Sur Ian Brossat, sa politique du logement dans le Grand Paris et l’UE

Ian Brossat a été désigné comme la prochaine tête de liste aux Européennes 2019 pour le . Et l’on peut dire qu’il se fait remarquer ! En effet, le jeune adjoint (38 ans) à la mairie PS de Paris a déjà commencé sa campagne et a engagé la polémique. En premier lieu, avec la FI (et avec Aufstehen outre-Rhin) qu’il accuse d’être anti-migrants, d’avoir des positions nationalistes et autres joyeusetés. C’est cet échange de politesse qui poussera la délégation FI à ne pas se rendre à la Fête de l’Humanité de 2018, empêchant du même coup Djordje Kuzmanovic, explicitement cité par Ian Brossat dans sa polémique, de se rendre à notre débat syndical et politique. Cela n’interdit pas à Ian Brossat en tout cas de tendre la main pour les élections à Benoit Hamon…

Ce jeune homme fait donc partie des élus « new look » du PCF- dont tout le monde raffole, un élu plus dans l’action que dans le discours (sic), et malgré les faibles scores en prévision pour ladite élection, tout le monde semble croire à l’espoir qu’il porte, celui du PCF. Nous nous sommes déjà positionnés sur les et nous appellerons au boycott (1). Ce qui est important ici c’est d’observer un peu ce monsieur qui semble faire l’unanimité (ou presque) des communistes, surtout quand il est contre Mélenchon, même chez des militants se réclamant du marxisme-léninisme.

1) Retour sur le parcours politique de Ian Brossat

Né d’un père trotskiste et d’une mère militante au PCF, le jeune Brossat est baigné tout jeune dans la politique. D’autant que son grand-père est un agent soviétique ayant effectué des missions d’espionnage en Israël, personnage dont son petit-fils se sert assez abondamment comme d’une référence dans sa carrière politique, quitte à l’utiliser bassement contre ses ennemis politique du moment, comme il y a peu avec la FI sur la question de l’immigration.

Lors de la campagne des législatives 2017, Brossat se présente comme un candidat mélenchoniste ! Il ne sera pas élu

Après des études à l’ENS de Lyon, il se retrouve professeur de Lettres agrégé. Toutefois, il adhère au PCF à 17 ans et à 22 ans il est élu à la direction de la Fédération du PCF de Paris. A peu de chose près cela ressemble beaucoup au parcours d’un certain… Jean-Luc Mélenchon. En effet, outre la similitude de la profession choisie, enseignant, dans les deux cas ils ont assez peu travaillé et sont dans les deux cas devenus rapidement des politiciens professionnels. Bien sûr, l’un était au PS, l’autre au PCF, cela change tout…

En 2006, il est élu au CN du PCF et dans la même année devient secrétaire du Parti dans le 14ème arrondissement de Paris.

Maintenant, parlons un peu de sa relation avec un parti qu’il n’a pas encore désavoué bien que certains tentent de le passer sous silence : le PS. En effet, dès l’élection à la Mairie en 2001 de Bertrand Delanoë (PS), notre jeune Brossat avait tendance à dire « on » en parlant de la mairie de Paris, indiquant par là une grande proximité. On arguera sans doute que cette proximité est due à la présence de ministre « communiste » dans le gouvernement Jospin. Or l’histoire ne s’arrête pas là. Depuis le 16 mars 2008, Ian Brossat est en fonction au Conseil de Paris. La pratique du PCF de la mairie de Paris c’est d’être le soutien du PS dans le Conseil, ce qui permit au jeune Brossat d’être nommé par le maire de Paris fin 2012 à la présidence de la Société d’économie mixte de Paris, l’une des plus importantes sociétés d’économie mixte de la capitale, gérant notamment le forum des Halles. Toutefois, reconnaissons que le PCF (et Ian Brossat) ne s’est pas toujours couché devant les desiderata du PS : ils se sont élevés contre la privatisation de la collecte des ordures, contre la mise en place de vidéo surveillance et de la légalisation réglementée du cannabis.

