Modell Deutschland? Das Auto! #Volkswagen #Allemagne #Europe #dasauto

csm_Greenpeace_campagne_VW_Das_Problem-__Christophe_Hebting__Greenpeace_1886421670« Das Auto !* » a du plomb dans le logiciel et la tricherie de Volkswagen entraîne dans sa décote, pas seulement boursière, les idolâtres hexagonaux de « l’Allemagne honneur de l’Europe », comme le disait récemment sur France-Inter ce plaisantin de Guetta

Il en va de même du contre-modèle social allemand, dans lequel le patronat et les syndicats de collaboration de classe co-organisent des colloques sur le thème éminemment progressiste : « comment travailler après 70 ans ? » (et après la mort, ils y ont pensé aussi, j’espère ?).

Quant à l’hospitalière Mère(kel) Thérésa de Berlin, ne faut-il pas admirer son art consommé de jouer au yoyo avec ses vassaux européens sur le thème des «  » : un jour, c’est « je prends tout le monde ! » ; le lendemain ça devient « mais gardez-les donc chez vous, on vous sifflera quand on aura une tension sur les salaires ! » ; le jour suivant, c’est à nouveau : « libre circulation des hommes, des capitaux et des idées » ; le surlendemain cela redevient : « oui, mais pour l’instant on stocke dans les petits pays périphériques (et de préférence dans le VVF grec !) ». Bref, petits satellites de l’Hinterland, obéissez, et au sifflet de préférence. Il n’y a guère qu’à l’égard de la Grèce que le discours de Schaüble ne varie pas : « fainéants de Grecs, vendez-nous vos îles pour 1 € symbolique comme nous avons fait avec les usines de RDA, SCHULD, dette, culpabilité sans fin ! » : en un mot, Griechenland unter alles** !

Le plus triste est de voir nos « bons Français » de l’UMP et du PS, du Figaro et de Libé, transis d’admiration devant Sainte Angela qui a si bien su, avec l’aide du SPD, écrabouiller feu le « modèle rhénan ». Il est vrai que ce dernier n’avait de sens qu’aussi longtemps qu’il existait une RDA à concurrencer idéologiquement…

Il est vrai aussi que notre oligarchie sark-hollandienne germanolâtre a de qui tenir : des émigrés nobles de Koblenz combattant la Révolution française dans les rangs autrichiens à Pierre Laval « souhaitant la victoire de l’Allemagne » en passant par Thiers suppliant Bismarck de libérer les Français faits prisonniers à Sedan pour écraser la Commune, cela fait plusieurs siècles que « nos » privilégiés préfèrent aux fils des Sans Culottes la domination musclée de l’élite voisine…

Quant à nous, ce n’est pas cette Allemagne-là que nous révérons. C’est l’autre. Nous lui préférons Beethoven qui, très politiquement, soutenait la France révolutionnaire contre l’Empire germanique mais qui n’en apporta pas moins son appui au peuple allemand quand il se dressa contre l’impérialisme napoléonien. Nous lui préférons Marx et Engels appelant le prolétariat mondial à s’unir. Nous révérons Wilhelm Liebknecht qui refusa de voter les crédits de la guerre de 1870 ou son fils Karl qui affronta un autre Kaiser sur le même sujet en 1914. Et nous honorons la langue allemande, que Vallaud-Belkacem chasse de nos collèges au profit du tout-anglais, comme nous honorons la première expérience de construction du socialisme sur le sol allemand qui, malgré ses défauts et dans les conditions d’une guerre froide incessante, montra ce que le socialisme pouvait faire en matière d’éducation, d’extirpation du fascisme, de protection sociale, voire d’innovation industrielle…

A chacun sa France : d’un côté ceux qui veulent en finir avec leur nation, avec sa langue et ses conquêtes sociales pour permettre à leur caste égoïste de seconder l’Axe impérial germano-yankee ; de l’autre les travailleurs, les paysans, les enseignants, les scientifiques de France, bref tous ceux qui, par leur travail, continuent la nation dans des conditions de plus en plus acrobatiques.

A chacun son Allemagne : vous, MM. les privilégiés et autres journaleux conformistes, vous badez cette « République de Berlin » qui met au pas la Grèce, l’Europe, les travailleurs allemands ; nous, c’est l’Allemagne ouvrière qui se bat dans les usines, dans la Deutsche Bahn***, etc. et qui porte en réserve l’énorme puissance latente du prolétariat allemand qui fit la révolution de 1918 et « Spartakus ».

Mais qu’au moins les patrons menteurs et pollueurs de et de Porsche n’aient plus le front de donner au monde des leçons d’écologie tout en déclarant sans rire que « ces salauds de Grecs ont triché ».

par Floreal pour www.initiative-communiste.fr site web du PRCF

*Pub en allemand pour Volkswagen « l’Automobile ». au moins eux ne font pas leur pub en anglais contrairement à Peugeot et Renault !

**La Grèce au-dessous de tout (à l’inverse de l’hymne pangermaniste « Deutschland über alles », l’Allemagne par-dessus tout !

***Les cheminots allemands ont mené de remarquables grèves dures malgré les quasi-appels au lynchage de la grande presse ultraréactionnaire.