New-look ou l’exploitation capitaliste forcenée

Cela fait des mois que les presque 500 salariés du groupe de prêt-à-porter New-Look, dont l’un des magasins à Paris est celui qui réalise le plus gros chiffre d’affaire du groupe à l’international, sont inquiets. 21 magasins sur 20 vont fermer et un peu plus de 400 travailleurs vont se retrouver au . Résultat d’un plan massif de suppression de magasins par le groupe britannique. Déjà, elle avait tenté de fermer des magasins en septembre 2018, sans même informer les salariés, un coup de force stoppé par l’inspection du travail. La filiale française est désormais confiée depuis plusieurs mois au cabinet PHinancia, une boite spécialisée dans la liquidation des actifs et les coupes sombres dans les entreprises en difficultés.

Au début du mois de juin pour défendre leurs droits ils ont investi le cabinet d’audit Deloitte pour obtenir les informations financières de leur entreprise.

Ce qui les inquiète, ce n’est plus tant la perte de leur emploi – ils se sont résignés à ce fait-, mais le risque de ne pas partir avec un bon PSE, l’entreprise britannique semblant sourde à cette revendication. Des salariés démoralisés qui doivent expliquer aux clients dans un magasin à moitié vide que l’enseigne de prêt-à-porter va fermer.

Montages honteux pour éviter de payer les indemnités dues lors des plans de licenciements

Le plus tragique pour les salariés, c’est que l’entreprise cherche à se défausser de ses responsabilités alors que les salariés ont le sentiment bien réel qu’elle a planifié sa faillite en France !
Avec l’aide du cabinet d’audit Deloitte, le groupe aurait ainsi bombardé sa filiale française de factures en ré-augmentant ses prix de transfert, au nom d’une contribution aux services centraux en Angleterre, comme le démontrait une enquête du journal Politis*. Une pratique qui avait déjà fait l’objet d’une condamnation par le fisc français en 2015 pour prix de transferts anormaux au regard des standards internationaux. Cette nouvelle augmentation n’a d’ailleurs sans doute pas été validée par le fisc… Les résultats visibles de cette opération, c’est une perte de rentabilité de 1745% sur les comptes 2018, avec un chiffre d’affaire baissant de 14% ! Une perte financière complètement artificielle nous rappelant les pratiques en la matière de la SNCF avec sa fameuse dette…
Le groupe New-Look semble être un habitué de ce genre de pratiques, la même chose s’étant semble-t-il produite chez nos voisins belges ! En France, il avait déjà ce projet en septembre 2018 avant que la direction ne change. Une nouvelle direction qui finira par réactiver le projet de suppression d’emplois.
Ce sont les deniers publics et le fonds de garantie des salaires qui payent actuellement une partie des salaires des travailleurs de New-Look, ce qui prouve toute la responsabilité des entreprises envers leurs salariés, alors que l’on vend sans cesse une plus grande « responsabilité » des travailleurs envers leurs patrons.

Macron ou l’indécence du CICE

L’indécence monte encore d’un cran quand on sait que l’entreprise a reçu 1 million d’euros de CICE…
Les salariés ont envahi le cabinet Deloitte à la Défense ce début juin, espérant envoyer un message à l’entreprise britannique.
Face à cette exploitation capitaliste forcenée, qui n’a encore pour but que de faire gagner un plus gros profit à la multinationale anglaise, nous ne pouvons que soutenir les travailleurs de New-Look dans leur combat.

Tristan, pour Initiative Communiste.

  • « Comment New-Look a préparé sa propre faillite », Politis, 20 mai 2019.

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