
Italie : « Le 18 mai, nous bloquons le pays »
Selon les organisateurs, plus de 100 000 personnes ont participé à la manifestation nationale du 21 juin 2025 à Rome, réunissant environ 500 organisations dont l’ACLI, la FIOM et l’ARCI, pour dénoncer le plan européen de réarmement et les guerres en Ukraine, à Gaza et contre l’Iran. Et l’Italie des travailleurs n’en reste pas là. Contrairement à l’inaction complète décidée en France par une CGT de Sophie Binet complètement à la remorque de la CFDT et du Parti Socialiste, en Italie, le tous ensemble se fait dans la rue et par l’appel à la grève, autour d’une revendication simple « pas même un clou pour la guerre » et d’une méthode éprouvée « bloquer le pays ». Qui ne peut constater ici qu’en Italie, les mots d’ordres, les moyens de lutte (appel général à la grève doublé d’une manifestation nationale à Rome) proposés par le PRCF en France sont à même de réunir de façon offensive face à la droite extrême et l’extrême droite dans le tous ensemble la classe des travailleurs, la jeunesse ?
C’est l’USB — Unione Sindacale di Base qui est à l’origine de cette journée de mobilisation nationale de 24 heures du 18 mai 2026. Le syndicat a répondu à l’appel de la Global Sumud Flotilla après l’arraisonnement en eaux internationales de militants pro-palestiniens par l’armée israélienne, et la détention de deux d’entre eux, Thiago Ávila et Saif Abu Keshek. L’USB appelle à rompre la complicité de l’Italie avec la guerre, à stopper le réarmement, et à bloquer toute filière économique, industrielle, logistique, technologique et commerciale qui alimente les conflits. Le mot d’ordre est sans appel : « Nemmeno un chiodo per guerre e genocidio » — pas même un clou pour les guerres et le génocide.
La grève est aussi explicitement sociale. Le syndicat dénonce le gouvernement Meloni, l’Union européenne et l’OTAN comme coresponsables, qui « transforment la guerre en politique industrielle, en dépenses publiques militaires, en réarmement, et en sacrifices sociaux déchargés sur les travailleurs ». Les revendications internes portent sur les salaires, la santé publique, l’école, les retraites, le logement et la sécurité au travail. Le communiqué officiel résume la contradiction centrale : « Chaque euro destiné au réarmement est un euro soustrait aux salaires, à la santé publique, à l’école et à la sécurité sociale. »
Sur le plan des perturbations, la mobilisation touche quasi tous les secteurs du service public et plusieurs branches du privé : transports ferroviaires (régionaux et grande vitesse, dès 21h le dimanche 17), transports urbains à Rome et Milan, autoroutes (dès 22h le dimanche), santé, écoles de la maternelle à l’université, administrations publiques, ministères, INPS et Agence des impôts. Le transport aérien est exempté. Des plages horaires garanties (fasce di garanzia) restent en vigueur pour les transports en commun, depuis que les forces réactionnaires ont imposé ces importantes restrictions au droit fondamentale de grève.
Des cortèges sont prévus dans les principales villes italiennes — Rome, Milan, Naples, Gênes, Turin — en parallèle de la grève. Pour l’USB, ce 18 mai doit marquer « un saut de qualité dans la mobilisation » face à une guerre qui, selon le syndicat, ne se déroule pas seulement au Moyen-Orient ou en Ukraine, mais s’invite chaque jour dans les foyers italiens.
L’USB sonne le tocsin : Tous ensemble, « Pas même un clou pour la guerre »
Parmi les forces syndicales, c’est l’Union Syndicale de Base (USB) qui s’est distinguée par la radicalité et la cohérence de ses positions. Le syndicat, présent dans les transports, la fonction publique, l’enseignement et la santé, a multiplié depuis janvier les appels à la grève et les prises de position publiques contre ce qu’il nomme sans détour l’« économie de guerre ».
L’USB souligne que cette grève générale porte en elle tous les thèmes agités depuis des mois : grèves des travailleurs publics, des dockers, des transports, de l’école, des coopératives sociales. « Chacune de ces protestations a sa spécificité, et raconte en même temps une condition du travail en Italie qui subit des attaques permanentes sur les droits, le salaire et l’organisation.
