Le secrétaire d’État à l’industrie, Christophe Sirugue, a déploré il y a  quelques semaines la faiblesse des programmes industriels des candidats à la primaire organisée par le Parti socialiste. C’est à croire que le ministre de l’industrie de Hollande ignore qu’il serait dangereux pour ses candidats d’annoncer que le Parti Socialiste, membre du Cercle de l’industrie, a déjà prévu de poursuivre, en cas de victoire, la politique de cadeaux fiscaux aux grands patrons de l’industrie du CAC 40.

Le Parti Socialiste est membre à part entière du Cercle de l’industrie. Un  lobby  né il y a une vingtaine d’années d’une idée de Dominique Strauss-Kahn et de Raymond Lévy.  Un lobby qui comporte un vice-président de droite, l’ancien ministre, Alain Lamassoure, et un de gauche, le sénateur-maire de Lyon, Gérard Collomb et dont les pouvoirs sont équitablement répartis entre des membres de l’UMP et du Parti socialiste. Ce lobby rassemble presque toutes les très grandes entreprises industrielles françaises (Rhône-Poulenc, Lafarge, Pechiney, Elf, L’Oréal, Bull, Schneider, Renault, Total, BSN et d’autres entreprises qui ont été les principales bénéficiaires du CICE,) ; elles représentaient en 2016 un chiffre d’affaires cumulé d’environ 900 milliards d’euros. La majorité d’entre elles sont cotées au CAC 40.

Tout en saluant le paquet cadeau contenant le CICE, (crédit d’impôt compétitivité emploi) et le pacte de responsabilité de François Hollande, le Cercle de l’industrie (PS-UMP) demande pour le prochain quinquennat une nouvelle baisse de 50 milliards d’euros des impôts sur les entreprises, partagés entre les cotisations employeurs, les impôts sur la production (essentiellement fonciers) et la fiscalité du capital. En matière sociale, il propose un contrat de travail unique, la fusion des lycées professionnels et des CFA pour stimuler l’apprentissage…

Sur le terrain du droit du travail, c’est une loi El Khomri très étendue dont rêvent les industriels. Pour eux, la primauté des accords d’entreprise doit s’étendre, au-delà de la durée et de l’organisation du travail, aux rémunérations.

Le PRCF est à ce jour, la seule organisation politique qui propose des nationalisations démocratiques, pour produire en France et créer de vrais emplois. (lire ici)

Dans son programme de lutte et de transition révolutionnaire, il propose la reconstruction du secteur public financier et industriel qui est une nécessité absolu pour le produire en France dans le respect du salarié, de l’environnement, du consommateur. Pour cela la France doit sortir  des institutions de la mondialisation néolibérale, et  l’État doit exercer un contrôle sur le commerce extérieur et les flux de capitaux, promouvoir des synergies industrielles franco-françaises et des coopérations internationales mutuellement profitables. Les PME doivent être aidées par les banques nationalisées sous réserve de développement de l’emploi et des salaires, avec de lourdes taxations des réimportations de productions délocalisées par le patronat « français » et interdiction de toute nouvelle délocalisation.

Les grèves

  • Depuis le 24/01/2017 : Grève chez Soli Cités à Audincourt depuis le 24 janvier 2017
  • Du 23/01/2017 au 29/01/2017 : Grève des pharmacies du 23 au 29 janvier 2017
  • Du 23/01/2017 au 27/01/2017 : Grève des policiers municipaux de Nice du 23 au 27 janvier 2017
  • Depuis le 23/01/2017 : Grève des bus N4 Mobilités en Seine-et-Marne dès le 23 janvier 2017
  • Depuis le 23/01/2017 : Grève à la gare de Châtelet-les-Halles (métro parisien) depuis le 23 janvier 2017
  • Depuis le 20/01/2017 : Grève à la librairie Gibert Joseph à Paris depuis le 20 janvier 2017
  • Depuis le 18/01/2017 : Grève à l’hôpital Louis Pasteur à Chartres depuis le 18 janvier 2017
  • Depuis le 17/01/2017 : Grève au collège Jean-Racine à Château-Thierry depuis le 17 janvier 2017
  • Depuis le 16/01/2017 : Grève des orthoptistes du CHU de Toulouse dès le 16 janvier 2017
  • Du 13/01/2017 au 27/01/2017 : Grève nationale des étudiants dentistes du 13 au 27 janvier 2017

Mobilisation des salariés du groupe commercial Vivarte (Chevignon, la Halle, Chevignon…) menacés par plusieurs milliers de licenciements.

