Danielle Bleitrach en conférence débat à Paris : Staline tyran sanguinaire ou héro national ?

Ce 6 février 2018, à la librairie Tropiques, Danielle Bleitrach présentera son dernier paru aux éditions

6 février, à 19h30, à la librairie Tropiques.
Métro Pernetty
À lire l’interview accordée à IC par Danielle : cliquer ici

PÔLE de RENAISSANCE COMMUNISTE en FRANCE – JEUNES POUR LA RENAISSANCE COMMUNISTE EN FRANCE
Coordination PRCF et JRCF de la Région parisienne
LA DÉFENSE DU NE CONSISTE PAS À CÉDER À LA CRIMINALISATION DE L’U.R.S.S., MAIS À NE PAS LUI CÉDER !
 
En janvier s’est tenu un colloque “marxisme contre stalinisme”. Il y aurait mille choses à rétorquer aux organisateurs de ce colloque bien-pensant et qui, sans doute, se croient sincèrement marxistes…
Et d’abord ceci : tous les sondages réalisés en Russie montrent que la majorité des Soviétiques, dont l’écrasante majorité des ouvriers, regrette amèrement l’URSS expérience faite de ce qu’a signifié pour eux la restauration capitaliste et la destruction concomitante des acquis socialistes : santé, éducation, accès à la culture, sécurité de l’emploi, recherche scientifique, promotion sociale, rayonnement mondial de leur pays et de leur langue, etc.
Quant à l’homme historique le plus estimé des Russes, que cela plaise ou non, c’est… Joseph  ! Les sondages le montrent invariablement. De même, la personnalité majoritairement citée par les Polonais comme un grand homme d’Etat, ce n’est pas Walesa, le syndicaliste favori de la CIA, de la CFDT et du Pape (2% des voix aux dernières présidentielles où il eut l’imprudence de se présenter), c’est le communiste Edward Gierek, ancien mineur en France, expulsé pour faits de grève, devenu le chef de file du Parti ouvrier unifié polonais dans les années 70. Ce sont là des FAITS, qui n’ont rien à voir avec la doxa anticommuniste !
D’ailleurs si les peuples de l’ex-camp socialiste n’avaient plus aucune appétence pour ces « régimes odieux », comment expliquer que dans toute l’Europe de l’Est, et dans l’indifférence de la gauche « antitotalitaire » (à géométrie variable !) de l’Ouest, les PC soient persécutés de Kiev à Vilnius en passant par Varsovie, Budapest, etc. ? Pourquoi la bourgeoisie compradore asservie à Berlin et à Washington qui dirige désormais ces États contre-révolutionnaires annexés à l’UE s’évertuerait-elle à persécuter les PC de l’Est si elle ne s’inquiétait pas du fait massif que la comparaison entre « avant » (malgré les manquements, que nul ne nie !) et « maintenant » (chômage de masse, expatriation économique de millions de jeunes, surexploitation de l’Europe de l’Est comme main-d’œuvre par la grande Allemagne « réunifiée », en un mot, recolonisation capitaliste des pays de l’Est) continue de plaider, malgré l’intense propagande anticommuniste, pour la supériorité du socialisme, même imparfait, sur le capitalisme ?
Bref, quand les organisateurs du colloque Marxisme contre stalinisme prétendent que « ces régimes (qualifiés de « staliniens » sans la moindre prudence méthodologique) n’exercent plus aucune « attraction sur les populations », ils se trompent grossièrement, du moins s’ils parlent des pays de l’Est où les travailleurs, au moins ceux des générations nées avant 1975, peuvent comparer leur situation avant et après la contre-révolution gorbatchévienne (l’ainsi-dite « perestroïka »). Que les choses soient très différentes à l’Ouest, où un énorme matraquage antisoviétique cible en permanence les jeunes et les intellectuels, non seulement dans les médias, ARTE en tête, mais dès les bancs du collège, comment en serait-il autrement alors qu’ici les gens n’ont pas les moyens de comparer l’avant et l’après… et que les historiens doivent montrer patte blanche antisoviétique s’ils veulent faire carrière et passer dans les médias. Ajoutons que plusieurs partis d’Europe se réclamant du ont capitulé devant l’antisoviétisme et qu’ils s’imaginent naïvement s’acheter une « respectabilité » en abondant dans le sens de l’idéologie antisoviétique dominante. À commencer par la direction du PCF, désormais affilié au « parti de la gauche européenne » et qui vient de se déchaîner contre Lénine à l’occasion du 100ème anniversaire de la Révolution d’Octobre.
