Syndicats et financement du dialogue social : en finir avec le salaire de la honte !

On se souvient, juste avant le puissant mouvement actuel, les organisations syndicales se fendaient d’un communiqué le 25 septembre dernier adressé au patronat stipulant :
Nos organisations sont très attachées au …”
Et en plein mouvement, le 6 décembre dernier, un communiqué au siège de la et inspiré par elle dénonçait unilatéralement ” toutes formes de violence dans l’expression des revendications” et en appelait une fois de plus à un ” véritable dialogue social “.
La direction confédérale de la CGT malgré maintes protestations de plusieurs structures prêtant la main à cette opération.
À de très nombreuses reprises, le a dénoncé la véritable machine de guerre contre les travailleurs que constitue ledit “dialogue social”.

Nous l’avons dénoncé sur le plan de l’orientation et dans le cadre de la bataille idéologique pour qu’en particulier la CGT qui se réclame de la lutte des classes renoue avec ses fondamentaux .

Mais il y a plus : le dialogue social et son financement constituent de fait une véritable entreprise de corruption du syndicalisme.
Qu’on en juge !

83 millions d’euros pour le dialogue social

EXTRAIT du ” rapport annuel 2017 sur l’utilisation des crédits du Fonds pour le financement du dialogue social” :
Depuis la loi  du 5 mars 2014 les organisations syndicales et patronales sont financées par un fonds alimenté par les entreprises et l’État géré par une association paritaire.
Ce fonds a distribué en 2017 plus de 120 millions d’euros dont plus de 83 aux syndicats représentatifs.
Et par exemple pour cette même année la CFDT et la CGT ont perçu plus de 18 millions d’euros ! (VOIR tableau extrait du rapport officiel ci-après).
Cette situation déconsidère les syndicats et alimente leur rejet  dans l’opinion et auprès de ceux qui se sont courageusement engagés dans la lutte contre la politique de Macron !
Car OUI il s’agit bien de corruption puisque sa contestation légitime du point de vue de la défense des intérêts des   travailleurs signifierait la fin de ce financement !
L’indépendance syndicale ne peut résulter que d’un financement venant des salariés.
Outre donc que le “dialogue social” ces dernières années n’a conduit qu’à des reculs sociaux face à une oligarchie décidée à en finir avec tous les conquis de la Libération qu’en est-il de l’indépendance syndicale quand on dépend autant des subsides du patronat et de l’État ?
Un mouvement social totalement imprévu et lui totalement hors de tout dialogue bidon, de tout financement étatique  inflige au pouvoir macronien des reculs sans précédent et une défaite politique qui plombe sa capacité de contre-réformes (celles des retraites, de l’indemnisation du chômage, de l’État, des privatisations …).
Par conséquent au bénéfice de l’ensemble des salariés, sans emploi, précaires …
Démontrant dans le concret des luttes que c’est l’action de masse qui met en difficulté le pouvoir et le contraint à la défensive et à rompre avec l’arrogance dont jusque là il a fait preuve face aux revendications syndicales; cela dans une confrontation frontale !
Pour le mouvement syndical et pour la CGT, persister dans les ornières et les cadres institutionnels fixés par la classe dominante c’est contribuer à discréditer toute nécessité de s’organiser durablement et trahir l’histoire séculaire de la résistance ouvrière.
De cette orientation il va bien falloir rendre compte parce que c’est une compromission et parce qu’elle est contraire aux engagements statutaires de l’organisation !
Dès à présent et dans la perspective du 52e congrès !
source : front syndical de classe