LA PREUVE PAR CROIZAT – Par Georges Gastaud, 80è anniversaire de la Sécurité sociale
Le 22 mai 1946 naissait la Sécurité sociale sous l'impulsion d'Ambroise Croizat, ce dirigeant CGT de la métallurgie et ministre communiste dont une pétition signée par des millions d'assurés sociaux devrait aujourd'hui exiger que son nom figurât en lettres d'or au Panthéon.
Ce même 22 mai 1946, l'Assemblée nationale votait la loi instituant les Comités d'entreprise.
Croizat a également porté la généralisation des conventions collectives de branche (= la fin de l'embauche « à la tête du client ») et la mise en place des retraites par répartition, excusez du peu.
Dans la même période, ces deux brèves années 45/47 où, l'Assemblée nationale étant présidée par Jacques Duclos (l'inflexible chef de file du PCF clandestin durant toute la guerre!), le gouvernement de la Libération appliquant le programme du CNR a mis en place la nationalisation de Renault et de la SNECMA (François Billoux), la nationalisation des Houillères (Maurice Thorez), la nationalisation de l'Energie (création d'EDF-GDF par le communiste et cégétiste Marcel Paul), le statut du mineur (Thorez), le statut des fonctionnaires (Thorez), la première ébauche du SMIG (Thorez), la relance de l'Education nationale laïque (Henri Wallon) et le lancement du CEA par Frédéric et Irène Joliot-Curie, eux aussi résistants et militants du PCF, créateurs de la première pile atomique à usage civil…
Un PCF qui, auréolé par son rôle de « Parti des fusillés », obtenait 29% des voix aux législatives de 1946 tandis que la CGT comptait jusqu'à cinq millions d'adhérents pour quarante millions de Français.
A l'arrière-plan de ces grandes avancées sociales, que les Sarko, Hollande, Macron et autre Lecornu s'efforcent toujours de liquider 80 ans plus tard sous l'égide de la « construction » européenne, la victoire retentissante remportée par l'URSS, au prix de 27 millions de morts tombés au cours du bras de fer qui opposa centralement de 41 à 45, le pays des Soviets ouvriers et paysans à l'Allemagne nazie, ce fer de lance de l'impérialisme européen et mondial.
Aujourd'hui, combien de bacheliers, y compris parmi ceux qui ont potassé leur manuel d'histoire, connaissent-ils l'engagement moteur des communistes dans la Résistance armée et leur rôle crucial dans le remodelage social et républicain de notre pays en 1945? Combien de ces jeunes savent-ils, y compris en fac d'histoire, que « la Russie soviétique a joué le rôle principal dans la libération de la France » (dixit le général de Gaulle en 1944, lors de son voyage d'Etat à Moscou)? Alors que les militants du PCF ont animé les luttes du Front populaire antifasciste, puis celles de la Résistance armée sur notre sol par l'entremise des glorieuses formations de partisans (FTPF et FTP-MOI), combien de jeunes Français abusés par les médias et hélas, trop souvent par l'école, croient-ils que « les USA sont les principaux vainqueurs des nazis » (sic) et autres fables? Combien de jeunes sont-ils conditionnés, dès les bancs de l'école dite républicaine (en tout « apolitisme », bien sûr!), à devenir des petits soldats de la guerre idéologique, voire de la guerre tout court contre le mouvement ouvrier (tel est le fond de la fascisation en cours) et contre les affreux Chinois, Russes et autres Nord-Coréens pendant que la France officielle refait corps avec le Japon militariste et la RFA revancharde pour préparer la guerre continentale antirusse et antichinoise ? Combien savent-ils que, sans les victoires stratégiques de Stalingrad, Koursk et Berlin, notre pays n'existerait plus aujourd'hui, soit qu'il ait fini dépecé par l'Allemagne nazie, soit qu'il soit devenu une colonie américaine en 1945?
La réalité est bien là pourtant: tant qu'il y eut en France un grand parti communiste ouvrier, marxiste-léniniste, patriote, antifasciste et internationaliste à la fois, la paix était défendue, les avancées sociales étaient au rendez-vous, l'indépendance nationale détruite était rétablie, la lutte pour le progrès commun et pour les Lumières était menée avec acharnement. Preuve a contrario de ce que nous avançons: maintenant que la CGT devenue euro-compatible et que le PCF démarxisé ont largement été détruits et dévoyés par les Mitterrand, Jospin avec l'aide des dirigeants « mutants » et pseudo-rénovateurs du PCF, maintenant que l'URSS et la RDA – et demain Cuba si nous restons spectateurs du crime en préparation – ont été détruites ou sont présentement assiégée par l'impérialisme soi-disant gloablitaire successeur de Hitler, qu'est-ce qui régresse, si ce n'est la souveraineté des peuples, les acquis sociaux et la paix mondiale? Et qu'est-ce qui galope de plus en plus, si ce n'est l'eurodissolution de la France, la marche à la guerre mondiale sous les auspices de l'OTAN et le démontage de plus en plus rapide du produire en France, du secteur public et des conquêtes sociales que nous ont léguées Thorez, Croizat, Paul, Joliot-Curie, Billoux, Wallon, Langevin et les autres?
Qui veut honnêtement préserver les avancées sociales, l'existence nationale de la France et la paix mondiale doit en conséquence, non seulement combattre le capitalisme, l'impérialisme et l'UE-OTAN qui est leur bras armé en Europe, mais s'engager pour aider les militants franchement communistes du PRCF à reconstruire les outils révolutionnaires du monde du travail.
Ce qu'il fallait démontrer (CQFD).



