Lettre ouverte 
De Léon  Landini / 8, rue du Clos La Paume / 92220  Bagneux leonlandini@free.fr
A Musée de la Résistance Nationale 88, Avenue Marx Dormoy  BP 135 94501  Champigny/marne

Vous trouverez ci-jointes les copies des  lettres adressées:
1)
 Au Monde et à l’Humanité « quand le PCF négociait avec les nazis ».
2) La réponse à Pennetier.
3) La réponse à Pierre Favre.
4) Lettre à Guy Krivopissko.

Messieurs,

Je viens de recevoir de votre part, une invitation me conviant à participer à une « Table ronde » animée par  Claude Pennetier, et Jean-Pierre Besse.

Table ronde ayant pour thème « Qui sont les fusillés ? du Val de Marne et d’ailleurs ».

C’est avec  surprise, (c’est le moins que je puisse dire)  que je découvre que les deux « historiens » qui vont animer ce débat, ce sont ceux avec qui  en 2006 ma défunte camarade  Simone Nicolo-Vachon et moi-même avions  eu maille à partir, suite à la parution d’un de leur livre indiquant « Quand le PCF négociait avec les nazis ».

Livre qui avait à l’époque bénéficié  d’une large présentation dans le journal « Le Monde », mais également d’une surface analogue (2 pages) dans « L’Humanité ».

C’est à la suite de cette publicité faite par la presse que  nous avions adressé une lettre de protestation et de mise au point aux deux journaux précités qui s’étaient bien gardés de nous répondre et d’en faire état.
Notre texte de protestation avait été publié sur le site « d’Initiative Communiste ».

Pour les même raisons l’historienne Annie Lacroix-Riz avait également sévèrement fustigé ces deux personnages.

Dans ce livre, ces deux individus mettent longuement en évidence,  des démarches qui en 1940 auraient été faites  par des communistes pour faire reparaître légalement le journal L’Humanité affirmant que  le PCF négociait avec les nazis.

Afin de salir le PCF, ces « messieurs »  s’appuient comme preuve, sur un « document d’archives ».

Ce document  écrit dans un style à la « syntaxe approximative » (dixit Le Monde) dans un vocabulaire infantile et inculte, sent la fabrication de circonstance et pue la basse provocation policière.

A sa lecture, on se pose tout de suite la question : comment un document aussi inepte, aussi débile a-t-il pu servir de base à l’argumentation de ces deux personnages ?

Dans leur livre, Pennetier et Besse « estiment » que le rédacteur de ces notes serait le communiste Maurice Tréand.

« Estiment ».  Des historiens sérieux, faisant sérieusement leur travail « n’estiment pas, ne présument pas, ne supposent pas, ils travaillent à partir de faits précis, en croisant archives et témoignages, en tenant compte du contexte historique dans lequel  les faits se sont passés et non pas à partir d’estimations.

Il convient, pour l’événement  mis en exergue par Pennetier et Besse, de se rappeler  que le 26 septembre 1939 le Conseil des ministres décida la dissolution du Parti Communiste Français. Quiconque contrevenait  à ce décret encourait de longue peine de prison.

A partir de cette date le Parti communiste n’avait plus d’existence légale et  contrairement à certaines légendes le Parti n’avait  pas d’appareil clandestin.

Après cette dissolution, toute liaison étant interrompue, des communistes ont été amenés à prendre seul  ou à quelques-uns seulement, des initiatives afin de démontrer au peuple français que la bataille pour la libération de notre pays ne faisait que commencer.

Des erreurs ont pu peut être, être commises, mais  c’est une malhonnêteté que d’extraire une éventuelle erreur commise, au milieu de tous les actes d’héroïsme effectués en même temps  par les communistes.

Aujourd’hui  constater que le Musée de la Résistance de Champigny permets à ces deux individus de se refaire une virginité en venant évoquer « Les fusillés du Val de Marne » m’irrite et le mot est bien faible, d’autant plus que ce n’est pas la première fois que les responsables du  Musée, oubliant leurs origines servent la soupe à des anticommunistes.

Dans un précédent courrier, je vous avais  dit qu’au moment où l’ensemble de nos médias à longueur d’ondes ou de colonnes, banalisent quotidiennement le nazisme, criminalisant sans cesse le communisme, il est indispensable que vos  écrits soient d’une clarté absolue, reflétant avec rigueur la vérité historique sans aucune concession ni complaisance.

Pas d’oublis, pas de phrases sibyllines qui permettent aux falsificateurs patentés de l’histoire contemporaine leur campagne de dénigrement envers l’Union Soviétique, envers les communistes, envers toute la Résistance et plus particulièrement contre le programme du Conseil National de la Résistance que nos gouvernants s’attachent à totalement détruire. 

Toutefois, il est certain que si vous aviez lu avec attention mes précédentes lettres vous auriez recherché d’autres animateurs que ces deux « historiens » à vue basse plus soucieux d’atteindre leurs objectifs que de faire preuve d’objectivité et vous n’auriez pas permis à ces deux individus  de venir redorer leur blason dans ce Musée, qui je le rappelle a  été créé par André Tollet.

