LOUIS VIANNET : De la FSM à la CES, du tous ensemble de décembre 1995 face à Juppé et la CFDT au syndicalisme rassemblé avec la CFDT .

Commission luttes du PRCF – 22 octobre 2017

Militant historique de la et du PCF, vient de mourir. La commission luttes du PRCF et les militants syndicaux qui la composent majoritairement s’inclinent devant le militant communiste et cégétiste qu’était L. Viannet et adresse toutes leurs condoléances à sa famille, aux cégétistes et à ses camarades les plus proches.

Toutefois il serait insincère de notre part de ne pas rappeler que le « tournant » prétendument « rénovateur » auquel est associé le nom de L. Viannet est fort loin d’avoir produit des effets positifs pour la CGT et pour la classe laborieuse. A la suite de ce tournant, la CGT s’est écartée de la Fédération syndicale mondiale (internationale syndicale de classe), elle a purgé ses statuts de la référence révolutionnaire à la socialisation des moyens de production et elle s’est très dommageablement rapprochée de la , cette courroie de transmission de Bruxelles, du grand patronat européen et du « syndicalisme » d’accompagnement type . Le moins que l’on puisse dire au vu des défaites à répétition que la classe laborieuse de France a subies depuis ce « tournant » jamais remis en question (alors que le syndicalisme de classe et de masse avait donné aux travailleurs de France leurs plus belles avancées de 1936 à mai  1968 en passant par les grandes conquêtes de 1945-47), c’est que cette orientation « modérée » de la CGT n’a pas fait ses preuves. Au contraire, le tournant « mutant » qu’ont simultanément parrainé dans leurs organisations respectives les « rénovateurs » du PCF et de la CGT, a désarmé la classe travailleuse car il s’est moins agi d’adapter les formes et les méthodes de lutte (ce que ne manquait jamais de faire Monmousseau, Frachon, Sémard, Croizat, Krazucki à leur époque…) que d’abandonner l’idée même qu’un syndicalisme victorieux est indissociable d’une volonté révolutionnaire de transformer la société. C’est ce que disaient déjà dans les années 1990 les syndicalistes CGT membres de la Coordination communiste du PCF, puis du PRCF, au risque de se faire parfois écarter ou réprimer au sein même de leur organisation syndicale. Faute d’autocritique de ces choix, le monde du travail n’a cessé de reculer depuis , tandis que la CGT, que sa « rénovation » était censée rapprocher des salariés, n’a cessé de baisser en influence et en capacité d’organisation malgré la belle combativité de ses syndicats fidèles au combat de classe.

Rappeler ces évidences n’est pas manquer de respect aux militants qui ont consacré leur vie au syndicalisme, comme L. Viannet, c’est au contraire appeler la CGT à revenir à ses fondamentaux de classe à l’heure où l’offensive thatchérienne de Macron et de l’UE appelle d’urgence nos syndicats à construire une riposte de haut niveau « tous ensemble et en même temps » incluant la construction d’une manifestation nationale de combat à Paris pour appeler à la grève interpro et au blocage du profit capitaliste .


Louis Viannet à la tête de la CGT en quelques dates

  • Louis Viannet s’impose à la tête de la CGT à la suite de H Krazucky en 1992, en tenant du syndicalisme de combat.
  • En 1995, la CGT quitte la Fédération Syndicale Mondiale (FSM) pour rejoindre l’organisation subventionné par l’Union Européenne du Capital et regroupant les organisations réformistes et d’accompagnement de l’exploitation capitaliste
  • En 1995, renonçant à la Charte d’Amiens, la CGT supprime de ses statuts les références à la socialisation des moyens de production.
  • En 1996, accompagnant la mutation d’un PCF avec Robert Hue à sa tête, Louis Viannet décide de ne plus siéger au bureau national du Parti Communiste Français.
  • En 1999, Louis Viannet invite Nicole Notat dirigeant de la CFDT et courroie assumée de transmission du MEDEF qui a soutenu le plan Juppé au congrès de la CGT à Strasbourg. Lors de ce congrès, le relais est transmis à Bernard Thibault qui va poursuivre et amplifier la stratégie de mutation de la CGT, avec l’adhésion à la CES et une orientation de syndicalisme dit “rassemblé” s’alignant sur le moins disant des syndicats réformistes (CFDT ou FO).

Le Communiqué de la CGT :

Louis VIANNET

Le sens des autres

dimanche 22 octobre 2017

C’est avec une profonde tristesse que nous avons appris le décès de Louis Viannet, Secrétaire général de la CGT de 1992 à 1999.
C’est une perte immense pour notre pays et pour notre organisation.
Louis était un homme et un dirigeant toujours à l’écoute des autres, connu pour sa grande ouverture d’esprit et porteur d’une vraie vision sur les évolutions de la société.
Jeune militant au sein des PTT, chacun s’accorde à reconnaitre sa pugnacité revendicative et sa proximité permanente avec ses collègues. Après avoir occupé diverses responsabilités jusqu’au plus haut niveau de sa fédération, il intègre le bureau confédéral de la CGT en 1982 au congrès de Lille. A cette occasion, il est remarqué pour son intervention condamnant le tournant de la rigueur annoncée par Pierre Mauroy, le premier ministre de François Mitterrand.
En 1992, lorsqu’il est élu secrétaire général de la CGT dans une France marquée par le chômage de masse, la casse industrielle et l’effondrement d’un monde bipolaire, il s’attèle avec conviction et clairvoyance à travailler à l’indépendance de la CGT tout en impulsant son ouverture vers la diversité du monde du travail.
Il est très présent dans le mouvement social de 1995 où il œuvre pour un «  » persuadé que l’unité syndicale est nécessaire pour redonner espoir et confiance aux salariés et à l’ensemble du monde du travail.
Il milite également avec succès pour que la CGT trouve sa place dans le syndicalisme européen.
Après avoir quitté ses mandats, Louis n’a jamais cessé d’être présent aux côtés des militants et dirigeants de la CGT avec l’humilité et la réserve qui le caractérisait.
Louis aura profondément marqué la CGT durant les années où il y a occupé des responsabilités, faisant en sorte que notre organisation évolue face aux réalités du monde du travail tout en restant fidèle aux valeurs émancipatrices fondatrices de la CGT.

Montreuil, le 22 octobre 2017