Que faire ? Georges Gastaud explique les propositions communistes du PRCF.

Il y a quelques jours, Initiative Communiste publiait un échange entre les camarades Pierre Alain Millet (PAM) du réseau faire vivre et renforcer le PCF et Antoine Manessis, responsable aux relations unitaires du PRCF, faisant suite au débat ouvert et lancé par la “lettre ouverte aux communistes”  publiée il y a quelques temps par le PRCF.

, secrétaire national du PRCF pour faire vivre le débat et ainsi faire progresser les analyses communistes ainsi que leur unité d’action, toujours dans cet esprit de débat fraternel apporte également des réponses et des propositions répondant aux réflexions de PAM.

www.initiative-communiste.fr pour une meilleure lisibilité a décidé de présenter cet échange sous forme de dialogue reprenant les éléments de la tribune publiée par PAM et les réponses et propositions  apportées par Georges Gastaud. Et que le débat et surtout l’unité concrète des communistes profite de ce débat pour avancer non seulement dans l’analyse mais également dans l’action, dans le tous ensemble et en même temps des militants communistes.

Georges Gastaud, PAM, discussion pour l’action des communistes.

Je pense utile de publier cet appel du PRCF aux communistes pour contribuer à une discussion nécessaire sur ce que doivent faire les communistes dans la diversité de leurs situations militantes.

Nous sommes heureux que notre camarade PAM publie notre “Lettre ouverte aux communistes”. Il faut rompre en effet avec une attitude, qu’ont développée ces derniers temps des militants critiques du PCF, qui consiste à « rompre les relations diplomatiques » avec le PRCF dès lors qu’ils ne sont pas d’accord, conjoncturellement, avec lui. Le ton ouvert et argumenté de la réponse de PAM montre le chemin d’une véritable discussion et c’est dans cet esprit que nous publions cette réponse à ses interrogations parfaitement légitimes.

Le PRCF brosse un tableau de la situation politique et insiste avec raison sur le besoin d’un grand parti communiste, d’un syndicalisme de classe, d’un rassemblement populaire pour la souveraineté nationale, d’une bataille idéologique pour le socialisme… quatre enjeux que beaucoup de communistes partagent. Il en conclut sur deux priorités du moment, faire grandir le vote Mélenchon, et se retrouver dans la bataille pour un Frexit progressiste devant les entreprises.

Le lien entre ces 4 orientations nécessaires qui peuvent unir largement les communistes, et la priorité donnée au soutien au vote Mélenchon et à la bataille du Frexit n’est pas évident…

Tout d’ abord, cher P.-A., si vraiment nous sommes toujours tous d’accord sur les « 4 sorties » (euro, UE, Otan, capitalisme) – ce qui n’était pas flagrant au vu d’un texte récent de FVR/PCF où la sortie de l’UE n’était pas franchement évoquée – et si par ailleurs vous ne voyez pas de « lien évident » entre soutien critique à Mélenchon et campagne pour les « 4 sorties », pourquoi diantre n’allons-nous pas tous ensemble aux usines, comme le PRCF s’évertue à le proposer sans recevoir de réponse, avec un tract-programme FRANCHEMENT COMMUNISTE évoquant à la fois les 4 sorties, les nationalisations démocratiques et la finalité révolutionnaire (le socialisme-communisme) de notre combat ? Nous jugeons, nous, que les deux activités sont complémentaires et nous proposons aux communistes de ne pas les opposer et de les lier de manière à connecter notre bataille idéologique pour le socialisme au mouvement massif, incontestable, autour de la candidature Mélenchon (entre 100 000 et 200 000 manifestants à Paris le 18 mars, sans le secours de l’appareil du PCF, et c’est une litote !). Mais nous ne faisons pas de ce « lien » une religion. Pour nous le soutien critique à Mélenchon (« pas de soutien sans critique », disons-nous, « mais pas de critique sans soutien ») est conjoncturel, tactique, alors que la lutte pour les quatre sorties est le cœur de notre stratégie, celle qu’est censée – on ne le dirait pas vraiment depuis plus d’un an – l’ensemble des forces investies dans les ainsi-dites « Assises du communisme ». Des communistes ne doivent pas confondre la tactique – et notamment la tactique électorale – qui n’est qu’une étape de la lutte, avec la stratégie fondamentale consistant à tirer la France du broyeur euro-atlantique sur la base d’un programme progressiste, pour donner corps et consistance à l’objectif du socialisme que, bien entendu, on ne peut pas demander aux réformistes de gauche, si sympathiques soient-ils au temps T, de porter à notre place. Alors, chiche, on se voit et très rapidement on met en place un 4-pages sur le programme de transition et la visée socialiste (au sens marxiste du mot), avec en point d’appui, la visée de reconstruction d’un vrai parti communiste (la question n’étant pas celle de la méthode : faisons grandir l’exigence, le débat sur le « comment faire » suivra logiquement quand la masse des communistes, en lien avec les ouvriers, aura saisir l’OBJECTIF.

