Fascisation : Italie aujourd’hui… France demain ?

L’ a voté il y a quelques semaines. Les deux partis vainqueurs et tous deux d’extrême-droite se sont coalisés pour établir un programme commun et ont proposé au président Sergio Mattarella un premier ministre Giuseppe Conte qui vient d’être validé par le président de la République italienne.
Le Mouvement des 5 étoiles ( en italien) au-delà d’un verbiage démagogique utilisant les thèmes à la mode est un parti néo-libéral. Il préconise « la réduction de la dette publique à travers de fortes baisses des dépenses de l’État avec la lutte contre le gaspillage et le recours aux nouvelles technologies pour consentir au citoyen l’accès aux informations et aux services sans avoir besoin d’intermédiaires ». Bref du Macron pur sucre. Et comme lui le M5S  a des considérations vaseuses sur le ni gauche, ni droite et un discours anti-partis politiques. Bref la même soupe indigente que l’on fait avaler à tous les citoyens écœurés par les politiques de régressions sociales et de destruction des souverainetés populaires par les gouvernements se prétendant de gauche et de droite et sous la férule de l’UE du grand capital. Le dernier en date étant Renzi un social-démocrate ultra-libéral, viré par le peuple italien. Résultat : le M5S obtiendra 32% des voix.

Sur l’UE, les chiens de garde du Monde ou de France inter (et tous les autres !) font semblant de s’inquiéter des terribles eurosceptiques que seraient les chefs du M5S. Évidemment personne ne peut être dupe de cette comédie. Oubliant de regarder les faits : le 9 janvier 2017, Beppe Grillo, fondateur du M5S, propose de rejoindre l’ Alliance des démocrates et des libéraux pour l’ Europe (ADLE), un groupe parlementaire centriste, libéral et fédéraliste ! Cela ne se fait pas mais du fait du groupe ADLE. En fait, comme le FN, le M5S a fait semblant d’être contre l’UE constatant le profond rejet de celle-ci par les masses populaires et a proposé même un référendum sur la sortie de l’Italie de l’euro qu’il s’est dépêché de jeter aux orties en approchant du gouvernement.

Enfin comment s’étonner de l’ alliance avec la Ligue quand on se souvient que Roberta Lombardi  à la tête du groupe parlementaire M5S à la Chambre des députés a avoué une admiration pour le italien notamment sur son « sens très élevé de l’État et de la protection de la famille ».

Quant à la Ligue c’est le parti héritier du fascisme italien. Issue de la séparatiste, la Ligue est désormais dirigée par Matteo Salvani qui a transformé le parti régionaliste et séparatiste LN en un parti national la (en italien). Il faut dire qu’en juillet 2017, plusieurs responsables de la , dont son président Umberto Bossi et son trésorier ont été condamnés à diverses peines de prison pour détournement de fonds publics. Près d’un million d’euros de subventions publiques à la avait été détourné entre 2009 et 2011 par ses dirigeants pour des dépenses personnelles.

Toujours est-il que sur la vague du rejet des partis institutionnels la Ligue réalise le meilleur  score de son histoire avec 18% des voix. Salvani parvient à rassembler toute le droite fasciste avec un discours anti-migrants violent et menaçant, promettant d’utiliser la “manière forte” et de chasser 500.000 migrants d’ Italie. Souhaitant s’allier à la droite de Berlusconi, Salvini finit par faire affaire avec Luigi Di Maio, chef du M5S.
Les deux partis d’extrême-droite qui ne sont absolument pas “anti-système” comme le prétendent avec une touchante mais suspecte unanimité nos médias puisqu’ils sont tous les deux des défenseurs acharnés du système capitaliste, avaient en fait tout pour s’entendre: racistes, démagogues, ultra-capitalistes.
L’UE pour permettre à ce gouvernement fascisant de conserver sa base de masse joue à l’effarouchée. Il faut que l’illusion dure le plus longtemps….
En revanche ce qui est le plus inquiétant c’est de voir ces descendants de Mussolini au pouvoir et un Salvani, qui est un fasciste pur jus, ministre de l’intérieur et donc contrôlant la police.

Une vraie menace dans un pays où le Parti Communiste a totalement et tragiquement sombré et où malgré les efforts remarquables des communistes, comme nos camarades du Fronte Popolare, la masse critique permettant la renaissance du Parti n’est pas encore réunie.
Espérons que les récents développement politiques accéléreront la  coagulation des forces révolutionnaires et patriotes pour faire face à la menace fascisante.
Notre solidarité leur est acquise et nous mènerons la lutte ensemble.
D’autant que le fiasco prévisible de Macron, le Renzi français, ouvre les portes du pouvoir aux fascistes.

Par Antoine Manessis, secrétaire de la Commission internationale.


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