Pourtant les progressistes occidentaux qui résistent vraiment au tsunami euro-libéral le constatent : les grandes avancées qui furent conquises en 45 en France, en Belgique, en Italie, à l’époque où des ministres « staliniens » siégeaient dans les gouvernements, sont désormais pulvérisées depuis que les PC se sont dé-marxisés (pardon, « déstalinisés », mais mieux vaudrait dire « dé-SALINISÉS » = édulcorés) et que le camp socialiste a implosé en permettant le rétablissement mondial de l’exploitation capitaliste (en nom de code petit-bourgeois, on appelle ça « la mondialisation », « Europe unie », « fin de l’histoire »). Mais qui vous enseigne à l’école que la Sécu fut créée à la Libération par le ministre communiste Ambroise Croizat, fraîchement sorti des geôles de Vichy, et avec elle les retraites par répartition, la généralisation des conventions collective, un code du travail protecteur et les comités d’entreprise ? Que c’est le grand savant communiste Henri Wallon qui relança en 45, sur des bases progressistes, l’Éducation nationale déshonorée par Pétain ? Que Maurice Thorez a créé en 46 le statut des mineurs, et aussi celui des fonctionnaires dont jouissent encore aujourd’hui – Macron veut le dynamiter ! – ces profs d’histoire bien-pensants qui crachent à plaisir sur la Résistance communiste ? Que Marcel Paul, pupille de la nation, déporté-résistant à Buchenwald où il avait créé un réseau de solidarité à l’intérieur du camp, militant PCF et CGT, fut le créateur d’EDF, qui devint rapidement l’entreprise énergétique la plus performante du monde avant d’être dépiautée par l’UE de Maastricht ? Que le physicien communiste F. Joliot-Curie fut l’aile marchante de la relance de la Recherche publique à la même époque ?
Et la classe dominante qui, apparemment, connaît mieux l’histoire et ses rapports de forces que nombre de petits-bourgeois « marxistes », ne s’y trompe pas, elle. Qu’on relise l’édito de Denis Kessler, alors n°2 du MEDEF, qui appelait cyniquement en novembre 2007, dans Challenges, à « démanteler le programme du CNR » ( !), un programme « construit par les gaullistes et les communistes à l’époque où l’Armée rouge stationnait à 1000 km de Paris et où le PCF obtenait 30% des voix ». Comment des militants anticapitalistes, comment des antifascistes responsables, peuvent-ils encore refuser de voir que ce monde, délesté du contrepoids mondial que le camp socialiste opposait au mortifère capitalisme, est bien pire depuis que la contre-révolution a détruit la première expérience socialiste de l’histoire ? S’il y a aujourd’hui un « totalitarisme », et même un « globalitarisme » – une marche PLANÉTAIRE  au totalitarisme capitaliste! -, il n’est pas lié à l’URSS, mais à la DÉFAITE de l’URSS, pas au marxisme-léninisme, mais à son reniement par des « marxistes » décaféinés qui ne retrouvent un peu de virulence que quand il s’agit de dénigrer le socialisme RÉEL !
Mais Marx et Engels n’étaient pas des bisounours, ils étaient « intolérants » à l’encontre des réformistes de leur temps qui pactisaient avec la bourgeoisie, comme le rappelle le film de R. Peckre LE JEUNE MARX. On a le droit de ne pas être marxiste, mais pas celui de feindre l’être tout en poussant des cris d’horreur au mot de « dictature du prolétariat » que Marx considérait comme la pierre de touche de sa théorie politique et dont il a longuement exposé la nature dans La Guerre civile en France (analyse critique de la défaite des Communards parisiens).
