
Les autorités azerbaïdjanaises ont arrêté plusieurs personnes qui tentaient d’organiser une marche à Bakou en brandissant les drapeaux de l’Union soviétique et de la RSS d’Azerbaïdjan, un nouvel épisode qui souligne l’intensification du climat anticommuniste promu par le pouvoir en place dans le pays.
Selon le ministère de l’Intérieur, les opérations de police ont conduit à l’arrestation d’Abdulla Ibrahimli, d’Ibrahim Asadli et d’autres personnes dont les noms n’ont pas été divulgués.
Des poursuites pénales ont ensuite été engagées contre eux en vertu de l’article 233 du Code pénal, qui concerne l’organisation présumée d’actions perturbant l’ordre public ou la participation active à de telles actions.
L’avocat Ruslan Aliyev a toutefois souligné, lors d’une interview accordée à la chaîne Meydan TV, que la loi azerbaïdjanaise n’interdit ni l’idéologie communiste, ni les symboles soviétiques, ni l’affichage public des drapeaux de l’URSS et de la RSS d’Azerbaïdjan. L’affaire a été largement médiatisée après la diffusion sur les réseaux sociaux de vidéos et de photos de la manifestation.
Le ministère de l’Intérieur a affirmé que les personnes détenues avaient « loué un bureau avec le soutien financier d’un autre État, agi en groupe et tenu des réunions régulières », tentant ainsi de les présenter comme membres d’une dangereuse organisation clandestine.
Aliyev a fermement rejeté ces insinuations, soulignant que de telles accusations n’ont aucun fondement juridique :
« La déclaration du ministère de l’Intérieur donne l’impression que les personnes détenues appartiennent à une organisation terroriste ou extrémiste. Juridiquement, cependant, cela est totalement infondé. En Azerbaïdjan, l’idéologie communiste, le Parti communiste et les symboles soviétiques ne sont pas interdits. La Constitution garantit la liberté de pensée (article 47) et la liberté de réunion (article 49). Dans ce cadre, l’expression d’opinions politiques et l’organisation de marches pacifiques sont des droits protégés. L’intervention policière et l’ouverture de poursuites pénales contre ces personnes contreviennent à la fois à la loi et à la Constitution. »
L’avocat a par ailleurs dénoncé ces arrestations comme étant politiquement motivées et discriminatoires :
« Les personnes détenues n’appartenaient à aucune organisation radicale et ne possédaient aucune littérature interdite. Les présenter de cette manière, tout en exposant des détails de leur vie privée, relève de l’intolérance politique et constitue une campagne diffamatoire. Des méthodes similaires sont régulièrement employées contre les forces politiques opposées au parti au pouvoir, le Nouveau Parti d’Azerbaïdjan (YAP). Il s’agit là d’exemples flagrants de discrimination politique. »
Ce n’est pas la première polémique en Azerbaïdjan concernant les symboles soviétiques et la mémoire historique. Plus tôt cette année, Saleh Samedov, président du Conseil des anciens du district d’Imishli, a été démis de ses fonctions après avoir assisté à une manifestation où arboraient le drapeau de l’URSS et le ruban de Georges. Il a ensuite été arrêté pour détournement de fonds, accusations qu’il a fermement niées, soulignant la présence de plusieurs drapeaux lors de l’événement.
Ces dernières arrestations révèlent une fois de plus la pression croissante exercée sur les communistes et les voix progressistes en Azerbaïdjan, malgré le fait que l’idéologie communiste et les symboles soviétiques restent parfaitement légaux en vertu de la législation du pays.





