Débat – Dans le contexte de la mise en place de l’autoritaire pass-sanitaire (dans une volonté de diviser les Français entre pro et « antivax ») et du peu de choix laissé aux français quant au type de vaccin (Impossibilité de se faire vacciner avec le vaccin russe, chinois ou cubain ou autre) les idées antivax primaires gagnent du terrain. Par antivax primaire j’entends ceux niant l’utilité de toute vaccination et non ceux qui se posent des questions légitimes sur les vaccins quant à l’étude des effets secondaires par exemple. La méthode adoptée par Macron pour faire vacciner la population doit être combattue, en cette période de fascisation galopante, mais il ne faut pas tomber dans le panneau d’idées libertariennes ou anti-scientifiques portées en grande partie par tout une mouvance d’extrême droite.

LE PRINCIPE DE VACCINATION

La vaccination est étroitement liée à la lutte contre la variole qui a dévasté l’humanité pendant au moins 3000 ans, faisant rien qu’au XX siècles environ 300 millions de morts !! Jusqu’à la fin du XVIII siècle la lutte contre la variole se faisait principalement par variolisation (quand ce n’était pas par séance de flagellation pour implorer le pardon de dieu ![1], ou l’utilisation d’objets de couleur rouge sensé soigner les victimes !!). C’est Edward Jenner en 1796 qui effectue la 1er vaccination, vaccination qui s’effectuait par l’injection de variole de la vache ou vaccine (d’où le nom vaccin est tiré).

Dès lors des campagnes de vaccination intensives mais non universelles (ensemble des individus) contre la variole eurent lieu dès 1801 en Suède et permirent de diminuer drastiquement la mortalité (voir graphique ci-dessous[2]). Avant la vaccination la mortalité par la variole était estimée, en suède, à 2 050 morts/millions d’habitants et en 1873 on ne comptait plus que 80 morts[3].

La vaccination fut rendue obligatoire[4] en Bavière le 26 août 1807[5] (vaccination gratuite pour les enfants avant l’âge de 3 ans avec remise d’un certificat de vaccination à soumettre pour aller à l’école, être recruté ou se marier), Suède en 1816, en Wurtemberg en 1818, Angleterre en 1853, en France en 1902 etc..

Des campagnes de revaccinations sont opérées dès 1834 dans l’armée wurtembergeoise (la vaccine étant efficace entre 10 et 15 ans). En 1875, suite à une épidémie de variole, apportée par les prisonniers français, qui tua plus de 400 000 personnes entre 1870 et 1874 le Reichstag vota une loi imposant la vaccination des enfants à la naissance et une revaccination à l’âge de 12 ans sous peine d’une amende et d’un emprisonnement pour les parents. En 1886 sur 45 millions d’habitants il n’y eu que 153 décès de la variole dans tout l’empire Allemand.

LES ANTIVAX

Les 1er antivax apparurent dès le début de la vaccination. Les mesures d’hygiène, la méthode d’inoculation ainsi que les connaissances scientifiques de l’époque n’ont surement pas aidé à son approbation !

L’antivax à tendance religieuse

Certains se sont opposés au vaccin pour des raisons religieuses, arguant que la vaccination était une tentative orgueilleuse d’échapper à la punition divine. Des arguments similaires avaient été avancé autour de la technique antérieure de variolisation. En 1721, lorsque la colonie de la baie du Massachusetts a été frappé par une grave épidémie de variole, les dirigeants puritains ont débattu avec acharnement (et ont finalement décidé en faveur de) l’admissibilité de la variole, qui, selon le prédicateur Cotton Mather, avait été mise entre les mains de l’humanité par Dieu. Un siècle plus tard, les débats théologiques sur la médecine préventive faisaient rage : « La variole est une visite de Dieu », écrit Rowley, « Mathusalem et ses contemporains antédiluviens n’ont pas été vacciné, ce qui explique pleinement leur fin si soudaine et prématurée », a noté Halket d’un ton caustique. « Le Créateur a imprimé sur l’homme l’image divine, mais Jenner a placé sur lui la marque de la bête ».

