Opération Montebourg : ou quand Maastricht revêt la marinière du “made in France” – par Georges Gastaud

Ancienne étoile du et ex-ministre prétendument frondeur de , l’avocat devenu chef d’entreprise, Arnaud , guette l’occasion favorable pour se lancer dans la présidentielle et/ou pour négocier avec ses concurrents les plus directs (Mélenchon, voire Hidalgo?) sa future rentrée en politique “par la grande porte”.

L’ex-pourfendeur de la Chiraquie n’a pas son égal en effet pour “sentir le vent”. Alors que la France s’enfonce dans la phase finale de sa désindustrialisation/privatisation/décomposition maastrichtienne, alors que l’UE a fait la preuve éclatante de son incapacité à “protéger” notre peuple contre le désastre sanitaire, que la Macronie est à la ramasse  et qu’Édouard Philippe lui-même met en garde le gouvernement contre l’ “explosion sociale” qui vient, un “créneau” politique peut en effet s’ouvrir à un cascadeur social-démocrate recyclé dans le sacro-saint “entreprenariat” pour peu qu’il feigne de critiquer “le système” sur des bases patriotiques… tout en donnant les gages indispensables à l’eurocratie hexagonale et mondiale. Or, à vue de marinière, M. Montebourg répond assez bruyamment à la “commande du marché”… 

“Je suis oiseau, voyez mes ailes!”, peut en effet parader Montebourg en rappelant qu’il a jadis critiqué “de gauche” Ayrault et Valls et qu’il s’est fait le chantre du “made in France” au moment où Hollande laissait Mittal détruire les derniers joyaux de la sidérurgie française. 

“Je suis souris, vivent les rats!”, peut-il corriger aussitôt en rappelant discrètement qu’il appartient au monde patronal, qu’il n’a jamais ne serait-ce que frayé avec la classe laborieuse, qu’il a voté Oui à et que même lorsqu’il a fait mine de défendre (avec des résultats nuls) le “produire en France”, il l’a toujours fait en piétinant copieusement la langue française sous l’étendard globishisant du “made in France”.

Tel la chauve-souris de La Fontaine qui exhibait ses ailes pour parler aux oiseaux (en l’occurrence, au prolétariat), mais qui montrait ses dents pour séduire les rats (ici, les capitalistes), Montebourg est idéalement placé pour séduire deux publics à la fois. Sauf que, rappelons-le, la chauve-souris n’est qu’en apparence oiseau ET mammifère carnivore. En réalité, ce mammifère carnivore pur jus dévore à belles dents les insectes qui croisent à portée de son sonar.

parisot-besoin d'aire
besoin d’Aire, le programme d’euro destruction de la France du MEDEF

Il en va de même pour Montebourg : à supposer qu’il vînt à gouverner, pourrait-il servir à la fois deux maîtres, le MEDEF qui a “besoin d’aire” et qui détricote l’Hexagone pour mener sa traque planétaire du tout-profit, ET le monde du travail qui veut “produire en France”, jouir de services publics gratuits et de qualité, défendre ses retraites et sa Sécu, et qui, tant qu’à faire, aimerait continuer, encore un peu s’il vous plait, à parler français en France ?

La réponse est évidente : comme tout autre candidat qui se refuse par avance à sortir de l’euro et de l’UE, sans parler de sortir de l’OTAN et du capitalisme, Montebourg installé à l’Elysée ne pourrait ni nationaliser, ni planifier la reconstruction industrielle du pays, ni stopper (à supposer qu’il le veuille) le tout-anglais dévastateur de cultures nationales, ni, a fortiori, relever les services publics et la protection sociale à la française : tout cela est en effet IMPOSSIBLE dans le cadre de l’ “économie de marché ouverte sur le monde où la concurrence est libre et non faussée” qui définit l’UE depuis le Traité de Maastricht. Car dans une telle UE, on peut toujours gémir sur les euro-privatisations, les euro-fusions et les euro-délocalisations, on ne saurait les empêcher quand les grands actionnaires prédateurs constatent que leurs profits seraient plus élevés s’ils allaient prélever ailleurs la plus-value capitaliste : peu importe à ces vampires si, ce faisant, ils saignent des territoires entiers puisque l’ “État” et les municipalités, c’est-à-dire les contribuables, paieront en définitive la casse sociale et environnementale!

C’est pourquoi nous, militants franchement communistes et 100% insoumis à l’UE du capital, travaillons avec notre camarade Fadi Kassem, porte-parole du PRCF dans la pré-campagne présidentielle déjà lancée de divers côtés, à l’émergence d’une véritable Gauche patriotique et populaire qui mettra le monde du travail au centre du changement de société et qui, pour ce faire, sortira la France de l’euro, de l’UE, de l’OTAN et du capitalisme qui détruisent notre pays. 

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