L’écriture de l’Histoire toujours sous influence : 3 articles de recherche documentent l’action de l’Union Européenne.

En 2017 comme auparavant, le politiste Antonin Cohen ne prononce pas le terme de CIA . Certes, mais observons qu’il ose montrer en Gérard Bossuat, cf. https://lcp.fr/programmes/debatdoc/plan-marshall-jackpot-pour-les-etats-unis-15442, un obligé de Washington « héritier » de Monnet et Duroselle, « Le “père de l’Europe” », 2007, p. 28). Surtout, si « intégré » qu’il soit, c’est un remarquable historien ‑‑  la chose est rare ‑‑, travaillant sur les sources, analyste sérieux de la chape de plomb « américano-européenne » établie depuis le début de la décennie 1950 sur la sphère d’influence américaine de fait et à terme (voir le forcing est-européen depuis les années 1960, p. 90). Le « grand » Gerbet, pape de l’histoire européenne et bréviaire de la question de concours en 2007-2009, apparaît ici (en 2017) sous son médiocre vrai jour (p. 88-89). Celui d’une autre politiste, Morgane le Boulay, est également intéressant sur « l’autonomie » du « Groupement de liaison » des historiens de l’Europe.
On lira donc avec un grand intérêt les trois articles, ci-joints, en ne ratant surtout pas les notes infra-paginales.

Bref, sur le plan scientifique, cette « histoire de l’Europe », strictement sous influence, est à mettre au panier… En complément du livre de 2019 de Villiers, J’ai tiré sur le fil du mensonge […], que j’ai commenté en 2019 (« L’académisme contre l’Histoire », paru du 18 au 23 mai 2019, Les Crises.fr,

ALR


Antonin Cohen, « La structuration atlantique des European Studies », RFSP, vol. 67, nº 1, 2017, p. 69-96 Cohen, Monnet, ARSS, 2007 Morgane Le Boulay, « Le “Groupe de Liaison” des historiens auprès de la Commission européenne », Politix, n° 89, 20101, p. 103-124