Revue de presse

Mobilisation au sein de la CGT pour poursuivre sur la « lutte » contre la loi travail

Plusieurs syndicats de la CGT reprochent à la direction de la confédération de ne pas être assez combative. Réunis dans une coordination, ils ont lancé un appel le 24 janvier dernier  « Nous sommes la CGT. Nous n’en avons pas fini avec la Loi Travail « , déjà signés par près de 30 000 adhérents de la CGT, pour multiplier les actions judiciaires afin de stopper la mise en œuvre de la Loi Travail. Et des recours devraient donc suivre celui déposés devant le Conseil d’Etat pour faire invalider les référendums d’entreprises. En particulier pour démontrer l’illégalité des « accords de préservation ou de développement de l’emploi » qui ne sont qu’une arme de plus pour le dumping social et salarial. Au sein de cette coordination, citons la CGT Goodyear, la CGT energie Paris, la CGT Faurecia, Info Com CGT, la CGT hôtellerie.

Le journal Le Monde rapporte les propos critiques de différentes figures de la CGT :

Me Rilov a indiqué, mardi, lors d’une conférence de presse, qu’il était « étonnant » que la CGT, à l’échelon central, n’ait rien entrepris, à ce stade, contre l’application de la loi travail. D’après lui, « plus de soixante décrets » ont été publiés au Journal officiel « contre lesquels il n’est plus possible d’engager des recours car les délais sont désormais dépassés », a-t-il déploré. « La confédération nous a complètement endormis », en s’abstenant d’agir contre la loi Rebsamen d’août 2015 alors que ce texte contient des mesures défavorables à la représentation des salariés de la sous-traitance, a renchéri Claude Lévy (CGT Hôtels de prestige).

Autrement dit, les responsables nationaux de la CGT ne seraient pas assez combatifs. Pour autant, « il n’y a pas d’opposition » entre eux et la coordination « Nous sommes la CGT », a assuré Mickaël Wamen (CGT-Goodyear). Mais « la voix de Philippe Martinez » n’a pas plus de poids que celle d’un autre adhérent de la CGT, a-t-il, en substance, expliqué. « La CGT est régie par le fédéralisme, nous ne sommes pas dans un pouvoir centralisé comme à la CFDT, a complété Romain Altmann (Info’Com CGT). Chaque entité [de la CGT] est libre de mener les actions qu’elle souhaite. »

La direction de la CGT, de son côté, s’apprête à saisir l’Organisation internationale du travail (OIT) pour contester la loi El Khomri. Le texte « porte atteinte aux conventions internationales, notamment en matière de représentation syndicale et sur la définition du licenciement économique », avance Fabrice Angei, membre du bureau confédéral. Le recours a été rédigé avec Force ouvrière, précise-t-il, et il a été proposé à la CFE-CGC de s’y associer. Celle-ci devrait donner sa réponse très prochainement. D’après M. Angei, la centrale de Montreuil (Seine-Saint-Denis) a également mis en place un « dispositif » pour aider les salariés et les syndicats d’entreprise lorsqu’éclate un contentieux lié à l’application de la réforme El Khomri

 

Plan social : insupportable suspense chez Vivarte

Les CCE de la Halle aux vêtements et de la Halle aux chaussures se tiennent ce mardi. On devrait en savoir plus sur le nombre d’emplois supprimés et la vente éventuelle d’André.

Les 16 000 salariés Vivarte n’en peuvent plus. Car le nouveau PDG du groupe, Patrick Puy, fait durer le suspense sur le traitement de choc réservé au fleuron français de l’habillement (la Halle, André, Besson, Caroll, Kookaï, Naf Naf, Minelli…). Lors du comité central de groupe (CCE) réuni lundi au siège, à Paris, la direction a distillé les annonces au compte-gouttes, refusant de présenter tout son plan.

