Démission de Nicolas Hulot : le capitalisme vert, une impasse mortelle

Un commentaire de Georges Gastaud, porte-parole du PRCF – 28.8.18

Le «  vert » est une impasse mortelle. Face au devenu mortifère sur tous les terrains, il y a deux urgences étroitement imbriquées, celle de tirer à temps l’ des griffes du tout-profit, et celle de reconstruire une force franchement communiste en France et dans le monde.

Le ministre d’État N. Hulot aura mis longtemps à entrevoir cette évidence : imbibé jusqu’à l’os de néolibéralisme, servile envers le MEDEF, l’UE et l’OTAN, ces amis bien connus de l’écologie, ne desserrant les cordons de la bourse maastrichtienne que pour les riches, les gros patrons et le surarmement, accélérateur de tout ce qui dope les inégalités en France et dans le monde, faire-valoir préféré du climato-négationniste Trump, Macron et son gouvernement sont, par-delà quelques mesures « vertes » en trompe-l’œil, les supports déterminés d’une politique structurellement inhumaine et anti-écologique. En témoigne entre cent exemples le lancement par Macron de la privatisation de l’Office national des forêts…

D’un point de vue sociopolitique immédiat, la démission d’Hulot fragilise encore plus ce gouvernement pseudo-jupitérien dont elle révèle le mensonge fondateur : non, Macron n’est pas « ni de droite ni de gauche », son équipe est la plus thatchérienne et la plus euro-atlantiste que notre pays ait eue depuis 1958. Les journalistes qui ont gobé et fait gober cet énorme mensonge électoral, de même que la fausse gauche qui a appelé à voter Macron « pour faire barrage au fascisme » en mai 2017, ne feront évidemment aucune autocritique et n’en continueront pas moins à déclarer comme des enfants sages que « Macron est légitime ». En réalité, usé par la très juste grève cheminote et par les courageux blocages étudiants, démasqué dans ses pratiques fascisantes par l’affaire Benalla, en chute libre dans les sondages moins d’un an après son installation à l’Elysée et à Matignon, la clique élyséenne n’est plus soutenue que par le MEDEF, qui fait monter ses exigences indécentes, par la droite macro-compatible et par la finance internationale, et bien entendu, par la vraie patronne de l’UE, Angela Merkel. Le mouvement populaire doit en tirer les conclusions en passant à la contre-offensive sur tous les terrains, complémentaires parce qu’anticapitalistes, anti-maastrichtiens et anti-impérialistes, de la défense du « produire en France » (même si c’est contre-intuitif, tout ce qui détruit l’industrie et l’agriculture ici et qui, par conséquent, accroit les importations et multiplie les circuits longs et polluants, nuit à l’environnement), du progrès social, des services publics, de l’environnement, de la paix, de la souveraineté des peuples et des libertés démocratiques.

La démission d’Hulot est aussi et surtout le symptôme d’une crise historique aiguë, que le ministre a à demi-avouée au micro de France-Inter : on ne peut défendre la survie solidaire de l’humanité et de son environnement en demeurant dans un « modèle », le capitalisme (mais Hulot, qui est un spécimen particulièrement bien nanti de la caste médiatique ne peut utiliser des termes aussi crus…), dont Marx signalait déjà qu’il « ne produit la richesse qu’en épuisant ses deux sources, la Terre et le travailleur ». Depuis le début des années 80, les fondateurs du PRCF se sont évertués à expliquer, sous bien des ricanements, y compris à l’extrême gauche, que l’exterminisme est le stade suprême du capitalisme parvenu au stade impérialiste, c’est-à-dire que le maintien à tout prix, de plus en plus violent contre les peuples et contre la planète, d’un système basé sur l’appropriation privée des richesses créées par tous, conduit l’humanité à sa perte. Cela, Fidel Castro l’avait vu en pionnier quand il déclarait à Rio, devant l’AG de la CNUCED, le 12 juin 1992 : « une espèce biologique importante risque de disparaître à cause de la suppression rapide et progressive de ses conditions de vie ; cette espèce, c’est l’homme ».

Plus que jamais, la ligne juste pour défendre l’humanité et la planète des prédations exterministes du grand capital, ce n’est pas l’impasse du « capitalisme vert » inféodé à l’euro, cette austérité continentale faite monnaie, à l’UE, cette prison des peuples pilotée par les monopoles capitalistes, à l’OTAN, cette machine à mondialiser la course étasunienne à la troisième guerre mondiale, et à la course effrénée au profit maximal qui commande tout le système. La voie juste, la seule RÉALISTE, c’est celle que résume la formule choc de Fidel, « socialismo o morir, venceremos ! » ; ce qui signifie que, faute de reprendre au plus tôt sa marche interrompue par la contre-révolution, vers un socialisme- de nouvelle génération, l’humanité n’échappera pas au suicide programmé que lui promet le pseudo-capitalisme vert (vert comme le dollar, pas comme les forêts !).

C’est pourquoi il n’y a pas qu’une urgence, l’urgence écologique, contrairement à ce que dit le nanti qui a justifié sans états d’âme la casse du Code du travail, la libéralisation programmée des frais d’inscription universitaires et la marche à la privatisation de la SNCF, il y a deux urgences étroitement imbriquées :

  • l’urgence environnementale, qui prescrit de combattre le tout-profit,
  • et l’urgence de reconstruire en France et dans le monde une force franchement communiste s’opposant sans faux-fuyants, et notamment sans baratin insupportable sur l’ « Europe sociale, pacifique, écologique et démocratique » ( !), au grand capital et à l’ensemble de ses outils mortifères, UE, OMC, FMI, zone euromark, OTAN en tête. C’est à agir dans cette direction qu’invitent en permanence les militants franchement communistes du PRCF.

Les réactions des syndicats du ministère de l’écologie et du développement durable (ex équipement / écologie)

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