Leur 11 Novembre et le nôtre

 1915 – 2015 …. il y a 100 ans, Henri Barbusse dans les tranchées commence à écrire “Le Feu” récit publié en 1916 qui recevra le prix Goncourt et battra en brèche la propagande guerrière impérialiste. Fondateur de l’ARAC, dans son combat pour la il rejoindra le parti communiste.

C’est aussi en 1915 sur le front de l’Artois, à Lorette qu’apparaît la Chanson de Lorette, connue également par la suite sous le nom de “Chanson de Craonne”.

www.initiative-communiste.fr site web du en ce vous propose de relire cette tribune de Georges Gastaud et Antoine Manessis, écrite le 11 novembre 2014, alors que se retrouvaient justement à Lorette les dirigeants français, anglais, allemands…..

Quand au bout d’huit jours le r’pos terminé
On va reprendre les tranchées,
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile
Mais c’est bien fini, on en a assez
Personne ne veut plus marcher
Et le cœur bien gros, comm’ dans un sanglot
On dit adieu aux civ’lots
Même sans tambours, même sans trompettes
On s’en va là-haut en baissant la tête

Refrain :
Adieu la vie, adieu l’amour,
Adieu toutes les femmes
C’est bien fini, c’est pour toujours
De cette infâme
C’est à Craonne sur le plateau
Qu’on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés
Nous sommes les sacrifiés

Huit jours de tranchée, huit jours de souffrance
Pourtant on a l’espérance
Que ce soir viendra la r’lève
Que nous attendons sans trêve
Soudain dans la nuit et dans le silence
On voit quelqu’un qui s’avance
C’est un officier de chasseurs à pied
Qui vient pour nous remplacer
Doucement dans l’ombre sous la pluie qui tombe
Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes

Refrain

C’est malheureux d’voir sur les grands boulevards
Tous ces gros qui font la foire
Si pour eux la vie est rose
Pour nous c’est pas la même chose
Au lieu d’se cacher tous ces embusqués
F’raient mieux d’monter aux tranchées
Pour défendre leur bien, car nous n’avons rien
Nous autres les pauv’ purotins
Tous les camarades sont enterrés là
Pour défendr’ les biens de ces messieurs là

Refrain :
Ceux qu’ont l’pognon, ceux-là r’viendront
Car c’est pour eux qu’on crève
Mais c’est fini, car les trouffions
Vont tous se mettre en grève
Ce s’ra votre tour, messieurs les gros
De monter sur le plateau
Car si vous voulez faire la guerre
Payez-la de votre peau

https://youtu.be/6iGEiY6wvDo

maudite soit la guerreC’est au cimetière de Lorette, où gisent des centaines de milliers de jeunes victimes de la première impérialiste mondiale, que vont se retrouver les dirigeants français, allemands, américains et britanniques pour y verser des larmes de crocodiles.

Disons-le tout net : leur « réconciliation » est aussi répugnante que l’a été l’affrontement sanglant de leurs prédécesseurs respectifs lors de la « Grande Guerre ».

En 1914, les Nicolas II, Bethmann-Hollweg, Poincaré et autres bellicistes des deux camps se sont servis des aspirations nationales de certains peuples (notamment les Serbes) pour déclencher une guerre de rapine dont le véritable enjeu – révélé par Lénine en 1917, quand la République des soviets victorieuse à publié les Traités internationaux secrets – était le repartage du monde et l’extension des Empires coloniaux. Tout cela a abouti au Traité de Versailles, au revanchisme hitlérien puis à la Seconde Guerre mondiale encore plus meurtrière.

Cette analyse du caractère de classe de la guerre de 14/18 ne retire rien au courage des jeunes hommes qui, de bonne foi, « croyaient mourir pour la patrie » alors qu’ils tombaient « pour les industriels » selon le mot fameux de l’écrivain Anatole France, l’un des premiers adhérents au jeune Parti SFIC (Section française de l’Internationale ).

Cela ne retire rien non plus à la nécessité de réhabiliter les « Fusillés pour l’exemple » que Pétain et Cie ont fait abattre comme des chiens parce qu’en 1917, il fallait absolument couper court aux mutineries et aux fraternisations entre les ouvriers sous l’uniforme des deux camps.