Les noms célèbrent des 1er antivax sont Benjamin Moseley ou le Dr William Rowley pour qui l’origine bovine du vaccin entrainait des effets secondaires transformant l’homme à l’état d’animal[6].

L’antivax à tendance libertaire

En Angleterre les lois de vaccination obligatoire se sont heurtées à une résistance immédiate de la part des citoyens qui réclamaient le droit de contrôler leur corps et celui de leurs enfants. Suite du Vaccination Act, des émeutes éclatèrent à Ipswivh, Henley, Mitford et plusieurs autres villes[7]. Il en a résulté la fondation de l’Anti-Vaccination League à Londres[8] par John Gibbs, un guérisseur hydropathique et militant végétarien bien connu, qui a ainsi inauguré ce qui allait devenir une lutte de plus de cinquante ans pour regagner les « libertés médicales » des parents sur leurs enfants. Dans une brochure de 1854 , il écrit :

« L’Acte de Vaccination Obligatoire, tout en déshonorant la science, envahit de la manière la plus odieuse, la plus tyrannique et, parlant comme un Britannique, sans exemple la liberté du sujet et la sainteté du foyer ; dégrade de manière indicible le Britannique né libre non seulement en le privant de la liberté de choix dans une affaire personnelle, mais même en lui refusant la possession de la raison… »

Pour Gibbs, le problème n’était pas simplement l’origine « bestiale » de la matière lymphatique, à laquelle il s’opposait en tant que végétarien, mais en particulier le fait que le milieu médical, en s’entendant ainsi avec le gouvernement, avait mis en place des mesures pour une pratique dont l’efficacité, l’innocuité et le statut scientifique n’avaient pas encore été suffisamment établis à son avis. A l’époque, la cause des maladies infectieuses était mal connue et les arguments en faveur de la vaccination étaient presque exclusivement empiriques ; c’est-à-dire basés sur des statistiques. Ce n’est qu’à la fin du siècle que la théorie dite des miasmes (maladie supposée produite par des facteurs environnementaux tels que l’eau contaminé, l’air vicié les conditions d’hygiène déplorable et non portée par les individus) à laquelle presque tous les antivax adhéraient, fût définitivement écartée par la théorie des germes. Ceci est important à garder à l’esprit car l’argument politique en faveur de la vaccination obligatoire dépend de la véracité de l’affirmation selon laquelle les individus sont le lieu de contagion.

L’antivax à tendance « naturaliste »

Une autre approche de la lutte anti vaccinal est celles d’une approche « naturaliste » (très en vogue actuellement porté par un « tout naturel » dogmatique). Elle fut portée en Suède par un pionner du végétarisme Adolf Fredrik Melander pour qui, en 1874, la variole est un processus de purification de la nature à l’encontre de personnes qui n’ont pas un mode de vie saint et naturel !!

« La cause profonde réelle et correcte de l’épidémie de variole et d’autres épidémies est donc : la transgression de certaines lois de la nature…Plus l’être humain est en bonne santé et plus son organisme est façonné par un précédent mode de vie simple et naturel, moins il est sensible aux épidémies d’infection externe »[9]

Son remède pour prévenir la variole (même si tout n’est pas à dénigrer) consiste en des

« mesures prophylactique naturels, un mode de vie saint, modéré et naturel notamment en ce qui concerne la nourriture et les boissons, la propreté et le renforcement de la peau avec du coton…qu’en plus d’une alimentation douce avec du lait et des substances végétales ainsi que de l’air pur pour respirer le soin de la peau par rapide lavage et frottement quotidien de tout le corps avec du coton frais …endurci les enfants pour qu’ils soient plus légèrement vêtus et passent la majeure partie de la journée à l’extérieur, à l’extérieur, avec suffisamment de temps pour jouer. Ainsi, les enfants endurcis et élevés sont généralement parfaitement propres et sains physiquement, et n’ont donc pas à se familiariser de plus près avec ces maladies… »

Suite aux écrits et conférences publiques de ce docteur, la phobie vaccinale augmente. Le résultat… une épidémie meurtrière de variole, avec 1191 morts, à Stockholm, en 1874, du fait d’une faible couverture vaccinale[10].