 Je vous ai  adressé en octobre 2010, la copie d’une lettre que j’avais envoyée à Monsieur Pierre Favre, dans laquelle je vous faisais des reproches sur la façon plus que contestable, que vous aviez de présenté sur le bulletin pédagogique de 2009,  l’appel à la Résistance lancé le 17 juin 1940 par Charles Tillon.

En mentionnant cet appel vous écriviez : « En juin 1940 Charles Tillon est dans la région de Bordeaux. Député communiste entré dans la clandestinité depuis les mesures contre le Parti communiste  …. De sa propre initiative il rédige un tract condamnant la guerre impérialiste et le fascisme hitlérien et appelant à la lutte pour l’indépendance nationale …. Le 23 juin, plusieurs milliers d’exemplaires du tract son diffusés à Bordeaux, avec l’aide de militants communistes ».

Pourquoi de sa propre initiative ? 

N’était-il le représentant et le porte parole du PCF dans cette région ? La preuve malgré les risques encourus, plusieurs milliers de tracs furent diffusés par les militants de son Parti. Ces tracts avaient-ils été distribués par des militants convaincus de la justesse de la lutte à mener pour rendre à la France sa liberté ou simplement pour obéir à une initiative personnelle  d’un dirigeant que beaucoup ne connaissaient même pas ?

Alors pourquoi de pareilles phrases sibyllines laissant entendre qu’il n’exprimait pas l’opinion de son Parti puisqu’il agissait de sa propre initiative?

Vous serait-il venu à l’idée d’employer la même expression pour l’appel du Général de Gaulle ?

L’appel à la Résistance de Charles Tillon lancé le 17 juin 1940, et qui mériterait une bien plus grande diffusion, est très vraisemblablement le premier et le seul appel distribué en si grand nombre à cette date.  Alors pourquoi  ce fait n’est jamais mis en évidence alors que, comme l’ont fait  Pennetier,  Besse et d’autres  pseudo historiens, s’attardent-ils tant sur une « éventuelle » erreur commise à Paris, si ce n’est pour discréditer le Parti Communiste ?

N’ai-je pas  également le 14 courant adressé un courrier à Guy Krivopissko par  lequel je vous exprimais  l’indignation que j’avais ressentie en lisant une fois encore une insidieuse attaque anticommuniste dans le bulletin pédagogique de 2011, avec la phrase suivante « L’été 1941 marque un tournant. L’attaque contre l’Union Soviétique change la situation. Certains résistants communistes sont décidés à entrer dans la lutte armée ».

Je vous ai pourtant fait parvenir à maintes reprises des documents incontestables (entre autres, lettres du poète Vercors au Général de Gaulle) certifiant  que les communistes n’avaient pas attendus l’attaque contre l’URSS pour entrer en Résistance.

Dans une de mes lettres, je démontrais que dès 1936 les communistes engagés en Espagne dans  les Brigades Internationales avaient été les premiers français à s’être élevés les armes à la main contre le fascisme et le nazisme et cela a été officiellement reconnu par le gouvernement français puisque quelques dizaines d’années plus tard le ministère des armées de notre pays leur a attribué la carte de combattant.
Je vous avais également fait parvenir le passage d’un livre écrit par le résistant et historien  Henri Noguères (qui n’était pas communiste) dans lequel il indiquait : « Il n’est pas convenable ni même décent de prétendre, comme l’ont fait tant de mémorialistes à mémoire courte et sélective et tant d’historiens à vue basse plus soucieux d’atteindre leur objectif que de faire preuve d’objectivité, que seuls des communistes agissant à titre individuel ont participé aux combats de la résistance pendant la toute première année ……… Il est toutefois une supériorité que nul ne peut contester aux communistes : c’est la part dominante, déterminante, prise par la résistance communiste dans le domaine de l’action directe …… Ils on été pendant très longtemps les seuls à frapper l’occupant ».

Pour avoir pendant plusieurs années collaboré à vos côtés  c’est avec beaucoup de tristesse que je constate votre dérive, vous faisant oublier que dans le Musée d’André Tollet, le respect de la vérité historique était l’élément fondamental  à la création et à l’existence de ce Musée.

Oui ! je suis triste et désolé d’être obligé de vous écrire cette lettre afin de vous rappeler au devoir qui est le votre : en tout état de cause respecter la vérité historique et surtout ne pas ouvrir « notre Musée » à ceux qui se disant « historiens » professent l’anticommunisme comme élément de promotion professionnelle.

Léon Landini

Ancien FTP-MOI, qui pendant de nombreuses années  à été à vos côtés,  membre du bureau du Musée.

P.S: J’espère  que vos deux historiens ne seront pas rétribués comme cela  s’était produit, (malgré ma violente protestation)  lorsque vous avez versé une  indemnité à la viscérale anticommuniste Annette Wieviorka pour être venue faire une conférence. Je vous rappelle que beaucoup de nos camarades n’ont jamais réclamé un centime de dédommagement même lorsqu’ils dû effectuer de longs voyages pour représenter le Musée.