Le vote Mélenchon n’est évidemment pas la traduction la plus directe du besoin d’un grand parti communiste, ni d’un syndicalisme de classe, ni de la bataille idéologique pour le socialisme. Mélenchon ne défend aucun de ces trois enjeux, au contraire par exemple de Nathalie Arthaud [1]… On comprend bien que le PRCF mène campagne de manière critique pour le vote Mélenchon non pas sur le programme de la France insoumise, mais sur son propre programme, Frexit, nationalisations, socialisme… et on peut comprendre qu’une telle bataille de soutien critique suppose de mettre en avant d’abord les “raisons du vote” Mélenchon, et non pas les raisons critiques de ce vote… Mais dans un appel à des communistes divers et notamment à tous ceux qui avaient fait le choix d’une candidature communiste, l’argument est un peu court… et ressemble plus à une méthode Coué qu’a un débat en vérité entre communistes.

Cher Pierre-Alain, il est osé de mettre en avant N. Arthaud dans cette bataille. Dans toutes les luttes syndicales où nous, syndicalistes franchement communistes avons croisé des militants de L.O. depuis au moins 2003, nous avons vu ces militants MENAGER l’Europe supranationale, contrer durement ceux qui voulaient pointer l’origine bruxelloise des contre-réformes (retraites, Code du travail, Sécu, délocalisations, à chaque fois les trois coups sont frappés à Bruxelles… ou à Francfort). Or défendre EN PAROLES le syndicalisme de classe tout en contournant l’UE, relève de la pure hypocrisie car c’est précisément par son alignement sur le syndicalisme européen, notamment pour passer sous les fourches caudines de la C.E.S., que nos syndicats de classe ont rompu avec la FSM, purgé leur statut de la référence à la socialisation des moyens de production, affaibli l’exigence d’une plate-forme revendicative nationale, « compagnonné » avec la destructive CFDT pro-Maastricht, etc. Que Mélenchon ne soit pas suffisamment au fait de ces questions syndicales, c’est une réalité. Mais au moins il pose la question d’une sortie possible de l’UE (« on la change ou on la quitte ») alors que L.O., n’ayons pas la mémoire courte, a bel et bien FAIT PASSER Maastricht en 1992 (c’est facile à démontrer quand on compare le pourcentage de LO aux présidentielles à cette époque et l’écart entre le Oui et le Non). Est-il possible qu’un camarade expérimenté comme toi prenne au sérieux par ailleurs l’idée que L.O. voudrait, autrement que pour piper des voix sur une élection en jouant sur la nostalgie d’une candidature franchement communiste (donc en redécouvrant le mot « communiste » et la faucille et le marteau abandonnés… pas par Mélenchon que l’on sache, qui lui ne s’est jamais dit communiste), reconstruire un parti communiste ? Depuis 1925, les trotskistes PARASITENT la question de la construction ou du renforcemetn du Parti communiste, et cela dans tous les pays, sans jamais avoir produit nulle part un vrai parti révolutionnaire. Mélenchon ne pose pas la question d’une reconstruction du parti communiste ? Ni celle, cela ne t’aura pas échappé, de la révolution prolétarienne et de la dictature du prolétariat ? Eh bien, TANT MIEUX, c’est NOTRE boulot, personne ne reconstruira le Parti communiste si ce n’est, « tous ensemble et en même temps », les vrais communistes encore membre, plus membres ou jamais encore membres du PCF. Mélenchon se dit lui-même réformiste de gauche, il se dit même contre les partis, « mouvementiste » (et nous avons publiquement polémiqué contre lui à ce sujet : que ne l’avons-nous fait ensemble ?) : c’est plus honnête que ce que prétend faire Arthaud qui présente son mouvement, non moins « couches moyennes » que ne l’est une bonne partie de la France insoumise (pas toutes ! allez voir aux meeting les T-shirts CGT abondent !), comme prolétarien et communiste en parasitant le terrain de la renaissance communiste. C’est nous, et nous seuls qui devons reconstruire le parti communiste. Sans compter sur Mélenchon, qui n’est pas sur cette problématique (grand bien lui fasse et NOUS fasse !), ni à plus forte raison les « outils » postiches de Mme Arthaud…

Car ces communistes qui portent les “4 sorties”, la bataille contre la criminalisation du socialisme, l’effort de reconstruction d’un grand parti communiste de combat regardent avec interrogation le contenu du vote Mélenchon, pour des raisons de fonds, de contenu, et aussi pour des raisons tactiques.

Ces communistes ne feraient-ils pas mieux de ne pas « regarder avec interrogation » (sic) le vote Mélenchon mais,

  1.  Soit de s’engager pour le succès de ce vote sans en dissimuler les limites et dire sereinement leurs désaccords quand il le faut (le PRCF l’a fait sur EDF, sur le mouvementisme, sur les illusions d’une renégociation de l’UE) en étant des ACTEURS sur cette question, en ne laissant pas la petite bourgeoisie porter seule le flambeau de l’union des deux drapeaux, rouges et tricolores, qu’arborent désormais systématiquement (en reprenant NOTRE tradition communiste issue de Thorez-Duclos-Frachon-Sémard), en faisant autre chose que « questionner » à l’infini alors que la maison brûle, en proposant de fait autre chose aux travailleurs que de rester à la maison ou que de voter à la dégoûtée pour Mélenchon (si on soutient on soutient, fût-ce avec critiques !)

