Une riposte syndicale vigoureuse et une action politique forte de la part du camp progressiste sont urgentes. Les godillots de l’UMP viennent de voter ce 25 novembre une loi portée par le gouvernement Fillon et dont l’objet  est d’engager la casse finale d’EDF, d’accroître sensiblement les profits des distributeurs privés de courant et… d’augmenter lourdement les prix payés par les usagers.

Bien entendu le PS s’est mollement opposé à ce projet alors que sur le fond, ce parti est totalement co-responsable de l’adoption des traités et des directives européennes qui conduisent à casser les « monopoles d’Etat » (et à renforcer les monopoles privés!) dans tous les domaines.

Bien entendu, la direction d’EDF, désormais conduite par un PDG milliardaire qui n’a rien à refuser au pouvoir, a tout fait, non pas pour défendre son entreprise, mais pour aider le pouvoir à la casser.

Quant à la direction CGT de l’EDF, pourtant majoritaire dans l’entreprise, elle porte une responsabilité lourde dans cette casse de l’entreprise qui conduira tôt ou tard à sa  privatisation  totale s’il n’y a pas de réaction forte des travailleurs et syndicalistes de base: car c’est bien la direction de la CGT qui a accepté de « découpler » la question du statut de l’entreprise (monopole ou pas, actionnariat ou pas) de celle du statut et des retraites, avec les résultats qu’on sait sur la casse des « régimes spéciaux ».

En attendant, ce pouvoir des super-riches, dont chacun voit bien qu’il n’est pas près de « faire la pause » et qu’il n’est que l’exécutant servile de Bruxelles, de Suez et de « Powéo », impose à EDF de vendre 25% de son électricité, payée par tous les Français qui ont financé les centrales nucléaires et l’équipement électrique, au secteur privé.

Le prétexte de la « baisse-des-prix-permise-par-la-concurrence » ne trompe plus personne et les députés qui ont voté ce projet ne méritent que le mépris de leurs électeurs, fussent-ils de droite. Car chacun sait qu’en réalité, les « privés » se désolaient de ne pas avoir vraiment percé sur le « marché », l’immense majorité des usagers étant restés fidèles à EDF, l' »opérateur historique ». Il fallait donc forcer la main aux usagers: pour cela, pour que le privé devienne « compétitif », il fallait obligatoirement qu’EDF… AUGMENTE SES TARIFS. Et c’est bien, avec la nouvelle loi, ce qui va se passer, puisqu’on annonce déjà, en pleine période de recul salarial, que l’augmentation moyenne des prix de l’électricité l’an prochain, sera de 11, 4%!

Pas de problème pour MM. les actionnaires, dont certains ont vu leurs dividendes augmenter de 1000% en cinq ans, mais pour le salarié, dont les salaires sont bloqués (et en recul clair et officiel pour ce qui concerne les fonctionnaires en raison des nouvelles cotisations retraites qui leur sont infligées… pour partir plus tard et toucher moins!),  pour les pensionnés, pour les chômeurs, pour les assurés sociaux, dont les pensions et les prestations ne cessent de plonger!

Ne parlons pas du personnel d’EDF qui pourra difficilement défendre ses acquis mérités (qui va remettre les câbles électriques en place en cas de tempête de neige?) et son statut si la casse et le démantèlement d’EDF, déjà détachée de GDF par le « sympathique » De Villepin qui a donné ce joyau industriel à ses amis de SUEZ, ne sont pas à temps stoppés par une action de grande ampleur associant les salariés, les usagers et toutes les personnes attachées à l’intérêt national. En particulier, il semble que le pouvoir et la direction d’entreprise à sa botte préparent une attaque géante contre le 1% consacré par EDF aux œuvres sociales en vertu de la loi de nationalisation édictée en 1946 par le ministre communiste et résistant Marcel Paul.

C’est pourquoi le PRCF et ses militants salariés à EDF appellent très clairement:

a) à présenter des revendications claires: reconstruction d’un pôle EDF/GDF 100% public et disposant d’un monopole d’Etat sur le transport et la gestion de l’électricité et du gaz avec expropriation pure et simple des actionnaires capitalistes: aucune indemnité pour ces requins qui se sont contentés de parasiter les installations payées par l’argent public

b) à la sortie de l’Union européenne du grand capital, à l’abrogation des Traités de Maastricht et de Lisbonne! Assez de mensonges des directions syndicales, de la fausse gauche et de la fausse extrême gauche sur le prétendu « service public européen » de l’Energie, dont le seul but est de faire rêver le bon peuple de l’introuvable « Europe sociale » pendant que Sarkozy, l’OMNIPROCONSUL DE L’EUROPE désosse la nation républicaine reconstruite à la Libération par les ministres communistes Marcel Paul, Maurice Thorez (statuts), Ambroise Croizat (Sécurité sociale), etc.

Au niveau de l’action, le PRCF propose et proposera inlassablement à toutes les organisations qui se réclament de la gauche, du progrès social et de la République indépendante et sociale, de co-organiser au plus tôt une énorme « manif des manifs » à Paris contre Sarkozy et l’ensemble de sa politique antisociale, antinationale et anti-républicaine. Le « tous ensemble » auquel aspire le mouvement populaire, jusqu’à et y compris le blocage total du profit capitaliste, arrêtons d’en parler et CONSTRUISONS-LE par des initiatives unitaires sans laisser souffler ce pouvoir indigne et sans attendre la pseudo-alternance maastrichtienne préparée dans le dos du peuple par les Strauss-Kahn, Aubry et tous les autres serviteurs de Maastrich, de Powéo et de Suez, Canal anti-historique!