Ajoutons deux points :
a)     Le concept de totalitarisme, propagé par l’antimarxiste Hannah Arendt, est inconsistant d’un point de vue matérialiste puisqu’il privilégie la forme du pouvoir aux dépens de son contenu de classe, qui est l’essentiel pour Marx. Ainsi en arrive-t-on à l’amalgame odieux qui fleurit actuellement, selon lequel « URSS = totalitarisme, Hitler = totalitarisme », donc… « Hitler = Staline », « Troisième Reich =  URSS » (on enseigne cette ignominie dans nombre de manuels du Secondaire…) alors que l’URSS a perdu 27 millions des siens pour repousser l’invasion nazie, briser l’ « invincible Wehrmacht » (Stalingrad, Koursk, Berlin…) et nous permettre aujourd’hui de bavarder, en toute gratitude, sur le « totalitarisme soviétique ». Les « marxistes » qui ne reconnaissent même pas aujourd’hui, comme l’a fait De Gaulle en 45, que « la Russie soviétique a joué le rôle principal dans notre libération », n’arrivent donc même pas à la cheville, historiquement parlant, de ce général bourgeois !
b)    On peut certes faire une critique marxiste, voire léniniste, des phénomènes que regroupe, de manière théoriquement sauvage, la notion fourre-tout, en réalité antisoviétique et anticommuniste, de « stalinisme ». Mais le préalable à une telle critique, dont nul dirigeant révolutionnaire ne peut en droit être excepté, est de refuser toute forme de critique droitière, consensuelle, « antitotalitaire », du stalinisme, laquelle est la spécialité des sociaux-démocrates et des trotskistes depuis près d’un siècle. Auxquels il faut désormais ajouter Pierre Laurent qui, en reniant récemment l’Octobre rouge, ne peut que renier du même coup le Congrès de Tours qui donna naissance au PCF (par affiliation du PS français à la Troisième Internationale, déc. 1920). Libre à ces « eurocommunistes » de préférer à Lénine, ce géant de l’histoire, le piteux Alexis Tsipras, le petit valet de l’UE qui tente d’interdire la grève en Grèce (Laurent co-préside le Parti de la Gauche européenne : il vient de refuser la demande du Parti de Gauche d’exclure Syriza du PGE !).
Ce ralliement conceptuel majeur vaut à ces tendances décaféinées d’être MÉNAGÉES par les dominants, alors que les marxistes-léninistes sont quasi-exclus de l’Université, des médias, etc. ; c’est pourquoi un « marxisme gentillet », délesté des notions « barbares » de « matérialisme dialectique », de « dialectique de la nature », de « matérialisme historique », de « dictature du prolétariat », de « rôle historique de la classe laborieuse », domine aujourd’hui la scène « marxologique » avec la totale complaisance de l’ennemi de classe. Mais chut ! « il n’y a pas d’ennemi de classe », c’est là un concept « stalinien » ! Sauf que la grande bourgeoisie sait bien, elle, qu’elle a eu en face d’elle un ennemi de classe prolétarien, marxiste et déterminé : elle sait que Lénine, puis l’Armée rouge dirigée par la Stavka et victorieuse de Hitler, ou encore l’Armée populaire chinoise vainqueur des « seigneurs de la guerre », sans parler de Fidel, du Che ou de Ho Chi Minh, ont vaincu – fût-ce provisoirement – cet ennemi cruel et surpuissant qu’est l’impérialisme. Et cela, quelles qu’aient pu être les erreurs, voire les déviations qui ont pu surgir dans notre camp au cours d’un bras de fer planétaire où l’ennemi fasciste, impérialiste, colonialiste, etc. a toujours fait flèche de tout bois pour exterminer le communisme**. Et ne nous y trompons pas, ce ne sont pas leurs « crimes » mais