Info luttes – Pour faire gagner les luttes, reconstruisons un parti communiste révolutionnaire d’avant garde – n° 14 – avril 2017

Actuellement en France, avec le développement des luttes en métropole, avec une campagne électorale totalement atypique, avec la montée de l’« insoumission » politique et l’insurrection démocratique des travailleurs guyanais, nous vivons certaines prémices d’une situation prérévolutionnaire.

En 2016 avec le combat de classe contre la Loi Travail, les travailleurs ont fait la démonstration que la de classe, contrairement aux désirata du MEDEF et des politiciens euro-libéraux, est toujours vivante. Ce qui manque surtout, en France et en Europe, à l’exemple de ce qui se passe chez nos compatriotes guyanais, c’est un syndicalisme de classe qui engage une bataille syndicale de haut niveau « tous ensemble et en même temps » et surtout un parti d’avant-garde.

Si le PRCF n’est pas encore un parti, il a ce que les organisations communistes à la marge et le PCF/PGE n’ont pas, la volonté de reconstruire un vrai parti communiste révolutionnaire d’avant-garde, avec tous ceux qui ont le désir d’unir les communistes contre la montée de la fascisation, la poursuite de la politique d’austérité imposée par l’UE, la bataille pour la Paix et pour les quatre sorties (euro, UE, OTAN et capitalisme). Lors de cette campagne électorale, les militant-e-s du PRCF vont au contact des travailleurs, dans les manifs intersyndicales pour la défense des retraites et des retraités avec le programme du PRCF de résistance, de reconquête populaire et de reconstruction pour le socialisme en France, avec le tract intercalaire qui l’actualise, Et le 1er avril à Paris (60è anniversaire du Traité de Rome), débattons avec le PRCF, le MS 21, les Clubs Penser la France et le Front syndical de classe, du Frexit progressiste : c’est d’une importance stratégique pour les luttes.

Selon une étude du CNRS (publiée dans Le Réveil du Combattant n°832), le nombre de et d’occupations d’entreprises en France aujourd’hui, par rapport au même mois de l’an dernier, a doublé. Mais les grands médias ne signalent plus qu’environ 20% du nombre de ces actions, pour le moment éparpillées, ce qui donne à tort l’impression que le pays dort… alors que c’est exactement le contraire.

Jo Hernandez – du PRCF


Les grève en cours

Grève générale en Guyane

  • Services de la Métropole de Marseille le 30 mars 2017
  • Opéra de Bordeaux le 30 mars 2017
  • Des agents de la ville de Nevers dès le 30 mars 2017
  • Chez Airbus à Toulouse Blagnac le 30 mars 2017
  • Des bus Ruban dans le Nord l’Isère dès le 29 mars 2017
  • Du CHU de Grenoble à partir du 28 mars 2017
  • Chez Areva Mélox à Marcoule depuis le 28 mars 2017
  • Des bus Corolis de Beauvais dès le 27 mars 2017
  • Des éboueurs de Nantes à partir du 27 mars 2017
  • Au centre Pompidou à Paris depuis le 27 mars 2017
  • etc…

Les grèves à venir

  • Au grand port maritime du Havre (GPMH) le 31 mars 2017
  • Des agents de la Région Auvergne-Rhône-Alpes le 13 avril 2017
  • A la SNCF du 14 au 18 avril 2017

Revue de presse des luttes :

Vénissieux : 174 salariés menacés par la fermeture de Jean Delatour
Source : Lyon capitale
La liquidation du groupe Jean Delatour, dont le siège se trouve à Vénissieux, devrait être prononcée par le tribunal de commerce le 11 avril prochain.
Source : Lyon capitale
En 1981, le fabricant de bijoux et horloger Jean Delatour ouvrait sa première horlogerie à Vénissieux. Mais trente ans plus tard, face à la crise économique et à une forte concurrence dans ce secteur, l’entreprise se trouve en difficulté, avec notamment une perte de près de 10% de son activité en 2013. Certaines boutiques du groupe avaient déjà été placées en redressement judiciaire. Le 6 avril prochain, quelques jours avant que la liquidation du groupe ne soit prononcée par le tribunal, les 25 points de vente Jean Delatour fermeront leurs portes et les 50 salariés du siège social de Vénissieux perdront leur emploi. En totalité, 174 emplois sont supprimés. Ce lundi, les représentants du personnel ont reçu l’information que les salariés ne percevraient pas la prime de licenciement pourtant prévue par le droit du travail. Un mouvement de protestation s’organise et une devrait avoir lieu.