« La situation a beaucoup changé ces derniers temps, d’autant plus qu’un médecin suédois, le Dr Melander, tant par écrit que lors de conférences publiques, a cherché à faire comprendre au public que la vaccination est nocive et préjudiciable à la vie et à la santé. Dans de nombreux cas, il a été impossible de persuader la population active de faire vacciner ses enfants ou, par revaccination, de rechercher une protection contre la variole. »[11]

Un autre végétarien suédois Johan Lindström Saxon qui se battait pour un mode de vie sain (sans viande, sans alcool et sans tabac) participa aux campagnes antivax de l’époque.

« Ne vaccinez pas vos enfants et ne leur permettez pas d’être traités avec du sérum. Les deux parties ont terriblement fait mal et ne sont dignes que des pires fabricants de marionnettes du Moyen Âge »

LA VACCINATION EN URSS

Ci-dessous un petit historique, non exhaustif, de la science médicale en URSS et du rôle de la vaccination dans la préservation de la santé.

En Russie Tsariste, l’espérance de vie était d’environ 32 ans au début du XXe siècle, avec pour principale cause de mortalité[12], les infections. Des épidémies de variole, de choléra, de peste, d’infections intestinales, de typhus et de fièvre récurrente, de paludisme et d’autres maladies infectieuses éclataient régulièrement. 

A la suite de la révolution d’Octobre, les questions de santé ont été traité dès les premières années de la Russie soviétique. Le 16 juillet 1918, le Comité exécutif central panrusse approuve la composition de la direction du Commissariat du peuple à la santé nouvellement créé. Le poste de commissaire du peuple revenant à un médecin et vieux bolchevik Mr Nikolai Aleksandrovich Semashko[13] qui en fut commissaire de 1918 à 1930.

Nikolai Aleksandrovich Semashko

Semashko a proposé un nouveau système de santé révolutionnaire basé sur les principes suivants : centralisation, responsabilité de l’État, disponibilité de soins médicaux gratuits et de haute qualité, interaction étroite de la science et de la pratique médicales, attention prioritaire à l’enfance et à la maternité, unité de prévention et de traitement, élimination des fondements sociaux des maladies, participation du public aux soins de santé, promotion d’un mode de vie sain, le traitement et la réadaptation.

Pour ce qui est de la vaccination en Russie celle-ci débuta dès l’époque tsariste. Le célèbre Nikolaï Fiodorovitch Gamaleïa[14] (dont l’institut de recherche ayant produit le vaccin Sputnik V contre la Covid porte son nom) étudia auprès de Louis Pasteur. Avec son aide la 1ère station d’observation bactériologique fut créée en Russie, à Odessa, (et la deuxième au monde) en 1886 et permis de vacciner les 1eres personnes contre la rage en Russie. En 1887, des critiques conservatrices contre Louis Pasteur et ses méthodes de traitement s’intensifient – il est sévèrement entravé lors d’une réunion de l’ Académie de médecine de Paris . En conséquence, une commission spéciale a été créée en Angleterre pour tester la méthode Pasteur, dirigée par le célèbre professeur Paget . Ayant entre les mains l’expérience de la station bactériologique d’Odessa et des statistiques convaincantes de ses vaccinations réussies, Gamaleïa partit pour l’Angleterre, où il s’exprima lors d’une réunion de la commission, organisant une défense confiante des idées novatrices de Pasteur et des bactériologistes.

Au cours des cinq années suivantes, Gamaleïa, demeurant constamment entre Paris et Odessa , aida Pasteur dans la lutte contre les scientifiques réactionnaires, acquérant une expérience théorique et pratique. La pratique des vaccinations à Odessa , approfondie par les recherches scientifiques de Nikolaï Fiodorovitch Gamaleïa et de son collaborateur, le Dr Yakov Bardakh , a servi de base aux scientifiques pour confirmer pleinement les principes de la méthode Pasteur….quand on pense que la France sous le joug de Macron a refusé de produire le vaccin Sputnik V de l’institut Gamaleïa !!! Tout en sachant qu’un autre russe célèbre Ilya Ilitch Metchnikov fut vice-président de l’institut pasteur en 1904 (dont un institut pour les maladies infectieuses fondé en 1919 à Moscou porte son nom) c’est faire honte à l’histoire médicale unissant la France et la Russie.