Dans ses communiqués successifs, l’USB a articulé une analyse qui fait explicitement le lien entre engagement militaire, appartenance à l’OTAN et dégradation des conditions de vie des travailleurs : « La guerre entre dans nos vies. Elle entre dans les salaires qui perdent de la valeur, dans la santé publique vidée de sa substance, dans l’école appauvrie, dans le welfare taillé, dans les loyers qui augmentent, dans les prix qui s’emballent, dans l’essence qui pèse de plus en plus sur les familles. Chaque euro destiné au réarmement est un euro soustrait à ceux qui travaillent, à ceux qui étudient, à ceux qui se soignent, à ceux qui vivent de leur salaire. »
Le syndicat a également visé directement le gouvernement Meloni, l’Union européenne et l’OTAN, les désignant comme « coresponsables » : « Le gouvernement Meloni, l’Union européenne et l’OTAN soutiennent, couvrent et légitiment cette dérive, choisissent la sujétion aux États-Unis et à Israël, et transforment la guerre en politique industrielle, en dépenses publiques militaires, en réarmement et en sacrifices sociaux déchargés sur les travailleurs. »
Ce positionnement a culminé avec la proclamation d’un grève générale nationale de 24 heures pour le lundi 18 mai 2026, à laquelle adhèrent la quasi-totalité des secteurs du service public ainsi que de nombreuses branches du privé — transports ferroviaires et urbains, écoles, hôpitaux, administrations. L’USB a réaffirmé son mot d’ordre lancé à Gênes : « Nemmeno un chiodo per guerre e genocidio » — « Pas même un clou pour les guerres et le génocide ». Une formule qui résume une revendication concrète : que les travailleurs puissent exercer le droit de refuser la production, le transport ou la gestion de matériaux destinés à la machine de guerre.
Demain, la grève. Et après ?
À la veille de la grève générale du 18 mai, l’Italie pacifiste affiche une vitalité et une détermination qu’elle n’avait pas connues depuis des années. La question reste ouverte : cette mobilisation de rue, syndicale et pétitionnaire parviendra-t-elle à peser sur les décisions du gouvernement Meloni, solidement arrimé à l’axe Washington-Bruxelles-OTAN ?
Pour les organisateurs, le pari est d’inscrire dans la durée une pression citoyenne que les institutions ne pourront pas indéfiniment ignorer. « Nous sommes des citoyens, pas des sujets, écrit le Comitato Articolo 11 en conclusion de sa pétition. La Constitution nous demande de répudier la guerre. La crise nous impose de choisir : ou les armes, ou le pain. Nous avons choisi. »
Lundi 18 mai, trains à l’arrêt, écoles fermées, hôpitaux en service minimum : l’Italie fera entendre sa voix. Jusqu’à quand le pouvoir pourra-t-il faire semblant de ne pas l’entendre ?
Les partis politiques : une opposition fracturée mais croissante
Sur le plan parlementaire, le tableau est plus contrasté. Le gouvernement de Giorgia Meloni demeure engagé sans réserve dans les alliances occidentales. Mais dans les rangs de l’opposition, la guerre et le réarmement creusent des clivages profonds.
Au vote parlementaire à la Chambre, les groupes M5S et AVS ont voté contre le soutien à l’Ukraine, aux côtés de Futuro Nazionale — une coalition inattendue qui a provoqué des tensions vives au sein de l’opposition.
Le Mouvement 5 Étoiles de Giuseppe Conte et Alleanza Verdi-Sinistra de Nicola Fratoianni et Angelo Bonelli forment la pointe la plus avancée de l’opposition pacifiste. Lors du vote parlementaire à la Chambre sur le soutien militaire à l’Ukraine en 2026, les deux formations ont voté contre, aux côtés du mouvement souverainiste Futuro Nazionale — un front inattendu qui a suscité des remous au sein du centre-gauche.