Seules confirmations : le lancement de deux plans de sauvegarde de l’emploi (PSE) à la Halle aux chaussures et chez Vivarte services, et la volonté de céder d’autres d’enseignes. Sans plus de détails sur les suppressions de postes. Pendant plus de deux heures, Patrick Puy a botté en touche. « Voyez les CCE des entreprises ! » leur a-t-il lancé. Les échanges ont été vifs notamment quand le PDG a sorti de son chapeau des plans de départs volontaires dans les deux Halles et Vivarte services en expliquant que des PSE seraient réservés à ceux qui refuseraient. Un scénario rejeté par les syndicats.

« Dans les plans de départs volontaires, les conditions sont fixées par l’employeur. Hors de question d’accepter cela », prévient l’un d’entre eux. « On a assisté à un jeu du chat et de la souris », rapporte un autre, irrité par les silences de la direction. De son côté, l’intersyndicale a présenté son plan alternatif mais « on avait l’impression de parler à un mur », résume un représentant.

«Les salariés n’osent plus bouger. Ils ont peur de tout…»

Les réponses vont tomber dès ce mardi pour les salariés de la Halle aux chaussures (3 900), André (800), Vivarte services (près d’une centaine) et la Halle aux vêtements (4 100). D’autres CCE sont prévus dans les prochains jours. Mais déjà certains se sont mobilisés hier dans un froid polaire sous les fenêtres du siège de Vivarte. « Cela fait trente-quatre ans que je travaille dans le groupe. J’ai vu la Halle se construire et, aujourd’hui, j’assiste à sa destruction », confie avec amertume Vincent Pichon, délégué CFDT du centre logistique de la Halle près de Châteauroux (Indre). « Les salariés ne savent plus comment réagir. Ils n’osent plus bouger. Ils ont peur de tout… » Ils n’étaient d’ailleurs qu’une quarantaine à ses côtés pour manifester.

Plus tôt dans la matinée, une autre manifestation, à l’appel de l’intersyndicale CGT, FO, CFE-CGC, CFTC et SUD, a rassemblé une cinquantaine de personnes. « On vient à peine de finir un plan social. La dernière boutique a fermé en décembre, souligne avec tristesse Suze Mathis, qui travaille chez André. Des personnes qui avaient vingt-cinq ou trente années de maison, des anciennes de chez Beryl, ont dû partir. C’était très dur. Et là, on ne sait pas si tout va recommencer. »

Le plan des syndicats pour sauver le groupe

Signé par l’intersyndicale, le document de 15 pages, intitulé « Quel avenir pour Vivarte ? », vise à sortir le groupe de près de dix ans de gestion « à court terme » au gré des LBO (des montages financiers consistant à racheter à crédit des entreprises endettées) menés par des fonds d’investissement qui ont conduit le groupe « dans une situation précaire ». La faute à une dette de 1,15 Md€ issue « d’un LBO qui a mal tourné ». Pour sauver le groupe, les syndicats proposent de renégocier avec les actionnaires l’abandon partiel de la dette, la baisse des charges financières (120 M€ en 2015-2016) — qui supportent des taux d’intérêt à 11 % selon nos informations — et des investissements en faveur des magasins.

Michèle Alliot-Marie veut supprimer le droit de grève des fonctionnaires

Source Europe 1 le 20 janvier 2017 ,

Candidate hors primaire de la droite à la présidentielle, Michèle Alliot-Marie assure, comme Rama Yade, également candidate à la magistrature suprême, être en bonne voie pour obtenir ses parrainages. On n’est pas obligé de la croire, c’est le jeu. Mais celle qui a été treize ans ministre répète ce vendredi 20 janvier au Parisien sa « confiance » d’avoir les précieux sésames.

Dans cette interview, MAM, interrogée sur l’une des propositions phare de François Fillon, à savoir supprimer 500.000 postes de fonctionnaires, ne dit pas si elle taillerait dans les effectifs de la fonction publique si elle arrivait à l’Elysée. Mais l’ancienne patronne du RPR s’engouffre dans la brèche pour proposer d’enlever aux fonctionnaires leur droit de grève. Elle dit :

Ils ont un statut avec des droits, comme l’emploi à vie, mais aussi des obligations. Parmi ces obligations, je propose qu’il y ait l’interdiction du droit de grève pour les fonctionnaires afin d’assurer la continuité du service public, comme je suis favorable à l’interdiction d’exprimer une idéologie syndicale ou religieuse.

