Syrie : Avec l’OTAN la Turquie pousse à une dangereuse escalade de la guerre !

Tir de défense anti aérienne de l’armée syrienne

Dans le nord de la , la tension est au plus haut et pour – par le jeu des alliances notamment l’ – précipiter le monde dans la mondiale

En effet la vient de lancer une escalade dans l’agression militaire contre la Syrie voisine pour occuper militairement la province d’ et suppléer ainsi ses milices terroristes mises en déroute par l’avancée de l’armée républicaine syrienne. Les accrochages se multiplient entre l’armée turque et l’armée syrienne. Cette dernière est soutenue par l’aviation russe tandis qu’Ankara exige le soutien de l’OTAN. Un soutien qui ne peut être déclenché contre l’armée syrienne puisque non seulement cette armée n’est pas une menace réelle pour la puissante armée turque, mais que c’est la Turquie qui envahit la Syrie et non l’inverse. Cette demande officielle d’activation des mécanismes des articles 4 et 5 du traité de l’Atlantique Nord vise à impliquer tous les pays de l’OTAN dans une confrontation éventuelle entre la Turquie et la Russie. Ce serait alors la guerre mondiale.

Si la position de Washington est pour le moment publiquement un soutien poli à Ankara, Erdogan a essuyé un refus de doter Ankara de missiles “patriot”. Cependant il est peu probable que le sultan islamiste d’Ankara agisse sans une forme d’aval des États-Unis qui y disposent de puissantes bases militaires hébergeant des armes atomique notamment à Incirlik . À l’inverse, le régime Macron s’est affiché publiquement comme un soutien zélé de l’offensive turque, condamnant uniquement les actions de la Syrie et de son allié russe. Une position irresponsable

Confrontation directe entre l’armée syrienne soutenue par la Russie et la Turquie et ses supplétifs terroristes islamistes autour d’Idleb

Soutenu par l’armée russe, Damas n’est pas prêt à céder sur la mise en œuvre des accords d’Astana et le retour de l’autoroute M4 reliant Damas, Homs et Hama à Alep sous son contrôle. Alors que Erdogan déploie une armée d’une dizaine de milliers de soldats équipés de centaines de blindés dans la province d’Idleb, l’aviation russe et ses supplétifs syrien bombardent les lignes des djihadistes turques, y compris les bataillons de l’armée régulière turque qui se trouvent avec eux.

Vendredi, après qu’Erdogan a lancé ses troupes à l’assaut de Saraqib pour couper l’autoroute M4, un bombardement de l’aviation russo-syrienne – attribué par Ankara à un avion syrien – a tué une cinquantaine de soldats turques et blessé gravement une soixantaines d’autres. Par suite, l’armée syrienne s’emparait de l’ensemble de la plaine de Ghab. De fait c’est en réalité une puissante bombe russe KAB 1500 L qui a pulvérisé le bataillon de l’armée turque. Ce bombardement a donc été effectué avec l’aval de la Russie, dans un signe très fort.

Ce bombardement a provoqué une onde de choc au sommet de l’État turc qui, enragé, s’est lancé dans une dangereuse escalade militaire.

Invasion au sol, offensive aérienne de l’armée turque

Des tirs de missiles, déjoués par la défense anti-aérienne ont visé la base militaire russe et son aéroport à Hheimin, d’autres ont frappé des installations militaires syriennes près de Hama, ainsi qu’un dispositif de défense anti-aérienne Pantsir S1 de l’aéroport militaire syrien de Abu Ad Duhur. Puis des frappes de drones ont visé des concentrations de troupes syriennes sur l’autoroute M4 à Maarat Al Numan, Maaradabsa ou Tal Hadiya. Dans le même temps, l’aviation russe bombardait de façon intensive les positions turques le long de la ligne de front de Atarib à Al Saramanya en passant par Kafr Nouran, Idleb, Saraqib.