La CGT appelle à la grève, jeudi matin 30 mars 2017 , chez Legrand
Source : Le Populaire
Le syndicat CGT appelle à la grève, jeudi matin, au sein de l’entreprise Legrand, au moment de la dernière réunion sur les négociations salariales annuelles.
En cause, l’augmentation proposée par la direction (1,9 % auxquels s’ajoute une prime de 400 €, mais seulement 0,7 % d’augmentaiton générale) est jugée insuffisante par le syndicat. « Malgré une très bonne année, les salaires ne sont pas au rendez-vous », expliquait, dans notre édition de lundi, Karine Cellier (CGT).
La CGT juge également que la comparaison entre la hausse proposée pour les salaires n’est pas à la hauteur de l’augmentation des dividendes.
L’année dernière, le syndicat avait déjà organisé une manifestation sur le même sujet, fin février.

UNE GRÈVE PORTEUSE à ID Verde Marseille
Source : NVO
Témoignage.
Nous sommes une cinquantaine de salariés basés à Marseille et faisons partie du groupe ID Verde (environ 2000 salariés en France et autant en Grande-Bretagne). En décembre, la CGT avait refusé de signer un accord qui prévoyait une revalorisation de 1,8 % pour les cinq premiers échelons, de 1,2 % pour les échelons intermédiaires (chefs d’équipe, chef de chantier) et 0,5 % au-delà. Nous négocions pour l’ensemble de la région PACA et nous trouvions que le compte n’y étais pas. L’arrivée d’un nouveau directeur général adjoint en début d’année a été l’occasion de lui faire parvenir nos revendications, avec un premier débrayage le 13 janvier. Nous lui avons laissé un mois de réflexion. Nous demandions 3 % à 4 % d’augmentation (selon l’échelon), des ajustements sur des primes de salubrité qui n’étaient pas versées correctement, notamment pour les représentants du personnel, et abordions des problémes d’organisation du travail, de changemenbt d’équipe au dernier moment, etc. Un mois après, nous n’avons obtenu un rendez-vous avec la DRH. Notre état d’esprit n’était pas uniquement de discuter, mais bien de négocier. Quasiment tout le personnel s(est mis en grève, à Marseille, les 6 et 7 février. Il y à eu des débrayages sur d’autres centres comme à Fréjus. L’action a été spontanée. Finalement, nous obtenons 3,8 % pour les six premières catégories, 2,7 % pour l’encadrement intermédiaire et 1 % au lieu de 0,5 % au-delà. La direction a pris des engagements sur l’organisation du Travail. L’accord de fin de conflit a été signé. Il reste encore quelques détails à régler sur les augmentations individuelles et les primes, mais on s’y attelle et on peut dire que les salariés sont satisfait des résultats de leur action.
Christophe Sibony, délégué central CGT chez ID Verde (espace vert)

Assurance chômage : avec la CFDT, le patronat veut imposer un texte contre les femmes, les précaires, les séniors
source : CGT
Montreuil le 29 mars2017.
Accord assurance chômage : un texte contre les femmes, les travailleurs
précaires et les seniors!
La négociation assurance chômage vient de se terminer par un texte d’accord dans la soirée
du 28 mars.
Le seuil d’affiliation, que le Medef voulait durcir, est resté quasiment inchangé, sauf
quelques milliers d’ouvertures de droit (à quelques euros par jour) légèrement avancées pour
des temps très partiels.
470 millions d’euros d’économies annuelles vont être faites sur le dos des travailleurs
précaires: le mode de calcul des indemnités de celles et ceux qui sont dans le régime dit
“d’activité réduite” est revu et va entraîner des baisses jusqu’à 200 € par mois dans certains
cas pour des salariés en CDD, en intérim ou en temps partiel, au SMIC.
400 millions d’euros sont économisés sur les seniors : la borne d’âge de 50 ans à partir de
laquelle les droits sont prolongés de 24 à 36 mois actuellement, va être repoussée avec deux
paliers.
– De 50 à 52 ans, 40 000 chômeurs perdent 12 mois,
– De 52 à 55 ans 40 000 autres perdent six mois.
En “compensation”, un hypothétique abondement du droit à la formation de 3 mois doit être
mis en place… plus tard !
Dans les deux cas, les femmes seront plus touchées que les hommes, d’une part parce qu’elles
sont plus concernées par les temps partiels, et d’autre part parce qu’elles ont plus de mal
après 50 ans à retrouver du travail. Dans le même temps, le Medef a refusé d’augmenter les
cotisations sur les 133 000 plus hauts salaires (supérieurs à 13 076 €), lesquels sont à 85 %
des hommes, dirigeants de grosses entreprises
À propos des contrats courts, l’accord prévoit des négociations de branches sans aucune
garantie d’aboutir.
Le patronat a remplacé cette revendication des syndicats, et même la très faible sur
cotisation de 2013, par une augmentation générale de la cotisation patronale de 0,05 %. Mais
cette augmentation générale, censée rapportée 270 millions d’euros est aussitôt annulée par
une baisse de la cotisation AGS (cotisation qui permet de prendre en charge les salaires des
entreprises en faillite). De plus, cette “contribution exceptionnelle temporaire” peut
disparaître chaque année, sans attendre l’échéance de l’accord, fin 2020.
Ce sont donc près de 900 millions d’euros d’économies supportées par les seuls privés
d’emploi, pour zéro obligation des employeurs.
La CGT a porté de nombreuses propositions de nouvelles recettes, que le patronat a refusé
d’envisager par dogmatisme : déplafonnement des cotisations sur les hauts salaires,
cotisations patronales sur les contrats courts, révision des exemptions d’assiettes par
exemple sur les primes d’intéressement ou les stocks options.
Le chantage du Medef, aidé par celui de certains candidats à la présidentielle, se traduit par
un sacrifice des droits des privés d’emploi.
La CGT consulte ses organisations sur l’opportunité d’une signature. Elle ne sacrifie pas les
droits des chômeurs au paritarisme, même si elle est seule à ne pas signer l’accord.
Le gouvernement, à travers sa ministre du Travail, aura la responsabilité d’agréer cet accord,
qui risque d’entériner un nouveau recul social après la loi Travail.