Mais la « réconciliation » actuelle n’en est que plus odieuse et hypocrite.

D’abord, parce que les Etats qui s’embrassent ont toujours les mêmes buts impériaux dissimulés sous des phrases « humanistes », comme c’était le cas à l’époque. Il n’est que de lire le Manifeste du MEDEF intitulé « Besoin d’aire », ce qu’en allemand, on traduirait par l’expression de triste mémoire « Lebensraum », espace vital.

Ces gens qui guerroient tous à divers titres du Proche-Orient à la Libye en passant par l’Afrique occidentale, sont aussi ceux qui, à l’unisson, et sous les auspices de l’OTAN et de l’UE, cherchent noise à la Russie en s’emparant de l’Ukraine par l’entremise d’une clique carrément pronazie. Facile de pleurnicher sur les guerres d’hier, de s’exclamer « plus jamais ça » alors qu’on ne réhabilite même pas les Fusillés pour l’exemple et qu’on envoie les jeunes se faire tuer sur tous les champs de bataille du monde.

Mais on l’aura compris, le vrai but des cérémonies de Lorette est ailleurs : il s’agit pour le social-impérialiste (social en paroles, impérialiste en pratique) de célébrer la construction d’un Empire transcontinental, euro-américain, qui, sous le nom d’ « Union » européenne et d’ « Union transatlantique » ne vise qu’à écraser les acquis sociaux, à briser les souverainetés nationales, à liquider les libertés démocratiques (on a enterré les référendums négatifs sur l’UE, on ne consultera même pas les peuples sur le Grand Marché Transatlantique !), à menacer les pays du Sud et de l’Est, à maximiser les profits capitalistes de l’oligarchie financière.

Il est déplorable que certains se réclamant de la gauche continuent de farder cette construction monstrueuse en « vendant » aux peuples les slogans archi-faux d’ «  sociale », d’ « euro au service des peuples » d’ «  de la  » . Alors que le nouveau président de la Commission européenne, Juncker est de A à Z l’homme des blanchisseurs d’argent des transnationales. Laissant au seul FN le bénéfice politique de s’opposer à l’UE.

En réalité, la dictature européenne pilotée par Berlin et par ses nouveaux collabos, et coiffée par le rapace Oncle Sam, mène en permanence une GUERRE NON DECLAREE aux peuples souveraines, aux acquis sociaux et démocratiques, au camp des travailleurs, au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, à coopérer à égalité.

Honte éternelle à l’impérialisme et au capitalisme qui ont conduit au massacre de dizaines de millions d’innocents. Résistons à la troisième guerre mondiale que nous prépare l’Empire transatlantique en construction. Honte aux Hollande, Sarkozy et Cie qui se servent de l’aspiration à la paix pour couvrir les guerres d’aujourd’hui et pour préparer les affrontements mortels de demain.

La paix, l’ des peuples, la souveraineté de la nation brisée par Maastricht, tout cela est entre les mains des travailleurs, des peuples, et avant tout, des communistes et des progressistes unis pour sortir la France de l’euro, de l’UE, de l’OTAN, et du capitalisme fauteur d’exterminations.

Quant à la réconciliation avec l’Allemagne, ce n’est pas pour nous celle des chefs de file capitalistes, les Hollande, Gattaz et autre Merkel occupés à écraser les peuples du Sud et à casser les droits sociaux des travailleurs, c’est l’Europe des luttes, la solidarité avec les cheminots allemands en grève, avec les hospitaliers britanniques en lutte, avec les travailleurs italiens luttant pour leurs droits.

G. Gastaud, secrétaire national du PRCF, A. Manessis, secrétaire de la commission internationale – 11 novembre 2014

1940 : à l’appel de l’Union des Etudiants et des Lycéens Communistes de France (interdite depuis 1939), des milliers de jeunes Parisiens ont manifesté illégalement le 1940 à la barbe de l’Occupant nazi, en se rendant en masse à l’Etoile avec le drapeau tricolore. Parmi eux, Guy Môquet. La répression fut féroce. Honneur à ces héros qui lancèrent la résistance de masse dans la capitale et pour lesquels le pouvoir « de gauche » en place n’aura pas eu le moindre geste !

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