  2.  Soit de ne pas s’engager dans le soutien critique aux insoumis (voir l’affiche CLAIRE du PRCF « Pour une France Franchement Insoumise, FREXIT PROGRESSISTE ! » : rien n’oblige à se soumettre aux insoumis qui d’ailleurs ne le demandent pas !), mais du moins définir ensemble un programme communiste commun et le diffuser à 300 000 exemplaires aux usines avant le second tour (le PRCF parachève la diffusion de son 4-pages à 110 000 exemplaires, principalement aux entreprises et une seconde fournée est en préparation). Bref, il est dramatique que les communistes soient en pleine « regard interrogatif » en pleine élection et cela en dit long, non pas sur les inconséquences de notre PRCF, modeste mais uni et déterminé, mais sur celles du PCF, dont la direction passe son temps à désorienter les communistes et les travailleurs avec son FAUX soutien à Mélenchon et sa trop réelle tentative de rabattre sur Hamon (gros flop en vue !) au nom de la sempiternelle « union de la gauche ».

Des raisons de fonds bien exposées dans l’analyse de la revue Germinal qui va jusqu’à titrer son analyse “Déconstruire les repères sociaux de classes”. Mais tous les communistes en connaissent les enjeux premiers. Rien dans ce programme sur les nationalisations (le mot n’est utilisé que pour la branche énergie d’ALSTOM), incohérence d’un programme qui évoque la réindustralisation mais s’appuie sur un scénario énergétique 2050 qui suppose la non relocalisation des industries détruites, confusion aussi forte que dans le programme du PCF entre capitalisme et finance, qu’il s’agit de “mettre au pas”, comme si on pouvait le faire sans mettre en cause la domination du capitalisme lui-même, illusion de l’interdiction des seuls licenciements “boursiers” comme le propose le PCF, rien sur la question fondamentale de l’appropriation sociale des moyens de production et d’échange… et pour conclure rien sur “le socialisme”…

Nous pourrions être largement d’accord sur plusieurs de ces critiques, cher Pierre-Alain, mais

a) Pourquoi ne pas le dire ensemble dans les rencontres des « insoumis », où la parole est libre, et surtout, devant la porte des usines où NOUS pouvons parfaitement appeler ensemble au Frexit progressiste, à la réindustrialisation, à la remise en place plénière d’EDF/GDF, aux nationalisations, tout cela dans la perspective du socialisme de plein exercice. Y compris si vous y êtes prêts comme nous le sommes à tout moment, en évoquant les conditions du socialisme du point de vue du marxisme-léninisme (conquête du pouvoir d’Etat par la classe ouvrière et ses alliés, socialisation des moyens de production, économie planifiée en vue des besoins, dictature du prolétariat ?).

b) Qu’est-ce qui ferait que, Mélenchon étant aussi confus que le PCF sur diverses questions (et bien moins que lui hélas sur d’autres !) il serait quasiment opportuniste de la part du PRCF de voter Mélenchon (comme s’y est résolu ton parti, et apparemment, bien que de mauvais gré, toi-même ?) tout en disant publiquement ses critiques, alors qu’il n’y aurait aucune inconséquence à ADHERER à un parti, le PCF-PGE, qui milite mordicus pour l’euro, qui considère l’ « indépendantisme » mélenchonien comme suspect de repli nationaliste nauséabond (voir les critiques de la commission économique du PCF à l’égard de Mélenchon : nous avons démontré sans être contredits que ces critiques classent le PCF A LA DROITE de la France insoumise). Il est pourtant bien plus grave d’adhérer à un parti opportuniste que de voter transitoirement pour un candidat dans une conjoncture où – tel était le cas quand cette élection s’est mise en route, et tel est un tout petit peu moins le cas aujourd’hui si JLM fait un bon score, distance le PS et remobilise des gens découragés) l’espace politique progressiste indispensable aux luttes sociale était, et est encore, menacé de forclusion. Il est en effet étrange que ta lettre ne dise presque rien du PCF-PGE, dont la direction n’a cessé de savonner la planche de son FEINT candidat présidentiel, n’a cessé d’appeler à la fusion Hamon-Mélenchon (« Mélenchamon » ce serait mieux ou pire que Mélenchon tout court), appellera sûrement à voter Macron pour battre Le Pen et partage avec Gregor Gysi, l’un des principaux liquidateurs de la RDA et de son parti communiste, la direction euro-vassalisée du Parti de la Gauche Européenne. Ne crois pas, cher Pierre-alain que nous confondions pour autant – nullement, et nos actes vous l’ont cent fois prouvé – le PCF-PGE et ses adhérents encore communistes, quoique minoritaires. Il s’agit là d’une contradiction qu’il vous revient de gérer en la rendant aussi productive que possible, même si nous ne croyons plus depuis longtemps à l’idée qu’on pourrait remettre sur les rails du combat de classe un parti dont presque tous les dirigeants connus depuis le regretté Marchais ont fini au PS (Fiterman), chez les écolos (Juquin) ou chez Macron (Hue…). Mais convenons loyalement que la contradiction que tu nous reproches, et qui est moins la nôtre que celle d’une situation objective où le PC n’est plus communiste et où la barricade s’est décalée vers la droite) , est bien moins explosive que celle que vous devez gérer en étant critiques au sein d’un parti pro-Mélenchon qui tape sur Mélenchon. Ces contradictions entre nous sont-elles rédhibitoires ? Nullement : il faut les prendre au positif, activement, sans en faire un objet de crispation ENTRE COMMUNISTES, et en se souvenant du mot de Hegel : « la contradiction est la racine de toute vie et de tout mouvement ». Trouvons ensemble le bon levier (pour nous il n’a rien de mystérieux : on peut A LA FOIS travailler à reconstruire le vrai PC, appeler à soutenir le syndicalisme de classe, apporter un soutien critique à Mélenchon, et pour cela, la stratégie des quatre sorties est un puissant levier unitaire à condition de s’y tenir) et appuyons ensemble pour « faire bouger » au lieu de dramatiser des divergences tactiques, conjoncturelles ou, pires encore, électorales.

