
Bruxelles dicte. Paris exécute. Le peuple français, lui, est sommé de se taire. C’est le constat implacable qui s’impose à la lecture des recommandations de la Commission européenne publiées en juin 2026 pour notre pays. Ces documents, relayés et décryptés avec précision par le compte du journaliste Camille Adam @aunom2leurope sur X – qui établie par ailleurs un travail d’enquête précieux sur le site d’information Elucid, révèlent une réalité crue : la politique économique, sociale et même militaire de la France n’est plus décidée à l’Élysée ou à l’Assemblée nationale. Elle est conçue à Bruxelles, dans les couloirs de la Commission et du Conseil, au service d’un agenda austéritaire et libéral qui bénéficie aux grandes fortunes et aux multinationales.
Depuis l’été 2024, la France est placée sous procédure de déficit excessif. Elle se trouve donc sous « tutelle » des institutions européennes. Les fameuses « recommandations » du semestre européen, top souvent présentées comme de simples conseils et comme l’émanation de chaque gouvernement, deviennent contraignantes. Refuser de les appliquer expose le pays à des sanctions financières et au gel de fonds européens. Le prochain gouvernement, quel qu’il soit, héritera d’un programme électoral juridiquement contraignant imposé de l’extérieur. C’est une forme moderne de mandat impératif, interdit par l’article 27 de notre Constitution, mais imposé par les traités européens. C’est un point factuel expliquant les 20 dernières années de politique suivit par la France, par son budget quelque soit l’alternance entre les différentes sections du parti maastrichien unique qui rassemble du PS à EELV en passant par le bloc macroniste et les LR et jusqu’au RN de Le Pen et Bardella. Un RN qui n’a eu de cesse ces dernières années que d’afficher de manière de plus en plus ouverte qu’il est contre la sortie de l’UE et de l’Euro. Rappelons que c’est son abstention à l’assemblée nationale – à la différence du vote contre des communistes – qui avaient permis l’entrée de la France dans l’Acte Unique, c’est à dire dans la monnaie unique et la fin de la souveraineté de la France.
Le semestre européen : une machine à austérité rodée depuis 2011
Tout commence en 2011 avec le « six-pack ». Sans consultation large du Parlement français ni contrôle constitutionnel approfondi, la souveraineté économique de la France a été transférée à la technocratie bruxelloise. Chaque printemps, la Commission adresse aux États ses « recommandations par pays ». Officiellement, ce sont des avis. En réalité, pour les pays en déficit excessif comme la France depuis juillet 2024, ils dictent la feuille de route budgétaire et structurelle. Les posts de @aunom2leurope le démontrent avec des captures d’écran et des analyses précises : la Commission exige une quasi-stagnation des dépenses publiques jusqu’en 2031 au moins, malgré le vieillissement de la population, les besoins en investissements (IA, résilience climatique, infrastructures).
Deux postes sont exonérés : les contributions au budget européen et les dépenses de défense. Tout le reste doit être comprimé. Les niches fiscales et sociales doivent être rabotées. Côté recettes, silence sur la lutte contre l’optimisation fiscale des multinationales, mais appel clair à augmenter la TVA.Ces injonctions ne sortent pas du chapeau. Elles s’alignent parfaitement sur l’agenda du patronat européen, via BusinessEurope, comme l’ont documenté des enquêtes comme celles de Corporate Europe Observatory. Chaque année, le grand patronat publie son « baromètre des réformes ». Quelques semaines plus tard, Bruxelles envoie des recommandations quasi identiques : réduire les dépenses publiques, flexibiliser le marché du travail, reporter l’âge de la retraite, ouvrir les services à la concurrence.Sur le site initiative-communiste.fr, de nombreuses analyses convergent sur ce point : le semestre européen n’est pas un outil neutre de coordination. C’est un instrument au service de l’austérité et de la libéralisation, qui pèse directement sur le budget de la France et sur les conditions de vie des travailleurs. Les articles du site soulignent comment ces règles, renforcées par le nouveau pacte de stabilité, enferment les gouvernements dans une spirale de coupes budgétaires au détriment des services publics, de la protection sociale et de l’investissement productif.