Nicola Fratoianni a été l’un des plus directs dans sa critique des institutions supranationales : « S’il y a une chose qui est très claire, c’est que jeter 800 milliards d’euros dans de nouvelles armes signifie se suicider, suicider l’Europe et son projet. » Il a ajouté, lors du cortège de juin 2025 : « La guerre porte avec elle l’économie de guerre et, en même temps que la vie de ceux qui sont sous les bombes, elle détruit la possibilité de construire davantage de droits sociaux, environnementaux et de liberté. »
Giuliano Granato, porte-parole national, a quant à lui insisté sur la nature politique du choix : « Le réarmement n’est pas inévitable, c’est un choix politique. Seule la mobilisation d’en bas peut arrêter l’escalade autoritaire et belliciste. »
Giuseppe Conte a maintenu une ligne diplomatique mais ferme, réclamant une « rupture diplomatique » et critiquant le plan de réarmement européen : « Nous devons commencer à construire un instrument de plus grande intégration, mais qui ne soit pas le réarmement, sur lequel la coordination est insuffisante. »
Du côté du Parti Démocrate, la position est plus ambiguë. La secrétaire Elly Schlein évite le sujet autant que possible, préservant une unité interne fragile entre une aile riformiste favorable au soutien à l’Ukraine et une gauche interne plus réticente. Certains de ses élus, comme l’eurodéputée Cecilia Strada — présente personnellement dans les cortèges — ou Marco Tarquinio, ont participé aux manifestations à titre individuel. Ce dernier a déclaré : « Il est important qu’il y ait une délégation du PD, une présence, car c’est une partie du peuple de l’alternative à la guerre et à l’actuel cadre politique italien et européen. »
Angelo Bonelli (AVS), plus offensif, a ciblé directement la posture de Giorgia Meloni : « Hier, Giorgia Meloni a humilié notre pays parce que Netanyahu et Trump lui ont dit de ne pas aller à Genève pour les pourparlers de paix. L’Italie ne peut pas être vassale. »
OTAN et UE dans le viseur : la question de la souveraineté centrale dans la lutte des classes
Ce qui frappe dans cette mobilisation, c’est la convergence entre des forces politiques et syndicales très différentes sur un point central : l’appartenance de l’Italie à l’OTAN et à l’Union européenne est de plus en plus perçue non comme une garantie de paix, mais comme un vecteur d’entraînement dans des guerres extérieures, avec des conséquences directes sur le pouvoir d’achat et les services publics des Italiens.
La pétition du Comitato Articolo 11 est explicite : la part italienne des 90 milliards de prêts supplémentaires que l’UE s’apprête à débloquer pour Kiev — un « prêt sans recours » dont le remboursement est conditionné aux réparations de guerre — aggrave encore le bilan. Cette mécanique, dénoncée comme une « spirale de la guerre », fait de l’Italie une cobelligérante de facto, en contradiction frontale avec l’article 11 de sa propre Constitution.
L’appel à la grève générale de l’USB désigne clairement l’ennemi de classe : l’Union Européenne. « L’Union européenne, au lieu d’enrayer ce déclin, le soutient et le revitalise. Elle parle de sécurité tout en développant une économie de guerre, invoque le droit international tout en protégeant Israël, exige des sacrifices sociaux tout en augmentant les dépenses militaires. Il en résulte un continent plus armé, plus pauvre, plus autoritaire et plus soumis aux intérêts stratégiques des États-Unis et de l’industrie de l’armement. »
La CGIL, premier syndicat du pays, a elle aussi participé aux manifestations nationales de juin 2025, s’inscrivant dans la campagne Ferma il Riarmo. Son adhésion — fût-elle plus prudente dans sa formulation que celle de l’USB — signifie que la question de la guerre a quitté les marges du mouvement ouvrier pour s’installer en son cœur.
JBC pour www.initiative-communiste.fr

Nous en avons assez de toujours payer pour ça : manifestation nationale à Rome le 23 mai
4h00, Piazza della Repubblica, Rome, manifestation nationale.
Les conditions matérielles des travailleurs de ce pays sont devenues intenables. Le problème touche tout le monde : bas salaires, salaires moyens, même des salaires qui, il y a encore quelques années, étaient considérés comme corrects. Le pouvoir d’achat diminue de mois en mois. Le coût de la vie augmente, les factures augmentent, les produits de première nécessité deviennent plus chers. Les salaires stagnent tandis que tout le reste s’accélère.
Cet écart a des conséquences évidentes : les gens travaillent plus et vivent moins bien. Les salaires perdent leur raison d’être, devenant insuffisants pour garantir une vie digne. Même ceux qui bénéficient d’un emploi stable subissent une précarité matérielle croissante. La question salariale se révèle être une urgence générale.
Cette dynamique a des racines bien précises. Il ne s’agit pas d’une crise passagère. Nous sommes au cœur d’une transformation structurelle du capital, alimentée par la guerre, le réarmement, la précarité et la pression sur le travail. La hausse des prix, l’instabilité des approvisionnements et le coût de l’énergie sont des conséquences directes de cette structure.
La dimension internationale s’immisce dans notre quotidien. Les guerres en cours, l’extension des conflits et les incidents récents qui affectent même les initiatives civiles et solidaires témoignent d’une intensification des conflits. Le contexte géopolitique détermine les choix économiques, oriente les politiques industrielles et redéfinit l’utilisation des ressources publiques.