Bertrand Delanoë laissa sa place à sa protégée Anne Hidalgo pour les municipales de 2014. Ian Brossat sut jouer de cette nouvelle élection et chercha l’obtention d’une place dans la gouvernance de Paris. En 2014, le PRCF interpellait les vrais communistes sur ces faux communistes prêts à s’allier au PS pour la ville de Paris (2). A l’époque nous dénoncions ce rapprochement avec le PS, grand partisan de la construction européenne, influencé sur le plan régional par Jean-Paul Huchon, un fidèle partisan de la destruction de la Nation, et des départements, de la privatisation des services publics (3), qui vise sur le plan municipal (au même titre que l’UMP) à la construction du livrant la Capitale au tout-financier et au tout-tourisme. Nous pouvons dire que l’opération est réussie pour Ian Brossat : ainsi Anne Hidalgo a été élue et lui fut nommé adjoint à la maire de Paris chargé du , de l’habitat durable et de l’hébergement d’urgence le 5 avril 2014. Nous allons revenir sur sa politique du et ses effets. Notons juste que dernièrement son dernier cheval de bataille c’est la lutte contre Airbnb et ses logements vides dans la capitale qui empêche les parisiens de vivre dans Paris.

Depuis le 15 décembre 2015, il compte parmi les 62 conseillers de Paris élus conseillers métropolitains pour siéger au Conseil de la métropole du Grand Paris. Nous avons déjà eu l’occasion d’exprimer notre profonde opposition à ce processus de métropolisation qui entraîne l’éloignement des prises de décision des habitants vers des conseils opaques et qui à terme va entraîner la fusion des départements de la Petite couronne parisienne dont… le Val-de-Marne, dernier département de l’Île-de-France gouverné par le PCF.

Enfin, comment ne pas parler des JO 2024 ? En effet, en 2017 Paris a dû se battre pour recevoir le droit d’organiser les Jeux olympiques. Outre l’usage de l’anglais qui nous a déplu dans le slogan (jamais à notre connaissance les élus PCF à la Mairie de Paris ne se sont élevés contre l’anglicisation galopante de la capitale française à l’initiative, bien souvent, de la Municipalité), nous étions contre ces fameux Jeux Olympiques, dont les dépenses sont à chaque fois faramineuses, qui entraînent le déplacement des populations pauvres à cause des nouvelles constructions et de l’usage capitalistique du sport que cela caractérise. Le PCF, par l’intermédiaire de son secrétaire général d’alors Pierre Laurent, s’est positionné en faveur de l’organisation des Jeux olympiques. Contradictoire ? Non, il s’agit juste ici d’une hypocrisie. C’est un secret de polichinelle que cette adhésion aux JO s’est faite pour préserver à la mairie de Paris Ian Brossat et les élus communistes. Ainsi on préféra une alliance apportant un avantage politique de courte durée (le PS étant discrédité et sa survie aux prochaines municipales douteuse) étant en défaveur de ceux que l’on prétend défendre. La biographie du sieur Brossat semble être celle d’un bel opportuniste sachant faire carrière.

2) Sur la politique du logement dans le Grand Paris

Rappelons d’abord ce qu’est le Grand Paris : c’est un projet global de transformation de la région parisienne pour transformer la capitale en véritable métropole capitaliste où vivent les plus riches, avec des banlieues encore plus soumises à elle, politique extrêmement favorisée par le projet d’euro-régions de l’ à l’échelle continentale. Le Grand Paris est connu surtout pour deux grands versants du projet : celui du réseau dit du Grand Paris express et celui de la métropole. Toute politique du logement entre à grande échelle dans le cadre de la politique du Grand Paris et de sa tentative de rendre « moderne » la ville (« moderne » dans le sens macronien et sarkozien du terme).