Pour Michèle Alliot-Marie donc, un fonctionnaire ne doit pas être syndiqué et ne doit pas pouvoir faire grève. Aujourd’hui, comme le rappelle le site service-public.fr, « le droit de grève est reconnu aux agents publics » mais « fait l’objet de certaines limitations et entraîne des retenues sur salaires ».

Entre les fonctionnaires et la réforme de la Sécurité sociale, Michèle Alliot-Marie en profite également pour s’opposer au programme présidentiel de François Fillon, investi par la primaire de la droite. « Celui ou celle qui aspire à être président de la République ne doit pas être là pour stresser les Français, pour leur faire peur, mais pour les rassurer », estime-t-elle. Avant de s’opposer aussi à la réforme de la Sécu et de vanter la défiscalisation des heures supplémentaires. Deux sujets dont se sont également emparés les sarkozystes pour mettre la pression sur François Fillon. Qui a répondu « niet ».

La ministre en charge de la Fonction publique a réagi sur twitter, s’indignant de cette proposition :

Michèle Alliot-Marie remet en cause le droit de grève et de manifester. Vive le progrès !

Gaillac Tarn : Alphacan : les licenciements attendus en février

Source La Dépêche du Midi  18/01/2017

Les suppressions de postes seront effectives en février. /Photo DDM, archives, P.G.

À l’une des entrées du site, la cabane qui a servi d’abris lors des blocages de l’usine est toujours en place. «On ne sait jamais, elle peut encore servir», annonce, en souriant, l’un des membres de l’intersyndicale chez Alphacan. Fin 2016, l’entreprise industrielle spécialisée dans la fabrication de profilés PVC annonce un plan social et 92 suppressions de poste sur un effectif de 130 salariés. Pour la direction, il s’agit d’un «plan de relance industrielle» qui passe par un recentrage des activités d’extrusion (fabrication des profilés) sur l’usine de Sablé dans la Sarthe. Gaillac ne conservant sur son site de 10 ha que l’activité de plaxage.

Beaucoup d’écœurement

Pour les syndicats, c’est la continuité d’une politique de casse d’un groupe piloté par des fonds de pension.

Fleuron de la présence industrielle sur Gaillac, Alphacan a valeur de symbole. Cette information a fait du bruit dans la commune où d’autres entreprises avaient annoncé de fortes baisses d’effectifs.

Grèves, blocage du site, manifestations en ville ont rythmé l’élaboration du plan de sauvegarde de l’emploi.

Finalement ce PSE était validé par la Directe, le 6 janvier. «Nous avons signé un accord majoritaire partiel sur les mesures sociales», précisent les délégués syndicaux qui, en revanche, ne reconnaissent pas le suivi de la procédure légale. Notamment dans la définition du périmètre d’application du PSE. Il concerne le secteur de l’extrusion sur Gaillac alors que l’intersyndicale demandait une application à la société.

«On est écœuré par le manque de respect de la direction vis-à-vis des salariés. L’administration, non plus, n’a pas fait son travail».

Une amertume qui pourrait se traduire par des recours.

En attendant, les «Alphacan» ont repris le chemin des ateliers.

En février, les notifications de licenciement seront envoyées. Les salariés concernés ne sont pas encore ciblés. Des questionnaires ont été distribués pour que chacun présente sa situation familiale, sociale…

Dans le PSE, différentes mesures sont proposées. Elles sont le fruit de la lutte sociale menée fin 2016. Dix postes de reclassement sont ouverts sur l’activité plaxage à Gaillac ; les plus de 59 ans au 1er janvier 2017 peuvent prétendre à des mesures de «préretraite licenciement». 9 salariés pourraient être intéressés. Une trentaine de postes sont également proposés à Sablé. Mais peu de salariés semblent prêts à déménager dans la Sarthe. Des reclassements dans les autres sociétés du groupe comme à Lannemezan ou Pau sont envisagés.

Pour tous les autres, le licenciement s’accompagnera notamment d’un congé de reclassement de 12 mois. Entre 50 et 60 personnes pourraient alors se retrouver en recherche d’emploi.

 La CGT-Cheminots appelle à la grève le 2 février

Source AFP  21/01/2017-

La CGT-Cheminots a élu vendredi un nouveau secrétaire général, Laurent Brun, un trentenaire venu de la région lyonnaise, et appelle à la grève le 2 février, notamment contre le forfait jours.

