Chez Valéo, ce n’est plus une crise, c’est la Bérézina. Sous l’impulsion de Christophe Périllat, le couperet est tombé : l’Europe est sacrifiée sur l’autel de la rentabilité mondiale. Les investissements sont gelés en Europe, les ressources massivement détournées vers l’Inde et la Chine, au détriment des racines historiques du groupe. Pendant ce temps, en France, tous les acteurs du secteur assistent, hébétés, à un désastre industriel qui n’est pas sans précédents : déjà l’union européenne, à ses tous débuts avec la CECA a fait fermer l’industrie des mines et de l’acier, puis ensuite le textile. La même avec la PAC (politique agricole commune, a fait supprimer la moitié des fermes et perdres plus de 800 000 emplois agricoles).
Un effondrement industriel euro programmé
Depuis 2020, Valéo a vu son chiffre d’affaires s’effondrer de près de 30 % en six mois, passant de 22 milliards d’euros en 2023 à une prévision révisée à 21,3 milliards en 2024, puis à une chute libre en 2025-2026. Le groupe a annoncé la suppression de plus de 1 150 emplois en France, dont 868 dès 2024, et la fermeture de plusieurs sites emblématiques, comme celui de La Suze-sur-Sarthe (260 emplois) ou de Mondeville (Calvados), mis en vente sans repreneur en vue. À Amiens, Limoges, et dans huit autres sites, les plans de sauvegarde de l’emploi (PSE) se multiplient, avec des réductions d’effectifs pouvant atteindre un tiers des salariés sur certains sites. A l’Isle d’Abeau c’est 238 emplois qui sont supprimés sur 308 salariés !
La CGT Valéo dénonce une « saignée sociale » et un « carnage humain », soulignant que les indemnités de départ sont ridicules pour des vies brisées. A La Suze sur Sarthe, celles ci sont plafonnées à 70 000 €, soit des sommes jugées dérisoires pour des salariés souvent en poste depuis des décennies. « Un salarié avec 10 ans d’expérience ne partirait qu’avec 4 mois de salaire », alerte un communiqué syndical. le 23 septembre 2025, à Limoges, la secrétaire de la CGT Sophie Binet est venue accompagné les salariés face au plan de licenciement qui va frapper les 2/3 des ouvriers de l’usine valéo. Si la leader de la CGT a dénoncé une usine qui « ferme pour partir en produire en Turquie », du coté de l’état major de Montreuil toujours en cheville avec la confédération européenne des syndicats, c’est le silence complet sur les causes : l’accord de libre échange UE Turquie qui permet de mettre en concurrence les travailleurs et les usines de France avec de nouveaux sites de production en Turquie, au Magreb et bien sûr en Europe de l’Est où les salaires et droits sociaux sont réduits à pas grand chose. L’Union Européenne du Capital illustre dans ce cas, comme dans celui des usines Renault que sa fonction c’est de provoquer le dumping social, les délocalisations, l’intensification de l’exploitation et in fine chomage ou précarité et misère pour les travailleurs et les peuples.
A Amiens où 97 ouvriers sont envoyés au chomage, la CGT dénonce par la voie de Freddy léonardi un carnage humain. Et met en évidence qu’il s’agit de la fin de l’industrie automobile, avec des conséquences terribles pour l’emploi : « e quoi on va vivre demain en Picardie à ce rythme là ? C’est ce qu’on se dit quand on voit ce qui se passe. On est en train de presser le citron, il ne reste que quelques gouttes. Dans trois ans, cinq ans maximum, on voit la fin de notre site. Ça fait peur. C’est la fin qui est en train de se dessiner là. Quand est-ce que ça va s’arrêter ? Forcément, il y a la colère. »
Faut il rappeler que Valéo a bénéficié du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) de 2020 à 2023. une mesure mise en place par Hollande et Macron pour subventionner les multinationales, alors même que les droits et salaires des travailleurs étaient eux réduits par la loi travail et les ordonnances Macron Or, pendant qu’elle était aidée grâce à des fonds publics français, l’entreprise délocalisait son activité dans des pays low cost. Pire, l’Etat est actionnaire de cette entreprise. mais dans une réponse aux parlementaires du 26 mars 2025, la ministre de l’économie de Amélie de montchalin a refusé la moindre intervention contre cette politique de délocalisation, soutenant au contraire qu’il ne doit y avoir aucune intervention française mais uniquement le suivi des directives européennes : « Comme je l’ai indiqué précédemment, nous ne pouvons pas considérer la situation particulière d’une entreprise sans prendre en compte la situation de la filière en Europe. Le plan qui a été annoncé au niveau européen la semaine dernière reprend les exigences françaises. Les principes de préférence européenne et de contenu local permettront d’exiger des constructeurs qu’ils privilégient les équipementiers locaux. Au-delà des situations particulières, que le Gouvernement suit attentivement, cette avancée européenne nous permettra d’assurer un avenir à cette filière industrielle européenne. »
bref, ce qui compte c’est les profits des actionnaires des multinationales européennes de l’automobile, pas les emplois ouvriers et le produire en France !
