce tiennent à gauche le nécessaire débat sur la sortie de l’UE et de l’euro par la voie progressistes. Logique donc que Ducoin taise que ces “erreurs intellectuelles coupables”  on été dénoncées avec forces et combattues pieds à pieds notamment par les militants franchement communistes du PRCF, et que l’abandon des concepts de “souveraineté populaire” et de “nation citoyenne” ne s’est donc pas fait “sans le vouloir” et que d’ailleurs contrairement à la direction mutée du P”c”F les communistes ne les ont pas abandonnées. Passons.

Sur un autre plan, nous ne pouvons également que nous réjouir des déclarations récentes du Parti de Gauche au sujet de la réforme territoriale (voir la déclaration du PRCF) :

François Hollande annonçait lundi 2 juin sa feuille de route pour exploser le cadre national et républicain. Si la fusion des régions a retenu l’attention, le projet présidentiel confirme aussi la suppression programmée des départements et l’abandon des communes comme structure-clé de l’action locale.

Une fois encore, c’est le qui va payer l’addition : le creusement des inégalités va être inéluctable dès lors que l’unité et l’indivisibilité de la République sont remises en question

Ce que ces nouvelles déclarations démontrent c’est que les choses bougent et dans le bon sens. Mais c’est une course contre la montre qui est engagée. UMPS et UMP’EN sont à la manœuvre avec la bénédiction d’un MEDEF de plus en plus arrogant et sûr de lui, et sous la baguette de l’UE, de plus en plus dominante et anti-démocratique, de plus en plus ouvertement orientée par l’Allemagne qui est la puissance hégémonique de cette prison des peuples.

Avec le PRCF, Brisons les chaînes de l’Union Européenne

A l’heure où les chiens de garde du capital, les Moscovici, les Colombani et autres, amalgament combattants de la République sociale et extrême-droite, aidez, renforcez ceux qui avec le mot d’ordre de sortir de l’euro, de l’UE, de l’OTAN par la PORTE DE GAUCHE, propose une voie de mobilisation claire, efficace d’un front antifasciste, populaire progressiste et patriotique pour la souveraineté populaire, pour la démocratie, pour la paix et pour défendre et étendre les conquêtes du CNR. Une voie pour une mobilisation majoritaire permettant de changer le rapport des forces, de remettre la classe des travailleurs à l’offensive.

Engagez vous au coté des militants du PRCF. Il y va de l’avenir de nos enfants c’est-à-dire de la France.

A la recherche du Peuple perdu

Le philosophe Jean-Claude Michéa a récemment élaboré, à partir d’Orwell, un théorème d’une actualité cinglante : Quand l’extrême droite progresse chez les gens ordinaires, c’est d’abord sur elle-même que la gauche devrait s’interroger. Les récentes larmes électorales de Jean-Luc Mélenchon relèvent de cet axiome.

Ce qui domine en effet dans de larges couches de la population, celle des exclus de la mondialisation, celle des « petits » (ouvriers, employés, retraités issus de ces catégories, celle du chômage de masse, des petits paysans…), c’est le sentiment amer d’une friabilité généralisée à laquelle rien ne devait échapper (travail, compétences, savoirs…), l’impression d’être confronté à une société toujours mouvante, immaîtrisable, ne proposant plus pour horizon que l’urgence et l’adaptation. Le PCF d’autrefois en assurait la prise en charge électorale. Pourquoi n’est-ce plus le cas ?

Parce que le Front National porte une analyse terriblement efficace de la mondialisation. Cette dernière conduit à ce que le sociologue Zygmunt Bauman nomme une société liquide, une société où l’avenir, le niveau de vie, le travail sont incertains. Cette société s’est donnée pour âme, les principes et valeurs de la fluidité, de la révolution et de la communication permanentes. Dans la société d’avant cette nouvelle hégémonie, l’Etat-Nation régulait, régnait, conférait une identité. Un travail pouvait définir une vie. Etc., etc. Le capitalisme de cette ère avait généré un puissant double antagoniste, sous la forme du mouvement ouvrier qui parlait lui aussi le langage « solide » des classes, du destin identitaire lié au travail, de l’Etat, et même de la Nation, comme ce fut longuement le cas d’un PCF héritier d’une tradition ancrée dans la Révolution française.