Fils et petit-fils de cheminots, M. Brun, 37 ans, remplace Gilbert Garrel qui part en retraite après six années à la tête de la puissante fédération CGT, première organisation syndicale à la SNCF. Il a été élu au congrès de la fédération qui se tenait depuis mardi à Saint-Malo.

Communiste encarté, il prend les rênes de la fédération centenaire, en plein bras de fer avec la direction de la SNCF sur le régime de travail des cadres, et après une année 2016 marquée par plus d’une vingtaine de jours de grèves, de mars à juin.

A Saint-Malo, le nouveau secrétaire général a dénoncé les «dysfonctionnements du réseau ferroviaire» et le «sur-travail des maîtrises et des cadres» en appelant à revenir sur le forfait jours.

La question de ce nouveau régime pour les cadres de l’entreprise ferroviaire cristallise la contestation syndicale depuis plusieurs mois.

En décembre, la direction a décidé d’imposer un forfait à la place du décompte horaire, en s’appuyant sur la convention de branche, faute d’accord avec les syndicats. Le consentement individuel des salariés est cependant requis.

Contre ce «passage en force», la CGT-Cheminots appelle à une grève «massive» le 2 février. Le syndicat, qui a déposé vendredi un préavis, entend également protester contre les suppressions de postes prévues en 2017 (-1.200) et «le gel des salaires depuis trois ans».

Le mouvement ne sera suivi ni par l’Unsa (2e), ni par Sud-Rail (3e), ont indiqué à l’AFP ces organisations qui avaient également eu recours à la procédure interne d’alarme sociale.

Laurent Brun, entré à la SNCF en 2000 comme agent d’exploitation, aura également sur son bureau les dossiers de l’ouverture à la concurrence et de la sous-traitance.

Pressenti à ce poste depuis le printemps, Laurent Brun «a été l’un des acteurs du mouvement de juin 2016», a dit à l’AFP Cédric Robert, de la CGT-Cheminots. «Il apporte de la jeunesse mais aussi une expérience de terrain», dit-il.

Pôle emploi : FO appelle à la grève à partir du 6 mars

Source FO

A l’appel d’une intersyndicale, les salariés de Pôle emploi sont invités à se mobiliser début mars contre la transformation des métiers, la dématérialisation à outrance et pour la défense du service public.

L’intersyndicale FO-CGT-Sud-FSU-SNU appelle les salariés de Pôle emploi à faire grève à partir du 6 mars pour combattre le « démantèlement » de leur outil de travail. Elle dénonce la restructuration subie dans le cadre du plan stratégique Pôle emploi 2020, et demande l’arrêt de sa mise en œuvre.

Elle exige également le retrait de l’accord sur la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC), signée en novembre dernier par la CFDT, la CFE-CGC et la CFTC, qui se traduira notamment par la dématérialisation de la gestion de l’indemnisation. Selon les syndicats, le métier va quasiment disparaître et les salariés concernés seront réaffectés vers des postes d’accompagnement des chômeurs.

Éloigner les demandeurs d’emploi des agences

Autre signe de cette « dématérialisation à outrance » dénoncée par les syndicats, le lancement récent de « Bob emploi », une plateforme numérique utilisant le big data pour accompagner les demandeurs d’emploi.

Le site se présente comme un service public citoyen créé par une ONG, mais il est en partie financé par Pôle emploi, et il vise à remplacer les conseillers, s’inquiète Sylvie Szeferowicz, déléguée centrale FO à Pôle emploi. On éloigne les demandeurs d’emploi des agences, on ne peut plus recevoir tout le monde. La direction prétend que la digitalisation est inéluctable, mais les salariés doivent résister. Ça ne fonctionne pas dans le service rendu, il y a de plus en plus d’approximations dans le calcul des indemnisations.

Rejoindre la mobilisation des hospitaliers

Les syndicats ont dressé une longue liste de revendications. Nous avons énormément de craintes, la direction avance cachée, poursuit la déléguée FO. Elle a refusé de spécifier dans l’accord qu’il n’y aurait pas de baisse des effectifs en trois ans. Elle prétend aussi vouloir préserver le cœur de métier mais refuse de définir ce qu’est ce cœur de métier.

