Après le Brexit, mais pourquoi l’anglais reste-t-il la langue unique de l’Union Européenne ?

Avec le , le Royaume-Uni ne fait plus partie de l’. De fait, l’anglais ne compte donc plus parmi les langues officielles pour 25 des 27 pays membres. L’anglais n’est déclaré comme langue officielle que par Malte et l’Irlande, pays dont elle n’est d’ailleurs pas la langue officielle principale puisque Dublin a déclaré le gaélique et Malte le Maltais. Dans ces conditions il apparaît tout à fait étrange que l’anglais demeure la langue officielle de l’UE et sa langue quasi exclusive de travail au côté du français et de l’allemand.
Rappelons que si l’allemand est la première langue au sein de l’UE (95 millions de personnes), le français est la langue la plus parlée et connue au sein de l’Union européenne avec 130 millions de locuteurs. Pourtant l’anglais est la désormais la langue unique effective de la plupart des institutions politiques exécutives européennes.

Si la Cour Européenne de Justice rend ses avis exclusivement en français, la Commission Européenne, elle, ne travaille quasi exclusivement qu’en anglais. Il suffit de se rendre sur son site internet pour observer l’absence quasi systématique dans les deux autres langues de travail de l’UE (le français et l’allemand). La Banque Centrale Européenne elle n’a qu’une seule langue : l’anglais !

Face à ce paradoxe, la très anglophile secrétaire de l’Organisation Internationale de la Francophonie, Louise Mushikiwabo s’est donc sentie obligée, à raison, de poser dans une récente tribune, cette question évidente : pourquoi la primauté de l’anglais devrait-elle perdurer au sein de l’Union Européenne ?

Une question qui montre que ce sujet est un enjeu idéologique, politique et démographique, et que l’anglais imposé à tous ne l’est pas pour des raisons soi-disant pratiques, mais bien pour véhiculer la pensée des dominants capitalistes – au premier rang desquels la classe dominante de l’impérialisme américain – et imposer ainsi leur domination culturelle et politique sur des peuples vassalisés.

« Après le Brexit, la primauté de l’anglais peut-elle perdurer alors qu’il ne figure plus parmi les langues officielles de l’Union ? »

Mushikiwabo souligne que la lange anglaise contrairement à la ou allemande (ou d’autres, italien, espagnol…) est désormais une langue ultra minoritaire. Quel affront à la démocratie que ces ordres donnés en anglais par cette Commission Européenne qui littéralement ne parle pas la langue des peuples !

L’Union Européenne (UE) va-t-elle continuer à s’exprimer majoritairement en anglais après que le Royaume-Uni l’a quittée ? On le sait, plus de 90 % des documents du Conseil européen et de la Commission, ainsi que la plupart des communications orales des institutions européennes, privilégient la langue anglaise. Cette primauté peut-elle perdurer alors qu’avec le Brexit l’anglais arrive désormais en 17e position des langues maternelles les plus parlées par les citoyens de l’UE ? Cette primauté peut-elle perdurer alors que l’anglais ne figure plus parmi les langues officielles déclarées par les États membres – le Royaume-Uni étant le seul des Vingt-Huit à avoir demandé, lors de son adhésion, que celui-ci en fasse partie ?

Louise Mushikiwabo –

Mais une fois la question posée, Louise Mushikiwabo, immédiatement, en appelle à ce que l’anglais demeure la langue principale des “cénacles européens”. Fallait-il plus en attendre de cette personnalité phare d’un pays, le Rwanda, qui a procédé au remplacement du français par l’anglais?

Je ne crois pas qu’il soit possible, ni même souhaitable, que l’anglais disparaisse des cénacles européens. Cela entraînerait un immense désordre et des coûts faramineux, priverait l’Europe d’une part de son identité et réduirait gravement l’ouverture au monde de ses citoyens. Cela adresserait un signal de repli et d’antagonisme, dont nous n’avons pas besoin aujourd’hui. (…)Mais je crois nécessaire, en revanche, de procéder à un rééquilibrage entre les langues. Un rééquilibrage qui, sans exclure l’anglais, donnerait toute sa place au français, langue parlée par 130 millions d’Européens et dans laquelle se reconnaissent 19 des 27 États de l’UE, ceux qui ont adhéré à l’Organisation Internationale de la Francophonie.

Louise Mushikiwabo – OIF

L’OIF rappelle combien le français n’est pas une langue nationale mais une langue partagée par bien des peuples de par le monde. Le rétrécissement à l’anglais de l’Union Européenne n’est donc qu’une manière d’assurer la domination mondiale de l’impérialisme américain, dont l’Union Européenne est une composante essentielle.

J’y crois parce que la francophonie est un fait mondial, que l’Europe ne peut pas négliger. Les francophones sont aujourd’hui plus de 300 millions dans le monde. Ils devraient être plus de 700 millions au milieu du siècle. L’UE, qui veut être l’un des grands acteurs de la scène mondiale, doit être en mesure de leur parler.

Louise Mushikiwabo – OIF

Bien évidemment, à l’inverse de la visée impérialiste qui demeure celle de Mushikiwabo, directement désignée par Macron, c’est la défense de la , cœur de la diversité culturelle et de la créativité intellectuelle, voie essentielle de la souveraineté populaire qui est en cause lorsque le droit des peuples à décider pour eux-mêmes en s’exprimant dans leur langue est mis en cause, de façon totalitaire par l’Union Européenne du Capital.

On observera au demeurant que la tribune de l’OIF affiche son hypocrisie dès qu’il s’agit de passer à des mesures concrètes. Loin de vraies mesures fortes et efficaces, ce sont des mesurettes de pur affichage qui sont proposées.

Je propose, en conséquence, deux mesures simples (…)

exiger des fonctionnaires européens, au moment de leur recrutement, qu’ils maîtrisent, outre leur langue maternelle, deux autres langues parmi les plus utilisées de l’UE.

que l’on se mette d’accord sur un pourcentage de textes officiels qui seront rédigés dans des langues autres que la langue majoritaire, ainsi que sur la date à laquelle cet objectif devra être réalisé.

Louise Mushikiwabo – OIF

Il ne peut y avoir de démocratie si les travaux et débats sont menées en langues étrangères aux peuples : pourquoi donc ne pas proposer que 100% des textes officiels soient traduits dans toutes les langues. De fait, il apparaît ici de façon indéniable le caractère intrinsèquement anti-démocratique et totalitaire de cette Union Européenne qui impose des directives volontairement écrites dans des langues qui ne sont pas comprises par les peuples qui doivent les appliquer.

On notera enfin la condamnation par l’OIF de l’action du régime Macron, jusqu’à Macron lui-même, qui sont les premiers destructeurs de la langue française puisque ce sont les premiers à s’exprimer de façon servile et zélée, en anglais, affichant ainsi leur vassalité à l’impérialisme euro- atlantique.

J’appelle enfin les fonctionnaires et les responsables des pays de l’UE qui ont adhéré à l’Organisation Internationale de la Francophonie à s’exprimer en français dans les enceintes européennes, chaque fois qu’ils ne le font pas dans leur langue nationale.

Louise Mushikiwabo – OIF

JBC pour www.initiative-communiste.fr