#COVID-19 le nombre de cas croissant inquiète, le régime Macron refuse d’imposer des mesures dans les entreprises et s’en prend aux jeunes.

Avec un taux de reproduction R dépassant les 1,3 depuis maintenant plus de 4 semaines, il n’y a plus aucun doute sur le fait que l’on assiste à un rebond de la propagation de l’épidémie de en France. Au soir du 16 juillet, la barre des 3000 cas quotidiens était franchie, et les départements de Paris et des Bouches-du-Rhône étaient placés en vigilance rouge en raison de la croissance du nombre des cas positifs de .

Face à ce rebond, prévisibile en l’absence des mesures fortes indispensables pour éradiquer l’épidémie – tels que démontré par la Chine ou le Vietnam consistant à un dépistage systématique pour soigner et isoler la totalité des malades – force est de constater que les mêmes causes produisent les mêmes effets : le régime Macron ne prend aucune mesure pour assurer la sécurité sanitaire du pays et de sa population.

  • Tandis qu’il prend de timides mesures d’obligation de port du masque dans certaines rues et quartiers de quelques grandes villes – sans pour autant fournir gratuitement les masques nécessaires à l’application de ces mesures – il refuse de prendre des mesures similaires pour l’intérieur des entreprises, principaux lieux de contamination d’après les chiffres des Agences Régionales de .
  • Tandis qu’il prétend toujours interdire les manifestations de plus de 5000 personnes, des passes droits détonants sont accordés à certains intérêts privés tels le Puy du Fou, de l’ami d’extrême droite De Villiers de Macron.

IC fait le point en chiffres sur la situation qui s’annonce à haut risque alors que la rentrée des classes a débuté dans certains départements d’outre-mer (La Réunion) et se profile désormais dans moins de deux semaines dans l’hexagone. Alors que le rebond de l’épidémie suivant une pente apparaissant similaire à celle de la fin février début mars est observable, le régime Macron ne pourra pas prétendre à une quelconque surprise, à plus de huit mois du début de l’épidémie en Chine, huit mois qui auraient dû être pleinement mis à profit pour mobiliser le pays et ses outils de production pour produire masques, tests et médicaments nécessaires. Une mobilisation qui n’est pas prioritaire dans un système politique et économique qui n’a pour seul objectif que le profit, une mobilisation impossible alors que les capitalistes accélèrent sous prétexte du Covid-19 l’euro destruction des moyens de production du pays lançant des plans de licenciements à tour de bras.

Le point sur les chiffres de l’épidémie : le nombre de cas double toute les 2 semaines !

# le point sur le nombre de cas

L’alerte publiée par Santé Publique France ce 17 août 2020 est sérieuse :

“En France métropolitaine, la situation est préoccupante : l’ensemble des indicateurs continuent leur progression et la transmission du virus SARS-COV-2 s’accentue. Elle concerne toutes les tranches d’âge et plus particulièrement les jeunes adultes ; la part de la transmission en dehors des clusters répertoriée est prédominante. Près d’un tiers des départements dépassent le seuil de 10 pour 100 000 habitants, particulièrement en Île-de-France et en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Plusieurs départements de ces deux régions ont des taux d’incidence en forte progression et s’approchent du seuil d’alerte (50/100 000) qui pourrait être franchi en S33.
Au 17 août 2020, 24 départements sont en situation de vulnérabilité : modérée : Gard, Gironde, Haute-Garonne, Haute-Savoie, Hérault, Ille-et-Vilaine, Loiret, Mayenne, Meurthe et Moselle, Nord, Oise, Rhône, Sarthe, Alpes-Maritimes, Var, Vaucluse, Val d’Oise, Paris, Seine-Saint-Denis, Hauts-de Seine, Val-de-Marne / élevée : Bouches-du-Rhône, Mayotte, Guyane”

https://www.santepubliquefrance.fr/dossiers/coronavirus-covid-19

Si dans le courant du mois de juillet l’augmentation du nombre de cas prouvés par test PCR pouvait en grande partie s’expliquer par l’augmentation du nombre de tests, ce n’est plus le cas dès la fin du mois de juillet et dans cette première partie du mois d’août.