L’intersyndicale dénonce une amplification de la dégradation des conditions de travail dans un contexte d’austérité budgétaire, avec une baisse des effectifs alors que la charge de travail ne cesse d’augmenter. Elle dénonce également la spécialisation à outrance des agents et la diminution drastique des fonctions support. Elle revendique des embauches en CDI, une hausse générale des salaires et l’arrêt de la sous-traitance. Elle demande aussi la fin de tout processus de régionalisation et de privatisation, et la défense du caractère public et national de Pôle emploi.

Le 7 mars, FO, deuxième syndicat en terme de représentativité, invite les salariés de Pôle emploi à poursuivre la grève et à rejoindre la mobilisation des agents hospitaliers, pour dire stop à la casse générale des services publics.

Hérault : un salarié d’une filiale de La Poste licencié pour 3 minutes de retard dans une livraison

Source Orange avec AFP, publié le mercredi 25 janvier 2017

Après l’heure, ce n’est plus l’heure. Un des salariés de la société DPD, qui gère la livraison de colis pour le compte de La Poste, a récemment été renvoyé au motif qu’il avait remis un colis à son destinataire avec 3 minutes de retard.

Depuis plusieurs mois, le malaise grandit au sein des salariés.

Les licenciements, ruptures conventionnelles et accidents du travail se font toujours plus nombreux, comme le relate France Info dans un article publié mardi 24 janvier. Les syndicats ont haussé le ton pour dénoncer la pression mise sur les employés de DPD à Mauguio, dans l’Hérault.
La CGT a ainsi fustigé une « politique de la terreur » qui règne dans la plateforme. « Tout est fait pour broyer le personnel », a déclaré un représentant syndical au micro de France Bleu. Dans une optique de réduction des coûts, le personnel a diminué de moitié alors que l’activité augmentait. Le site de Mauguio ne compte plus que six chauffeurs-livreurs.

Peu à peu, les employés laissent la place à des sociétés externes de sous-traitance. Pour les salariés qui sont encore présents, les cadences augmentent et deviennent difficilement tenables. Julie Derudnicki, avocate de quatre salariés de Mauguio, parle de méthodes managériales inacceptables. « On passe de 80 à 200 colis à livrer dans la même journée. Ça débouche forcément sur des accidents », a-t-elle expliqué. C’est le cas de Tony Fougère, chauffeur-livreur qui a été victime d’un lourd accident, le 28 janvier 2015. « À cause du poids des colis, mon dos a lâché. Je suis paralysé de la jambe définitivement et la direction a refusé de continuer à me payer pendant plusieurs mois. » Le salarié, qui doit depuis porter une prothèse de jambe, raconte que son employeur a dans un premier temps refusé de déclarer l’accident de travail.

Contactée par France Bleu, la direction de l’entreprise n’a pas souhaité faire de commentaire. En deux ans, DPD a connu 19 accidents du travail, 87 licenciements, 39 démissions et plus d’une vingtaine de ruptures conventionnelles sur un total de 1.500 employés, selon les chiffres fournis par la CGT.

Port-de-Bouc : la CGT contre le travail du dimanche

Source la Provence – 21/01/2017

Martigues Port-de-Bouc Le syndicat a débrayé hier matin dans les hypermarchés Carrefour pour redire son refus du travail dominicalCarrefour, si tu savais, tes dimanches, tes dimanches, Carrefour, si tu savais, tes dimanches où on s’les met ! Aucu, aucu, aucune hésitation, dimanche, on reste à la maison ! » C’est aussi en chantant que des salariés CGT ont débrayé hier matin dans les hypermarchés Carrefour de Port-de-Bouc et Châteauneuf-les-Martigues. Un mouvement moins visible à Vitrolles puisque la déléguée était justement à Massy, hier, pour négocier avec Carrefour France sur le travail dominical. Il s’agissait, pour le syndicat, de marquer la journée de négociations salariales organisée au siège de Carrefour France dans le cadre du travail dominical.Ils étaient plus d’une trentaine, hier matin à Port-de-Bouc, sur une cinquantaine de salariés en poste, (une quarantaine à Châteauneuf) à participer au mouvement, forçant, de ce fait, les chefs de service, à passer en caisse. Les salariés distribuent des tracts aux clients : « Ne venez pas le dimanche ! » « Le dimanche, je dors », répond un jeune homme. « Eh bien nous aussi ! », lance une employée. Globalement, les clients semblent réceptifs aux arguments des grévistes. « La négociation marathon a été annoncée fin octobre, fait savoir Franck Gaulin, délégué CGT chez Carrefour Port-de-Bouc. La première réunion a eu lieu fin novembre et la dernière le 8 décembre dernier soit moins d’un mois pourun sujet aussi important. » La partie n’est pas simple car le syndicat majoritaire chez Carrefour, c’est FO, à 46 %. « FO était tenté de signer, reprend Franck Gaulin, mais après avoir entendu les nombreux refus (la CGT et la CFDT sont sur la même ligne), il a décidé de consulter sa base. » Consultation toujours en cours.

