« voici la réponse de Raul Castro à ceux qui espèrent qu’Obama va obtenir une « castrostroïka » (en réalité une catastroïka, comme disent désormais les Russes à propos de la pérestroïka du traitre Gorbatchev), c’est-à-dire un hara-kiri politique, de nos camarades cubains. Qu’on se le dise ! »

Je ne comprends pas cette démocratie des États-Unis, je ne la comprends pas. Je l’ai même dit à des Étatsuniens : aux USA, il n’y a qu’un parti, qu’un seul parti. Étudiez donc l’histoire des deux partis, étudiez la manière de faire, la façon d’agir chaque fois qu’il y a une décision importante à prendre ! Leur système, leur presse, ça c’est sûr, sont bien huilés. Il se peut qu’une maison d’édition ou un groupe de journaux, comme il en existe aux USA et en Europe, appartenant à une seule entreprise, ouvre plus grand l’éventail et dise aux journalistes : de ce point, vous pouvez écrire ce que vous voulez, mais du reste, vous ne pouvez écrire que ce que veut le patron du journal, ou de la station radio ou de la chaîne de télévision. C’est comme ça. Sinon, que quelqu’un me prouve le contraire.

Je disais donc qu’il y a un seul parti. « Comment ça ? », s’étonne-t-on.  Et je dis : « Oui. Vous en voulez un seul exemple ? Comment se fait-il qu’une administration républicaine, celle d’Eisenhower, organise une expédition contre Cuba et que, trois mois après être entrée en fonction, une administration démocrate l’autorise ? » C’est la réalité. Je pourrais parler encore de bien d’autres choses ici.

Nous pouvons nous tromper, nous l’admettons, nous sommes humains ; nous sommes prêts à discuter, je l’ai dit, quand ils veulent. Mais, et je vais conclure là-dessus, il est évident que maintenant ils se doivent de créer un climat, et à peine vous différez sur quelque chose, aussitôt ils vous sortent : et la démocratie ? Et la liberté ? Et les prisonniers ? La dernière fois, à Brasilia, un journaliste, un insolent, un provocateur, après une réunion avec le président Lula, m’a demandé : «Combien de dissidents avez-vous fusillés ? » Il tremblait quand je lui ai répondu de la façon dont je sais parfois répondre. Il tremblait, et je lui ai dit : « Ah ! Oui, les fameux dissidents, ces gens à la solde des États-Unis… Va donc voir le dernier budget que le Congrès a voté pour eux, un total de 57 millions de dollars pour financer tous ces “patriotes”, ces “journalistes indépendants”, etc. ! Et pourquoi les USA ne libèrent-ils pas nos cinq héros, des jeunes héroïques qui n’ont fait aucun mal aux États-Unis, qui n’ont pas cherché de renseignements contre les États-Unis, mais contre les terroristes qui ont attaqué avec plus ou moins d’intensité, durant ces presque cinquante ans, mon pays ? »

C’est là que j’ai fait une proposition, que je ratifie ici aujourd’hui : s’ils veulent la liberté de ces prétendus « prisonniers politiques », parmi lesquels certains sont des terroristes passés aux aveux, des Guatémaltèques et des Salvadoriens, qui ont été jugés à Cuba, condamnés à la peine capitale – que nous maintenons, mais que nous n’appliquons pas depuis longtemps – bien que nous ayons commué celle-ci en prison à perpétuité, alors, qu’ils libèrent nos prisonniers et nous leur expédions là-bas, avec la famille et tous ceux qui veulent, ces prétendus dissidents et patriotes ! (Applaudissements.)

Je pourrais dire encore bien des choses dans ce genre… Evo, si après ce que tu viens de dire aujourd’hui, on t’expulse de l’OEA parce qu’incompatible avec le marxisme-léninisme, eh bien, la Bolivie et Cuba, nous formerons quelque chose d’autre qui ne s’appellera pas OEA, loin de là, et nous y admettrons ceux qui veulent nous accompagner ! (Applaudissements.)

Chávez, pardonne-moi d’avoir parlé si longtemps et d’une manière si informelle… J’allais sortir, j’allais m’excuser auprès de Daniel et puis je lui ai ôté la parole… C’est un abus de pouvoir. Peut-être parce que, comme je porte l’uniforme… (Rires).

Je vous remercie. (Applaudissements.)