Avant d’attaquer le vif du sujet, nous nous devons de rappeler que nous rejetons avec dégoût les odieuses crapuleries antisémites et homophobes à l’égard de Ian Brossat par Génération identitaire, pas plus que nous ne soutenons les « racailles » des arrondissements les plus riches de Paris qui refusent la construction de logements sociaux chez eux (dus à Ian Brossat nous le concédons), allant jusqu’à faire brûler un centre pour sans-abris. Notons aussi que dernièrement la mairie de Paris a refusé la proposition de vendre les logements HLM comme le proposaient les élus macronistes(4).

Cependant il y une ombre au tableau : depuis cette année, Paris possède plus de personnes détenant un patrimoine supérieur à 30 millions de dollars que Londres. C’est The Daily Telegraph qui annonce cette nouvelle. Elle devient la 5ème ville au monde avec le plus d’ultrariches (cette population a augmenté à Paris en un an de 17,7 %) (5). La cause en serait la politique d’allègements fiscaux de Macron (la suppression de l’ISF), mais c’est oublié les politiques du PS en matière de logements qu’à ensuite fait perdurer l’adjoint à la maire de Paris.

Dans le Monde diplomatique d’octobre 2018, on trouve un article d’Hacène Belmessous sur « Le Grand Paris ou le pactole des bétonneurs ». Citons-en quelques passages :

« La capitale française, qui affiche un prix au mètre carré avoisinant les 1000 euros, manque cruellement de logements sociaux. En 2015, à peine 10 % des 128536 ménages ayant déposé une demande d’habitation à loyer modéré (HLM) ont reçu une réponse positive. »

Sur le délai de réponse pour l’obtention d’un logement social :

« A Paris, il est de six pour l’obtention d’un T1, neuf ans pour un T2 ou un T3, et pas moins de 10 ans pour un appartement T4 et plus. »

L’article constate que les familles modestes abandonnent chaque année Paris et la Petite couronne pour la Grande couronne parisienne, voire des villes limitrophes de la région comme Beauvais et Montargis. Entre 2003 et 2007, c’est 15952 personnes qui ont quitté la région parisienne pour le Centre-val de Loire, tout en travaillant toujours dans la sphère francilienne. Depuis la mise en chantier du Grand Paris, cette proportion a augmenté avec au cours de 2012 et 2013 pas loin de 4474 ménages ayant suivi ce trajet.

L’article se conclut par :

 « Ainsi se dessine une métropole destinée aux classes supérieures, dans laquelle les ménages populaires n’ont d’autres choix que de vivre toujours plus loin de leur lieu de travail ou d’habiter un logement social. Cette polarisation est particulièrement visible à Paris, où le revenu des 10% de ménages les plus aisés est 6,6 fois plus élevés que celui des 10% les plus pauvres (contre 3,5 fois au niveau national). »

Ian Brossat, comme nous l’avons dit, est l’adjoint chargé du logement à Paris. Si certains de ces chiffres ne le concernent pas explicitement car datant d’avant son entrée en fonction, on doit remarquer qu’il ne désavoue pas franchement cette politique du moment qu’il adhère au projet du Grand Paris (et à la politique des logements sociaux du PS, voir plus bas). En effet, le Grand Paris est un projet conçu dès l’origine comme opaque et dont la caractéristique première est de se passer de l’avis des élus et des citoyens. Accepter d’être conseiller de la métropole c’est déjà un aveu de soumission, dire ensuite que l’on souhaite un Grand Paris populaire (l’Europe sociale mais à échelle régionale), donc accepter le principe mais en donnant un vernis social, c’est être un franc salaud ! (6) Nous ne saurions l’exempter de tous reproches !

Ensuite, sur sa politique précisément : a-t-elle empêché l’embourgeoisement de la Capitale ?

