Un article du site internet de nos jeunes camarades des JRCF –  Dans notre série «  la droite n’aime la démocratie que quand elle gagne», souvent avec le soutien de l’impérialisme US comme on a pu le voir au Nicaragua et Venezuela récemment, l’actualité nous a présenté deux nouveaux épisodes insolites. Malgré l’échec pathétique de l’autoproclamé « président » Juan Guaido de prendre le pouvoir et renverser Maduro au Venezuela, il semble que sa « méthode » inspire sa « famille » politique dans le reste du continent, à commencer par le Honduras, et peut-être même, le Pérou.

  1. Pérou

Tout d’abord au Pérou, le président Pedro Castillo a affirmé dimanche que le Congrès de la nation porte atteinte à la volonté populaire en imposant une loi qui lui donne le pouvoir d’opposer son veto à un référendum sur la possibilité de tenir une Assemblée constituante [autrement dit qui annule la possibilité de référendum].

« Nous ne permettrons pas que l’on viole la participation politique des Péruviens, en méprisant, en conditionnant et en soumettant leur volonté à la merci de l’avis unique du Congrès », a commenté le mandataire.

En dépit des observations présentées par l’exécutif sur le texte adopté en décembre dernier, le Parlement a ratifié vendredi dernier la norme avec une rapidité inhabituelle et sans discuter des détails présentés. Le chef de l’État a réaffirmé sa position consistant à contester la règle devant la Cour constitutionnelle, car elle est « antidémocratique et inconstitutionnelle », outre qu’elle va à l’encontre du dessein populaire de former une assemblée constituante.

« Le Pérou a besoin d’une refondation complète face à une crise évidente, en donnant le seul pouvoir à la citoyenneté », a-t-il ajouté. Le mandataire a donc insisté sur la nécessité de remplacer la Constitution en vigueur par le biais d’une constituante comme au Chili.

Avec 72 voix pour, y compris le vote de la présidente du Congrès, Maria Carmen Alva, 44 contre et aucune abstention, le Législatif a fait place à la promulgation de la norme par laquelle « Toute initiative de réforme constitutionnelle, soumise à la consultation populaire, doit au préalable passer par la juridiction parlementaire », comme indiqué dans le communiqué du Congrès. Le chef de l’État a qualifié la nouvelle loi d' »attentat contre la volonté populaire qui a exigé pendant des années le changement d’une Constitution conçue sous la dictature », en référence au gouvernement néolibéral d’Alberto Fujimori, incarcéré, qui est responsable de crimes contre l’humanité et de corruption reconnue.

Rappelons que sa fille, Keiko Fujimori, a reprit le « business » familial de la droite péruvienne depuis plusieurs années et cherche par tous les moyens à renverser Pedro Castillo, pour elle-même se hisser à la tête de l’État. Cette version péruvienne du personnage d’Iznogoud créé par Gosciny et Tabary, est prête à tout pour devenir présidente à la place du président, quitte à appeler ouvertement l’armée de procéder à un putsch, et ce en toute impunité. Son parti tente sans succès pour le moment de destituer Pedro Castillo depuis le parlement. Il faut dire que le temps joue contre la « Pécresse » péruvienne qui traîne quelques casseroles derrière elle, notamment de corruption et pourrait bientôt rejoindre « papa » derrière les barreaux.

Pérou : La guerre de tranchée de l’oligarchie contre Pedro Castillo

  1. Honduras

C’est ensuite au Honduras que s’est déroulé le dernier épisode suite à l’élection de la gauche radicale dirigée par le Parti Libre et la présidente Xiomara Castro.

La présidente élue du Honduras, Xiomara Castro (Liberté et Refondation, Parti Libre) a dénoncé ce dimanche à la périphérie du Congrès national que la dictature tente d’enlever le pouvoir législatif pour qu’il ne réponde pas au mandat populaire et a souligné que son parti défend les droits du peuple hondurien.