L’Europe sacrifiée, l’Asie privilégiée
Les communiqués officiels de Valéo confirment une réorientation stratégique massive : les investissements en recherche et développement (R&D) et en outils de production sont désormais concentrés en Inde et en Chine, où respectivement les salaires sont bien inférieurs et la technologie plus avancées notamment dans l’électrique. Entre 2020 et 2026, Valéo a investi 9 milliards d’euros en R&D et 2 milliards en outils de production en France, mais ces efforts ne représentent plus que 40 % de l’effort global du groupe, contre 15 % pour l’industrialisation. Désormais, seuls 300 millions d’euros sont prévus en France d’ici 2026, contre 1,7 milliard d’euros en R&D pour des technologies d’avenir — mais ces budgets sont désormais pilotés depuis l’Asie.
L’emploi et la R&D en chute libre : une euro destruction industrielle
L’industrie automobile française a perdu près de 40 000 emplois industriels depuis 2020, soit plus de 10 % des effectifs, avec un rythme annuel moyen supérieur à 2 %. Les équipementiers, comme Valéo ou Forvia, sont en première ligne : le secteur pourrait perdre jusqu’à 20 % de ses effectifs d’ici 2035, selon les projections de l’EDEC. Les centres de R&D, autrefois fleurons de l’innovation française, voient leurs budgets fondre et leurs équipes réduites à peau de chagrin.
Le chiffre d’affaires des équipementiers automobiles en France, qui s’élevait à 16,3 milliards d’euros en 2023, est en recul constant, tirée vers le bas par la concurrence asiatique et la réintégration de certaines lignes de production. Les dépenses en R&D, qui représentaient 7,9 % du chiffre d’affaires de Valéo en 2023, sont désormais revues à la baisse, avec une diminution drastique des effectifs d’ingénierie prévue pour 2026.
Rassurez vous, si vous êtes capitalistes, tout va bien : selon ses communiqués de presse pour les actionnaires, Valéo en 2024 » atteint ses objectifs de rentabilité et de génération de cash » et en 2025 « vise une rentabilité et une génération de cash structurellement plus élevées ». Si le chiffre d’affaire est en baisse de 0.5%, la plus value s’élève en 2024 à 13.6% du chiffre d’affaire et et en hausse de de 8% à 2.9 milliards d’euros, permettant ainsi un dividende de 0.42€ par action. Et il est prévu une améliration de la marge opérationnelle entre 4.5% et 5.5% et une progression de 10% de la plus value (EBITDA).
Christrophe périllat, PDG de Valéo exulte : « En 2025 s’achèvera notre plan stratégique MoveUp. Nous avons réduit nos coûts et amélioré de manière
structurelle notre rentabilité et notre génération de cash »
Un silence assourdissant vers un été 2026 terrible… mais des moyens de résister !
Face à cette hécatombe, les réactions des pouvoirs publics restent timides. Les syndicats, CGT en tête, appellent à la mobilisation, mais les annonces de plans sociaux se succèdent sans que les mesures de soutien ne suivent. « Rien ne justifie la menace que l’équipementier fait peser sur des milliers de salariés et de familles », tonne un sénateur, rappelant que Valéo a bénéficié du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) de 2020 à 2023senat.fr+1.
Pour les milliers de familles concernées, l’avenir est sombre, l’Union Européenne du Capital semant la désolation dans l’industrie automobile comme elle l’a fait auparavant dans les autres secteurs industriels. Les couloirs des centres de R&D, autrefois animés par l’innovation, s’apprêtent à sonner creux. La terreur gagne les rangs, et la classe ouvrière de France, jadis fière de son savoir-faire, assiste à son déclassement .
Un déclassement qui n’a rien d’irrémédiable : la France des travailleurs peut reprendre son destin en main, en brisant les chaines de l’union européenne. En réalité d’ailleurs, le mot d’ordre de sortie de l’UE, de Frexit progressiste, est un mot d’ordre qui peut réunir tous ensemble les ouvriers et paysans, travailleurs du publics et du privés, tous menacé de la SNCF aux exploitatiions agricoles en passant par EDF, les usines renaults ou les enseignants et soignants par les différentes directives européennes, et cette construction européenne arme d’exploitation massive. Ce mot d’ordre est donc tout à la fois nécessaire pour construire le tous ensemble indispensable à construire un rapport de force à la hauteur des enjeux de profond changement de politique, mais également indispensable pour fixer le moyen de ce changement de politique : affirmer que c’est le peuple qui décide, la Nation souveraine qui choisit sa politique. C’est cela impulser comme le propose le PRCF l’alternative rouge et tricolore, avec le Frexit progressiste pour s’en sortir en sortant de l’UE, de l’euro, de l’OTAN et du capitalisme.
JBC pour www.initiative-communiste.fr
Source :
- Valeo va supprimer plus de 860 emplois en France, huit sites impactés – https://www.lejournaldesentreprises.com/article/valeo-va-supprimer-plus-de-860-emplois-en-france-huit-sites-impactes-2108432
- Limoges : la patronne de la CGT Sophie Binet, en soutien aux salariés de Valéo touchés par un plan social – https://www.francebleu.fr/infos/economie-social/un-debrayage-sur-le-site-valeo-de-limoges-pour-denoncer-le-plan-social-qui-prevoit-83-suppressions-de-postes-2693014
- Question parlementaire : 1150 emplois menacés chez Valéo en France – https://www.senat.fr/questions/base/2024/qSEQ24110196S.html
- Xerfi : le-marche-des-equipementiers-automobiles – https://www.xerfi.com/presentationetude/le-marche-des-equipementiers-automobiles_MTR10



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