#COVID19 #Crise : Comment les Chinois ont agrandi la grande muraille de Chine – par Bruno Guigue

Pas un jour sans que la ne soit dans le collimateur de ce que l’Occident prétendument civilisé compte de médias « main stream », de « think tanks » et d’officines de propagande en tous genres. Adopté par une commission de la Chambre des Représentants, un récent rapport du Congrès des États-Unis, par exemple, reprend les accusations habituelles contre la Chine et invite les agences de renseignement à unir leurs efforts pour lutter contre cette nouvelle menace. « Si nous nous inclinons maintenant, nos petits-enfants seront à la merci du Parti communiste chinois, dont les actes constituent le premier défi du monde libre », avait déjà déclaré le secrétaire d’État Mike Pompeo, de son côté, le 24 juillet.

Nos petits-enfants ? Pauvres gosses ! On les a prévenus, au moins, que des hordes de jaunes assoiffés de sang allaient bientôt débarquer pour les dévorer tout crus ? Après avoir exterminé les Ouïghours et revendu leurs organes au rayon boucherie des supermarchés, ils vont faire pareil avec les Américains, c’est sûr. Terrifiante, abominable, cette Chine communiste ! Nouvel empire du Mal, elle étend son emprise démoniaque sur le monde libre. Elle tisse sa toile, méticuleusement, pour prendre au piège de pauvres Occidentaux qui ne demandaient qu’à vivre en paix et en démocratie.

Ainsi va le monde fictif forgé par homo occidentalis pour les besoins de sa cause perdue ! Servie matin, midi et soir, par les rotatives de la désinformation médiatique, la narration dominante impute à la puissance montante tous les fantasmes qui gangrènent le cerveau malade de celui qui voit le sol se dérober sous ses pieds. Quelle blessure narcissique, en effet, de sentir qu’on n’est plus le maître du monde, et que les ex-colonisés ne baissent plus les yeux devant les fiers représentants de la race supérieure ! En 1945, les USA représentaient 50% du PIB mondial, et Washington détenait 70% de l’or du monde. Aujourd’hui, en parité de pouvoir d’achat, les États-Unis sont derrière la Chine et ils croulent sous les dettes.

En un sens, on comprend cette amertume qui taraude les dirigeants de la « nation exceptionnelle » à l’égard de son grand rival asiatique. Au début des années 2000, avec Bill Clinton, les petits génies de Washington avaient misé sur l’intégration économique de la Chine en espérant qu’elle précipiterait sa décomposition politique. Soumise à la loi fixée par des multinationales brandissant la bannière étoilée, la Chine devait accomplir la prophétie du néolibéralisme en levant le dernier obstacle à la domination du capital mondialisé. L’inverse a eu lieu : Pékin a utilisé les multinationales pour accélérer sa mue technologique et a ravi à Washington la place de leader de l’économie mondiale. Lénine, pourtant, avait annoncé la couleur : « Les capitalistes nous vendront la corde avec laquelle on les pendra ».

Au cours de son histoire mouvementée, la République populaire de Chine en a vu d’autres, et elle n’a pas l’intention de renoncer à un système original dont le réglage a nécessité beaucoup d’efforts. Les pseudo-experts occidentaux nous le répètent bien assez : les Chinois font semblant d’être d’accord avec nous, mais en fait ils n’ont pas changé, ils ont conservé leurs entreprises publiques, ils contrôlent les fluctuations de leur monnaie, les banques chinoises obéissent au gouvernement, et ce dernier planifie le développement de l’économie comme au temps de Mao. Bref, c’est affreux, mais tout se passe, en dépit des apparences, comme si les Chinois étaient toujours communistes. Pas faux, et d’ailleurs on voit le résultat.

Alors que la Chine a quasiment éradiqué, sur son territoire, le virus responsable d’une pandémie qui a déjà fait un million de morts au plan mondial, les États-Unis, qui en comptent 205 000, ont récemment appris que leur président et son épouse avaient contracté la maladie. Il est vrai qu’au moment où Xi jinping paraissait masqué à la télévision chinoise pour appeler à la mobilisation générale contre le « nouveau démon » et engageait une politique dont le succès éclate à la face enfarinée de ses détracteurs occidentaux, Trump et ses homologues persistaient à nier la gravité du phénomène et comptaient sur l’immunité collective pour faire le ménage.