Violences managériales et sociales exercées par l’entreprise SNCF.
Communiqué de Sud-Rail
Chèr-e-s camarades,
Malgré la perte douloureuse de trop nombreux ami-e-s, collègues, syndicalistes, la direction SNCF peine toujours à réagir. Les dirigeants impliqués dans ces tragédies continuent à exercer leur violence managériale, notamment en continuant à envoyer des hommes et des femmes en conseil de discipline. La SNCF est le théâtre d’une série de suicides comme l’a été France Telecom en pleine déstructuration ; aux mêmes causes, les mêmes effets !
La Fédération SUD-Rail a pourtant systématiquement mis en garde la direction sur les conséquences d’une organisation du travail anxiogène. Ces nombreuses réorganisations mises en place à l’issue de la loi du 4 août 2014 (réforme ferroviaire), le sont aujourd’hui dans le cadre du nouvel accord d’entreprise et de la politique du directoire SNCF ; elles font fleurir les filiales et font porter l’intégralité de leurs conséquences sur les salarié-e-s.
Guillaume Pépy, à la tête du Groupe SNCF, n’a pas su réagir aux alertes que nous avons lancées ; aujourd’hui, la situation empire, les salariés mis sous pression sont poussés vers l’irréparable, ceux qui remettent en cause ces orientations managériales inhumaines sont discriminées, sanctionnés voire licenciés.
Il est temps de ne plus laisser faire, un nouveau modèle d’organisation du travail doit se mettre en place à la SNCF. Cette organisation doit replacer les hommes et les femmes de l’entreprise au coeur du travail, ce qui implique de s’appuyer sur l’humain et de revoir en profondeur les conditions de travail.
C’est un modèle radicalement opposé à celui que défend depuis toujours Guillaume Pépy, dont nous réclamons aujourd’hui le départ.
La Fédération SUD-Rail vous propose d’émettre symboliquement un droit d’alerte national (par le biais du CNHSCT) quant à la politique de l’entreprise qui, de par les suppressions d’emplois et l’aggravation des conditions de travail, créée des conditions à risques pouvant conduire des hommes et des femmes à des actes désespérés.
La Fédération SUD-Rail n’a eu de cesse d’agir en ce sens. Il faut de toute urgence changer de politique, prendre des mesures et rompre avec cette logique de mise en concurrence des salariés entre eux.
Il faut cesser toutes les restructurations en cours, fusions d’établissements, casse des métiers, réorganisations des services, et revenir à un modèle d’organisation du travail qui abandonne la logique concurrentielle, la gestion par activité et le moins disant social.
Dans la période, nationalement, en région, en établissement, nous ne devons avoir pour priorités :
d’agir pour que le dernier suicide dû au travail soit enfin le dernier,
de déclencher systématiquement, même si le passage à l’acte a eu lieu en dehors des emprises de l’entreprise, des enquêtes CHSCT,
d’exiger la transparence de la direction sur ces questions.
Dans ce cadre, la Fédération SUD-Rail vous informe par ailleurs qu’elle a interpellé le Président de la République et les ministres en charge de ces questions, pour que l’Etat, propriétaire de la SNCF, fasse cesser ces violences sociales dans l’entreprise.
Maintenant, ça doit s’arrêter !