Il semble que même lui soit d’accord pour répondre par la négative, ou en tout cas elle est particulièrement inefficace (7), et au vu de ce qui est dit plus haut c’est la réponse la plus plausible. Expliquons un peu. Depuis que le PS est au pouvoir à Paris, la construction de logements sociaux a augmenté (elle est à 21% aujourd’hui), mais certains plus que d’autres. Il existe trois types de logement social : les PLAI (les moins chères), les PLUS (le logement social de base) et les PLS (logement social pour les couches moyennes supérieures). Un article de 2017 (8) constate que sur les inscrits fin 2015 au titre de l’obtention d’un logement social, les logements PLS étaient disponibles de 29,8 % pour 9,4 % de demandeurs, tandis que seulement 25, 6 % de PLAI étaient disponibles pour 70 % de demandeurs (9) ! Cela signifie que le PS et Ian Brossat à sa suite construisent plus de logements sociaux pour les classes moyennes supérieures que pour les plus pauvres ! Rappelons au passage, pour enfoncer le clou, que l’adjoint à la maire de Paris pour le logement a pleinement participé à la construction (ou réhabilitation) de Clichy-Batignolles et de Paris-Rive-gauche, qui n’est guère réservé qu’à ceux que l’on appelle les bobos (10).

En fait, si Ian Brossat met tant l’accent sur le logement social c’est qu’il est vraiment intéressé par la perte par Paris de ses habitants, mais pas des plus pauvres, mais bien plus ceux des classes moyennes, auquel il appartient sociologiquement, et dont il avoue bien volontiers que ce phénomène l’inquiète (11). D’où sa volonté de rendre la ville plus attractive et surtout plus abordable, les classes moyennes étant obligées de quitter Paris pour sa proche banlieue, entraînant une augmentation des prix sur ces territoires et obligeant les populations les plus démunies à encore s’éloigner de Paris. C’est pour ça que la politique des logements sociaux est bien plus axée sur les classes moyennes que sur les couches inférieures, ce qui est vital pour Anne Hidalgo, cette classe étant la majorité de son électorat (de ce fait la présence en surnombre d’ultrariches à Paris, bien plus à droite, lui pose un problème).

En conclusion, en régime capitaliste, il est honnêtement dur de faire une politique de logement abordable sans parfois créer des désastres, mais cela ne sauve pas le « soldat » Brossat qui remet rarement en cause le capitalisme, préférant s’attaquer au « libéralisme » et à « l’austérité », deux notions ne nécessitant pas pour lutter contre elles de sortir du capitalisme et de réfléchir à une société sans classe, mais juste d’arranger le capitalisme…

La vraie solution serait l’appropriation et la gestion collective du domaine du logement, mais pour cela il faut d’abord passer par la prise du pouvoir.

3) La campagne pour les Européennes

Ian Brossat est en campagne pour les Européennes, soit ! Nous avons toujours eu au PRCF une position claire sur l’UE, « pour s’en sortir il faut en sortir » et avons décidé de faire campagne pour le boycott des élections du Parlement européen. Regardons toutefois les raisons pour lesquelles on devrait, selon le candidat Brossat, s’intéresser aux Européennes et en dernière analyse voter pour lui. Nous prendrons comme base l’article paru dans le n°7 de Cause commune en septembre/octobre 2018, « Elections européennes : cinq raisons pour lesquelles il faut s’y intéresser maintenant », écrit par Ian Brossat lui-même.

Raison n°1, « sanctionner Macron » et sa politique –avouons-le, cela ressemble aussi à ce que dit Mélenchon pour les mêmes élections avec la même persistance dans l’erreur– et montrer qu’il se passe quelque chose à gauche. Avec une forte volonté de faire du neuf, tout en tendant la main à ceux qui à gauche « aspirent à d’autres politiques en France et en Europe ». Il faudrait sans doute lui rappeler qu’avoir moins de 40 ans ne signifie pas automatiquement faire une politique de jeune (quid de Marion-Maréchal Le Pen dans ce cas ?), que la politique social-démocrate qui est la sienne, petite-bourgeoise, pour qui le cadre national est trop petit, qui se dit ouvert d’esprit parce qu’il habite non loin d’un centre pour réfugiés, et qui compte faire du racolage à toutes la gauche petite-bourgeoise, PS et Génération.s inclus, est une politique vieille d’un siècle et plus ! Quant à son ouverture à d’autres organisations, outre que cela ne le dérange point de chercher alliance avec des partis discrédités à juste titre pour leurs politiques dégueulasses, la main tendue à la FI semble plutôt destinée à les étrangler qu’autre chose, au vu des polémiques lancées par Ian Brossat lui-même sur des fausses bases et dans le pur but de se rapprocher du PS et d’une certaine frange du PC violemment anti-mélenchoniste, mais tout cela sur une position à droite de Mélenchon !