Au fond, ce contraste entre irresponsabilité occidentale et responsabilité chinoise fait penser au scénario de la précédente crise économique. Face au chaos financier provoqué par des années de dérégulation néolibérale et de rapacité boursière, Washington affecta de réguler la finance. Prisonnier de l’oligarchie bancaire, le pouvoir se contenta en fait de creuser le déficit public pour renflouer les banques privées, y compris celles qui étaient responsables, par leur cupidité sans bornes, du marasme général. De son côté, Pékin a fait à peu près le contraire : l’État a consenti des investissements massifs dans les infrastructures publiques. Ce faisant, il a amélioré les conditions de vie du peuple chinois tout en soutenant la croissance mondiale, sauvée du plongeon auquel la promettait la rapacité de Wall Street.

Qu’il s’agisse de la crise financière de 2008 ou de la crise sanitaire de 2020, le bilan comparatif est donc le même : incurie américaine, efficacité chinoise. Mais encore faut-il faire la part, dans cette incurie, du cynisme de classe. Car l’incapacité de Washington à juguler les effets délétères de la cupidité financière n’était pas fortuite, ni involontaire. Pas plus que son affligeante nullité dans la gestion de la crise sanitaire en cours n’est le fruit du hasard. Après tout, l’oligarchie au pouvoir s’est contentée de suivre son instinct de classe : à quoi bon, en effet, voler au secours de ces perdants, de ces « losers » dont on sait le sort que leur réserve la « morale » capitaliste au paradis de la liberté d’entreprise ?

Dans les deux cas, ce sont les pauvres qui paieront les pots cassés : comme les ménages endettés jusqu’au cou arnaqués par les banques, les victimes pauvres, âgées et souvent afro-américaines d’une pandémie prise à la légère, à leur tour, passeront par pertes et profits d’une politique qui sert d’autres intérêts. Valeurs occidentales contre valeurs chinoises ? Faites la comparaison si vous voulez, mais faites-la vite, au pas de course, pour éviter les mauvaises surprises et les révisions déchirantes. On dira ce qu’on voudra du système chinois, mais il s’avère qu’il s’est préoccupé de la santé publique avec davantage de sérieux que nous, comme il a géré les conséquences de la crise financière avec un sens de l’intérêt général inconnu de nos prétendues démocraties.

Ce double succès devrait donner à réfléchir à ceux qui n’ont pas encore résolu d’enfouir leur tête dans le sable. Un système qui réagit à la crise économique en privilégiant les équipements publics, et qui gère la crise pandémique en privilégiant la santé publique, mérite beaucoup mieux qu’un déluge de poncifs et de calomnies. Cerise sur le gâteau : dans ses dernières prévisions, l’OCDE affirme que la Chine est le seul pays industrialisé à connaître la croissance en 2020 (+1,8%), tous les autres pays se trouvant dans le rouge, et qu’elle aura un taux de 8% en 2021. Sauver, à la fois, l’économie du pays et l’espérance de vie des plus vulnérables, c’est quand même autre chose que laisser crever les vieux et subir une récession sans précédent. Ainsi, de 2008 à 2020, la grande muraille s’est agrandie de deux tours de guet supplémentaires. Mais la cause est entendue : seul un régime abominable est capable d’une telle performance.

2 Commentaires de lecteur “#COVID19 #Crise : Comment les Chinois ont agrandi la grande muraille de Chine – par Bruno Guigue

