La SNCF et les cheminots au centre du viseur de Macron pour achever la privatisation ordonnée par l’Union Européenne.

Supprimer les régimes spéciaux de retraite des cheminots : c’est le nouveau coup que Macron et son pouvoir ont annoncé vouloir porter au monde du travail. Dans un entretien avec le journal de la direction de la , Macron a ainsi déclaré dans ce qu’il faut bien appeler une déclaration de guerre aux cheminots : «Nous demandons à la d’aller plus loin sur les réformes, le statut, la mobilité, le régime de retraite»

En clair, Macron veut supprimer dès 2018 les régimes spéciaux de retraite des cheminots pour les aligner sur le régime général, repoussant ainsi à 67 ans l’âge de départ à la retraite des cheminots, en particulier des roulants.

Pour tenter de faire avaler la pilule, l’ex-banquier et homme du MEDEF, prétend que ce sacrifice porté uniquement par les travailleurs du rail serait indispensable pour que la SNCF puisse supporter la dette de 44,9 milliards de SNCF Réseau et de 8 milliards d’euros de SNCF Mobilités, avec une prise en charge par l’État.

Sauf qu’il faut rappeler qu’a priori dès la du secteur ferroviaire imposée par l’Union Européenne, rien n’indique que l’État puisse reprendre la dette de SNCF Mobilités. Surtout que cette dette est le résultat non pas des salaires des cheminots mais de la politique de l’entreprise publique et des choix d’investissement portés par les gouvernements. Acquisition tout azimut, développement dans le secteur routier (frets et autocar). Mais également le choix de la rampante de l’entreprise à travers les coûteux investissement en PPP. Ou encore les coûteuses campagnes de pub en vue de l’ouverture à la concurrence imposée par la Commission Européenne.

Le but de la manœuvre : financer la privatisation de la SNCF avec les salaires des cheminots, les impôts des français.

Non, cette manœuvre ne vise pas à développer la SNCF : l’État n’a aucunement besoin de toucher aux retraites des cheminots pour reprendre la dette de SNCF réseau (ex RFF) qui est une dette de la responsabilité de l’État.

En revanche cette dette est un frein important à la privatisation de la SNCF. Il s’agit donc d’une part de nationaliser les dettes de la SNCF pour privatiser ses bénéfices. Dans une opération strictement similaire à ce qui a été fait avec les sociétés d’autoroutes, revendues à vil prix une fois leurs dettes épongées par les français. C’est cela le capitalisme monopoliste d’État : un banquier-président qui brade le patrimoine de la nation à ses amis banquiers, patrons et milliardaires.

Et pour pousser le cynisme jusqu’au bout, pour rendre la SNCF plus profitable pour ses futurs propriétaires privés, sous prétexte d’ouverture à la concurrence  – une mesure imposée par l’Union Européenne, cette machine à exploiter les travailleurs, liquider leurs droits et piller le patrimoine public à travers des privatisations scandaleuses – Macron pousse les feux de la suppression des droits des cheminots, de la baisse effective de leurs salaires.

Une attaque plus générale contre l’ensemble des régimes de retraites.

Cette attaque fait partie de la bombe antisociale d’un nouveau plan de casse des retraites par répartition dont la Commission Européenne exige la mise en oeuvre – l’ordre figure en toute lettre dans les Recommandations par Pays adressées chaque printemps au gouvernement français par Bruxelles. Dès 2018 – à nouveau par ordonnances – Macron compte ainsi s’en prendre aux régimes de retraites, à l’assurance-chômage.

Gageons que les mobilisations contre les ordonnances loi travail XXL sauront lancer le mouvement social puissant nécessaire pour mettre un coup d’arrêt à cette euro liquidation de la Nation, des droits des travailleurs au seul profit de l’oligarchie capitaliste. De fait, la résistance aux diktats de la dictature du Capital, pour la sortie de l’Union Européenne et de l’Euro et faire place aux travailleurs, devrait permettre d’impulser la convergence des luttes, des cheminots aux ouvriers voyant leurs usines délocalisées, des infirmières souffrant de la destruction de l’hôpital public par l’euro-austérité aux travailleurs précarisés par les euro-ordonnances loi travail, des jeunes privés d’emplois aux enseignants assistant à la privatisation rampante de l’école et l’université.

Il y a assurément en cette rentrée, toutes les raisons pour chacun de prendre le chemin des manifestations, et rejoindre tous ensemble et en même temps un puissant mouvement de grève générale qui ne demande qu’à prendre pour stopper les projets fous d’un président ultra minoritaire élu par moins de 18% des électeurs et battant déjà des records d’impopularité.

JBC pour www.initiative-communiste.fr