Dérégulation, privatisations, spéculation et guerre : l’agenda complet de Bruxelles
L’austérité n’est qu’une partie du programme. La Commission exige aussi une dérégulation massive dans les services : professions réglementées (avocats, experts-comptables, architectes) ouvertes à des rachats par des entités étrangères sans lien avec la profession. PwC, EY, KPMG et Deloitte pourraient ainsi « jouer au Monopoly » avec les cabinets français. La France doit cesser de rendre obligatoire certains labels comme le Nutriscore et abolir le volet extraterritorial de la loi Egalim.Plus grave encore : Bruxelles pousse les Français à désinvestir leurs assurances-vie et Livret A – qui financent une part importante de la dette publique française – au profit d’investissements en actions, plus risqués.
C’est l’agenda de « l’union des marchés de capitaux » et de l’« union de l’épargne ». Un choix idéologique clair : fragiliser le financement public au profit de la finance privée. Enfin, les dépenses de défense sont sanctuarisées et même encouragées.
Dans un contexte de confrontation avec la Russie sur le front de l’Est, où l’OTAN joue un rôle central, la Commission impose elle aussi l’augmentation des budgets militaires. Elle dépense en dehors de tout contrôle démocratique des centaines de milliards d’euros pour poursuivre et amplifier la guerre en Ukraine. Pendant ce temps, alors que l’argent coule à flot pour la guerre et le régime Zelenski, c’est l’austérité pour les hôpitaux, les écoles et les retraites ; des milliards pour les armes et l’alignement atlantiste. Ce n’est pas de la coordination économique. C’est une dépossession démocratique organisée de façon superstructurelle. Les parlements nationaux sont court-circuités. Les citoyens ne votent plus pour un programme : ils élisent des gestionnaires qui appliqueront le cahier des charges bruxellois, sous peine de sanctions. Ces gestionnaires qui pour faire illusions n’ont de cesse que de répandre des polémiques dangereuses et stériles pour diffuser les idéologies racistes, stigmatiser les travailleurs victimes de l’exploitation et se retrouvant du fait même des politiques européens dans la misère, la précarité et le chômage, et ainsi dresser les français les uns contre les autres.
Pour augmenter tant et plus le budget de la guerre, la solution exigée par Bruxelles est simple taxer les plus pauvres en augmentant la TVA, ce qui préserve d’ailleurs les plus riches de payer leur guerre impérialiste.
Le gouvernement Lecornu-Macron : simple exécutant sous l’égide de la commission européenne et de la BCE des ordres des milliardaires
Emmanuel Macron et son Premier ministre Sébastien Lecornu ne font qu’appliquer ces directives. La trajectoire budgétaire validée par Bruxelles jusqu’en 2031, avec un déficit ramené progressivement sous 3 % du PIB, est le fruit direct de ces recommandations. Les coupes dans les dépenses publiques, les hausses de TVA envisagées, la pression sur les niches sociales : tout cela répond aux injonctions de la Commission.
Derrière ce masque technique se cache l’agenda des milliardaires et du grand capital. L’austérité protège les intérêts des créanciers et des multinationales. La dérégulation ouvre de nouveaux marchés aux géants du conseil et de la finance. Les dépenses militaires servent les complexes militaro-industriels et l’alignement sur les stratégies atlantistes. La France des travailleurs, elle, paie l’addition : services publics dégradés, pouvoir d’achat érodé, précarité accrue.
Le RN, fausse opposition : Bardella refuse explicitement la sortie de l’UE et de l’euro
Face à cette dépossession, une opposition crédible devrait proposer de rompre avec ce carcan. Or, le Rassemblement national, qui se présente comme la principale force d’opposition, a déjà rendu les armes sur l’essentiel. Jordan Bardella l’a répété à de multiples reprises : « Nous ne souhaitons pas que la France sorte de l’Union européenne. Nous souhaitons tout changer sans rien détruire. »Dans une interview à Politico, Bardella a insisté : « We do not wish to leave the European Union. We wish to change everything without destroying anything. » Il propose de réduire de moitié la contribution nette de la France au budget européen, de renégocier certains aspects, mais reste fermement opposé au Frexit. Sur BFMTV et d’autres médias, il a martelé qu’il n’était « pas pour la sortie de la France de l’Union européenne », mais pour que la France « défende ses intérêts » de l’intérieur.
