A propos du nouveau pape

pape francois HDÇa ressemble fort à une révolution (au moins formelle) au sein de l’Église et Apostolique Romaine…

Pour la première fois depuis la fondation par Ignace de Loyola de l’Ordre de Jésus en 1540, le Conclave a élu un cardinal de cette obédience à la tête de l’Église. Ce qui ajouté au fait qu’il vient du continent américain et qu’il a choisi le pseudonyme de   ( se référant au Saint d’Assise symbole des pauvres) montre la claire volonté de voir l’Église orienter son attention vers les catégories sociales  laissées pour compte par l’économie mondialisée.

Cette élection surprise ne peut être le  simple fait  d’un hasard électoral du scrutin  exprimé par le Collège des 115 Cardinaux  ”actifs” . La rapidité avec laquelle est survenue la ”sfumata bianca” conforte l’idée d’une entente préalable entre les principaux courants politisés qui traversent le sacré collège. D’autant plus que le Vénérable élu ne figurait pas parmi les papabili affichés.

Cela peut signifier aussi que des impératifs internationaux dépassant les traditionnels clivages internes rendaient nécessaire un changement de cap aussi radical que celui que promet l’avènement de François .

Les jésuites faisant vœu  de pauvreté, nous avons déjà pu constater le contraste qui ne va pas manquer de s’affirmer entre le panache et le faste du règne de Benoît XVI , qui adorait  le luxe vestimentaire affirme-t-on  et la sobriété, l’humilité voire le dépouillement de la papauté de François.

L’Évêque de Nice, le jeune Mgr Louis Sankalé interviewé par Nice-Matin a notamment déclaré :sa liberté de ton laisse, néanmoins présager de lui des choses assez nouvelles, venant d’un autre continent , il a sans doute un regard différent sur la planète. Sur certaines réalités économiques, la misère ou encore les rapports Nord Sud. Ça va nous décentrer de certaines choses et ça ne nous fera pas de mal…

Ce sont là des paroles lourdes de sens.

On peut penser que l’Église catholique qui a toujours constitué un des plus solides piliers spirituels des classes dominantes  des différents types  de sociétés économiques qui se sont succédées jusqu’ici,  veut se mettre à l’heure de la mondialisation. le Capital  doit en effet s’adapter à la nouvelle donne du marché  devenu absolument mondial engendrant  ainsi,  sous la pression de l’universalisation des rapports humains, qu’ils soient économiques, sociaux ou politiques des contraintes et des réactions inédites à son hégémonie ancestrale. Tout ceci piloté par les incessants progrès des forces matérielles scientifiques et techniques  de l’époque actuelle.

Or, c’est dans cette Amérique du sud que se concrétisent le plus visiblement les contradictions antagonistes entre les classes sociales. Les luttes qu’elles engendrent en se développant  pourraient aller jusqu’à menacer l’ordre économique majoritairement accepté jusqu’ici par les masses populaires en effervescence.

Il appartient  donc aux collectifs des cénacles de théoriciens et penseurs mondiaux de ce capitalisme dominateur et conquérant  de mettre au point une stratégie nouvelle pour parer à ce danger vital pour le type d’économie qu’ils prônent et imposent à un monde de plus en plus rétif.

La nécessité d’un recours urgent au lénifiant message religieux se manifeste impérativement. à leurs yeux, parallèlement au développement simultané de procédés laïques visant le même but. Une contre offensive tous azimuts idéologique et politique du Capital se construit contre les prémices révolutionnaires en gestation de par le monde à commencer par les pays du Sud Amérique.

Elle constitue l’une des phases les plus visibles de  la lutte des classes qui se déroule et va, désormais,se développer au niveau mondial.

L’élection de ce pape hors normes   est donc une des étapes de la lutte idéologique planifiées. D’autres formes de ce combat pour gagner les esprits sont simultanément étendues et  appliquées à la domestication absolue de la grande majorité des Médias nationaux et  mondiaux.. S’y ajoutent des opérations de terrain, dont l’extension des guerres régionales, la préparation systématique des opinions publiques à des conflits armés, les campagnes contre les pays insoumis  accusés de violer la sacro-sainte simili démocratie à l’occidentale, le sur-armement généralisé et sophistiqué de l’ensemble des États amis, la séquestration armée des territoires riches en réserves énergétiques, l’alliance (à risques) avec les monarques absolus du Moyen Orient pétrolifère  ( qui alimentent et manipulent de leur côté les groupes armés du fanatisme religieux pour rallier à leur cause les troupes intégristes du terrorisme international).

Voici brossé à grands traits personnels  le tableau  de la situation mondiale telle qu’elle peut apparaître à l’examen de faits concrets qui s’enchaînent et s’emboîtent au fil des jours… et que chacun peut continuer à examiner, à nier ou à ne pas vouloir examiner… Sauf que ce ne sont pas les dés qui en étant jetés décideraient,  au hasard, de notre sort futur.

Roger Bennati (06, l’ancien maire de Beausoleil)