L’enjeu est de taille d’où les mouvements qui se multiplient, pour mettre la pression. Et de dénoncer, tout de même, la posture de Force Ouvrière : « Il dit à ses syndiqués : si vous dîtes oui, on signe et si vous dîtes non, on ne signe pas. C’est un transfert de responsabilités qu’on trouve inadmissible car il pèse sur les travailleurs. » Actuellement, pour les dimanches exceptionnellement travaillés, Carrefour paye 200 % de plus. Pour travailler tous les dimanches, comme le prévoit la loi Macron d’août 2015, Carrefour rallonge de 80 %, soit +280 %, « ce qui représente 33€ bruts », détaille Franck Gaulin. « C’est censément basé sur le volontariat mais, avec des CDD soumis à la contrainte de l’emploi, comme les étudiants confrontés au coût de leurs études, et même pour quelqu’un qui, comme moi, après 20 ans chez Carrefour, gagne 1 200€ par mois, la notion de volontariat est dévoyée. Et les nouveaux contrats ? Croyez-vous vraiment qu’ils auront le choix. »

Pour le syndicaliste, la question du travail dominical est étroitement liée à celle des salaires « car si nous avions des salaires décents, nous ne serions pas contraints d’accepter de bosser le dimanche. Alors, oui, on va finir par gagner plus, mais à quel prix ? Et si vous refusez le dimanche, vous pourrez dire adieu à vos congés en août, par exemple. » L’organisation du temps de travail est également pointée du doigt : « Aujourd’hui, outre le dimanche, le salarié peut choisir un jour de repos dans la semaine. Avec le travail le dimanche, le 2e jour de repos pourra être scindé en deux demi-journées, au bon vouloir du chef de service. » Carrefour a proposé d’embaucher spécifiquement pour le dimanche « mais quand on demande combien d’embauches, nous nous heurtons à un refus catégorique. Carrefour dit aussi que cet accord sur le travail dominical ne concernera pas tous les magasins mais refuse de donner la liste. » Plus que tout, c’est la finalité de l’ouverture le dimanche qui échappe aux salariés : « Carrefour a déjà 5 000 points de vente en France ouverts le dimanche matin, avec les City, les Market… . Leclerc a fait savoir qu’il n’ouvrirait pas et Auchan ne s’est pas manifesté alors de quelle concurrence nous parle-t-on ? » En 2014, Carrefour France avait également annoncé qu’il n’ouvrirait pas le dimanche.

« Répondre à la demande des clients »

La direction de Carrefour France s’est exprimée, par voie de communiqué, après le mouvement de la CGT :

« La loi en vigueur autorise déjà l’ouverture le dimanche matin des magasins à prédominance alimentaire. C’est pourquoi nous avons ouvert des discussions avec les partenaires sociaux des hypermarchés. Ces discussions visent à donner la possibilité à nos directeurs d’ouvrir leur magasin le dimanche matin quand localement il y a une demande des clients et que d’autres enseignes à proximité du magasin ou en e-commerce répondent déjà à cette attente. Ces ouvertures s’appliqueraient seulement à une partie du parc d’hypermarchés. Concernant l’ouverture jusqu’à 13h de certains hypermarchés, les propositions de Carrefour soumises aux partenaires sociaux sont les suivantes : le volontariat impératif des collaborateurs ; le renforcement des équipes le dimanche matin par la création de plusieurs centaines de postes dédiés à cette plage horaire (étudiants notamment) dans les magasins qui seraient concernés ; une majoration à 80% de la rémunération des collaborateurs le dimanche matin, s’inscrivant ainsi au-delà des 30% prévus par l’accord de branche ou une récupération des heures majorées par dimanche matin travaillé. »