L’économie de guerre se dessine comme un choix politique. Les ressources sont consacrées au réarmement, les engagements internationaux absorbent une part croissante du budget, et la protection sociale et les salaires restent secondaires. Les travailleurs paient le prix de cette transformation : la hausse du coût de la vie et la redistribution régressive des richesses.
Dans ce contexte, un point essentiel se dégage : salaires et guerre sont intimement liés. Les politiques qui alimentent la course aux armements sont aussi celles qui freinent l’emploi et réduisent les revenus.
C’est dans ce contexte que prend forme la mobilisation du 23 mai. Un changement qui place les conditions matérielles des individus au centre et les relie aux choix structurels qui redéfinissent l’économie.
Cette voie s’est déjà concrétisée politiquement lors de l’Assemblée nationale des travailleurs du 28 mars. Un manifeste y a été élaboré, marquant une rupture avec le modèle de développement actuel. Ce cadre, qui considère le salaire comme un droit et une mesure de la richesse produite, prône une augmentation générale des salaires, leur protection automatique contre l’inflation, une réduction du temps de travail, un meilleur contrôle des conditions de sécurité et la suppression de la sous-traitance et de la fragmentation de la production.
Au sein de cette plateforme, une vision alternative se dessine : intervention publique dans les secteurs stratégiques, redistribution des richesses et place centrale du travail dans les décisions économiques. Un programme qui s’oppose frontalement à un modèle fondé sur l’exploitation, la précarité et le réarmement.
Le travail des ouvriers remplit ici une fonction spécifique : il produit la richesse du pays et peut induire un changement de cap. De cette position découle une responsabilité : celle de rassembler un front social plus large, capable de se reconnaître dans un programme qui replace les besoins réels au centre des préoccupations.
Cet appel s’adresse à toutes les personnes concernées par le modèle actuel : travailleurs, jeunes, retraités, personnes en situation de précarité et de pauvreté. L’objectif est de construire une large mobilisation capable de rassembler ces différentes situations autour d’une vision commune.
L’enjeu principal réside dans l’équilibre des pouvoirs. La trajectoire actuelle conduit à de bas salaires, à des inégalités croissantes, à une augmentation des dépenses militaires et à un engagement accru dans les conflits. Une autre trajectoire exige organisation, continuité et capacité d’influence.
« Nous payons toujours » décrit une situation réelle. Le 23 mai marque le passage à une force collective.
Le travail peut à nouveau déterminer les choix. C’est dans cette direction que nous devons construire.
Grève générale du 18 mai : Pas un seul clou pour la guerre et le génocide

L’USB répond à l’appel lancé par la Flottille mondiale Sumud et appelle à une grève générale pour le 18 mai.
La guerre, le génocide en Palestine, la course aux armements, l’atteinte au droit international et le rétrécissement des espaces démocratiques exigent un bond qualitatif en matière de mobilisation.
L’attaque contre la flottille mondiale Sumud, l’enlèvement de militants en eaux internationales et la détention illégale de Thiago Ávila et de Saif Abu Keshek, actuellement en grève de la faim, marquent un nouveau point de rupture.
Israël agit en toute impunité, bafouant le droit international, avec le soutien de la complicité politique, économique et militaire des gouvernements occidentaux.
Israël représente aujourd’hui un danger pour l’humanité entière. Militairement, il porte la guerre au-delà de ses frontières, attaque d’autres pays et entraîne le Moyen-Orient et le monde entier dans une spirale de conflits toujours plus vaste. Politiquement, il constitue un danger car il démontre qu’un État peut bombarder, occuper, déporter, affamer une population, kidnapper des militants internationaux et violer toutes les règles du droit international tout en bénéficiant du soutien des puissances occidentales. Enfin, économiquement, il représente un danger car, autour de cette guerre permanente, se construit un modèle qui détourne d’énormes ressources publiques vers l’armement, l’armée, l’industrie de guerre et le contrôle social, au détriment des salaires, de la santé, de l’éducation, de la protection sociale, du logement, des retraites et des droits fondamentaux.
Les États-Unis, de concert avec Israël, entraînent le monde dans une guerre permanente et déstabilisent l’ensemble du Moyen-Orient, notamment par leur agression contre l’Iran. Le génocide du peuple palestinien, le blocus de Gaza, la destruction de territoires entiers et les agressions contre d’autres pays sont également rendus possibles par la complicité des États-Unis, qui apportent leur soutien, leurs financements, leurs armes et leur couverture politique et militaire.