Ce que le vote FN manifeste c’est cette nostalgie du solide, de la prise collective sur la vie ordinaire, ce rejet de l’impuissance face à l’inéluctabilité de l’adaptation à « l’économie telle qu’elle va »… Sur ce plan, c’est d’ailleurs tout bénéfice pour lui que d’être éternellement associé au Mal par les gestionnaires de l’adaptation forcenée au nouveau cours du Capitalisme mondial. Le débat est alors réduit à un duo en forme de chaos mental : Global Capitalism ou Le Pen. Avec des ennemis comme ça, le Front National n’a assurément pas besoin d’amis…

Face à cela, penser que les références nébuleuses à l’Europe sociale, à un smic européen où à la « subversion » de l’euro impressionneront l’électeur, c’est se payer de mots. Entretenir ainsi le flou sur le rapport à l’Europe, à la Nation, à la souveraineté, parler, dans le même wagon, de l’horreur des Frontières et des souverainetés populaires, c’est se condamner, à termes, à une fossilisation inéluctable. Phénomène d’autant plus fascinant que jusqu’à l’invention de la Gauche plurielle, il n’était question que du refus de « l’Europe supranationale du Capital ».
Un débat sur le sujet ne serait peut-être pas inutile, car on a rarement vu qu’une identité vacillante constituait un mythe attractif.

Thierry Blin
Maître de conférences en sociologie
Texte publié dans le journal l’Humanité du 3 juin 2014.

Affolement(s)

Le FN n’est plus seulement une question de droite posée à la droite, mais bien, désormais, une question philosophique et sociale posée à la gauche.

(…)

Dangers. Quelques arguments peuvent en effet tempérer ce qu’il y a tout lieu, pourtant, de nommer une «percée» ou une «victoire» électorale du FN. L’ampleur de l’abstention, d’abord, qui a exclu du jeu la grande majorité de l’électorat de gauche «traditionnel» : voici la triste rançon du fiasco de la construction européenne telle qu’elle est et des politiques austéritaires théorisées et assumées par Normal Ier. La singularité du scrutin européen, ensuite, qui envoie régulièrement valdinguer les forces dominantes : ne l’oublions pas, une élection européenne ne «prédit» jamais l’avenir, sinon le Parti socialiste (14,4% en 1994 avec Michel Rocard) n’existerait déjà plus et Nicoléon (auteur d’un magistral 12% en 1999 comme tête de liste !) ne serait jamais devenu prince-président… Néanmoins, prenons la mesure cette fois que l’affaire est sérieuse, grave et durable, et que fifille-la-voilà, à la tête d’une formation en état de marche qui surfe mieux que n’importe quelle autre sur l’atomisation morale et sociale des citoyens, constitue désormais un danger majeur pour l’avenir et, évidemment, pour les cadres institués de la démocratie républicaine. Nous le savons, l’affolement ne se résorbe pas toujours dans le partage. Et il est sans doute un peu tard maintenant pour nous reprocher les parties de notre cursus idéologique laissées en friche au fil des années, soumis que nous étions à la pression des idées neuves et à la nécessaire transformation des modes de fonctionnement des organisations. Mais au fait, c’est qui, «nous» ? Nous, les communistes, les marxiens, les progressistes, les héritiers du jacobinisme politique, les révolutionnaires de toujours et même les socialistes primitifs d’Épinay, bref, tous ceux qui, à force de rectifications élémentaires et d’erreurs intellectuelles coupables, sans parler de l’indispensable désoviétisation, ont abandonné, parfois sans le vouloir, les concepts de «souveraineté-populaire» et de «nation-citoyenne». Fifille-la-voilà a tout récupéré. La patrie, au profit d’une souveraineté du chef et d’une nation identitaire. Et même le discours social, en substituant un clivage de classe par un clivage ethnique, sur les ruines de l’ancienne culture ouvrière. Qu’on se le dise. Le FN n’est plus seulement une question de droite posée à la droite, mais bien, désormais, une question philosophique et sociale posée à la gauche.

Qui a abandonné 
les concepts de «souveraineté-populaire» 
et de «nation-citoyenne » ?

Jean-Emmanuel Ducoin – Vendredi, 30 Mai, 2014

Jean Emmanuel Ducoin est éditorialiste l’Humanité où il est également rédacteur en chef…

Le FN n’est plus seulement une question de droite posée à la droite, mais bien, désormais, une question philosophique et sociale posée à la gauche.

