A titre d’information, le PRCF informe ses lecteurs sur la position de Nicolas Marchand membre du PCF a propos d’une eventuelle participation « communiste«  (sous entendu membre du PCF) au  gouvernement.

VOICI L’INTERVENTION:

La profondeur de la crise crée une situation absolument inédite, pour tout le monde; et une situation très mobile. Ça implique qu’aucun schéma préconçu n’est valable. Regardez: le pacte Merkel-Sarkozy paraissait un fait accompli que seul un référendum pourrait mettre en cause. Il est mis en cause et une renégociation est à l’ordre du jour.

La solution « austérité » paraissait faire consensus solide entre droite et sociaux-libéraux. Elle est en partie mise en cause et la question de la croissance et de ses moyens est posée.

Rien n’est écrit sur ce qui va se passer, et sur ce que nous avons à faire. C’est le moment de ne pas être dogmatique, d’être créatifs et novateurs, avec nos acquis en matière de propositions.

On va vers, on est même déjà dans un bras de fer politique et idéologique en France et au niveau européen, dans lequel on doit s’impliquer: pas possible de rester spectateurs; tabler sur l’échec en espérant ramasser plus tard la mise serait une folie; il y a un défi immédiat d’initiative et de propositions rassembleuses.

C’est essentiel pour la campagne des législatives: il faut placer le vote pour nos candidats dans une perspective positive.

Qu’est ce que je veux dire par perspective positive ?

Je veux dire: ne pas capituler par avance sur un échec inéluctable, ne pas s’en tenir à « rien à attendre de Hollande », « pas d’illusions». Agir et proposer avec une démarche mobilisatrice, pour faire bouger les choses. Avec les gens, et au niveau institutionnel.

Hollande va ouvrir tout de suite des dossiers précis.

On doit intervenir sur ces dossiers: emploi et salaires, retraites, moyens financiers et question du pôle public bancaire, réorientation européenne, avec des propositions opérationnelles.

Par exemple sur l’Europe: la priorité immédiate n’est plus le référendum, puisqu’il y a une renégociation. Il faut maintenir la demande de référendum, mais d’abord être dans la bataille sur la renégociation, en étant offensifs, donc sans postuler que c’est mission impossible.

Attention aux idées du genre « on sera l’opposition de gauche à Hollande. »

Bien sur si la situation le rendait justifié, on sera cette opposition. Mais il ne faut pas l’espérer: ça signerait un échec et une situation dangereuse.

Ce que les gens veulent, c’est que ça marche. Soyons dans cette bataille pour que ça marche, menons la bataille d’idées, de propositions sur les leviers pour que ça marche: un crédit émancipé du marché financier avec le pôle public financier; avec une bataille de transformation de l’euro et de la BCE; des pouvoirs d’intervention des salariés.

Ça concerne aussi la façon d’aborder la question du gouvernement.

Il faut vraiment laisser la question ouverte; ça ne veut pas dire dans mon esprit qu’il faudra aller au gouvernement, je n’en sais rien pour l’instant; mais il faut bien réfléchir au message à porter dans le mois qui vient: est-ce que c’est « rassurez-vous, on n’ira pas au gouvernement », ou est-ce que ce n’est pas plutôt « essayons de créer une situation qui permette d’avoir un gouvernement bien à gauche auquel nous pourrons participer ».

Ce qui domine actuellement, dans nos rangs (pas dans notre électorat), c’est la hantise de la dérive suiviste du PS après 1997.

Il ne faut surtout pas refaire les mêmes erreurs.
Mais l’erreur, est ce d’avoir été au gouvernement? N’est ce pas plutôt la ligne suiviste qui a été choisie et mise en œuvre? Est-ce qu’aller au gouvernement  implique le suivisme, interdit d’expérimenter une ligne de lutte, jusqu’à ne pas craindre le cas échéant de s’en faire sortir; est-ce que ça s’oppose à l’ambition d’identifier de l’intérieur une alternative?

Je ne sais pas ce qu’il faudra décider en juin. Mais je pense qu’on aura intérêt à décider sur les données de juin 2012, pas simplement par un réflexe découlant de nos mauvais souvenirs.

Des camarades me disent; d’accord, on ne décidera qu’en Juin, mais j’espère qu’on décidera de ne pas y aller! Je réponds: certes, pas question d’y aller à tout prix, ni pour un plat de lentilles, mais on devrait espérer pouvoir y aller; espérer et agir pour que la situation, avec notre bataille et la mise en avant de nos propositions, nous permette de décider d’y aller. Et je pense que c’est ça qu’on a intérêt à porter dans la campagne des législatives, plutôt que céder à la tentation influencée par le gauchisme de promettre qu’on ira pas.