Energie nucléaire: Pour un référendum sur la nationalisation d’EDF

Communiqué de l’Arc Républicain de Progrès

A la suite du séisme qui a frappé le Japon, au moins trois réacteurs nucléaires sont l’objet de très graves incidents dans ce pays.

Ces réacteurs sont de conception états-unienne ancienne. Ils ont plus de 40 ans,

pas de bâtiment réacteur en protection renforcée (toit plat et non en coupole demi sphérique), pas de circuit intermédiaire pour l’évacuation de la chaleur (fabrication de la vapeur-réacteur dit à eau bouillante- dans la cuve du réacteur lui- même et non par des générateurs de vapeur extérieurs), etc. La compagnie qui exploite ces réacteurs, TEPCO, est une dont 97% du capital est privé, dont les actionnaires sont japonais ou étrangers, des particuliers ou des institutions financières. Cette compagnie a déjà défrayé la chronique les dernières années.

Cette grave situation confirme notre vision du nucléaire civil pour notre pays, selon laquelle l’énergie nucléaire est une entreprise trop sérieuse pour être laissée aux mains des capitalistes et à leur logique de profit maximum immédiat ou de concurrence libre et non faussée. Il y a donc une urgence nucléaire en France : Abolir la loi NOME et la concurrence pour la production et la distribution d’énergie, rétablir le contrôle de la société, en l’occurrence de l’Etat, sur cette ressource, réaliser le retrait de l’actionnariat privé qui impose la productivité maximale.

Car c’est seulement ainsi que l’on peut redonner toutes les ressources à EDF devant redevenir publique, et non à des actionnaires et des firmes privées (ex : Direct Energie, Poweo, Suez) qui exigent la vente à bas prix, au détriment d’EDF, du courant dans les centrales, dont le gouvernement vient d’autoriser la prolongation de la durée de vie de 40 ans à 60 ans. Les bénéfices de cette autorisation doivent être gardés par EDF, pour payer les investissements de sécurité concernant lignes, barrages et les centrales, ainsi que la recherche et les études. Les lois et traités criminels, absurdes, imposant l’”ouverture à la concurrence” doivent être dénoncés, en particulier pour des raisons de sécurité nationale mais aussi, internationale.

En effet, le coût de l’électricité nucléaire est essentiellement celui de la sécurité. Or la mise en concurrence ne profite qu’aux investisseurs, et aux très gros consommateurs industriels, seuls à même de faire jouer la concurrence. Les salariés sont soumis aux pressions et au harcèlement, les consommateurs victimes des ententes et monopoles de fait (sur un territoire). Cette plus – value exigée par les investisseurs se fait donc au détriment de la sécurité.

Remarquons que tous les partis, en particulier les écologistes, ont accepté le traité de Maastricht, qui met en place cette concurrence. Ces derniers s’en font même les héros, au nom de l’Europe et de leur lutte contre les lobbys, surtout s’ils défendent les intérêts de l’Etat français.

Enfin cette mise en concurrence se fait par la destruction des savoir-faire et de la souveraineté sur les composants et les systèmes : par exemple, la fabrication des générateurs de vapeur de nos centrales est désormais confiée aux chantiers navals japonais de Kobé, suite à ces appels d’offre internationaux imposés par Bruxelles, amenant ainsi la désindustrialisation et la mise en danger de la population.

La politique énergétique de la France et sa sécurité impliquent manifestement le rétablissement de la souveraineté populaire et de l’indépendance nationale ainsi que la nationalisation démocratique de ce secteur stratégique. Cette ré-appropriation publique d’EdF devrait selon nous, bénéficier d’une gestion tripartite, Etat- salariés -usagers.

Le peuple de France qui est en état de légitime défense d’être exposé à des risques majeurs, suite à des décisions prises par des instances européennes illégitimes où la logique financière prime sur la sécurité des populations, devra imposer sa consultation directe par référendum, aux représentants de l’oligarchie financière mondialisée au pouvoir dans notre pays. Cette consultation pourrait être éventuellement, un référendum d’initiative populaire posant la question au peuple – nation du rétablissement définitif du secteur public de l’énergie.

Paris, le 14 mars 2011

http://www.comite-valmy.org/spip.php?page=forum&id_article=1270