Suite à la révolution d’Octobre, en septembre 1918, Gamaleïa fit pratiquer une vaccination générale contre la variole à Petrograd. Le 18 septembre 1918, le commissaire du peuple à la santé N. A. Semashko a adopté le « Règlement sur la vaccination contre la variole » basé sur le rapport scientifique de Gamaleïa. Le 10 avril 1919, V. I. Lénine a signé le décret[15] correspondant.

Ce fut la première campagne de vaccination « universelle » dans l’histoire de l’humanité[16]. Universelle car elle concernait l’ensemble de la population et pas seulement les enfants. Le nombre de cas de variole était estimé à 186 000 en 1919[17]. 5 ans plus tard le nombre de cas est tombé à 25 000. En 1936, l’URSS a été l’un des premiers territoires au monde à être libéré de la variole (si on exclut les cas importés comme en 1959/1960 qui ont donné lieu à des mesures sans précédent dans l’histoire avec la traque du virus et la vaccination de toute la population de Moscou, soit 9 millions de personne, en une semaine[18] ).

En 1980[19] suite à une campagne internationale de l’OMS amenée par l’URSS la terre fut totalement libérée de la variole mettant ainsi fin à l’une des maladies, multi millénaires, les plus mortelles de l’humanité !! La prédiction de Jenner formulé en 1801 se réalisant :

« L’annihilation de la variole – le plus épouvantable fléau de la race humaine – sera l’aboutissement finale de cette méthode »

Le rapport de l’OMS traitant de l’éradication de la variole est un précieux trésor et livre de nombreuses informations quant à la méthode et technique utilisée pour éradiquer la variole qui ressemble dans certains aspect (la variole n’est pas la Covid) à ce que les pays socialistes, comme la Chine et Cuba, pratiquent : vaccination massive et endiguement.

http://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/39258/a41464_fre.pdf;jsessionid=C6563982F3CEA541DD6826D8429BE3C3?sequence=1

Un autre promoteur et organisateur de la vaccination a été Lev Aleksandrovich Tarasevich, qui lui aussi étudia à l’institut pasteur entre 1900 et 1902.

« Les vaccinations sont bien sûr, un moyen ni absolu ni idéal, mais elles représentent dans les circonstances actuelles la mesure de prévention la plus fondamentale pour écarter tout un ensemble de maladies, et il faut admettre que leur réalisation doit être obligatoire. »

Cette citation est à remettre dans son contexte historique, dans la période actuelle de fascisation, de casse des hôpitaux et de volonté de division des français l’obligation vaccinale semble mal venue. Encore faut-il mettre réellement en place d’autres moyens pour éradiquer la Covid tout en permettant une certaine souplesse pour ceux qui ne souhaiteraient pas être vaccinés.

En 1918 à son initiative est créé l’Institut pour le contrôle des vaccins et des sérums[20] (ce centre a perduré sous diverses formes jusqu’en 2011[21]). En janvier 1919 l’institut est rattaché à l’institut d’état de santé publique (ГИНЗ), qui regroupe 8 instituts de recherche (l’Institut de contrôle des vaccins et des sérums, l’Institut sanitaire et hygiénique, l’Institut des maladies à protozoaires et de la chimiothérapie, de la microbiologie, etc.).

Lev Aleksandrovich Tarasevich en fut directeur de 1920 jusqu’en 1927. En 1923, L.A. Tarasevich a reçu le titre de héros du travail sur le front de la santé publique.

Institut de Recherche d’Epidémiologie et d’Hygiène de l’Armée Rouge[22]

Ce centre fut fondé en 1928 à la suite des expériences russo-japonaise de la 1ère guerre mondiale et de la soi-disant « guerre civile » faisant suite à la révolution d’octobre (celle où 14 pays envahirent la Russie soviétique). Lors de ces conflits les pertes par victimes d’épidémies arrivaient à dépasser les pertes militaires, l’armée rouge a donc décidé de mettre en place un laboratoire pour la création de vaccins et sérums pour l’armée rouge.