Raison n°2, « parce qu’il y a péril en la demeure « Europe ». Le péril, on s’en doute, est celui de la montée de l’extrême-droite. C’est cette poussée qui selon lui a amené le sommet européen à renforcer les frontières extérieures de l’Europe. La montée du nationalisme est clairement citée comme étant le résultat des politiques libérales menées depuis des années au sein de l’UE. Citons :

« Les libéraux ont fini par dégoûter les Européens de l’Europe à force de leur imposer des politiques libérales, y compris lorsque les peuples les ont rejetées par les urnes. »

Sur les migrations, il dénonce les gouvernements mais ne parle pas des causes de cette migration, et a fortiori comme on a pu le voir il y a peu, se poser cette question revient à risquer d’être traité de fasciste. Rappelons donc que les migrations actuelles ne sont point celles d’étudiants Erasmus qui souhaitent visiter le monde mais la conséquence des guerres impérialistes, comme en Syrie où la France a une part de responsabilité, et par le pillage néocolonial d’un certain nombre de pays d’Afrique, guerres et pillages organisés par les mêmes pays qui laissent crever ces damnés de la terre en méditerranée ou les exploitent en France pour un salaire de misère, n’envisagent jamais de les intégrer et se servent d’eux pour faire pression sur les salaires (12).

Sur l’utilisation du terme « libérales » à la place de capitalisme, c’est bien dans l’idée de critiquer une petite portion du mode de production capitaliste mais absolument pas de s’en passer ! Les libéraux sont selon lui ceux qui détruisent la bonne image de l’Europe auprès des Européens, notamment en ne respectant pas le résultat des urnes. Le problème dans sa phrase c’est qu’elle laisse penser que le soi-disant « peuple européen » est d’accord avec l’UE mais pas certaines de ses applications. Or, c’est une volonté manifeste de faire oublier que les élections européennes sont toujours les élections les plus boycottées au niveau européen et que, dans le cas français, le NON de 2005 n’était pas un simple refus d’une politique mais le refus de l’UE.

Raison n°3, refuser la fausse alternative entre libéraux et fachos. Comme précédemment il rappelle que pour lui les « libéraux » sont à l’origine de la montée du « nationalisme » du fait de leur politique. Il cite d’ailleurs les connexions effectives qu’il y a entre les deux dans certains gouvernements, comme en Autriche. Il trouve cette alternative dangereuse parce qu’elle droitise tous ceux qui rejettent l’Europe actuelle. Récuser ces deux (fausses) oppositions a effectivement un sens, et d’ailleurs nous aurions aimé que Brossat et le PCF aient eu la même réaction lors des présidentielles 2017 au lieu d’appeler à voter Macron contre Le Pen. Ian Brossat l’utilise toutefois pour relancer encore une fois au niveau supranational l’idée qu’il y aurait une autre Europe, une Europe sociale ! Bref, Ian Brossat est là pour être la roue de secours de l’Union européenne capitaliste et anti-démocratique.

