Dédié à mon camarade Jean-Pierre M., ouvrier maçon lensois, et qui ne cesse de dire: « cherchons les braises et soufflons dessus! ».
Si l’on s’en tient à l’écume des choses, la conjoncture internationale est encore plus désespérante que ne l’est la situation française. Et ce n’est pas le PRCF, qui explique depuis des années que la « construction » européenne est structurellement porteuse de fascisation et que l’exterminisme constitue le stade suprême du capitalisme contemporain (la marche à la guerre nucléaire mondiale que fomentent Trump, Netanyahou et les dirigeants occidentaux prend en otage l’humanité avec un seul but: rafistoler tant bien que mal le branlant mode de production capitaliste tout en « réassurant » son « hégémon » chancelant, l’impérialisme yanqui, ainsi que ses projections européenne et proche-orientale, l’UE et le très génocidaire régime israélien) qui risque d’oublier le précepte de Romain Rolland, l’écrivain courageux qui sut aller « contre le courant » durant la première Guerre mondiale : »Pessimisme de l’intelligence, optimisme de la volonté« . Encore faut-il ne pas « en rajouter » en matière de pessimisme théorique car, passé un certain seuil en la matière, les sources de l’optimisme pratique s’en trouveraient vite asséchées: en effet, s’il n’y a plus que cendres et promesse de cendres, il devient stupide d’espérer qu’à nouveau « l’étincelle mette le feu à la plaine ». Du reste, le marxisme n’est ni utopisme, ni pur volontarisme: c’est un matérialisme historique; si bien que l’espérance collective qui porte le communisme marxiste et prolétarien est fondée sur l’analyse réaliste des tendances au communisme que comporte objectivement le monde contemporain.
Bien entendu, ce « billet rouge » ne peut établir et recenser dans le détail ces tendances objectives que l’auteur a naguère énumérées dans son livre Mondialisation capitaliste et projet communiste (première édition 1997, Temps des cerises, seconde édition, Delga 2022). Contentons-nous ici de relever les traces rougeoyantes de « braises » révolutionnaires non négligeables, qui ne demandent qu’à flamboyer pour peu que de nouvelles avant-gardes franchement communistes et anti-impérialistes soufflent sur elles avec constance.
D’abord à l’échelle internationale, s’il est vrai que l’impérialisme yanqui a pu s’emparer en traitre du président légitime du Venezuela, s’il est exact qu’en violant toutes les lois commerciales et maritimes le gangster international Trump peut organiser le siège mortifère de Cuba, qu’en Ukraine, ce même bandit planétaire feint de négocier avec Moscou tout en incitant le régime néonazi de Kiev à assassiner le président russe, qu’à Téhéran, le couple assassin Netanyahou-Trump a cru décapiter l’Iran en assassinant sa haute direction sous le masque de fausses négociations (et c’est là un crime de guerre majeur), il n’en est pas moins vrai que la solidarité internationale s’organise autour de Cuba, que le PC cubain prend la tête des manifestations publiques de résistance, qu’en Ukraine, l’armée kiévite tenue à bout de bras par l’OTAN cède du terrain à l’armée russe porteuse de drapeaux rouges, que la nation iranienne bombardée s’unit et riposte avec succès, qu’un forum antifasciste mondial se tiendra prochainement à Moscou à l’initiative des camarades russes, qu’au Québec, où les grèves se multiplient, le vent tourne en faveur d’une indépendance socialisante et que, au moment où ce billet rouge est rédigé, 350 millions d’ouvriers et de paysans indiens soutenus par les communistes font grève contre les contre-réformes néolibérales de Narendra Modi, le meilleur ami de Netanyahou. Certes, les guerres impérialistes visent, en dernière analyse, à réassurer le capitalisme et à écraser les contestations populaires et prolétariennes, mais… dialectiquement, en effondrant l’économie mondiale, en coupant les flux pétrolifères, en renchérissant les prix alors que des centaines de millions de gens, déjà, ne mangent pas à leur faim, les fauteurs de guerre ne peuvent manquer de raviver mondialement la lutte de classe du prolétariat et de la paysannerie. Bref, en utilisant la violence de masse et le terrorisme d’État pour occulter sa tendance au recul mondial, l’hégémonisme euro-atlantique ne fait que stimuler la lutte des classes.Car si les prix du carburant, donc celui des marchandises, s’envolent partout à la suite du débat d’Ormuz, des dizaines de millions de prolétaires n’auront d’autre ressource que d’entrer en lutte à l’image des grévistes de l’Union indienne…
En outre, l’extrême grossièreté du trumpisme (fini l' »impérialisme à visage humain » d’Obama!), avec son suprémacisme racial assumé, son flirt avec les néonazis en Amérique même, sa misogynie flagrante, son horreur pour la science et les Lumières, son climato-scepticisme imbécile, l’exterminisme brut de fonderie de son protégé Netanyahou, ne peuvent à terme que fédérer contre eux la majorité des peuples, la majorité des prolétaires, la majorité des personnes rationnelles, la majorité des jeunes; et il en va de même en France du va-t-en-guerre Macron détesté par 9 Français sur 10.
Quelques symptômes de la contre-attaque mondiale qui ne manquera pas de se dessiner pour peu que les forces de vie se mobilisent, tant il est vrai qu’à notre époque, la défense de la paix mondiale est révolutionnaire alors que l’exterminisme, la fascisation et la contre-révolution tendent à fusionner.
– D’une part, admirons tous la présidente du Mexique, la chaleureuse Claudia Scheinbaum, que le président cubain Diaz-Canel vient de féliciter pour avoir continué à soutenir Cuba contre vents et marées,
– Remarquons que la nouvelle présidente irlandaise ne cesse de soutenir fortement Gaza et de pourfendre les comportements irresponsables de l’UE et de l’OTAN
– Constatons que Greta Thunberg est sortie de son rôle d’icône inoffensive de l’écologie bobo pour prendre tour à tour la tête des flottilles de la paix pour Gaza, et maintenant pour Cuba: c’est là un symptôme majeur de l’évolution de la jeunesse mondiale et aussi, soit dit en passant, de l’éveil à la lutte de centaines de millions de femmes.
En France, le tambourinage effréné tendant à diaboliser les Insoumis, à mettre les antifascistes au-dessous des fascistes, etc., n’a pas fonctionné. Le RN monte, certes, mais ce n’est pas le raz-de-marée annoncé. La droite progresse mais ne conquiert ni Paris, ni Lille, ni Lyon, ni Marseille. Et Mélenchon en vient à défendre Cuba, voire à citer Lénine comme le fait le PRCF depuis des mois quand il remarque qu’en France, où la bourgeoisie a eu tant de mal à faire passer son budget de guerre et d’austérité, la formule léniniste s’applique de plus en plus: « quand ceux d’en haut ne peuvent plus gouverner comme avant, quand ceux d’en bas ne veulent plus être gouvernés comme avant, alors s’ouvre une période de révolution« . Ainsi, ce qui manque le plus en la matière, c’est une claire alternative révolutionnaire osant appeler notre pays à sortir par la gauche de la mortifère « construction » euro-atlantique et du capitalisme fauteur de guerre intercontinentale.
Tout cela, la classe dominante le sait autant et c’est pourquoi elle accélère les préparatifs de guerre et la fascisation. À nous tous donc, qui voulons une France Franchement Indépendante et Sociale, d’accentuer notre travail de terrain tout en peaufinant nos propositions programmatiques. C’est à quoi œuvrera la prochaine Conférence nationale du Pôle de Renaissance communiste en France.