Le capitalisme plonge l’Argentine dans la faillite, manifestation massive à Buenos Aires.

Si les difficultés économiques du Venezuela, étranglé financièrement par le blocus américain, font régulièrement les gros titres des médias en France pour accuser le “socialisme” des pires maux, c’est le silence absolu sur le drame économique du . Le 28 août, exsangue après 4 ans de régime , l’Argentine, pourtant l’une des premières puissances économiques sud-américaine est au bord du gouffre, en quasi cessation de paiement.

Monnaie en chute libre, faillite budgétaire et austérité

Le 28 août 2019, le régime Macri annonce qu’il ne peut pas faire face à son échéance de paiement de 51 milliards d’euros. Une Argentine qui n’évite la faillite que par l’intervention du , alors que son ministre de l’économie Nicolas Dujovne a été forcé à la démission le 17 août dernier après que la monnaie argentine a accéléré son plongeon, perdant 20% en une semaine, et la bourse de Buenos Aires s’effondrant de 30% dans le même temps.

Le nouveau ministre de l’économie de Macri n’a que faire des conséquences dramatiques – inflation record, explosion de la – pour les argentins. Il a répété que la priorité du régime Macri c’est “de préserver le taux de change” et “respecter les objectifs budgétaires”. En claire, préserver les fortunes des très riches argentins et les investissements des capitalistes étrangers, et rembourser les spéculateurs sur la dette argentine.

L’Argentine connait une inflation qui atteint des records mondiaux (54.4% ces 12 derniers mois) et la pauvreté a augmentée de 32% en 2018. Rappelons que ces difficultés économiques ne sont que le résultat du système capitaliste et de la politique libérale menée par le régime Macri. Sans comparaison avec les causes externes qui frappent le Venezuela, littéralement assiégé par les USA et l’Union Européenne.

De la colère sociale à la sanction des urnes

Dès l’élection de Macri, les contre réformes antisociales menées par le régime soutenu par les USA ont frappé de plein fouet le peuple argentin, conduisant à des manifestations et grèves importantes, car la situation économique du peuple s’est rapidement dégradée.

Le 28 août c’est une marée humaine de 250 000 manifestants qui a envahi les rues de Buenos Aires. Vous n’en avez évidemment pas entendu parler en France, où les médias rendent pourtant scrupuleusement compte du moindre rassemblement d’une centaine de manifestants du putschiste Guaido qu’ils soutiennent au Venezuela.

” Cette et social a un nom et un prénom, Maurico Macri et le FMI” a tonné Dina Sanchez, représentante du Front populaire Dario Santillan.

Les manifestants exigent la mise en place de bons alimentaires d’urgence alors que la faim gagne le pays, et l’augmentation des aides sociales et des salaires. Le salaire minimum argentin est de 215$ mensuel alors qu’avec l’inflation il en faut au minimum 550 soit 32000 pesos pour vivre, ce que réclament les syndicats argentins.

Esteban Castro, de la confédération des travailleurs de l’économie populaire (CETP) s’indigne : “Nous devons être très clairs, le FMI, le Capital financier, et tous ces groupes économiques dont nous ne pouvons pas voir les visages, travaillent contre nous et ce gouvernement est la parfaite expression de leurs politiques d’extermination des droits des travailleurs”

C’est sans surprise que la primaire électorale (premier tour non officiel précédant les élections présidentielle) a nettement infligé une défaite totale au régime Macri. Le péroniste de centre gauche, Alberto Fernandez, prenant la suite de Christina Kirchner a largement remporté les primaires avec 47%, soit 15 points d’avance sur le maigre 32% obtenu par Macri. Une gifle populaire considérable.

Il n’aura fallu que 4 ans aux argentins pour comprendre que la tendance réactionnaire et contre-révolutionnaire soutenue par les impérialismes occidentaux, Etats-Unis en tête, ce n’est que la réduction des libertés publiques, et du sang et des larmes sur le plan économique pour les travailleurs.

Face à la colère populaire, le régime Macri et ses soutiens capitalistes répondent par…. la corruption. Un homme d’affaire influent vient ainsi d’offrir 5000$ à chacun de ses salariés s’il vote pour Macri et que celui-ci réussit à atteindre le second tour, témoignant au passage de l’ampleur des bénéfices que ces riches patrons attendent d’une réélection de Macri.

JBC pour www.initiative-communiste.fr