Ce centre a permis de vacciner plus de 8.5 millions de personnes contre la peste (la souche avait été fourni par l’institut pasteur…encore eux !!!) pendant la seconde guerre mondiale. La vaccination a été très efficace, les troupes soviétiques n’ont compté aucun pestiféré alors qu’elles ont combattu dans des foyers naturels de la peste comme en Mandchourie ou certaines villes couvertes par la peste.

Le centre a également travaillé sur un vaccin contre la fièvre charbonneuse. 9000 militaires ont été vaccinés lors de l’opération de libération de Roumanie alors qu’un nombre élevé de foyers de Bacillus anthracis avaient été détecté. Aucun soldat n’a été infecté et N.N. Ginsburg et A.L. Tamarin reçurent le prix Staline pour ce vaccin.  

Les chercheurs de ce centre M. M. Faibich et T. S. Tamarin mirent au point un vaccin contre la tularémie ( maladie infectieuse provoquée par le basille de Francis) ,16 millions de doses du vaccin furent produites entre 1944 et 1953).

En 1944 le centre a réussi à créer de façon domestique la pénicilline. Pour la petite histoire, en 1941, l’URSS a demandé un échantillon de pénicille aux alliés qui n’ont répondu que tardivement et ont exigé 30 millions de dollars aux soviétiques pour qu’ils puissent avoir droit à un échantillon. Il faut savoir que l’inventeur de la pénicilline Alexander Fleming ne l’avait pas breveté car il croyait que son invention devait appartenir à tout le monde et ne pas être source d’enrichissement !!

C’est la chercheuse Zinaida Vissarionovna Ermolieva[23] et son assistante Tamara Iosifovna Balezina qui ont réussi à la mettre au point et dès 1942 la production industrielle était lancé et a permis de sauver des centaines de milliers de vie lors de la seconde guerre mondiale.

En 1946 le centre réussi à produire le 1er vaccin soviétique contre la tuberculose (1919 en France). Il faut savoir que la tuberculose est un problème médical aigu en Russie. En 1913 le taux de mortalité par tuberculose dans la Russie tsariste était d’environ 400 : 100 000 personnes[24] et il n’y avait que 43 dispensaires antituberculeux et 18 sanatoriums dans tout l’Empire russe et moins de 1000 lits étaient destinés aux tuberculeux. Durant la 1ère guerre mondiale environ 2 000 000 de personnes sont mort de la tuberculose soit plus que le nombre de soldats russes morts au combat !

Le 25 octobre 1918 a été créé en URSS une section de lutte contre la tuberculose abaissant le taux de mortalité, fin 1920, d’environ 2 fois par rapport à 1913 (En 1926, l’Institut national de lutte contre la tuberculose a commencé à calculer le taux de mortalité total par tuberculose dans 17 villes de l’URSS avec une population de 100 000 habitants ou plus – l’indicateur moyen était de 192 : 100 000 habitants[25]). En 1936 il y avait 27 000 médecins spécialement formés travaillaient dans les dispensaires et les sanatoriums antituberculeux. En 1940 c’était 18 centres de recherche sur la tuberculose,1687 dispensaires et plus de 100 000 lits dans les hôpitaux pour les personnes atteintes de tuberculose. « Par rapport à 1913, en 1941, le taux de mortalité par tuberculose en URSS a diminué de 60 % – à 80 : 100 000 » (Haines AJ. Travail de santé en Russie soviétique. New York : Vanguard Press, 1928 )

En 1969 c’était 6 000 dispensaires et 450 000 lits. Suite à l’introduction de la vaccination obligatoire (BCG) en 1960 pour tous les enfants, étudiants, personnels médical de moins de 30 ans, 16 millions de personnes sont vaccinées et revaccinées chaque année à la fin des années 60 (en 1957, 130 millions de personnes étaient déjà vaccinées). Grace au dépistage précoce (4.5 millions de personnes testées en 1950, 59.4 millions en 1958) et à la vaccination le taux d’incidence et de mortalité a fortement diminué. De 1950 à 1969 le taux de mortalité par tuberculose en URSS a diminué de 6,5 fois, et dans certaines régions jusqu’à 10 fois. En 1989 le taux de mortalité était de 7.4 : 100 000 et l’incidence à 34 : 100 000 en 1991