Le gouvernement Meloni, l’Union européenne et l’OTAN sont tout aussi responsables, car ils soutiennent, dissimulent et légitiment cette dérive, choisissent la soumission aux États-Unis et à Israël et transforment la guerre en politique industrielle, en dépenses militaires publiques, en réarmement et en sacrifices sociaux imposés aux travailleurs, hommes et femmes.
Ils sont également responsables des conséquences économiques et sociales de cette guerre sur la vie des travailleurs et travailleuses. Chaque bombe, chaque mission militaire, chaque accord de guerre, chaque augmentation des dépenses militaires se traduit par une baisse des salaires, une réduction des soins de santé, de l’éducation, des aides sociales, des pensions, du logement et de la sécurité sociale.
La guerre engendre la mort et la destruction dans les territoires touchés, ainsi que l’appauvrissement, l’exploitation et la répression même dans les pays qui la financent, la soutiennent et la rendent possible.
Le gouvernement Meloni a choisi la voie de la soumission totale aux États-Unis, à l’OTAN et à Israël. Il a opté pour une complicité politique, militaire, diplomatique et économique avec ceux qui massacrent le peuple palestinien, bombardent d’autres pays, enlèvent des militants internationaux, violent le droit international et entraînent le monde vers un conflit toujours plus vaste. Cette complicité rend le gouvernement italien coresponsable des morts, des destructions et des conséquences économiques qui pèsent sur le monde du travail.
L’Union européenne, au lieu d’enrayer ce déclin, le soutient et le revitalise. Elle parle de sécurité tout en développant une économie de guerre, invoque le droit international tout en protégeant Israël, exige des sacrifices sociaux tout en augmentant les dépenses militaires. Il en résulte un continent plus armé, plus pauvre, plus autoritaire et plus soumis aux intérêts stratégiques des États-Unis et de l’industrie de l’armement.
La guerre s’immisce dans nos vies. Elle s’y infiltre par la baisse des salaires, la dégradation des services de santé publique, la spoliation des écoles, la réduction des aides sociales, la hausse des loyers, l’envolée des prix et le fardeau toujours plus lourd que représente l’essence pour les familles. Chaque euro alloué au réarmement est un euro soustrait à ceux qui travaillent, à ceux qui étudient, à ceux qui ont accès aux soins médicaux, à ceux qui vivent de leur salaire.
Cet appauvrissement n’est pas simplement l’effet temporaire d’un climat international plus instable. Il est la marque d’un nouveau modèle social fondé sur l’exacerbation des inégalités, la compression des salaires, la privatisation des services essentiels, la destruction de la protection sociale, la précarisation de l’emploi et la subordination des écoles, des universités et de la recherche aux intérêts des entreprises et de l’armée.
Nous entrons dans une nouvelle phase de l’ultralibéralisme : plus féroce, plus autoritaire, plus armé. Après des années de coupes budgétaires, de privatisations et de précarité, le saut qualitatif actuel s’opère à travers une économie de guerre. Les ressources publiques sont détournées des besoins sociaux vers les dépenses militaires. La richesse produite par le travail est concentrée entre les mains de grandes entreprises industrielles, financières, énergétiques, technologiques et de défense. On demande à la majorité de la population de faire des sacrifices, d’accepter des salaires plus bas, des retraites moins avantageuses, des services publics de moindre qualité et une vie plus précaire.
Guerre, réarmement, répression et appauvrissement social font partie d’un même plan. Ils veulent bâtir une société plus inégalitaire, plus disciplinée et plus contrôlée, où ceux qui travaillent produisent de la richesse mais comptent de moins en moins, où les profits sont garantis et les droits bafoués, où la pauvreté est gérée par la répression et la dissidence traitée comme un trouble à l’ordre public.
Cette décision s’accompagne d’une répression de plus en plus sévère des libertés syndicales et démocratiques. Le décret sécuritaire vise les conflits sociaux, criminalise les luttes et tente d’intimider celles et ceux qui font grève, bloquent, occupent et s’opposent à la justice.
Ils veulent un pays plus pauvre, mieux armé et plus obéissant.
Levons-nous contre le génocide qui se poursuit en Palestine et qui s’étend désormais à d’autres pays attaqués par Israël avec le soutien des États-Unis, contre le réarmement, contre la répression, contre la complicité du gouvernement italien et de l’Europe.
