Espagne : Réflexions sur la République des travailleurs

Traduction de l’espagnol : Rose-Marie Serrano

Le 6 avril 2018

La Seconde République espagnole de 1931 représenta une modernisation complète de tout le système politique, économique et social de l’ séculairement arriérée. Mais il convient de se demander : pourquoi la République introduisit-elle les transformations politiques et sociales qui figurent dans la Constitution de 1931 ? Pourquoi la renversa-t-on ? Pourquoi actuellement, plus de 80 ans après, la Seconde République est-elle toujours ignorée, voire même calomniée ? La réponse réside dans son énoncé lui-même : « L’ est une République démocratique de travailleurs de toutes sortes et elle s’organise en un régime de LIBERTÉ et de JUSTICE » (Titre préliminaire. Dispositions générales, article 1). De la définition de « République Démocratique de travailleurs de toute sorte » dérive la justice qui concèderait aux travailleurs leurs droits jamais respectés et la dignité perdue, puisqu’aucun voleur n’aime être dépouillé de son butin, ce qui explique que le capitalisme national et international mit en marche toute sa machinerie d’exploitation pour éradiquer, non seulement son implantation, mais jusqu’à son exemple lui-même.

Une future République de travailleurs exigerait d’abord l’abolition de toutes les lois répressives du franquisme, postérieurement ratifiées de facto par la Constitution de 1978, de l’implantation d’une Monarchie désignée par le Dictateur, la promulgation d’une amnistie, préalable à  la Constitution, destinée à exempter de la justice les assassins franquistes, la non-réhabilitation des tribunaux par les Tribunaux Militaires illégaux, l’impunité des crimes physiques, économiques et sociaux des putschistes, devenus des « démocrates de toujours » et le maintien au pouvoir d’une minorité, pouvoir usurpé, mais pouvoir qui agit contre une majorité exploitée au moyen de lois antisociales, une éducation  discriminatoire contrôlée  par l’Église catholique ainsi que par les moyens de communication soumis aux pouvoirs des entreprises et politiques qui, par occultation et déformation, discréditent l’idée même de la République. Matériellement, l’élite économique fait étalage de la propriété de tous les moyens de production, du contrôle financier, du contrôle des moyens de communication  grâce à une législation qui entérine comme légaux ses intérêts.

C’est pourquoi une République de travailleurs exige une transformation complète du système capitaliste en vigueur. Mais la situation historique actuelle avec l’appartenance de l’Espagne à la Communauté européenne et à l’OTAN rend infaisable la transformation politique et économique qui exigerait de mettre en œuvre les mesures que prétendait implanter la IIème République et qui donc, de l’intérieur et internationalement avortèrent de manière sanglante.

Comment peut-on constituer une République de travailleurs sans éliminer la propriété privée des moyens de production, sans la nationalisation de la banque, sans la sortie de l’OTAN, comme base du reste de transformations qui en dérivent, dans laquelle les travailleurs occupent une place à tous les niveaux de la société sans discrimination de classe ? Étant donné que parvenir dans l’immédiat ou à très court terme à cette fin est impossible dans la situation actuelle de domination capitaliste internationale, il semble que le plus efficace est de créer d’abord une authentique conscience sociale et de classe dans la classe ouvrière qui exige la récupération de tous les droits du travail et sociaux dont ils ont été spoliés et de créer ensuite les conditions sociales vers la justice et l’égalité. Ce premier pas est indispensable pour parvenir à une rapide cure d’urgence sociale, pour sauver la situation de précarité d’un grand secteur de la société et poursuivre vers une transformation révolutionnaire catégorique, vers le but d’une République,  mais ce n’est pas impossible.

Ce mouvement de libération devra être comme il est en train de se réaliser actuellement : il devra être l’œuvre des masses populaires sans laisser en aucun cas un rôle  primordial à des partis politiques et à des syndicats qui ont déjà donné des preuves de leur démagogie et appui aux gouvernements sociaux-démocrates et néolibéraux. La République de travailleurs sera l’œuvre d’un peuple  conscient ou ne sera pas.

Un peuple conscient  de ce qu’enseigne l’histoire  de l’Espagne et de l’URSS ne doit plus espérer que les capitalistes acceptent la démocratie et la République. Le capitalisme est devenu un régime impérialiste de plus en plus réactionnaire. Pour cette raison, la classe ouvrière est l’unique  bastion sûr pour les masses populaires.  Les secteurs les plus cultivés parmi les opprimés doivent cesser de se soumettre à la propagande anticommuniste et prêter l’aide nécessaire à la population ouvrière pour qu’elle récupère sa conscience et son organisation de classe. Le mouvement du prolétariat vers le socialisme contribuera décisivement à faire de l’Espagne une République  démocratique.