Suite à la dislocation de l’URSS et l’arrivé du « bienfaiteur » capitalisme le nombre de cas n’a cessé d’augmenter, le taux de mortalité est passé de moins de 10 à plus de 20 : 100 000 personnes entre 1990 et 2001. En 2018 le taux de mortalité dû à la tuberculose est passé à 5.5 : 100 000 mais le taux d’incidence est toujours supérieur à la période soviétique avec 44.4 : 100 000 personnes (en 2010 l’incidence était de 850 : 100 000[26] chez les chômeurs !!). De plus la recrudescence du nombre de cas suite à l’effondrement du système de santé[27] a vu l’émergence de nouvelles souches multi-résistante (laisser circuler un virus augmente ses risques de mutations et donc de résistance)

Institut de la poliomyélite et de l’encéphalite virale. MP Chumakov[28]

Le centre fut créé en 1955 face à la menace de propagation de la poliomyélite[29] paralytique dans le pays. L’histoire de ce vaccin est assez extraordinaire.

Au début des années 50 deux virologues américain Jonas Salk et Albert Sabin (via les financements de l’organisation March of Dimes) mettent au point chacun un vaccin contre la polio. Le vaccin par voie orale d’Albert Sabin pourtant plus efficace, moins cher et plus sur n’a fut pourtant pas utilisé aux USA, et Albert Sabin devient très critique envers l’organisation March of Dimes[30].

Albert Sabin et Chumakov, qui avait été envoyé aux USA, ont convenu de développer le vaccin à Moscou. Plusieurs milliers de doses de vaccin ont été apportées des États-Unis dans de simples valises, et les premières vaccinations ont commencé.

L’Institut a rapidement maîtrisé la technologie de production du vaccin antipoliomyélitique inactivé et en 1958 la production atteignait déjà 5 millions de doses par an. En 1959, l’Institut a développé pour la première fois au monde une technologie pour la production industrielle de masse d’un vaccin contre la poliomyélite. En 1960 la vaccination à grande échelle de l’ensemble de la population de l’URSS a commencé avec 77.5 millions de personnes vacciné dé 1960. Cela a fait de l’Union soviétique le premier pays à commencer l’utilisation massive de ce vaccin très efficace, qui en quelques années a pratiquement éradiqué la polio dans le pays. Le vaccin, produit à l’Institut Chumakov, a été exporté dans plus de 60 pays à travers le monde et a contribué à éliminer de grandes épidémies de polio en Europe de l’Est et au Japon !!

Le cas du Japon est très intéressant. Des enfants y souffraient de polio, mais seul le vaccin Salk y était disponible, avec une efficacité limitée et en quantité insuffisante. Le vaccin produit en URSS n’a pas été approuvé à l’importation pour des raisons politiques et économiques. Mais des milliers de femmes japonaises sont descendues dans la rue pour demander le vaccin et ont atteint leur objectif. Cette histoire est racontée dans le film soviéto-japonais « Step[31] » réalisé par Alexander Mitta.

Albert Sabin, qui a refusé de breveter son vaccin, renonçant à son exploitation commerciale par les industries pharmaceutiques, afin que le bas prix garantisse une diffusion plus large du traitement, n’a pas gagné un sou et a continué à vivre de son salaire de professeur. Suite a son travail avec l’URSS il a été convoqué aux États-Unis pour témoigner sur des accusations d’activités anti-américaines !! Son vaccin, vu le succès en URSS et dans le reste du monde fut homologué aux USA en 1961 !!!