Les bombardements turques sont également extrêmement intenses et violents dans toutes les zones du Kurdistan syrien sous protection de l’armée syrienne autour de Tall Tamar et Tall Rifaat, des secteurs déjà visés de 2017 à 2019 par des invasions turques.

Au matin du 29 février, Erdogan n’en rabattait pas de ses intentions belliqueuses, revendiquant vouloir envahir et contrôler une zone de 30 km de territoire syrien bordant la frontière avec la Turquie.

De son côté, Moscou affiche sa fermeté :

  • sur le plan diplomatique, Moscou affirme le droit à défendre la Syrie. Au conseil de sécurité de l’ONU, le représentant permanent de la Russie a ainsi déclaré ” nous ne pouvons pas interdire à l’armée syrienne de remplir ses engagements, stipulés par les résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU, d’un combat inconditionnel contre le terrorisme sous toutes ses formes, tout particulièrement sur son sol, le territoire de la Syrie souveraine”. “Face aux violations du cessez-le-feu, la Syrie a le droit de répondre”. “Nous regrettons la mort de conscrits turcs aussi bien que celles des conscrits syriens”.
  • mais sur le plan militaire, la Russie a dépêché en urgence deux frégates modernes, armées des puissants missiles Kalibr sur la côte syrienne.

Au soir du 29 février, sous les assauts massifs de l’armée turque et de ses milices djihadistes, l’armée syrienne et ses soutiens iraniens et du Hezbollah ont encaissé plusieurs reculs significatifs avec des pertes visiblement lourdes sur le plan humain comme matériel, à la fois sur le front sud le la plaine du Gab mais également autour de Saraqib. Des renforts se préparaient depuis la province de Lataquié, signe que l’escalade militaire n’est pas écartée.

Macron soutient de l’invasion turque, la Grèce modère l’OTAN

L’ONU appelle tout simplement à la désescalade par la voix de son secrétaire général Guterres : “il n’y a pas de solution militaire mais uniquement un processus politique dans le cadre de l’ONU, et de ses résolutions appelant au cessez-le-feu”.

Une voix qui tranche avec la prise de position du régime Macron et la position de l’Union Européenne.

Vendredi le Quai d’Orsay publiait en urgence un communiqué de Le Drian pour afficher son soutien inconditionnel au régime d’Erdogan. Ce texte ne comprend aucune condamnation, ni du soutien d’Ankara aux groupes terroristes – qui faut-il le rappeler, sont à l’origine des attentats terroristes islamistes qui ont tué des centaines de personnes en France , ni de l’invasion, en violation de la charte des Nations Unies dont la France avec son siège au Conseil de Sécurité doit être le garant, par l’armée turque d’un pays souverain, la Syrie. Il est vrai que Macron est prêt à tout accepter de la part d’Erdogan du moment que cela aide la politique impérialiste euro- atlantique visant à faire voler en éclat les pays du Moyen Orient à commencer par la Syrie. Qui plus est, Erdogan exerce un chantage à l’ouverture des frontières qui n’est pas sans inquiéter Paris qui, en attaquant sous le régime Sarkozy, la Libye de Kadhafi puis en s’en prenant sous Hollande à la Syrie, a jeté sur les routes des dizaines de milliers de migrants.

Au sein de l’OTAN saisie par Erdogan sur la base de l’article 4 du traité, le régime Macron est l’un des plus forts soutiens à Erdogan. Dans un communiqué, qui a été atténué à la demande de la Grèce qui ne sait que trop les prétentieux belliqueuses et territoriales du régime d’Ankara, l’OTAN revendique d’augmenter les défenses anti-aériennes de la Turquie.

C’est une nouvelle illustration de ce que pour défendre la paix, la sortie de l’OTAN est un impératif. Une nécessité également pour les travailleurs de France que de mettre fin à l’ français qui non seulement ensanglante le monde avec ses guerres et sa participation à celles de l’ américain mais menace aussi directement la sécurité en France.