La question du contenu est donc cruciale. Il n’est pas illégitime de dire “le vote Mélenchon n’est pas un vote communiste, mais c’est le vote le plus utile pour bousculer les choses”, mais il faut alors le dire clairement, et créer les conditions d’éclairer au mieux ce qui manque dans ce vote, et ce qu’il faudra faire pour que ce vote ne se retourne pas comme en Grèce contre le peuple…

Sur ce point, chez P.-A. nous sommes très surpris. Y a-t-il un seul texte du PRCF qui ait présenté le vote JLM comme un vote communiste et qui n’est pas dit exactement ce que tu dis là, tout en disant clairement (cela figure en toutes lettres dans notre tract de masse, dès l’éditorial) où sont les divergences principales, notamment sur le Frexit immédiat. Merci de nous dire exactement, dans le tract 4-pages que nous mettons à la suite de cette réponse, où serait de notre part l’opportunisme. De même que dans les cent mille autocollants que nous apposons en ce moment et dont voici le texte : « voter Mélenchon ET SURTOUT reconstruire un vrai parti communiste ». Le pire ne serait-il pas plutôt de a) ne pas appeler franchement à voter Mélenchon ou le faire d’une façon telle que cela serait sciemment contre-productif, comme le fait P. Laurent, et b) de ne pas NON PLUS appeler à reconstruire le Parti communiste, comme si ce qui porte aujourd’hui ce nom n’était pas aussi peu communiste que le PS n’est « socialiste » ou que les « LR » ne sont « républicains » ?

Il y a aussi des raisons tactiques importantes, notamment pour les élections législatives. Comme beaucoup de communistes, je ne sais pas ce que Mélenchon fera de la force que lui donnera la présidentielle, et la logique de cette 5eme république qu’il dénonce pourrait faire de lui, comme Mitterrand, le roi qu’il dénonce. A l’évidence, cette élection lui permettra de consolider la création de de son propre parti, avec un très grand nombre de candidats aux législatives pour capter le financement de l’état, et donc réduire celui du PCF, sans compter l’incertitude sur la présentation ou non de candidats contre des sortants ou potentiels PCF. Or, le parti de Mélenchon demain sera quoi ? ce ne sera bien sûr pas le parti communiste que nous pensons tous indispensable, et pourtant ce sera le parti qui bénéficiera le plus de la force électorale de son présidentiable. Ce n’est pas une question théorique, ce que montrent les discussions entre Chavez et les communistes venezuelien décidant de conserver leur parti. Alors, que sera le parti de Mélenchon boosté par les présidentielles ? quelque chose entre le PG et FI ? un nouveau parti socialiste, vraiment de gauche ?

