Gilets jaunes : une crise institutionnelle qui exige un changement constitutionnel. Les explications de A Monville à RT international

Invité hier par international pour commenter le rejet attendu de la proposée par l’opposition au Parlement, notre camarade a montré qu’en plus d’une crise économique, nous avons affaire à une crise institutionnelle, à un système bloqué : la constitution bonapartiste de la Ve République qui entrave une représentation réelle du peuple français et un partage équilibré des pouvoirs.


Int : En direct maintenant avec Aymeric Monville, merci de nous rejoindre à l’antenne.
Le Parlement a rejeté une motion de défiance malgré l’ampleur des protestations anti-.
Vous attendiez-vous à ce résultat?

AM : Bien sûr, car cette assemblée a été élue juste après la victoire de Macron à la présidentielle.
Et donc à cause de l’inversion du calendrier électoral effectuée il y a une vingtaine d’années.
Le Parlement est élu APRES le président.
Cela a donc renforcé le caractère présidentiel de notre constitution.
Le problème est que le Parlement n’est plus du tout représentatif de la France actuelle.

Int : En fait, un peu avant, le gouvernement a incité les gens à cesser leurs protestations
pour des raisons de sécurité, après les attaques de Strasbourg.
Avant de passer aux autres questions, voyons ce qu’a dit le porte-parole du gouvernement.

Griveaux : Ils ont exprimé leur colère et nous l’avons entendue. Nous leur demandons maintenant d’être raisonnables.

Interv : Qu’est-ce que vous faites de cette supplique?

AM : C’est une sorte d’instrumentalisation des souffrances des gens.
Malheureusement en France, nous sommes habitués à la violence terroriste dans nos rues.
Particulièrement depuis 2015 ou depuis que l’OTAN a noué ces liens avec les radicaux islamistes en Syrie.
La seule façon d’arrêter ces attaques, c’est de cesser ces alliances avec l’OTAN.
Donc du fait de ces liens OTAN/islamistes typiques de l’époque Ben Laden, Afghanistan etc.
nombreux sont ceux qui pensent qu’une pareille attaque aurait été manipulée.
Bien sûr nous n’avons aucune preuve de cela.
Mais ce qui est certain, c’est que le gouvernement instrumentalise la souffrance.
Car ces attaques n’ont évidemment rien à voir avec la colère des
qui sont totalement opposés à cette violence et porteront un brassard noir samedi prochain.
Mais bien sûr qu’ils manifesteront car il en va de leur vie, de leurs conditions de vie,
Vous avez des gens qui simplement ne s’en sortent plus
qui ne peuvent même pas mettre d’essence dans la voiture pour aller voir grand-mère le week-end
Ils n’arrivent tout simplement plus à vivre comme cela et c’est cela l’essentiel.
Macron n’a fait que des réformes de façade
et cela n’apaisera pas la colère du peuple.

Inter : vous parlez de la colère du peuple, de l’opposition
l’opposition a dit que Macron avait accru les inégalités en France
quel type de pression pensez-vous que l’opposition peut exercer
maintenant que la motion de défiance a été rejetée?

AM : Il ne s’agit pas simplement d’une crise économique, même si elle est réelle,
mais aussi d’une crise institutionnelle
car Macron a été élu par défaut.
L’élection étant à deux tours, les Français étaient opposés à l’extrême droite,
par antifascisme ils étaient donc prêts à voter pour M. Macron même s’il est un digne représentant
de la haute et qu’il est un riche banquier etc.
Le problème est qu’en France, vous avez autant une opposition de droite que de gauche
qui n’ont rien en commun, ne peuvent s’entendre,
hormis sur le fait qu’il faut se débarrasser de Macron.
Et comme nous sommes dans un régime présidentiel
avec un président fort et un parlement faible
vous n’avez pas un partage de pouvoirs, même comparables à la GB ou aux USA par exemple.
Macron a bien plus de pouvoir que Donald Trump qui a toujours le Congrès contre lui.
C’est une crise institutionnelle car Macron est trop faible quant à sa légitimité
et trop fort quant aux pouvoirs dont il dispose.
Donc la seule chose qu’il doit faire c’est partir.
Et il faut que nous changions la constitution,
pas seulement nous débarrasser de Macron mais rendre cette constitution
plus parlementaire, plus équilibrée, moins sur le modèle bonapartiste
voulu par de Gaulle, et qui pouvait peut-être lui convenir
parce qu’il pouvait prétendre incarner la Nation à cette époque.
Mais aujourd’hui cela ne peut plus fonctionner comme ça.