FN. Une carte des résultats électoraux ne ressemble pas toujours à un territoire. Ou alors il faut s’y reprendre à deux fois, parfois. C’est à peu près ce qui nous est arrivé, lundi matin, en découvrant l’ampleur des taches brunes symbolisant les scores du parti de fifille-la-voilà, sur les infographies officielles livrées par le ministère de l’Intérieur. Après le chaos d’une soirée (celle de dimanche) menée à cent à l’heure dans les affres d’un journal à fabriquer, le retour à la réalité du lendemain a toujours quelque chose du traumatisme, quand l’effroi devient soudain concret et le temps de l’analyse plus proche d’une perception réelle de la réalité. Là plus encore que d’ordinaire. Pas mal de chiffres dansaient devant nos yeux, les tasses de café ne suffisaient pas à ordonner nos pensées et la fenêtre ouverte n’aérait plus rien : le Front nationaliste était bel et bien arrivé en tête dans 71 départements sur 101. Certains scores laissaient songeurs. Plus de 40% dans l’Aisne. Près de 39% dans le Pas-de-Calais et l’Oise. Plus de 37% dans la Somme. Et plus de 30% dans 18 autres départements. Arrêtons le décompte macabre, il n’offre qu’un sentiment de creux et jette nos idées dans un abîme déraciné. Mais attention toutefois à la tentation de minimisation (nous connaissons bien ce phénomène), elle pourrait s’avérer mortifère cette fois…

Dangers. Quelques arguments peuvent en effet tempérer ce qu’il y a tout lieu, pourtant, de nommer une «percée» ou une «victoire» électorale du FN. L’ampleur de l’abstention, d’abord, qui a exclu du jeu la grande majorité de l’électorat de gauche «traditionnel» : voici la triste rançon du fiasco de la construction européenne telle qu’elle est et des politiques austéritaires théorisées et assumées par Normal Ier. La singularité du scrutin européen, ensuite, qui envoie régulièrement valdinguer les forces dominantes : ne l’oublions pas, une élection européenne ne «prédit» jamais l’avenir, sinon le Parti socialiste (14,4% en 1994 avec Michel Rocard) n’existerait déjà plus et Nicoléon (auteur d’un magistral 12% en 1999 comme tête de liste !) ne serait jamais devenu prince-président… Néanmoins, prenons la mesure cette fois que l’affaire est sérieuse, grave et durable, et que fifille-la-voilà, à la tête d’une formation en état de marche qui surfe mieux que n’importe quelle autre sur l’atomisation morale et sociale des citoyens, constitue désormais un danger majeur pour l’avenir et, évidemment, pour les cadres institués de la démocratie républicaine. Nous le savons, l’affolement ne se résorbe pas toujours dans le partage. Et il est sans doute un peu tard maintenant pour nous reprocher les parties de notre cursus idéologique laissées en friche au fil des années, soumis que nous étions à la pression des idées neuves et à la nécessaire transformation des modes de fonctionnement des organisations. Mais au fait, c’est qui, «nous» ? Nous, les communistes, les marxiens, les progressistes, les héritiers du jacobinisme politique, les révolutionnaires de toujours et même les socialistes primitifs d’Épinay, bref, tous ceux qui, à force de rectifications élémentaires et d’erreurs intellectuelles coupables, sans parler de l’indispensable désoviétisation, ont abandonné, parfois sans le vouloir, les concepts de «souveraineté-populaire» et de «nation-citoyenne». Fifille-la-voilà a tout récupéré. La patrie, au profit d’une souveraineté du chef et d’une nation identitaire. Et même le discours social, en substituant un clivage de classe par un clivage ethnique, sur les ruines de l’ancienne culture ouvrière. Qu’on se le dise. Le FN n’est plus seulement une question de droite posée à la droite, mais bien, désormais, une question philosophique et sociale posée à la gauche.

Qui a abandonné 
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et de «nation-citoyenne » ?

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Le FN n’est plus seulement une question de droite posée à la droite, mais bien, désormais, une question philosophique et sociale posée à la gauche.