Et ce d’autant plus que dans nombre de départements l’accès aux tests reste très difficile, malgré les annonces gouvernementales d’accès libre et de gratuité. En effet, le gouvernement n’a pris aucune mesure pour étendre le réseau de dépistage s’en remettant simplement aux capacités et à l’initiative des laboratoires privés, d’autant plus débordés que c’est la période des vacances d’été. De nombreux témoignages de personnes symptomatiques, de cas contacts comme de personnes bénéficiant de bons de leur ARS dans l’impossibilité ou la difficulté à réaliser rapidement des tests PCR nous parviennent illustrant la forte tension qui demeure dans l’accès aux tests. Si ces derniers ne sont plus interdits comme ils l’avaient été de février au mois de mai, ils font toujours dramatiquement défaut. On est toujours très loin des 700 000 tests hebdomadaires promis par Macron pour le … 11 mai. Pour atteindre l’objectif qui était fixé au déconfinement, le nombre de tests devrait encore augmenter de 50% !

Au-delà de ce constat inquiétant, ce qui doit alerter, c’est que ces tests qui sont le meilleur indicateur de suivi de la circulation du virus et de la dynamique de la propagation de l’épidémie vont dans le mauvais sens.

De fait, pour la première fois depuis la semaine du déconfinement, le taux de positivité des tests, c’est-à-dire le nombre de tests PCR confirmant un cas de covid-19 sur le nombre de tests réalisés a dépassé les 2% la semaine du 5 août. Il approche désormais en ce début de deuxième quinzaine d’août les 3%. Signe inquiétant d’une accélération des contaminations et de la reprise de la propagation de l’épidémie. Avec plus de 3000 cas quotidiens confirmés ces derniers jours, le nombre de malades s’accélère fortement. Le nombre de cas dépistés est désormais identique à celui mesuré dans la semaine précédant le confinement général de mars, avec cependant un nombre de tests réalisés bien plus important.

Il faut noter que plus de 70% des positifs sont asymptomatiques, essentiellement parmi les 15 – 40 ans contribuant en l’absence de tests massifs à la propagation de l’épidémie. L’incidence de la maladie semble donc en augmentation parmi les jeunes générations. Ce qui pourrait à la faveur de conditions plus défavorables de transmission et de développement de la maladie – “saisonnière” – préparer un rebond puissant et généralisé de la maladie à l’automne. Ces milliers de cas asymptomatiques non dépistés pouvant constituer un réservoir de démarrage de milliers de clusters sur tout le territoire.

Au plan géographique, d’après les chiffres du dépistage, ce sont les départements d’Île de France et de l’arc méditerranéen tout particulièrement Paris et les Bouches-du-Rhône et certains départements d’Outre-Mer qui sont les plus menacés

Le fameux R – le taux de reproduction – que nous avons calculé par nos soins au pas hebdomadaire atteint désormais au niveau national sur la base du nombre de cas prouvés par tests PCR un taux de 1.36 au 12 août 2020. Valeur cohérente avec celle publiée par le ministère de la Santé.

Il dépasse la valeur de 1 depuis le 15 juillet. Avec une valeur moyenne de 1.37 entre le 14 juillet et le 15 août, le nombre de nouveaux infectés par le covid-19 est multiplié par près de 2 toutes les 2 semaines, par 10 tous les deux mois…

Sans aucune équivoque, cette dynamique de reprise épidémique doit être enrayée au plus vite. Force est de constater qu’à ce stade, le régime Macron, comme au mois de février, ne prend pas la mesure du danger sanitaire de la situation. Les dérogations complaisantes accordées au Puy du Fou pour concentrer de façon très resserrée et durant plusieurs heures 10 000 spectateurs l’illustre.

# le point sur les foyers de diffusion :

Au 17 août, Santé Public France identifie 268 foyers de diffusion (“clusters”) actifs, soit une progression de 17 en 24 h.