leurs VICTOIRES qui sont avant tout reprochés aux hommes historiques* du camp révolutionnaire, comme cela est encore reproché de nos jours par Macron et Cie à Robespierre, alors que la bourgeoisie française continue d’exalter Napoléon ou Thiers, le « nabot sanglant » fustigé par Marx. Car l’oligarchie capitaliste patauge dans le sang chaque jour ! -, c’est leur VICTOIRE SUR LA BOURGEOISIE. Des victoires qui ont prouvé à l’humanité qu’elle peut VIVRE SANS LES CAPITALISTES. C’est pourquoi il faut sans trêve « vacciner » la jeunesse en gravant dans sa tête : « socialisme réel = crime ». En revanche, si ça vous aide à supporter le capitalisme, rêvez donc tant qu’il vous plaira de douceâtres utopies réformistes !
Mais à tous ceux qui veulent vraiment RÉSISTER à l’offensive mondiale, européenne et nationale d’un capitalisme dont les crises, les guerres impérialistes, les prédations anti-environnementales et la fascisation menacent de mort l’humanité, nous posons franchement la question : voulez-vous vraiment vaincre ou voulez-vous seulement empiler les défaites sociales et GÉMIR sur notre état lamentable actuel ? Pourquoi ne pas méditer plutôt ce FAIT : tant que le Mouvement communiste international s’est réclamé du marxisme-léninisme, il a tenu bon, voire vaincu de Berlin à Hanoï, et quelquefois à Paris ; tant que le PCF s’est réclamé du prolétariat et du marxisme-léninisme, et non d’un Marx édenté et euro-compatible, le patronat français a reculé devant le mouvement populaire (36, 45, 68, dont le trait le plus marquant ne furent pas les pitreries de Cohn-Bendit, mais la plus grande grève de l’histoire portée par la CGT). Au contraire, le mouvement populaire, la souveraineté des peuples reculent depuis que, soi-disant pour se « rénover », certains partis qui usurpent le nom de Marx se sont mis à cracher sur l’URSS, à dénigrer la planification socialiste et à rétablir la propriété privée des moyens de production.
Allez, chers camarades, bon colloque « marxiste », des colloques comme ceux-là, la bourgeoisie et la social-démocratie sont prêtes à leur faire la plus large pub tant il leur est utile de dresser le contrefeu d’un marxisme imaginaire et « bien gentil » face au socialisme prolétarien et marxiste-léniniste qui, tôt ou tard, refera surface en France et dans le monde***.
* Il faut relire ce que Hegel a écrit à ce sujet, fût-ce d’un point de vue idéaliste.
* *Pourquoi n’y a-t-il eu aucune commémoration en 2015  du génocide anticommuniste indonésien de 1965 où, sous les encouragements des « libres » USA, deux millions d’Indonésiens suspects de communisme ont été exterminés par le dictateur Suharto « conseillé » par la CIA ? le PKI est toujours interdit et persécuté, mais qui s’en soucie chez nos « antitotalitaires » patentés ?
*** Totalement censuré par la presse, y compris bien sûr par Libé et l’Humanité, le meeting internationaliste du PRCF a réuni près de 400 personnes à Paris le 4 novembre en présence de 30 partis communistes venus des cinq continents.
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Quelques livres dont ne vous parleront jamais les grands médias
Georges Gastaud, auteur du « Nouveau défi léniniste » et de « Lumières communes, traité de philosophie générale à la lumière du matérialisme dialectique » (Delga, 2016 et 2017).
Annie Lacroix-Riz
Aymeric Monville
Gilda Landini
Pour rejoindre le PRCF, écrire à PRCF, 8 rue du Clos Lapaume, 92220 Bagneux

Commentaire de lecteur “Danielle Bleitrach en conférence débat à Paris : Staline tyran sanguinaire ou héro national ?

  1. Christian Lourdin
    7 février 2018 at 07:48

    Bravo cet article ! C’est clair, c’est puissant, c’est pur comme la verite. Ca coupe comme in rasoir . Mille fois bravo !