FN. Une carte des résultats électoraux ne ressemble pas toujours à un territoire. Ou alors il faut s’y reprendre à deux fois, parfois. C’est à peu près ce qui nous est arrivé, lundi matin, en découvrant l’ampleur des taches brunes symbolisant les scores du parti de fifille-la-voilà, sur les infographies officielles livrées par le ministère de l’Intérieur. Après le chaos d’une soirée (celle de dimanche) menée à cent à l’heure dans les affres d’un journal à fabriquer, le retour à la réalité du lendemain a toujours quelque chose du traumatisme, quand l’effroi devient soudain concret et le temps de l’analyse plus proche d’une perception réelle de la réalité. Là plus encore que d’ordinaire. Pas mal de chiffres dansaient devant nos yeux, les tasses de café ne suffisaient pas à ordonner nos pensées et la fenêtre ouverte n’aérait plus rien : le Front nationaliste était bel et bien arrivé en tête dans 71 départements sur 101. Certains scores laissaient songeurs. Plus de 40% dans l’Aisne. Près de 39% dans le Pas-de-Calais et l’Oise. Plus de 37% dans la Somme. Et plus de 30% dans 18 autres départements. Arrêtons le décompte macabre, il n’offre qu’un sentiment de creux et jette nos idées dans un abîme déraciné. Mais attention toutefois à la tentation de minimisation (nous connaissons bien ce phénomène), elle pourrait s’avérer mortifère cette fois…

Dangers. Quelques arguments peuvent en effet tempérer ce qu’il y a tout lieu, pourtant, de nommer une «percée» ou une «victoire» électorale du FN. L’ampleur de l’abstention, d’abord, qui a exclu du jeu la grande majorité de l’électorat de gauche «traditionnel» : voici la triste rançon du fiasco de la construction européenne telle qu’elle est et des politiques austéritaires théorisées et assumées par Normal Ier. La singularité du scrutin européen, ensuite, qui envoie régulièrement valdinguer les forces dominantes : ne l’oublions pas, une élection européenne ne «prédit» jamais l’avenir, sinon le Parti socialiste (14,4% en 1994 avec Michel Rocard) n’existerait déjà plus et Nicoléon (auteur d’un magistral 12% en 1999 comme tête de liste !) ne serait jamais devenu prince-président… Néanmoins, prenons la mesure cette fois que l’affaire est sérieuse, grave et durable, et que fifille-la-voilà, à la tête d’une formation en état de marche qui surfe mieux que n’importe quelle autre sur l’atomisation morale et sociale des citoyens, constitue désormais un danger majeur pour l’avenir et, évidemment, pour les cadres institués de la démocratie républicaine. Nous le savons, l’affolement ne se résorbe pas toujours dans le partage. Et il est sans doute un peu tard maintenant pour nous reprocher les parties de notre cursus idéologique laissées en friche au fil des années, soumis que nous étions à la pression des idées neuves et à la nécessaire transformation des modes de fonctionnement des organisations. Mais au fait, c’est qui, «nous» ? Nous, les communistes, les marxiens, les progressistes, les héritiers du jacobinisme politique, les révolutionnaires de toujours et même les socialistes primitifs d’Épinay, bref, tous ceux qui, à force de rectifications élémentaires et d’erreurs intellectuelles coupables, sans parler de l’indispensable désoviétisation, ont abandonné, parfois sans le vouloir, les concepts de «souveraineté-populaire» et de «nation-citoyenne». Fifille-la-voilà a tout récupéré. La patrie, au profit d’une souveraineté du chef et d’une nation identitaire. Et même le discours social, en substituant un clivage de classe par un clivage ethnique, sur les ruines de l’ancienne culture ouvrière. Qu’on se le dise. Le FN n’est plus seulement une question de droite posée à la droite, mais bien, désormais, une question philosophique et sociale posée à la gauche.