Devant des centaines de personnes qui continuent à se mobiliser autour du Parlement pour la défense de la démocratie et du respect de la volonté populaire, elle a rappelé que les élections de novembre 2021 visaient à retirer du pouvoir le président sortant, Juan Orlando Hernández, et le Parti National, et bannir ses pratiques dictatoriales. Elle a déclaré que le peuple s’était prononcé lors des élections du 28 novembre et que sa volonté de mettre fin à la dictature, et aux pratiques véreuses de la politique traditionnelle, devait être respectée.

Elle a assuré que si le peuple hondurien permettait ce qu’elle considère comme un coup d’État du Législatif, il y aurait une continuité de la dictature, car le pouvoir législatif serait contrôlé par un groupe qui ne répond pas à la volonté du peuple. Elle a déclaré que tout ce qui s’était passé depuis lors était non conforme à la procédure parlementaire, et qu’ils n’avaient même pas respecté le calendrier officiel, qui était de sélectionner le Conseil d’administration et de le présenter au siège du Parlement pour approbation par vote des parlementaires.

Elle a nié que le peuple ait empêché l’accès des députés à l’hémicycle. Elle a précisé que le peuple était dans les rues et a permis l’entrée sans heurt des députés qui ont assisté à la session législative. Plus tôt, Xiomara Castro a reconnu le député Luis Redondo (Partido Sauveur du Honduras, PSH) comme l’unique président du Congrès national. Dans un message diffusé sur le réseau social Twitter, Xiomara Castro a déclaré : « Je reconnais la présidence du Congrès dirigée par le député Luis Redondo ». En outre, elle l’a invité à prêter serment avec le peuple le 27 janvier prochain, et a ensuite félicité « les députés qui rejettent 12 ans de réseaux de corruption de JOH (Juan Orlando Hernández). Au cours de cette journée, 48 législateurs ont fait prêter serment à Redondo à la tête du Congrès, ainsi que Hugo Noé Pino et Angélica Smith (tous deux du Parti Libre majoritaire) comme vice-président et secrétaire, respectivement.

Pendant ce temps, en séance simultanée, dans la banlieue de Tegucigalpa, Jorge Cálix, et Yahvé Sabillón ont prêté serment de président et vice-président respectivement et Beatriz Valle de secrétaire avec les soutien députés putchistes du Parti National et ses satellites, ainsi que les renégats du Parti Libre, formant une assemblée parallèle illégale selon la constitution et le résultat des élections.

Cálix, Sabillón et Valle ont été élus législateurs par vote populaire lorsqu’ils militaient au Parti Libre, dont ils ont été expulsés après avoir trahi leur pacte d’unité avec d’autres forces politiques pour vaincre les partis traditionnels (libéral et national). Dans cet accord, la coalition qui a mené Xiomara Castro à la victoire aux élections a établi que les parlementaires du parti Libre remettraient à Luis Redondo (PSH) la présidence du Congrès national en échange de laquelle celui-ci renoncerait à se présenter au plus haut rang et soutiendrait la candidature présidentielle de celle-ci et du Parti Libre.

Suite à des révélations, les 18 députés renégats du Parti Libre auraient trahi en échange de 3 millions de lempires (125.000 dollars) et une voiture de luxe. Comme quoi peu de principes politiques débouchent sur une corruption « low cost », dont il n’est pas sûr qu’ils aient le temps de profiter au vu de la colère populaire.

Tout ceci s’est produit alors que Xiomara Castro n’avait pas encore commencé officiellement son mandat présidentiel. La stratégie de division du congrès rappelle largement la stratégie Guaido au Venezuela. Verra -t-on un Juan Guaido s’autoproclamer président du Honduras avec la bénédiction des États-Unis et le soutien de l’assemblée factieuse ?

Pour le moment le peuple hondurien s’est largement mobilisé en soutien à sa présidente et l’assemblée loyale lors de l’investiture présidentielle le jeudi 27 octobre à Tegucigalpa.

À propos de la situation au Honduras. Entretien avec Luis Méndez

 

Boris pour la  JRCF.