De la crise de régime à la crise révolutionnaire ?

Pôle position du 7 juillet 2010
Le PRCF commente l’actualité sur la toile

Tous les éléments d’une crise majeure de régime, qui pourrait tourner rapidement à la crise révolutionnaire si notre peuple prend conscience de sa force, se sont accumulés dans la dernière période.

Bien qu’élu avec bon nombre de voix populaires, le régime UMP a rapidement affiché sans retenue sa nature brutalement antisociale, anti-républicaine et antinationale. Totalement inféodé au MEDEF, à l’oligarchie neuilléenne des grandes fortunes et à la dictatoriale Union européenne, -elle-même de plus en plus vomie par les peuples d’Europe-, Sarkozy a vite montré par ses méthodes, par le “style” grossièrement despotique de sa politique, et surtout, par le contenu de sa politique, qu’il n’est en rien le “président de tous les Français” mais bien un chef de guerre de la droite dure, désireuse d’en finir avec les acquis sociaux, les services publics, la grande industrie française et la classe ouvrière productive, sans parler de la séparation constitutionnelle des pouvoirs, de la laïcité “à la française”, de l’indépendance nationale piétinée par le Traité de Lisbonne. Le but du régime a été d’emblée affiché par Denis Kessler, l’éminence grise du MEDEF, qui a félicité Nagy-Bocsa, dès novembre 2007, d’entreprendre le “démantèlement du programme du CNR”.

Avec la casse totale du système de retraites par répartition hérité de la Libération et du ministre communiste Ambroise Croizat, avec l’acceptation par Sarkozy de la procédure humiliante qui va conduire la France chaque année à soumettre son budget aux hommes d’Angela Merkel avant même de passer par le parlement français, avec le viol permanent de la constitution et de la légalité (1), la “purge” grossière de France-Inter, la démolition rapide des hôpitaux publics et de proximité, la hausse brutale du prix du gaz et de l’électricité semi-privatisée, avec les centaines de milliers d’emplois supplémentaires à dégager dans la fonction publique, avec la BAISSE DU SALAIRE des fonctionnaires matraqués de tous les côtés, avec l’annonce de nouvelles et décisives attaques contre le noyau dur de la Sécurité sociale, ce régime est en passe de révéler aux Français ce que le Pôle de Renaissance Communiste en France fut le seul à proclamer nettement dès son origine: sa totale illégitimité. Car il suffit de lire le 1er livre du Contrat social de Rousseau, ce texte fondateur de la République française, pour apprendre qu’une élection ne vaut que dans le cadre d’un contrat social respectant la liberté et l’égalité des citoyens; au contraire, “quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple et pour toute fraction du peuple le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs” (préambule de la constitution de l’An I).

L’écoeurement de la population est tel qu’aux européennes comme aux régionales, près de 60% des inscrits se sont abstenus et que le “parti majoritaire” que se prétend l’UMP n’a obtenu qu’11% des inscrits lors du dernier scrutin. Quant à Sarkozy, qui n’a que 26% d’opinions favorables dans le dernier sondage, sa gestion calamiteuse de la nauséeuse affaire Woerth-Bettencourt montre qu’il ne tient désormais plus que par le fait qu’il tient le manche de l’appareil d’Etat. La démission de deux ministres-lampistes, parfaitement indécents d’ailleurs, ne pourra suffire à cacher aux manants que nous sommes le fait que le trésorier collecteur d’argent de l’UMP est aussi ministre du budget national, que son épouse travaille pour la 1ère fortune de France et principale bénéficiaire du “bouclier fiscal” mis en place par la même UMP.

Comme si cela ne suffisait pas, le régime étale désormais de manière répugnante sa proximité cynique avec les grandes fortunes de France, ces parasites monstrueux de la société qui, non contents de ramasser des millions d’euros par jour sans rien faire, trouvent encore le moyen de frauder le fisc et… d’obtenir des remboursements fiscaux d’un Etat qui se dit “trop endettés” et qui sabre en ce moment, non dans les niches fiscales des riches, mais dans les maigres avantages sociaux des étudiants!

Dans ces conditions, une opposition digne de ce nom devrait réclamer la démission du gouvernement, et même celle de ce président si peu digne de sa fonction, éventuellement exiger de nouvelles élections. Ce ne serait pas du “populisme”, sauf à considérer qu’il est anormal que le peuple, en démocratie, contrôle et sanctionne les gens au pouvoir quand ils s’avèrent indignes de leurs fonctions. Et c’est au contraire parce que l’ “opposition établie”, du PS au sarko-rallié Bayrou en passant par l’histrion provocateur Cohn-Bendit ne fait pas son boulot que l’extrême droite raciste risque de s’emparer de cette situation nauséeuse pour faire un nouveau bond en avant et achever de déshonorer notre pays en grave souffrance.