Les principaux lieux de clusters (en mettant de côté les établissements de santé (16%) sont :

  • les entreprises : 24% du total, mais 30% des clusters actifs.
  • les milieux familiaux élargis : 14%
  • les rassemblements temporaires de personnes publics ou privés : 9%

Il apparaît que le lieu de travail devrait donc être un des points principaux de combat de l’épidémie. Hors c’est le lieu dans lequel par idéologie, le régime Macron refuse d’intervenir. Le dogme en vigueur est celui des libéraux : le patron décide de ce qu’il veut. Et le régime Macron vient de sanctionner un inspecteur du travail voulant faire respecter le code du travail en rappelant le patronat à ses obligations d’hygiène et sécurité au travail !

À noter qu’en raison des vacances scolaires, le milieu scolaire ne représente qu’un petit nombre de cas de cluster (1% en cours d’investigation), mais un secteur potentiel d’activation du rebond de l’épidémie avec la rentrée.

D’après Santé Public France le virus circule par ailleurs ” largement en dehors des clusters identifiés.”. Ce qui n’est pas non plus pour rassurer, ceci étant un aveu que le contrôle sur la propagation de l’épidémie n’est déjà plus dans les mains des équipes de traçage épidémiologique.

# une situation encore sous contrôle dans les hôpitaux

Les données d’admissions à l’hôpital publiées par Santé Publique France sur data.gouv.fr ne montrent pas à ce stade de rebond important, le nombre de nouvelles entrées à l’hôpital pour cause de covid-19 ne dépassant pas en cette fin du mois d’août la barre des 200 et restant en deçà des niveaux observés jusqu’au mois de juin. De fait, elles ne suivent pas l’augmentation du nombre de cas détectés par dépistage PCR.

Cette situation est pour le moment favorablement confirmée par l’absence d’augmentation notable du nombre d’admissions de malades du covid-19 en réanimation et a fortiori du nombre de décès quotidiens. Il faut cependant s’alerter d’une tendance à l’augmentation du nombre d’entrées en réanimation, passé d’une moyenne de 12 au mois de juillet à près de 17 sur la première quinzaine d’août, dans une inversion notable de tendance.

Macron refuse d’imposer des mesures aux entreprises :

Ces derniers jours, le débat médiatique s’est principalement focalisé sur le port du masque dans les rues des grandes villes. Une mesure de bon sens évident dans certains lieux de très fortes densités permanentes de population où se croisent des dizaines de milliers de personnes, et ce même si les scientifiques sont encore très partagés sur la propagation du virus en extérieur. Mais une mesure qui n’est accompagnée d’aucun accompagnement permettant sa mise en œuvre effective. L’accès au masque est coûteux, inaccessible pour les plus modestes, la pédagogie est absente. La seule réponse du gouvernement, la répression avec l’annonce de l’envoi de 130 CRS à Marseille… Le tout accompagné d’un discours culpabilisant tentant de faire porter la faute du rebond épidémique… sur la jeunesse, et plus largement renvoyant à une responsabilité individuelle.

C’est oublier un peu vite que c’est le gouvernement qui en mars dernier avait interdit l’accès aux masques des Français. C’est ce même régime Macron et ses “journalistes à gages” qui ont théorisé durant des semaines l’inutilité de porter un masque. Faisant alors assaut de propagande pour convaincre les Français de ne pas en porter, renvoyant pour un virus respiratoire à se borner à se laver les mains… Et ce parce qu’il n’y avait pas de masques – les usines ayant été massacrées au nom des euro délocalisations tout comme les stocks au nom de l’euro austérité – masques faisant défaut jusqu’aux soignants les plus exposés.

S’il est cependant un consensus scientifique établi désormais c’est que ce covid-19 est un virus respiratoire qui menace particulièrement fort dans les espaces clos. Bureaux, usines, commerces… c’est dans ces espaces clos que le port du masque est nécessaire. Il serait d’ailleurs pertinent de savoir si les masques en tissus assurent une performance satisfaisante par rapport aux masques certifiés FFP1 (chirugicaux) ou mieux FFP2 (filtrant). Pourtant c’est bien au cœur de ces espaces clos – dans les entreprises – que le ministère du Travail, sous la pression du patronat, se refusent pour le moment à édicter une règle de port du masque à défaut de tests de dépistage généralisés.