Arrêtons le pays pour dire qu’aucun travailleur, aucun étudiant, aucune région ne peut être entraîné dans cette économie de la mort.
Par cette grève générale, nous exigeons du gouvernement italien la rupture immédiate de toutes relations diplomatiques, économiques, commerciales et militaires avec l’État terroriste d’Israël. Nous exigeons un embargo définitif sur les armes à destination d’Israël et de toutes les zones de guerre, l’arrêt de toute livraison d’armes, de toute coopération industrielle et technologique servant les intérêts de la guerre, et de tous les accords qui alimentent l’occupation, le génocide, l’agression militaire et la destruction des peuples. Plus d’accords, plus de coopération, plus de livraisons, plus de relations institutionnelles avec ceux qui perpètrent le génocide du peuple palestinien, bombardent d’autres pays, enlèvent des militants internationaux, violent le droit international et agissent sous la protection politique des puissances occidentales.
L’Italie doit mettre fin à toute forme de complicité. Elle doit cesser toute collaboration militaire, industrielle, technologique, commerciale et universitaire avec Israël. Elle doit rappeler son ambassadeur, expulser les représentants diplomatiques de cet État génocidaire, suspendre tous les accords économiques, imposer un embargo définitif sur les armes et soutenir la libération immédiate de Thiago Ávila, de Saif Abu Keshek et de tous les militants détenus, ainsi que la levée du blocus de Gaza et la fin de l’occupation de la Palestine.
C’est pourquoi la grève générale du 18 mai soulève une question politique et syndicale spécifique : mettre fin à la complicité de l’Italie dans la guerre, stopper le réarmement, bloquer tous les secteurs économiques, industriels, logistiques, technologiques, universitaires et commerciaux qui alimentent le génocide, l’occupation et les conflits.
Les travailleurs doivent pouvoir exercer leur droit de refuser la production, le transport, la manutention et la gestion des matériaux, technologies, services et infrastructures destinés à la guerre. Nul ne devrait être contraint de mettre son travail au service du génocide et de l’économie de guerre.
La grève générale du 18 mai s’inscrit dans une mobilisation plus large contre la guerre, le génocide, le réarmement, la répression et l’appauvrissement social. Les initiatives et manifestations pour la Nakba, les 15 et 16 mai à Rome et à Milan, ainsi que la manifestation nationale du 23 mai à Rome, constituent les étapes d’une réponse politique et sociale unifiée : la construction d’un large front rassemblant travailleurs, étudiants, communautés locales, personnes solidaires de la Palestine et tous ceux qui refusent la transformation de la société en une économie de guerre.
Pour la guerre, pas un seul clou ne doit sortir des usines.
Et ce clou a des répercussions sur tout le monde. Il affecte l’usine qui produit, le port qui charge, la logistique qui transporte, la recherche qui développe, l’école qui forme, l’université qui dépose des brevets, le système de santé qui se vide, les bureaux, les services, les territoires.
Ce clou représente chaque élément de travail, de savoir, de production, de transport, de soin, d’organisation sociale et de richesse collective qu’ils veulent aujourd’hui plier à l’économie de guerre.
Nous voulons que les ressources soient retirées du secteur de la guerre et réaffectées là où elles sont nécessaires : salaires, services publics, pensions, sécurité au travail, droits au logement, soins de santé communautaires, écoles publiques et recherche indépendante de toute subordination militaire.
Nous aspirons à un pays où ceux qui créent la richesse ont une réelle influence sur les décisions industrielles, économiques et sociales. Un pays où les grandes entreprises qui prospèrent grâce aux fonds publics, aux marchés publics, aux concessions et aux infrastructures publiques prennent en compte l’intérêt collectif, l’emploi, les droits, la sécurité et la transition environnementale et sociale.
Nous exigeons la pleine liberté syndicale, le droit de grève, le droit de participer à des conflits, des conditions de travail équitables et l’abrogation du décret sur la sécurité et de toute loi criminalisant les luttes sociales.
Chaque segment du monde du travail est appelé à prendre position, à s’organiser, à faire grève, à manifester, à empêcher que le travail, le savoir, la production et les services ne soient soumis à l’économie de guerre.
Le 18 mai, arrêtons le pays face à la guerre, au génocide, au réarmement et à la répression.
Pour les salaires, la protection sociale, la santé, l’éducation, les droits, la démocratie.
SYNDICAT DE BASE – CONFÉDÉRALE NATIONALE





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