Raison n°4, « l’exigence d’une autre Europe est nécessaire », où notre candidat dénonce la tare de l’UE actuelle, c’est-à-dire la « Priorité aux marchés », avec la BCE qui depuis 10 ans procure 3000 milliards d’euros aux banques privées sans la moindre condition ainsi que le dumping social fixé par les traités européens. Citons les propositions de l’adjoint à la mairie de Paris :

« A cette Europe de l’argent-roi, nous opposons celle de l’humain d’abord. Nous proposons une autre utilisation de l’argent. La BCE pourrait ainsi alimenter un fonds européen dédié au développement des services publics. »

On l’aura compris, le mythe de l’Europe sociale est de retour !

Une fois pour toutes sur les élections européennes, sur ce qui les rend anti-démocratiques : d’abord la seule instance de l’UE ayant l’initiative des lois se trouve être la Commission européenne, avec des représentants certes élus par le Parlement européen, mais qui ne rend compte à personne de sa politique et dont il a été avéré que plusieurs commissaires ont des accointances avec des grandes entreprises privées. Ensuite, si le Parlement européen vote les lois, il n’est pas le seul à le faire, le Conseil, où sont représentés les ministres des gouvernements des pays de l’UE vote aussi. Ils peuvent se bloquer entre eux et au vu du nombre de gouvernements progressistes à l’heure actuelle dans l’UE, il ne faut pas trop espérer de cette institution. Enfin, même en enlevant ces limitations, restent les traités qui prônent la concurrence libre et non faussée et qui permettent la privatisation des services publics ainsi que plusieurs politiques antisociales. L’UE est une assurance tout risque contre le socialisme !

Sur la politique monétaire, nous serions ravis d’apprendre comment il compte obliger la BCE à obtempérer à ses demandes alors que la politique monétaire se fait strictement au niveau européen.

Enfin, le but évident de Macron n’est pas de gagner les élections, il sait que peu importent les résultats, la politique sera toujours la même. En revanche, il s’est donné pour mission de rénover l’Europe et de la faire aimer par les Français. Quel meilleur moyen d’arriver à ses fins que d’entraîner tous les partis dans une campagne pour une élection boycottée par les
Français en faisant croire que le sort du scrutin changera la donne ?

Raison n°5, les Européennes 2019 ne seront que le début d’une reconquête. Comprenez : la reconquête du PCF social-démocrate. Malheureusement pour lui nous ne pouvons guère lui diagnostiquer un grand succès dans cette tâche.

Le PRCF quant à lui, cohérent avec ses idées, fera campagne pour le boycott et pour les 4 sorties : de l’euro, de l’UE, de l’OTAN et du capitalisme.


  1. Voir « Elections européennes 2019 : motion du Comité central du Pôle de Renaissance communiste en France (P.R.C.F.) », juin 2018.
  2. « Paris : aux communistes parisiens qui refusent la socialo-dépendance, rencontrons-nous », en 2014.
  3. A ce sujet, lire le livre de Georges Gastaud, Patriotisme et internationalisme.
  4. « A Paris, les logements HLM ne seront pas vendus », 4 mai 2018, Le Figaro.
  5. « Paris, capitale européenne des super-riches », Histoire et société, septembre 2018.
  6. C’était le sujet d’une journée de débat au siège du PCF en janvier 2018. Voir plus précisément la vidéo « Le droit de se loger dans le Grand Paris » sur la chaîne YouTube du PCF.
  7. « A Paris, le PS construit beaucoup de logements sociaux pour les riches », 15 mars 2017,
  8. Les PLUS sont disponible à 44, 6 %.
  9. Voir à propos de ses deux projets les articles de la série « Se faire des amis avec Jean-Pierre Garnier », parus sur le site de la Librairie Tropiques, « Réhabilitons folleville » et « Bobo-sur-Seine ».
  10. « Se loger à Paris : Ian Brossat en direct sur Facebook », 15 mars 2017 sur la chaîne Journal l’Humanité.
  11. Pour une réponse à apporter aux problèmes des migrations loin de toutes xénophobie à la Le Pen et Salvini, voir « Migrations : pour une position internationaliste ».

par T pour www.initiative-communiste.fr