Concernant l’euro, le RN a abandonné depuis longtemps toute perspective de sortie. Bardella et Marine Le Pen ont explicitement renoncé au Frexit monétaire, arguant que cela créerait trop de chaos. Le parti prône une « alliance européenne des nations » ou une réforme des traités, mais refuse catégoriquement de quitter l’UE et la zone euro. C’est une position de soumission déguisée en rébellion : rester dans le système tout en promettant des aménagements mineurs qui ne changeront rien à la logique austéritaire et supranationale.
Le RN peut critiquer Macron sur l’immigration ou la sécurité. Autant de points oùs ils votent déjà ensemble au parlement dans une escalade permanente vers la fascisation. Mais sur l’essentiel pour la classe capitaliste – la souveraineté budgétaire, monétaire et économique – il s’aligne avec le camp européiste. Il refuse et combat la seule rupture capable de rendre au peuple français le pouvoir de décider de son avenir. Le RN n’est pour la France, et encore plus la France des travailleurs qu’une énorme partie du problème !
Pour une véritable alternative : la sortie de l’UE et de l’euro, impératif central de 2027

Pour quiconque veut réellement changer la politique en France – qu’il s’agisse de justice sociale, de démocratie, de transition climatique ou, plus urgent encore, de désengagement de la marche à la guerre mondiale – la sortie de l’Union européenne et de l’euro n’est pas une option parmi d’autres. C’est un impératif central.Rester dans l’UE, c’est accepter que Bruxelles continue de dicter l’austérité, la dérégulation et l’augmentation des dépenses militaires au service de l’OTAN face à la Russie sur le front de l’Est. C’est renoncer à une politique monétaire souveraine capable de financer les investissements publics massifs dont le pays a besoin. C’est condamner les futures majorités, de gauche comme de droite, à appliquer les mêmes recettes néolibérales sous peine de sanctions.La sortie organisée de l’UE et de l’euro permettrait de retrouver la maîtrise de notre budget, de notre monnaie, de nos frontières économiques et de notre politique étrangère. Elle ouvrirait la voie à une réindustrialisation, à une protection sociale renforcée, à une transition écologique réelle (et non punitive), et à une diplomatie de paix, loin des logiques de confrontation atlantiste.Les militants communistes, avec le Pôle de Renaissance Communiste en France (PRCF), sont d’ores et déjà engagés dans cette bataille. Un livre programmatique a été élaboré et est disponible à la vente. Un argumentaire complet est prêt, non pas pour organiser une course de petits chevaux électoraux entre des personnalités condamnées à appliquer la même politique décidée à Bruxelles, mais pour permettre à la France des travailleurs de décider elle-même de la politique juste pour un avenir de paix et de progrès social.
En 2027, les candidats qui refuseront de placer la sortie de l’UE et de l’euro au cœur de leur projet se condamneront à gérer l’austérité et la soumission. Seule une rupture franche avec ce système supranational permettra de rendre le pouvoir au peuple français. C’est le sens de la campagne que portent les communistes du PRCF : pour une France souveraine, sociale, pacifique et démocratique. Un investissement militant constructif, qui n’est en rien tourné contre la campagne de terrain des militants de la France Insoumise pour défendre une perspective sociale, antifasciste et de rupture avec la politique du pire menée en conjonction par l’infernal duo Macron Le Pen, mais pour apporter dans le débat publique de l’élection présidentielle les vraies questions, et avec elles les justes réponses. En 2005, les français avaient déjà répondu de façon nette à cette question. Ce sont ces mêmes millions d’électeurs qui pourront changer le cours de l’élection présidentielle 2027 pour peux que l’on s’adressent à eux avec les bonnes propositions.
JBC pour www.initiative-communiste.fr
sources : https://reforms-investments.ec.europa.eu/document/download/d0469a72-001f-4c82-830b-e964d859e1f7_fr?filename=COM_2026_210_1_FR_ACT_part1_v2.pdf

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