Pour la Commission Luttes du Pôle de Renaissance Communiste en France (PRCF)

José Minard, ouvrier de la construction retraité, Jo Hernandez, technicien EDF en retraite 

Le 1er octobre prochain, les conscients de France défileront dans nombre de villes à l’appel de neuf organisations, parmi lesquelles la CGT, FO, la CFTC, la CGC, la FSU, Solidaires et la FGR (à noter l’absence réjouissante de la CFDT, collaboratrice permanente de la casse des retraites et de la Sécu de Nicole Notat à Berger en passant par les deux Chérèque).

Le PRCF soutient cette mobilisation même s’il est clair qu’elle ne suffira pas à enrayer la dynamique de casse des pensions, de report répété de l’âge de départ en retraite à la demande de l’UE et de recul incessant du pouvoir d’achat des salariés et des retraités.

Il n’est cependant que trop vrai que l’augmentation des pensions de 0,4% au 1er janvier est loin de l’augmentation du coût de la vie, les prix ayant augmenté – officiellement… – de 1,6 % dans la même période, notamment les prix du gaz, de l’électricité, de l’essence et des denrées alimentaires. Tout augmente sauf les salaires et les pensions!

En outre, un rapport gouvernemental préconise d’augmenter encore la CSG, qui frappe durement les pensionnés, en l’alignant sur celle des actifs (alors que le gouvernement a détruit l’indexation des pensions sur les salaires), de réduire l’abattement de 10% pour le calcul de l’impôt sur le revenu des et de continuer à geler, ou à sous-revaloriser, les pensions de retraite.

Plus largement, comment les tant soit peu conscients de l’évolution de la société, pourraient-ils jouir sereinement de leur retraite alors que, à tout moment, les gouvernements maastrichtiens traitent le droit durement gagné à la retraite comme un « boulet » pour la société, qu’ils opposent sans cesse démagogiquement les jeunes et les anciens, qu’ils ne cessent de retarder l’âge de départ en retraite et que Macron, aidé, voire conseillé par Berger, souhaite ouvertement remplacer la retraite par répartition mise en place par le ministre communiste Croizat en 1946 par un « système à points » relevant plus de l’assurantiel que de la solidarité intergénérationnelle?

Comment les pourraient-ils vieillir sereinement alors qu’ils voient souvent leurs petits-enfants au chômage ou en précarité, qu’ils constatent que leurs enfants travaillant dans le privé vivent la hantise des délocalisations et qu’ils vivent eux-mêmes chaque jour la casse des services publics, hôpital, Education nationale, poste, EDF, SNCF qui étaient jusqu’alors le point d’appui de tous les Français, notamment de ceux qui vivent en quartier populaire ou en zone rurale?

Sans parler des EHPAD dont les prix sont souvent prohibitifs et dont les personnels sont souvent sous-formés et payés avec un élastic!

Comment les retraités pourraient-ils en outre sereinement « passer la main » aux jeunes générations quand ils constatent que, sur tous les plans, la nation française est en voie de délitement, qu’il s’agisse des communes diluées dans d’immenses « métropoles », du produire en France bradé au nom du moins-disant salarial, de la langue française sacrifiée au tout-anglais de l’Empire américain? Comment regarder l’avenir des enfants et de l’humanité avec confiance quand chacun vérifie chaque jour que l’euro-mondialisation capitaliste détruit la planète, qu’elle favorise les pandémies et que l’OTAN crée les conditions de ce que le nouveau chef d’état-major nommé par Macron appelle carrément un « conflit de grande intensité » (avec la Russie et la Chine, QUI NE SONT PAS NOS ENNEMIES!) ?

C’est pourquoi les militants franchement communistes iront à ces manifs de retraités, d’une part en les appelant à construire avec les actifs, une offensive « tous ensemble en même temps » contre Macron-MEDEF, d’autre part en mettant en accusation l’UE et l’euro, ces armes de destruction massive contre les acquis populaires, enfin en stigmatisant le capitalisme, ce système à bout de souffle qui, comme le disait Marx, « ne crée la richesse qu’en épuisant ses deux sources, la Terre et le travailleur ».