Reflexiones sobre la República de los trabajadores

6 abril, 2018

La II República Española de1931 representó una modernización completa de todo el sistema político, económico y social de la secularmente atrasada España. Pero cabe preguntarse ¿Por qué la República introdujo las transformaciones políticas y sociales que figuran en la constitución de 1931?, ¿Por qué la derrocaron?, ¿Por qué, actualmente, más de 80 años después, la II República sigue ignorada, cuando no denostada? La respuesta reside en su mismo enunciado: “España es una República democrática de trabajadores de toda clase y se organiza en régimen de LIBERTAD y de JUSTICIA” (título preliminar. Disposiciones generales, articulo I). De la definición de “República Democrática de trabajadores de toda clase” se deriva la justicia que otorgaría a los trabajadores, sus derechos nunca respetados y la dignidad perdida, puesto que a ningún ladrón le gusta que le arrebaten el botín, lo que explica que el capitalismo nacional e internacional pusiese en marcha toda su maquinaria explotadora para erradicar, no solo su implantación, sino hasta su mismo ejemplo.

Una futura República de trabajadores exigiría primeramente la abolición de todas las leyes represivas del franquismo, posteriormente sancionadas de facto por la Constitución del 1978, desde la implantación de una Monarquía designada por el Dictador, la promulgación de una amnistía, previa a la Constitución, para librar de la justicia a los asesinos franquistas, la no rehabilitación de los juzgados por los ilegales Tribunales Militares, la impunidad de los crímenes físicos, económicos y sociales de los golpistas, convertidos en  “demócratas de toda la vida”, y el mantenimiento en el poder de una minoría, poder usurpado, pero poder actuante contra una mayoría explotada mediante leyes antisociales, una educación discriminatoria controlada por la iglesia católica así como por los medios de comunicación sometidos a los poderes empresariales y políticos que, por ocultación y deformación,  desprestigian la idea misma de la República. Materialmente, la élite económica ostenta la propiedad de todos los medios de producción, el control financiero, el control de los medios de comunicación mediante una legislación que sanciona como legales sus intereses.

Por tanto, una República de trabajadores exige una transformación completa del sistema capitalista vigente. Pero la situación histórica actual con la pertenencia de España a la Comunidad Europea y a la OTAN hace inviable la transformación política y económica que exigiría poner en práctica las medidas, que pretendía implantar la II República y que por tanto, desde dentro e internacionalmente, abortaron de forma sangrienta.

¿Cómo puede constituirse una República de trabajadores sin eliminar la propiedad privada de los medios de producción, sin la nacionalización de la BANCA, sin la salida de la OTAN, como base del resto de transformaciones que de ellas se derivan, en la que los trabajadores ocupen un lugar en todos los estamentos de la sociedad sin discriminación de clase?  Dado que la consecución inmediata o a muy corto plazo de esto resulta imposible en la actual situación de dominio capitalista internacional, parece lo más operativo crear primeramente una autentica conciencia social y de clase en la  clase obrera que exija la recuperación de todos los derechos laborales y sociales que les han sido arrebatados y posteriormente las condiciones sociales hacia la justicia y la igualdad. Este primer paso es indispensable para conseguir una rápida cura de urgencia social, para salvar la situación de precariedad  de un gran sector de la sociedad y proseguir hacia una transformación revolucionaria contundente, hacia la meta de una República, pero no imposible.

Este movimiento de liberación habrá de ser, como se está realizando en la actualidad: tendrá que ser obra de las masas populares sin dejar en ningún caso, el protagonismo a partidos políticos y sindicatos que ya han dado pruebas de su demagogia y apoyo a los gobiernos socialdemócratas y neoliberales. La República de trabajadores será obra del pueblo concienciado o no será.

Un pueblo consciente de lo que enseña la historia de España y de la URSS no debe esperar más que los capitalistas consientan la democracia y la república. El capitalismo se ha vuelto un régimen imperialista cada vez más reaccionario. Por esta razón, la clase obrera es el único baluarte seguro para las masas populares. Los sectores más cultos de entre los oprimidos deben dejar de someterse a la propaganda anticomunista y prestar la ayuda necesaria a la población obrera para que recupere su conciencia y su organización de clase. El movimiento del proletariado hacia el socialismo contribuirá decisivamente a hacer de España una República democrática.

Commentaire de lecteur “Espagne : Réflexions sur la République des travailleurs

  1. Jean-Pierre Combe
    27 avril 2018 at 20:34

    J’aimerais savoir ce qu’est le drapeau présenté en tête de l’article ci-dessus!