Paradoxalement, c’est sur ce point qui est clairement le cœur du litige entre Mélenchon et le PCF que nous pouvons le mieux entendre vos arguments. Vous savez fort bien chers camarades, que, bien que non-membres du PCF, bien que considérant que le groupe PCF au parlement a gravement failli en votant l’état d’urgence, nous n’avons jamais pratiqué le nihilisme à l’égard des positions du PCF. D’abord parce qu’il y a bel et bien des élus communistes au PCF et que nous avons par ex. toujours fait notre possible par ex. pour soutenir la camarade Michelle Picard. Mais même là où certains sortants du PCF ne nous semblent pas mériter l’étiquette de communistes, nous appelons la France insoumise au réalisme politique, à l’unité, au respect des sortants du PCF. Nous l’avons exprimé en toutes lettres dans notre Lettre ouverte au citoyen Mélenchon (dernière page d’IC-mars), nous l’avons redit aux représentants nationaux du PG. Nous avons signé un texte commun avec la Coordination communiste pour éviter une lutte fratricide aux législatives. Et tout cela parce que nous considérons que, même si cet espace électoral est vidé de tout vrai contenu communiste, il n’est pas indifférent que les sièges actuellement détenus par le PCF à la dérive soient conquis par le PS, Macron, la droite ou le FN. Bref, le reproche que certains camarades du réseau FVR/PCF nous avaient fait, sur le coup de leur déconvenue lors du vote interne, de vouloir la peau du PCF, ne tient pas la route. Oublieriez-vous que pratiquement toute la direction du PRCF vient du PCF auquel certains d’entre nous ont donné le meilleur d’eux-mêmes, nos plus anciens risquant cent fois leur vie pour lui, et que nous avons moins quitté ce parti qu’il ne nous a quittés, et parfois, chassé manu militari avec des méthodes scandaleuses, pour rejoindre les thèses réformistes et européistes que vous savez ? Vous ne pouvez pas ignorer non plus, puisque vous parlez du Venezuela, que le PCV a très justement « tenu les deux bouts de la chaîne » en apportant à Chavez – pas plus clair que Mélenchon au début sur toute une série de questions, et c’est un euphémisme ! – un soutien critique quoique combatif (pas de « regard interrogatif », les cocos vnz ont été aux premiers rangs contre les putschistes anti-bolivariens !) tout en refusant de dissoudre leur parti dans le PSUV chaviste, l’équivalent – toutes choses égales par ailleurs – de la France insoumise ? Pourquoi diantre opposer ce ferment de FRONT patriotique et populaire que peut devenir (on en est encore loin) la France insoumise et la reconstruction du parti communiste français ? La position léniniste n’a jamais été d’opposer le « front unique » au parti mais, comme l’a fait le grand PCF sous le Front populaire, sous l’Occupation, etc., de mener de concert la construction du Front et la construction du parti de classe. Car le fond du léninisme, sur le plan tactique, c’est de rejeter à la fois le sectarisme qui isole la classe ouvrière et le parti (et dont L.O. est la parfaite caricature), ou à l’inverse de se dissoudre dans le front (tous derrière Hamon, vive le « front de gauche » prenant la place du PARTI !), mais de permettre à la classe ouvrière de participer au front en toute indépendance politique et mieux, de conquérir la direction politique de ce front populaire comme l’ont par ex. fait les bolcheviks en conquérant la direction des soviets (y compris au début en poussant les soviets, dominés par les mencheviks, à prendre tout le pouvoir).

Au demeurant, sans peut-être s’en rendre compte, on est toujours dans un front : par ex. en étant au PCF, on assume aujourd’hui, même à son corps défendant, un front commun avec le PS, il n’est par ex. que de lire la pétition d’A. Chassaigne pour la fusion des candidatures Hamon et Mélenchon et la quantité de tracts départementaux que le PCF a sortis ici et là pour pousser Mélenchon à se jeter dans les bras d’Hamon. Mais il y a pourtant une différence politique importante à l’heure actuelle entre la candidature Hamon, pro-OTAN, pro-« défense européenne », 200% euro-fédéraliste (« parlement de la zone euro ») et la candidature Mélenchon, 100% anti-OTAN et au moins critique et interrogative sur la sortie de l’UE (« on la change ou on la quitte »). Où est le plan B du PS ? et du PCF-PGE à la fois « collé » au PS et à l’UE par le biais du PGE co-présidé par Laurent ?

En résumé notre positionnement est imparable : à la fois faire front avec les progressistes « indépendantistes » (inconséquents, mais peut-il en être autrement s’agissant de non communistes ?) et reconstruire l’outil indépendant du prolétariat, le parti communiste, soutenir le syndicalisme de classe en disant ce qu’il y a à dire sur les orientations euro-complaisantes des confédérations, tout cela est COMPLEMENTAIRE et il est surprenant qu’un fin dialecticien comme tu l’es, soit dit en toute amicale sincérité, ne le voie pas clairement, cher P.-A.

Il est essentiel de ne pas mentir au monde du travail et de lui dire clairement que oui, il n’y a pas de candidat communiste aux présidentielles et que donc dans cette situation, le vote Mélenchon peut permettre d’exprimer un refus du capitalisme, une exigence de rupture avec les politiques d’austérité, avec la 5eme république, mais il reste que le défi principal est de renforcer l’exigence d’une autre société, d’une société socialiste, qui donne le pouvoir aux travailleurs, et que cela supposera un immense effort d’organisation politique, la reconstruction d’un grand parti communiste. eh bien où diable avons-nous jamais dit le contraire ? Je répète le slogan de notre affiche ; « pour une France Franchement Insoumise (FFI !), FRexit progressiste », et celui de notre autocollant de masse : « voter Mélenchon ET SURTOUT, reconstruire le vrai parti communiste ». Il n’y a là-dedans pas la moindre ambiguité et si nous le disions ensemble, avec le même matériel et en allant ensemble aux BOÎTes, nous ferions plus avancer à la fois le front et la reconstruction du parti que par cent polémiques théoriques… alors que la maison flambe et que les ouvriers attendent moins des « interrogations » sans fin que des réponses UNIES.

