les personnels de la BNF ne lachent rien : ils entamment leur deuxième mois d’une grève lancée depuis le 4 mai (lire ici) 

Pour défendre les conditions de travail et mettre fin au sous effectif, au service des usagers. 16 000 d’entre eux ont déjà signé la pétition de soutien. 250 postes ont été supprimés entre 2009 et 2016. Résultat l’accès aux documents n’est plus guère possible que l’après midi, limitant considérablement les recherches des usagers des fonds, et surchargeant de travail le personnel.

Le PRCF par sa commission culture continue d’appeler à les soutenir. Un soutien d’autant plus nécessaire que la répression policière est en marche avec un

Le 24 mai 2022

Personnels et lecteurs de la BnF en lutte pour la défense du service public : converger, c’est ne rien lâcher !

« Outrancière », « infondée », « grandiloquente et accusatrice », la lutte courageuse et tenace des personnels et lecteurs de la Bibliothèque nationale de France contre la réforme des communications directes imposée depuis le 2 mai par la direction, fait éructer la fossoyeuse-présidente de l’établissement, Laurence Engel dans une tribune au journal Libération. Or, pour tomber à ce point dans l’invective, c’est que le front de résistance opposé par personnels et lecteurs terrifie les laquais du gouvernement chargés de la destruction des services publics.

Depuis le succès phénoménal de la journée de grève du 10 mai 2022 (voir le compte-rendu de la CGT BnF sur cette journée – https://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/greve-a-la-bnf-nouvelle-attaque-contre-le-service-public-quand-la-macronie-entend-le-mot-culture-elle-sort-le-revolver/), l’assemblée générale des personnels a voté deux journées de grève supplémentaires (les 17 et 18 mai), largement suivies, et a décidé, face au refus obtus de la direction de revenir sur sa politique de casse sociale et scientifique, de voter une grève reconductible à partir du 23 mai 2022. Parallèlement, les lecteurs relayés par l’ALUBnF et leurs représentant-es élu-es, préparent une journée « Bibliothèque morte » pour le 27 mai.

La Bibliothèque nationale de France, grand établissement à caractère administratif que sa direction rêverait volontiers en grand établissement à caractère commercial (voir la création en 2012 de sa filiale BnF-Partenariats spécialisée dans la marchandisation des collections publiques), subit depuis dix ans des attaques méthodiques contre ses personnels et ses missions.

Plus grand établissement dépendant du ministère de la Culture, la BnF a vu ses effectifs se réduire de 10% en une décennie, ces réductions touchant en priorité les agents de catégorie C, en charge de la mise en œuvre concrète du service public, tant sur le plan numérique (- 25% des effectifs pour cette catégorie) que statutaire (accroissement du recours à des contractuels de plus en plus précaires). S’acharner sur ces agents relève d’une politique de brutalisation systématique de celles et ceux qui s’apparentent, aux yeux des destructeurs haineux du service public, à la classe ouvrière par leur statut, leurs fonctions et leur conscience de classe. Le point d’indice doit être relevé dans le cadre d’un plan de titularisation. La relative stabilisation des effectifs totaux de la bibliothèque depuis 2019, emportée de haute lutte par les personnels (et que la présidente tente de mettre à son actif), n’empêche pas l’institution d’être dans un état de carence absolue à l’heure de remplir ses missions fondamentales (collecter, signaler, conserver et communiquer) et toutes celles qui viennent s’y ajouter : la réouverture du site historique « Richelieu » (Paris 2e) avec des horaires élargis et un musée, le dépôt légal numérique et le futur conservatoire de la presse à Amiens. La machine à broyer, humains et collections patrimoniales, est en marche.

La tentative de mettre au rebut les notions même de patrimoine national et de service public s’est pourtant heurtée à une résistance de fond, créant une convergence inédite et pleine d’espoirs entre personnels et usagers de la bibliothèque. Tous ensemble et en même temps dans la lutte pour défendre le service public de la culture, c’est la seule voie possible vers la victoire puisqu’il n’est rien à attendre d’un gouvernement qui achève de brader à l’envi l’héritage du programme du Conseil national de la Résistance.

La préservation d’un avenir pour la culture, le patrimoine et la recherche ne passera que par une rupture radicale avec les politiques de destruction des services publics formalisées à l’échelle de l’Union européenne et mises à exécution par les gouvernements français successifs. L’Etat doit assumer ses responsabilités pour les grands établissements nationaux. Les changements technologiques et sociaux exigent des investissements humains et matériels. Ils ne peuvent se faire sur le dos des personnels, des usagers et des missions fondamentales de collecte, conservation, communication et valorisation du patrimoine national. Laurence Engel prétend vivre dans le monde réel, celui où il n’y a pas d’alternative à l’asphyxie de la culture, la recherche, l’éducation, la santé, quand les profits du CAC 40 et les cadeaux fiscaux aux « ruisseleurs » n’ont jamais culminé aussi haut. Sous Macron, l’austérité c’est toujours pour les mêmes !

Le PRCF redit son soutien au combat des travailleuses et travailleurs de la Bibliothèque nationale de France, et de toutes les travailleuses et travailleurs qui fournissent les rangs des lectrices et des lecteurs de l’institution. Il appelle ses membres et sympathisants à soutenir cette lutte en participant aux actions lancées par l’intersyndicale et l’association des lecteurs, et en contribuant à la caisse de grève votée par l’assemblée générale des personnels (https://www.lepotcommun.fr/pot/7qpwgjpn).

 

https://twitter.com/BnfSud/status/1537147254846459910