JBC pour www.initiative-commuiste.fr

Les explications de la Syrie à l’ONU

L’ambassadeur permanent de la Syrie à l’ONU, Dr Bachar Jaafari, a affirmé que la Syrie lutte contre le terrorisme sur ses territoires et continuera de faire face à l’agression turque soutenant le terrorisme, de protéger ses citoyens, de défendre son unité, de s’attacher à sa souveraineté et à sa décision nationale indépendante, appelant le Conseil de sécurité à assumer ses responsabilités et à mettre fin aux aventures du régime d’Erdogan qui menacent la paix et la sécurité régionales et internationales.

Lors d’une séance d’urgence du Conseil de sécurité sur la situation à Idleb, Jaafari a appelé, les pays qui ont réclamé à tenir cette séance, à répondre aux questions sur “la présence des forces turques sur les territoires syriens et qu’il s’il s’agit d’une agression militaire et d’un acte d’occupation ou non.. et si les tentatives du régime turc de turquiser les territoires syriens qu’elle occupe, de changer les noms de ses places et de ses rues en noms turcs, d’imposer des méthodes d’études turcs à nos enfants et de piller nos richesses, nos ressources et nos antiquités, sont des actions légitimes en vertu du droit international ou non.”

Jaafari a souligné que l’accord de Sotchi sur Idleb du 17 septembre 2018 a affirmé la nécessité de l’engagement du régime turc de retirer les groupes armés et les réseaux terroristes, dont le réseau “Front Nosra” et les entités qui leur affilient, du gouvernorat d’Idleb et de certaines parties des deux banlieues d’Alep et de Hama.

Jaafari a indiqué qu’en dépit des demandes de la Syrie, de ses amis et d’autres pays du régime turc de remplir ses obligations dans les délais fixés par les accords d’Astana et l’accord de Sotchi, le régime d’Erdogan, qui est en dehors de la légitimité internationale, a renié ses obligations et exploité, avec les réseaux terroristes qui lui sont affiliés, les accords de désescalade pour renforcer leurs capacités et leur présence dans les régions syriennes avoisinantes de la Turquie.

Jaafari a souligné que le régime d’Erdogan avait transformé les points d’observation turcs se trouvant à l’intérieur des territoires syriens qui étaient destinés à imposer une surveillance sur les activités des terroristes, à les empêcher de poursuivre leurs crimes terroristes et à empêcher les attaques sur les positions de l’armée arabe syrienne et les centres des forces russes, en salles d’opération et en points d’appui et de soutien aux réseaux terroristes.

Jaafari a souligné que la Syrie, à partir de son devoir national et constitutionnel, sur la base des résolutions du Conseil de sécurité concernant la lutte antiterroriste et en exécution des accords d’Astana et de l’accord de Sotchi, avait lancé, en collaboration avec ses alliés, une opération militaire précise visant à débarrasser les habitants d’Alep et d’Idleb de la criminalité des réseaux terroristes et à rétablir l’autorité de l’État et du droit dans les zones que le réseau terroriste du “Front Nosra” avec des éléments du réseau terroriste “Daech” contrôlent, révélant que les opérations de l’armée arabe syrienne et de ses alliés ont jusqu’à présent réussi à libérer de larges zones et de plus de 140 localités et villages du contrôle des terroristes.

Jaafari a affirmé que la Syrie rejette catégoriquement l’usage du régime criminel d’Erdogan les civils syriens comme moyen de faire pression sur les pays européens et de les faire chanter pour impliquer l’OTAN dans ses aventures enfantines et pour que la Turquie obtienne des facilitations pour rejoindre l’Union européenne.

Commentaire de lecteur “Syrie : Avec l’OTAN la Turquie pousse à une dangereuse escalade de la guerre !

  1. Sarah credy
    1 mars 2020 at 11:57

    Erdogan est perdant quoi qu’il fasse , il défie non seulement l’armée arabe syrienne mais aussi la Russie. Poutine est contraint de passer à l’attaque et de mettre un terme aux velléités expansionnistes ottomanes à défaut, il va perdre la face et la Russie sa place au Moyen Orient.