Ces questions ne sont pas considérées comme prioritaires dans la lettre ouverte du PRCF qui prend ainsi le risque de légitimer l’illusion électoraliste que nous voulons tous combattre… et cela est vraiment étonnant. Mais pas du tout ! Dans la lettre ouverte du PRCF, que chacun relise le texte sans procès d’intention et volonté de trouver à tout prix des démarcations politiques, le vote Mélenchon est présenté en premier et la reconstruction du parti est la conclusion du texte, c’est-à-dire le point fort, décisif, pourquoi chercher midi à quatorze heures ?

D’abord parce que toute notre expérience militante nous apprend à ne pas confondre les représentations médiatiques de la situation politique et la réalité de ce que nous rencontrons sur le terrain, dans les entreprises. Peut-on vraiment dire comme le fait le PRCF que la situation serait révolutionnaire ?

Mais pourquoi simplifier les choses ainsi ? Si on cite le texte au lieu d’y faire référence, il dit clairement que la situation peut DEVENIR révolutionnaire si, comme on le constate, les forces dominantes continuent de se discréditer (si l’élection avait lieu demain, les deux partis principaux du système institutionnel seraient exclus du second tour !) et de perdre leur ascendant sur le peuple et que par ailleurs, la colère populaire continue de monter avec hélas, un manque grave de perspective révolutionnaires dû principalement, non pas aux inconséquences de Mélenchon (qui peut nier qu’il ait évolué vers la gauche de « la République européenne » et de Maastricht à « l’indépendantisme français » actuel et à son affrontement avec le PS), mais à la mutation-dénaturation du PCF qui a renié le combat anti-UE, le socialisme et le marxisme. Nous ne disons nullement que par elle-même la situation court à la révolution car pour cela, des données objectives ne suffisent jamais : « sans théorie révolutionnaire, pas de mouvement révolutionnaire » (Lénine) ; or c’est cet aspect subjectif que la mutation-trahison du PCF a détruit, ce qui ouvre la possibilité d’une issue fasciste à l’actuelle décomposition politique. Nous disons que les contradictions deviennent explosives, que la classe ouvrière a montré au printemps qu’elle était prête à s’engager fortement sous réserve d’avoir un vrai plan de bataille et que les adversaires soient clairement ciblés, y compris l’UE, et que si la course de vitesse engagée entre reconstruction communiste/Front progressiste d’une part, et mouvements de dissolution nationale et de « France en ordre » fasciste est perdue par la classe travailleuse, la fascisation fera un bond en avant. La conclusion logique n’est certainement pas qu’il ne faudrait pas voter Mélenchon mais qu’il faut que les communistes, même en désaccord sur Mélenchon (ce qui n’est même pas le cas puisque finalement, P.-A. tu dis bien que tu fais voter Mélenchon à Vénissieux ???), s’unissent dans l’action, indépendamment à la fois de Mélenchon et de la direction PCf-PGE associée au PS, pour reconstruire l’unité d’action communiste, premier pas vers la reconstruction d’un vrai parti coupant les amarres aves l’appareil euro-dépendant et socialo-vassalisé. Qu’y a-t-il de « menteur » dans ce positionnement clair comme de l’eau de roche ?

Ceux du haut ne peuvent vraiment plus diriger ? Pourtant, avec quelle force ils maitrisent ce processus électoral avec trois solutions à leur main, Le Pen, Fillon, Macron… qui représentent près de 70% des intentions de vote ! Avec quelle efficacité ils ont construit en quelques mois la solution politique Macron jusqu’à rendre à 3 semaines de l’élection sa victoire réaliste, créant les conditions d’une recomposition politique réactionnaire de grande ampleur, déconstruisant complètement, enfin diront certains, le cadre politique issu de la résistance ?

Cette vision des choses totalement unilatérale ne peut rien faire d’autre que décourager les résistances. Qu’un aventurier comme Macron, qu’une aventurière comme Le Pen en soient là, créant dans toute l’Europe bourgeoise une réelle inquiétude sur l’avenir de la France, que le président sortant ne puisse même pas se présenter aux primaires de son parti, que lesdites primaires explosent à peine terminée (cf la déconfiture d’Hamon), que le PS traditionnel soit dans les cordes, que le PCF-PGE –lui aussi élément de stabilisation du système, surtout de par son influence vestigiale dans les syndicats – soit en état de désorientation complète, tout cela n’est pas unilatéralement signe de force pour le dispositif de domination. Que la revendication de sortie, ou de pseudo-sortie de l’UE soit portée (de manière conséquente ou pas) par quatre candidats au moins, avec à l’arrière-plan le vote bafoué de 2005, le Brexit, la loi Travail passée au forceps et contre l’opinion, voilà sur quoi il faut prendre appui pour appeler à la mobilisation. Quant à Macron s’il gagne, il lui faudra à la fois mettre en place à marche forcée sa politique d’Etats-Unis d’Europe et son appareil de domination avec de multiples contradictions qui seront d’autant plus fortes que son score de premier tour sera diminué… par quoi ? Par un impossible « vote communiste » qui n’a jamais existé réellement, Chassaigne ayant bien montré que sa « candidature » visait surtout à faire pression sur Mélenchon et sur le PS ? Par l’abstention ? Par « un regard interrogatif » ? Quel autre outil, quand on a tourné une heure autour du pot, que le seul qui soit à notre disposition et sur lequel, si franches que soient nos critiques, il n’en faut pas moins « biller » ensemble au lieu de mégoter sans fin ?

