Passant, on ne sait pourquoi, pour un représentant de la gauche du PCF, Bocquet est devenu le chef de file du Front de gauche dans le Nord-Pas-de-Calais. Passons sur le passé de l’ex-chef de file du groupe PCF au parlement: son principal mérite fut de briser toute velléité d’indépendance du groupe communiste  par rapport à un gouvernement Jospin entièrement dévoué aux privatisations et à la mise en place du désastreux euro.

Sous la présidence de Bocquet, le groupe « communiste », excepté Geo Hage, n’a même pas eu le courage de voter contre l’élargissement de l’UE aux ex-pays socialistes, en réalité, contre leur annexion par l’Empire atlantique, alors que cet élargissement conduisait nécessairement à une constitution européenne supranationale et à des délocalisations massives, mortelles pour la classe ouvrière industrielle de France, -et en particulier pour celle du nord. Passons aussi sur le fait qu’il y a cinq ans, Bocquet a démissionné du conseil régional à peine élu, ce qui n’est pas respectueux des électeurs, surtout si c’est pour solliciter de nouveau leurs suffrages cinq ans plus tard.

Aujourd’hui, escomptant l’amnésie des électeurs communistes,** Bocquet est redevenu tête de liste du Front de gauche. Sa première intervention dans la campagne, par un tract de masse, appelait à faire sauter  « le mur totalitaire de l’argent » comme a sauté le mur « totalitaire » de Berlin ! Bravo pour l’aide idéologique de Boquet à la campagne mondiale de criminalisation du communisme, bravo pour son renvoi dos-à-dos du capitalisme et du communisme, bravo pour la confusion qu’il cultive entre la RDA, ce rempart mondial contre la mondialisation de l’exploitation capitaliste, et la totalitaire mondialisation capitaliste actuelle, qui résulte précisément de la défaite du camp socialiste.Et voilà maintenant que Bocquet se lance à nouveau dans le régionalisme à corps perdu: il y a cinq ans, son slogan était « une région nord enfin respectée »; et en pleine tentative sarkozyste de casser la République une et indivisible au profit de l’Europe des régions, le slogan de Boquet est maintenant de « mettre le nord dans le « top 5 des régions » (vive l’anglais à tous les étages!) « ! Bref de jouer à mort la concurrence et la compétition entre les territoires, alors que la classe ouvrière chti n’a rien à voir avec ce ridicule esprit de clocher et qu’elle a tout intérêt au contraire, à la solidarité de la nation pour une des régions les plus ouvrières et les plus pauvres du pays!

Décidément, A. Bocquet a toutes les peines du monde pour renouer avec le communisme, pour se confronter à l’Europe supranationale, pour défendre la souveraineté de la nation, pour reconquérir le « produire en France » dont la destruction menace le nord ouvrier d’un déclassement massif de son prolétariat industriel, pour dénoncer les orientations du PS nordiste qui, totalement à la botte de l’Europe des régions, travaille avec acharnement à la mutation du nord dans le sens de la désindustrialisation, de la marginalisation de la classe ouvrière, de l’élimination des territoires ouvriers au profit de la métropole lilloise des affairistes chère au MEDEF local. Mais dénoncer le PS local, avec lequel le PCF cogère la quasi-totalité de ses municipalités, vous n’y pensez pas! Au second tour, comme il y a cinq ans, on peut parier que la liste « communiste » fusionnera avec la liste du PS, parachevant la destruction des repères politiques et de la conscience de classe communiste…

Pour que les électeurs franchement communistes et républicains du nord-PAs-de-Calais soutiennent la liste Bocquet**, il lui faudra décidément changer totalement d’orientation . Est-ce possible? Quand on examine la trajectoire politique de Bocquet depuis 20 ans, on peut hélas fortement en douter.