Alors que nombre de couches sociales qui ont soutenu Sarkozy, éleveurs laitiers, professions médicales, et même certains hauts fonctionnaires, se détournent du régime, celui-ci ne tiendrait pas bien longtemps si la “gauche établie”, en réalité, ne le soutenait pas à bout de bras.

Et c’est Martine Aubry qui poursuit sa valse-hésitation sur les retraites en ralliant en réalité le report à 62 ans (en réalité à 67 pour une pension à taux plein!) de l’âge de départ à la retraite, comme l’a d’ailleurs signé Jospin en 2002 dans le cadre des accords européens de Barcelone, et comme le FONT Zapatero et Papandréou, tous deux dirigeants de l’Internationale “socialiste”.

Et c’est Strauss-Kahn et Valls qui soutiennent ouvertement le projet Sarko-Woerth de casse des retraites
en se servant de l’argument “pénibilité” comme d’un écran de fumée. Car aujourd’hui quel est le travail “facile” et “ludique”? Celui de prof dans des classes surchargées et souvent, agitées? D’infirmière courant d’un étage à l’autre sans pouvoir parler aux patients angoissés? Celui d’employé de “France”-Télécom obligé chaque jour de tenir les consignes impossibles et le “timing” des “managers” qui ont conçu le “time to move” en tout respect de la langue du pays?

Et c’est aussi hélas le PCF, si assagi et rangé du combat de classe, dont les dirigeants vont bien sagement chez Sarko quand celui-ci les convoque quelque part.

Et c’est aussi, plutôt trois fois qu’une, Chérèque, le digne héritier de son papa, liquidateur d’ETat de la Sidérurgie lorraine et digne successeur de Notat, l’inspiratrice du plan Juppé en 95, qui n’accompagne le mouvement populaire contre le projet Woerth que pour empêcher les salariés de demander le RETRAIT pur et simple de cette contre-réforme qui va transformer des millions de pensionnés en PAUVRES. Quant à Thibault, n’en est-il pas à proposer aux salariés d’agir pour “CHANGER LA REFORME” au grand dam de nombreux syndicats CGT, SUD, FSU qui se prononcent pour le retrait pur et simple, pour l’annulation des contre-réformes retraites de 93, 2003 et 2007, et pour la construction du tous ensemble en même temps (certains proposent clairement la grève générale et le blocage des sites industriels et des centres commerciaux).

La réalité, c’est que la fausse gauche est LE DERNIER REMPART DE SARKOZY ET DE LA POLITIQUE EUROPENNE.

Que lui demandons-nous, nous les vrais communistes? De faire la révolution? Nullement, nous savons bien que nous n’allons pas transformer les trottinettes réformistes en rouges F1 de l’insurrection. Nous exigeons seulement que ces gens CESSENT DE DISCUTER avec SARKO, de CAUTIONNER les SIMULACRES DE NEGOCIATIONs.

Et nous proposons à tous ceux qui, de bonne foi, continuent de soutenir les Aubry, Chérèque, Thibault, de méditer ces fortes paroles d’Etienne de La Boétie, dans son “Discours de la servitude volontaire“. Parlant du tyran et de l’aide que lui apportent ses courtisans, il écrit: “JE NE VEUX PAS QUE VOUS LE POUSSIEZ OU QUE VOUS L’EBRANLIEZ; MAIS SEULEMENT NE LE SOUTENEZ PLUS ET VOUS LE VERREZ COMME UN GRAND COLOSSE A QUI L’ON A DEROBE SA BASE, S’ECROULER SOUS TOUT SON POID MEME ET SE BRISER“…

Car il n’y a de tyrannie que par le consentement des esclaves, et pire encore, des FAUX OPPOSANTS.

Alors, osons le dire et le clamer en usant de notre liberté d’expression pendant qu’elle existe encore: ce président, ce pouvoir, cette UE ne sont pas légitimes, le peuple seul est le souverain dans une vraie République, c’est le peuple qui élit et révoque ses représentants, ce n’est pas le peuple qui est “tenu” par l’élection d’un moment. Serait-il donc si subversif que cela de rappeler ce qui n’est qu’une évidence pour n’importe quel démocrate ?