Ceux d’en bas ne veulent plus être dirigés ? Certes, le rejet du système et de ses représentants est profond, mais comment ne pas voir que majoritairement, ce rejet conduit à se raccrocher à un de ces trois leurres construit par le système, ou à l’abstention… Et surtout, comment ne pas voir à quel point la mobilisation pour Mélenchon ne se traduit pas plus qu’en 2012 par un renforcement du mouvement populaire sur le terrain, en capacité d’unité, d’organisation… Qui peut affirmer que le mouvement social serait en train de dépasser les limites rencontrées au printemps sur la loi travail ?

Il est proprement extraordinaire qu’un observateur aussi fin de la vie politique ne voie pas que la seule grande mobilisation nationale qui s’est déroulée dernièrement en France contre l’ordre libéral établi ait été celle de la France insoumise, soutenue par des milliers de communistes insoumis à Laurent et des milliers de syndicalistes heureux d’être là. En revanche, qu’a fait le PCF pour mobiliser les masses au niveau national ? ET qu’ont fait les confédérations syndicales, dont c’est le rôle central, voire le « métier » pour que les nombreuses luttes à la base s’unifient nationalement SANS ATTENDRE LE VOTE ? Il est stupéfiant d’accuser un mouvement électoral de ne pas faire le boulot du mouvement syndical qui, malheureusement, reste l’arme au pied et qui, en 2012, avait déjà, CGT et FSU comprises hélas, appelé à soutenir… Hollande, et ce, dès avant le premier tour. En outre, étrangement, tu ne poses pas la question inverse : enlevons le mouvement « France insoumise » du panorama, y compris avec ses inconséquences et ses lacunes en termes de lien aux syndicats. Il reste quoi pour résister à Hollande qui n’a pas levé le pied pendant sa période de sortie de route, notamment sur les questions militaires, sur la marche à l’Europe fédérale, etc. Qui peut sérieusement penser que c’est parce qu’il y a trop de mélenchonisme dans l’air, et non pas parce qu’il n’y a PAS ASSEZ de lutte pour reconstruire un PC de combat ou un syndicalisme de lutte de classes que les choses ne vont pas mieux pour le monde du travail ? Expérience de pensée contraire : qu’un grand mouvement social germe d’ici le 23 avril, malgré 6 mois d’attentisme confédéral, est-ce que cela plomberait Mélenchon ou est-ce que cela l’aiderait ? Et inversement, que Mélenchon fasse un score à deux chiffres ou à un seul, comme certains l’espéraient encore récemment, qu’il distance ou pas Hamon, voire qu’il rattrape Fillon, c’est la même chose pour le dynamisme du mouvement social après l’élection ? ENCORE UNE FOIS POURQUOI OPPOSER CE QUI EST COMPLEMENTAIRE, Pierre-Alain, où est passée ta subtilité dialectique coutumière ?

Admettons que le “trou de souris” évoqué par le PRCF pour envisager une victoire de Mélenchon poisse exister et qu’ainsi, l’élection la plus symbolique de cette constitution pouvait réellement être subvertie, on se retrouverait dans une situation plus qu’incertaine, dangereuse tellement le peuple est désarmé, idéologiquement et concrètement, et tellement la violence de la bourgeoisie défendant sa domination serait multi-forme et implacables. Car si Macron, comme Fillon ou Le Pen serait sans doute dans une situation de président faible car mal élu, peut-on dire que Mélenchon serait lui en position de force ? Bien sûr que non, ce qui nous renvoie aux questions décisives évoquées comme des enjeux par le PRCF mais que tout communiste devrait considérer comme prioritaire. De ce point de vue, le journal des communistes de Vénissieux rappelant le soutien à Mélenchon pour faire grandir le débat sur un programme communiste est plus utile.

