GENERAL MOTORS en faillite à 100 ans

Le géant de l’automobile américain General Motors (GM), fondé en 1908 et ex-numéro un mondial de l’automobile, doit se placer aujourd’hui sous la protection de la loi contre les faillites. A l’issue d’une procédure de redressement, l’État américain détiendra 60% de l’entreprise, en échange d’une aide totale de 50 milliards de dollars. GM subira une cure d’amaigrissement drastique avec la fermeture de plusieurs sites.

Cadillac, Chevrolet, Buick… des noms qui sonnent comme un titre d’Elvis, comme une portion de la route 66, comme un baiser gominé dans un drive-in, bref, comme le rêve américain, incarné dans le dieu automobile.
Tous ces noms peuvent se résumer en un seul : General Motors. La firme de Detroit, fondée en 1908, quasiment à la naissance de la voiture, détient toutes ces marques. Et comme le symbole du leadership américain vacillant, elle trébuche aujourd’hui pour tomber sous la protection du fameux chapitre 11 du code des faillites américaines. En d’autres termes, c’est le dépôt de bilan.

La nouvelle était attendue, et le plan de redressement était déjà prêt, avec l’Etat américain dans le rôle du preux chevalier. Un sauveur qui n’a pas le sourire. L’État fédéral détiendra 60% du capital de GM nouvelle version, et augmentera son aide de 30 milliards de dollars. Ce qui portera la béquille financière accordée par l’Oncle Sam à 50 milliards de dollars, plus que pour Chrysler, l’autre grand malade de l’industrie automobile US.

En échange, GM est plus que jamais prié de maigrir. La firme doit fermer cinq sites aux États-Unis et perdre 47.000 emplois dans le monde (sur 200.000 ) d’ici 2012. Et l’administration Obama a demandé et obtenu la tête de l’ex-PDG, Rick Wagoner, qui a démissionné en mars.

Cet épisode, qui n’est peut-être pas le dernier de la saga GM, est l’achèvement logique d’un cycle entamé dès les années 80. A l’époque, le poids-lourd de Detroit détenait 45% du marché automobile aux USA, contre 22% en 2008. Suivant cette pente, GM est arrivé dans le rouge en 2005, avec au compteur environ 90 milliards de dollars de pertes nettes cumulées – premier trimestre 2009 compris.

Commence alors un cycle de restructurations. La firme qui employait plus de 600.000 personnes dans les années 60, doit revenir à 200.000.

Coup de grâce, GM perdait début 2009 sa place de numéro un mondial au profit du japonais Toyota, qu’il n’avait pas vu grimper, avec ses petites voitures quand GM sortait des chaînes de gourmands 4×4.

Hasard du calendrier, c’est aujourd’hui qu’une autre institution automobile de Detroit, Chrysler, est fixée sur son sort. Après avoir déposé le bilan en avril, le numéro trois américain est sauvé par l’Italien Fiat, à la tête d’un groupe d’investisseurs. Fiat contrôlera 20% du capital du nouveau Chrysler. A Detroit, seule la doyenne, Ford, reste pour l’instant sur ses deux pieds.

FRANCE INFO