Résumons la position du régime Macron. Si vous ne portez pas de masque dans la rue, vous serez réprimés et responsables du rebond épidémique; en revanche, il n’y a aucun problème à ce que votre patron ne vous fournisse pas de masque et vous impose de travailler dans un milieu clos où les personnes ne portent pas ce dispositif barrière.

Rentrée scolaire : des mesures de protection allégées mais les jeunes attaqués !

La priorité au redémarrage économique de l’extraction de la plus-value passe aussi par la remise en garderie – pardon à l’école – de la marmaille. Sans aucune concertation, ni avec les syndicats des enseignants ni avec les parents d’élève, le ministre cancre Blanquer vient de lancer un protocole sanitaire quasiment vidé de toutes mesures de protection. À commencer par le dépistage des élèves et enseignants à la rentrée. Le ministre qui avait annoncé que jamais les écoles ne fermeraient avant de mentir effrontément en assurant que l’école se poursuivait normalement par télé-enseignement durant le confinement annonce désormais la réouverture à plein effectif des écoles pour les 12 millions d’élèves de France.

À noter qu’aucun recrutement de professeurs supplémentaires, aucun dispositif de rattrapage et de soutien pour les élèves impactés par le confinement dans leur scolarité n’est prévu. Si les milliards coulent à flots pour le CAC40 et ses milliardaires, encore une fois, le régime Macron affiche que sa priorité n’est pas le service public ni la jeunesse. Les étudiants, pour beaucoup privés des petits boulots notamment d’été, indispensables au financement de leurs études se trouvent à faire le terrible constat que tandis que les caciques du régime Macron vitupèrent contre les jeunes inconscients ne respectant pas les gestes barrières, des milliers d’entre eux déjà dans une grande pauvreté sont évidemment dans l’impossibilité d’acheter les masques nécessaires à leur sécurité comme à la santé de tous.

Illustrant une fois de plus que si la situation est inquiétante, c’est moins en raison de l’épidémie – qui peut être contrôlée et éradiquée comme l’immense fête techno réalisée par les Chinois à Wuhan vient de le prouver – que du système capitaliste et de son régime, et de ses priorités incompatibles avec la sécurité et la santé de tous.

JBC pour www.initiative-communiste.fr

2 Commentaires de lecteur “#COVID-19 le nombre de cas croissant inquiète, le régime Macron refuse d’imposer des mesures dans les entreprises et s’en prend aux jeunes.

  1. Bidaud
    20 août 2020 at 19:34

    Il me semble que l’indicateur essentiel à prendre en compte est le nombre de morts. En ce moment il est de 7 à 8 morts par jour pour le covid à comparer au 27 suicides, 400 du cancer, 400 du cœur, 280 pulmonaires et au 6 ou 7 du travail… Ainsi les masques, état d’urgence sanitaire et autres privations de liberté prises au nom du COVID-19 sont-elles à relativiser. Que dirons-nous quand il sera interdit de manifester selon les mêmes lois !

  2. - -
    21 août 2020 at 10:24

    Le nombre de mort à l’hôpital – donc sans compter ceux en EHPAD ou à domicile – est de 15 à 20 chaque jour. Si l’on tient compte du décalage entre infection, entrée à l’hôpital et décès, la létalité apparente de la maladie est désormais observée à entre 1 et 2%. C’est à dire qu’aux 1500 cas quotidiens dépistés fin juillet correspondent la 15e de morts quotidiens actuels. Les 4000 cas quotidiens détectés hier pourraient bien engendrer 40 morts quotidiens dans 3 semaines. Et actuellement le nombre de cas double toutes les 2 semaines. Doit on rappeler qu’avec les mêmes arguments le régime Macron à la mi février exigeait que “l’on aille dans les cinémas et les théatres”. Avec le résultat que l’on connait.
    Le problème c’est bien celui de la prévention, qui passe par la détection des cas et la limitation de la transmission.
    Regardons l’exemple de cuba socialiste qui prend au sérieux cette maladie et qui a donc d’excellents résultats. Cela ne sert à rien de faire l’autruche. Ni panique, ni dénis, simplement de la lucidité et du sang froid.
    Observons qu’un masque n’empêche pas de manifester