Cher P.-A., mesures-tu bien ce que tu écris ici ? Veux-tu dire que si Mélenchon était élu, ce serait finalement plus négatif et « dangereux » pour le peuple (« nous ne sommes pas prêts »…) que si c’est n’importe lequel des candidats de la « France soumise » ? C’est l’inverse qui est vrai. Si l’hypothèse, aujourd’hui plus qu’improbable mais pas exclue, du « trou de souris » se vérifiait, ne vois-tu pas que ce serait l’occasion d’une contre-offensive populaire qui mettrait les appareils les plus routiniers devant leurs contradictions et leurs responsabilités, qui appellerait d’urgence la reconstruction du vrai parti et l’équivalent d’un « congrès de Tours » (sous des formes à inventer d’urgence, sans se dérober parce que c’est difficile : mais ce n’est JAMAIS facile) ? Crois-tu que les bolcheviks étaient fin prêts en mars 2017 alors qu’ils n’étaient qu’une poignée de militants réprimés ou exilés, que les syndicalistes CGTU étaient à la fête trois ans avant le Front popu, où ils « ramaient » comme des fous face au patronat et aux majoritaires de Jouhaux ? Bien entendu, si nous n’avions pas perdu tant de temps dans la reconstruction d’un vrai parti, dans la mise en place d’un large front syndicaliste de lutte, dans la construction à notre initiative d’une France franchement insoumise à l’UE, la situation serait très favorable. Encore une fois, ce n’est pas la faute à l’affreux JLM si aujourd’hui, alors que le PS s’effiloche, ce n’est pas un candidat franchement communiste et 300% anti-UE qui est en passe de chasser le PS de la 1ère place à gauche conquise par Mitterrand contre Marchais en 1981 : c’est d’abord celle des dirigeants de ce parti et de tous ceux qui tardent à s’unir, « sans eux, voire contre eux » dans une unité d’action communiste allant en permanence aux usines sur un programme communiste commun. Il n’empêche, il est inouï que tu puisses dire que notre classe serait plus en danger si l’insoumission (inconséquente, insuffisante, on peut l’écrire de mille façons sans faire avancer d’un pas le schmilblick révolutionnaire) gagne l’élection, que si ce sont de francs ennemis de classe qui l’emportent, et dont certains méditent déjà de matraquer durement les « Rouges ». Si le candidat qui se réclame du camp populaire, il peut certes faillir, trahir, succomber, SURTOUT SI DES MAINTENANT LES VRAIS COMMUNISTES NE FONT PAS LE NECESSAIRE POUR SE REGROUPER DANS L4ACTION. Mais s’il perd, la défaite n’est pas hypothétique, elle est immédiate et réelle : ordonnances Fillon pendant tout l’été, ou « France en ordre » fasciste, avec jonction possible des LR et de Le Pen pour nous écraser. Ou marche forcée vers la « Françallemagne » et la « « Françamérique » si Macr-Hamon gagne… bref, il est extraordinaire que des communistes puisse – mais sans doute ta formulation t’a-t-elle échappé – CRAINDRE LA VICTOIRE. Faut-il rappeler le mot de Lénine « on ne peut avancer d’un pas si l’on craint d’aller au socialisme », et plus encore celui de Mao : « oser lutter, oser vaincre » ???

Oui, la situation est imprévisible et tout peut se produire, mais il n’y a pas de miracle progressiste, et les luttes de classe nécessaire pour changer de société dans un pays capitaliste développé demanderont des centaines de milliers de militants unis et organisés… L’enjeu premier de la période, c’est donc le renforcement de toutes les bases organisées de communistes, dans la réalité et la diversité de leurs situations, et le soutien à Mélenchon n’est dans ce contexte qu’un outil imparfait (est-on ici si loin d’un « vous votez Mélenchon, moi non plus ?’) et qui n’est que second par rapport aux enjeux du parti, du rassemblement, du syndicalisme, du socialisme. Encore une fois, pourquoi opposer les choses ? Comment « renforcer les bases organisées de communistes » sans rompre ENSEMBLE, visiblement, dans l’action, avec un programme communiste commun, en cessant d’opposer stérilement ce que nous devrions porter ensemble et d’un seul mouvement : le soutien critique, mais non mégoté et frileux, à la candidature Mélenchon et AUSSI, ça ne s’oppose nullement, la reconstruction du parti d’avant-garde, marxiste-léniniste, franchement communiste, 100% pour les quatre sorties, des travailleurs. Et pour que chacun puisse se faire une idée claire, pratique, « expérimentale » du fait que le PRCF est totalement clair et sincère sur le fait que ce dernier objectif est pour nous stratégique, je re-propose ce qu’a déjà plusieurs fois proposé le Pôle sans avoir eu jusqu’ici de réponse : sortons ensemble un tract porteur d’une analyse commune appelant aux quatre sorties sur la base d’un programme communiste commun (dont la nationalisation démocratique des secteurs-clés de l’UE), exigeant le Frexit progressiste immédiat et défendant pleinement une perspective de révolution socialiste pour la France, y compris dans la perspective d’une claire démarcation aux législatives. Chiche ?

Très amicalement, et avec ma franche estime théorico-politique, Georges Gastaud, ton camarade.

  PCF  Vénissieux

Commentaire de lecteur “Que faire ? Georges Gastaud explique les propositions communistes du PRCF.

  1. etoilerouge
    12 avril 2017 at 15:19

    Brillant, je vais participer aux actions PRCF. Y a-t-il un fond pour les moyens financiers au PRCF?