ÉLOGE DU COMMUNISME – ÉLOGE DE LA DIALECTIQUE (Brecht)

ÉLOGE DU COMMUNISME

Il est raisonnable. Chacun le comprend. Il est facile.
Si tu n’es pas un exploiteur, tu peux le comprendre.
Il est bon pour toi? Renseigne toi sur lui.
Les ignorants disent qu’IL est ignorant
Et ceux qui sont sales qu’IL est sale
Il est contre la saleté et l’ignorance.
Les exploiteurs l’appellent un crime,
Mais nous le savons :
Il est la fin des crimes,
Il n’est pas une folie, mais
La fin de la folie.
Il n’est pas le mystère
Mais la solution.
Il est le simple
Qui est difficile à faire

 

Bertolt Brecht – 1932.

 

 

ÉLOGE DE LA DIALECTIQUE

L’injustice aujourd’hui s’avance d’un pas sûr.
Les oppresseurs dressent leurs plans pour dix mille ans.
La force affirme: les choses resteront ce qu’elles sont.
Pas une voix, hormis la voix de ceux qui règnent,
Et sur tous les marchés l’exploitation proclame: c’est maintenant que je commence.
Mais chez les opprimés beaucoup disent maintenant :
Ce que nous voulons ne viendra jamais.Celui qui vit encore ne doit pas dire : jamais!
Ce qui est assuré n’est pas sûr.
Les choses ne restent pas ce qu’elles sont.
Quand ceux qui règnent auront parlé,
Ceux sur qui ils régnaient parleront.
Qui donc ose dire: jamais ?
De qui dépend que l’oppression demeure? De nous.
De qui dépend qu’elle soit brisée? De nous.
Celui qui s’écroule abattu, qu’il se dresse!
Celui qui est perdu, qu’il lutte !
Celui qui a compris pourquoi il en est là, comment le retenir?
Les vaincus d’aujourd’hui sont demain les vainqueurs
Et jamais devient: aujourd’hui.

(traduction Maurice Regnaut)