  1. SNOWDEN
    8 octobre 2020 at 07:50

    Plutôt que de faire parler les mandarins, professeur de médecine qui ne connaissent strictement rien à ce nouveau Virus et qui donc se contredisent chaque jour tout en servant Macron et le Medef, les médias macroniens comme LCI, ou BFM feraient mieux d’interroger les internes de l’APHP qui diraient enfin la vérité vraie sur ce qui se passe dans les services d’urgence, de maladies infectieuses et de réanimation où le nombre d’arrivées de malades du COVID 19 explose comme en mars.
    En Espagne avec moins de nouveaux Cas mais avec une hausse qui a commencé 2 semaines plus tôt ils sont passés de 2 à 180 morts par jour avec un port du masque systématique et des milliers d’amendes, avec confinement de certaines villes, alors en France tous aux abris, quand il n’y a aucuns contrôles du port du masques, des centaines de Raves privées, et des mariages fêtes avec des centaines de participants sans masque. La 2e vague sera là fin septembre et bien plus forte qu’en mars.
    Et pendant cela il y a moins de 10 nouveaux cas par jour en Chine communiste et zéro morts depuis 5 mois.
    Dard malin parle beaucoup mais ne fait pas contrôler le port du masque ert laisse faire les rave party et les dancing/Boites privées non autorisées. C’est un scandale comme disait Marchais. Macron, Dard malin, CASTEX démission!

    Les médias macroniens de droite (90% des médias) nous cache la situation gravissime dans laquelle la pandémie du COVID 19 en France.
    Tout cela pour relancer le CAC40, sur ordre du Medef, et donc forcer les parents à envoyer leurs gosses à l’abattoir dans les écoles pour qu’eux-mêmes puissent s’infecter dans les transports en commun bondés et les open space mortels. Tous aux abris !
    Tous les jours à Paris des centaines de milliers d’individualistes petits bourgeois irresponsables se contaminent en masse sur les tables installées sur les rues de Paris. Le capitalisme mafieux se siucide avec l’aide du PS, LR, LREM, EELV, RN, etc….qui les poussent à se suicider pour faire vire le Medef. Le COVID 19 avec les zones rouges pâles, rouge simple, rouge écarlate va tuer le capitalisme mafieux pour aller vers le rouge, seule issue pour tuer le COVID 19 comme en Chine communiste qui n’a pas eu un seul mort du COVID 19 depuis plus de 5 mois.
    Le capitalisme mafieux ultralibéral hyperatlantiste est en train de sombrer avec le Covid 19.
    Seule la Chine communiste qui a un ETat puissant survivra au COVID 19.
    Le Covid 19 c’est la mort du capitalisme mafieux ultralibéral hyperatlantiste, tel que l’avaient décrit Marx, Engels et Lénine. Seule la Chine communiste et es alliés survivront. CQFD
    Dans 3 semaines la France sera donc totalement reconfinée pendant 9 mois à cause des pieds nickelés qui nous gouvernent. Seule la Chine communiste qui a un pilote dans l’avion c’est à dire un Etat puissant, survivra au COVID 19.
    Macron l’islamo-sioniste profite du malheur des gens dans les Alpes Maritimes pour faire sa com pendant une 1/2 h dans les JT du soir de TF1 et France 2.
    Pendant cela le COVID 19 tue la France à cause de l’inaction crasse de Macron&Co.
    Et en même temps la Chine communiste a vaincu le COVID 19 depuis 6 mois sans aucun morts et moins de 10 contaminations par jour grâce à un Etat communiste puissant. Bref la Chine communiste a, elle, un pilote dans l’avion contrairement la France, les USA, le Brésil et l’Inde qui sombrent sous le COVID 19 grâce au capitalisme débile et non faussé.

  2. SNOWDEN
    9 octobre 2020 at 08:07

    Dans la feuille de choux anticommuniste de la CGT “Ensembles” envoyé chaque mois à tous les adhérents pour faire entrer dans les têtes la ligne liquidatrice anticommuniste de Martinez (CES droitière, etc, adhésion de Martinez à EELV sur sa ligne la plus droitière) , avec l’argent des adhérents, un article de ce mois d’Octobre invite le syndicat financé par la CIA en Biélorussie et soutenu par les régimes fascistes dans les pays baltes et en Pologne.
    Dans toutes ses interventions, Martinez s’en prend à la Chine communiste comme Trump, Le Pen et Macron au lieu de louer la politique industrielle et la vraie planification qu’elle conduit depuis 40 ans, contrairement à la France l’Europe et les USA où règne la concurrence débile et non faussée et la privatisation de tous les services publics.