Conclusion

Ces quelques exemples montrent que le principe de vaccination, jusqu’à trouver mieux (ce que n’est pas le laisser faire ou la naturothérapie par exemple), est une avancée majeure qui fut largement appliquée et développée par les soviétiques. C’est ce que confirme sans détour l’ancien virologue soviétique Dimitri Lvov (qui a étudié auprès des sommités de la science médicale soviétique comme E. N. Pavlovsky , Sh. D. Moshkovsky , M. P. Chumakov) dans son interview auprès de la chaine chinoise CGTN :

Damien P


[1] https://www.babelio.com/livres/Miquel-Mille-ans-de-malheur–Les-grandes-epidemies-du-mi/396348

[2] https://books.openedition.org/obp/1972#tocfrom2n2

[3] https://education.persee.fr/doc/revpe_2021-4111_1889_num_14_1_2952

[4] https://education.persee.fr/doc/revpe_2021-4111_1889_num_14_1_2952

[5] https://www.dmm-ingolstadt.de/covid-19/covid-19-history/impfen-i.html

[6] Cow-Pox Inoculation (1805) du Dr William Rowley 

Dr William Rowley’s Cow-Pox Inoculation et Ann Davis, Thomas Woolnoth 1806

[7] https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC1123944/

[8] https://www.le.ac.uk/lahs/downloads/1967-68/1967-68%20(43)%2035-44%20Ross.pdf

[9] http://libris.kb.se/bib/q3mk1rj6npp2cwsx

[10] https://sv.wikipedia.org/wiki/Smittkoppor

[11] http://libris.kb.se/bib/1dtf05c4z5042dcv

[12] https://kprf.ru/party-live/cknews/194453.html

[13] https://msk.kprf.ru/2020/11/19/149343/

[14] https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%93%D0%B0%D0%BC%D0%B0%D0%BB%D0%B5%D1%8F,_%D0%9D%D0%B8%D0%BA%D0%BE%D0%BB%D0%B0%D0%B9_%D0%A4%D1%91%D0%B4%D0%BE%D1%80%D0%BE%D0%B2%D0%B8%D1%87 et http://www.gamaleya.ru/content/lib/achievement_history/gamaleya_bio/biography1.htm

[15] http://www.libussr.ru/doc_ussr/ussr_451.htm

[16] https://rossaprimavera.ru/article/5caa1b88

[17] https://lenta.ru/articles/2020/11/24/variolavera/

[18] https://fr.rbth.com/histoire/84458-urss-lutte-epidemie-variole

[19]http://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/39258/a41464_fre.pdf;jsessionid=C6563982F3CEA541DD6826D8429BE3C3?sequence=1

[20] https://web.archive.org/web/20160702005012/http://biopreparaty-magazine.ru/articles/43_01/

[21] http://www.supotnitskiy.ru/stat/stat88.htm

[22] https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%9D%D0%98%D0%98_%D0%BC%D0%B8%D0%BA%D1%80%D0%BE%D0%B1%D0%B8%D0%BE%D0%BB%D0%BE%D0%B3%D0%B8%D0%B8_%D0%9C%D0%9E_%D0%A0%D0%A4

[23] https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%95%D1%80%D0%BC%D0%BE%D0%BB%D1%8C%D0%B5%D0%B2%D0%B0,_%D0%97%D0%B8%D0%BD%D0%B0%D0%B8%D0%B4%D0%B0_%D0%92%D0%B8%D1%81%D1%81%D0%B0%D1%80%D0%B8%D0%BE%D0%BD%D0%BE%D0%B2%D0%BD%D0%B0

[24] https://med-info.ru/content/view/489

[25] https://russian-chekist.livejournal.com/5500.html

[26] https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%A2%D1%83%D0%B1%D0%B5%D1%80%D0%BA%D1%83%D0%BB%D1%91%D0%B7_%D0%B2_%D0%A0%D0%BE%D1%81%D1%81%D0%B8%D0%B8

[27] https://presse.inserm.fr/tuberculose-les-origines-de-souches-multi-resistantes-aux-antibiotiques-devoilees/17539/

Certaines partie de l’article ne concorde pas avec la réalité « unique phase de décrue …années 60 » alors que la tuberculose a décrue en URSS depuis la révolution bolchévique.

[28] http://chumakovs.ru/history/

[29] https://msk.kprf.ru/2020/06/17/140767/

[30] https://en.wikipedia.org/wiki/March_of_Dimes

[31] https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%A8%D0%B0%D0%B3_(%D1%84%D0%B8%D0%BB%D1%8C%D0%BC)