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Dangers. Quelques arguments peuvent en effet tempérer ce qu’il y a tout lieu, pourtant, de nommer une «percée» ou une «victoire» électorale du FN. L’ampleur de l’abstention, d’abord, qui a exclu du jeu la grande majorité de l’électorat de gauche «traditionnel» : voici la triste rançon du fiasco de la construction européenne telle qu’elle est et des politiques austéritaires théorisées et assumées par Normal Ier. La singularité du scrutin européen, ensuite, qui envoie régulièrement valdinguer les forces dominantes : ne l’oublions pas, une élection européenne ne «prédit» jamais l’avenir, sinon le Parti socialiste (14,4% en 1994 avec Michel Rocard) n’existerait déjà plus et Nicoléon (auteur d’un magistral 12% en 1999 comme tête de liste !) ne serait jamais devenu prince-président… Néanmoins, prenons la mesure cette fois que l’affaire est sérieuse, grave et durable, et que fifille-la-voilà, à la tête d’une formation en état de marche qui surfe mieux que n’importe quelle autre sur l’atomisation morale et sociale des citoyens, constitue désormais un danger majeur pour l’avenir et, évidemment, pour les cadres institués de la démocratie républicaine. Nous le savons, l’affolement ne se résorbe pas toujours dans le partage. Et il est sans doute un peu tard maintenant pour nous reprocher les parties de notre cursus idéologique laissées en friche au fil des années, soumis que nous étions à la pression des idées neuves et à la nécessaire transformation des modes de fonctionnement des organisations. Mais au fait, c’est qui, «nous» ? Nous, les communistes, les marxiens, les progressistes, les héritiers du jacobinisme politique, les révolutionnaires de toujours et même les socialistes primitifs d’Épinay, bref, tous ceux qui, à force de rectifications élémentaires et d’erreurs intellectuelles coupables, sans parler de l’indispensable désoviétisation, ont abandonné, parfois sans le vouloir, les concepts de «souveraineté-populaire» et de «nation-citoyenne». Fifille-la-voilà a tout récupéré. La patrie, au profit d’une souveraineté du chef et d’une nation identitaire. Et même le discours social, en substituant un clivage de classe par un clivage ethnique, sur les ruines de l’ancienne culture ouvrière. Qu’on se le dise. Le FN n’est plus seulement une question de droite posée à la droite, mais bien, désormais, une question philosophique et sociale posée à la gauche.

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Dangers. Quelques arguments peuvent en effet tempérer ce qu’il y a tout lieu, pourtant, de nommer une «percée» ou une «victoire» électorale du FN. L’ampleur de l’abstention, d’abord, qui a exclu du jeu la grande majorité de l’électorat de gauche «traditionnel» : voici la triste rançon du fiasco de la construction européenne telle qu’elle est et des politiques austéritaires théorisées et assumées par Normal Ier. La singularité du scrutin européen, ensuite, qui envoie régulièrement valdinguer les forces dominantes : ne l’oublions pas, une élection européenne ne «prédit» jamais l’avenir, sinon le Parti socialiste (14,4% en 1994 avec Michel Rocard) n’existerait déjà plus et Nicoléon (auteur d’un magistral 12% en 1999 comme tête de liste !) ne serait jamais devenu prince-président… Néanmoins, prenons la mesure cette fois que l’affaire est sérieuse, grave et durable, et que fifille-la-voilà, à la tête d’une formation en état de marche qui surfe mieux que n’importe quelle autre sur l’atomisation morale et sociale des citoyens, constitue désormais un danger majeur pour l’avenir et, évidemment, pour les cadres institués de la démocratie républicaine. Nous le savons, l’affolement ne se résorbe pas toujours dans le partage. Et il est sans doute un peu tard maintenant pour nous reprocher les parties de notre cursus idéologique laissées en friche au fil des années, soumis que nous étions à la pression des idées neuves et à la nécessaire transformation des modes de fonctionnement des organisations. Mais au fait, c’est qui, «nous» ? Nous, les communistes, les marxiens, les progressistes, les héritiers du jacobinisme politique, les révolutionnaires de toujours et même les socialistes primitifs d’Épinay, bref, tous ceux qui, à force de rectifications élémentaires et d’erreurs intellectuelles coupables, sans parler de l’indispensable désoviétisation, ont abandonné, parfois sans le vouloir, les concepts de «souveraineté-populaire» et de «nation-citoyenne». Fifille-la-voilà a tout récupéré. La patrie, au profit d’une souveraineté du chef et d’une nation identitaire. Et même le discours social, en substituant un clivage de classe par un clivage ethnique, sur les ruines de l’ancienne culture ouvrière. Qu’on se le dise. Le FN n’est plus seulement une question de droite posée à la droite, mais bien, désormais, une question philosophique et sociale posée à la gauche.

Qui a abandonné 
les concepts de «souveraineté-populaire» 
et de «nation-citoyenne » ?

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